GUERRE EN UKRAINE Donald Trump a annoncé dimanche un cessez-le-feu sur les infrastructures énergétiques entre la Russie et l'Ukraine. Epilogue d'un weekend où le président américain n'a cessé de faire monter la pression sur l'Ukraine et sur son président. Notamment après que le Trésor américain a suspendu des sanctions contre la Russie, pour qu'elle puisse vendre du diesel sur les marchés mondiaux. Très contesté en Ukraine, l'accord a pourtant ouvert la voie à ce cessez-le-feu, dont on attend les détails. Les Européens font bloc autour de Kiev et doivent annoncer un paquet de sanctions contre la Russie, ce lundi. // PAGES 6-7
DÉFENSE L'inquiétude monte à Paris face à la volonté de « leadership » de l'Allemagne, forte d'un budget militaire deux fois supérieur, sur l'Europe de la défense. Illusion ou réalité ? L'incompréhension se répand en tout cas des deux côtés du Rhin. Dernier exem-
ple en date : le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon, acte la fin des ambitions franco-allemandes sur le char du futur. Des deux côtés du Rhin, les ministères de la Défense s'empressent cependant d'insister sur la poursuite du projet, même fortement révisé à la baisse. Prise de distance aussi pour l'armée de l'air, quatre mois après l'enterrement du SCAF par Paris et Berlin. Son cap pour l'avenir passe désormais par un avion de combat du futur national, et auparavant le « Super Rafale » F5. // PAGE 22 ET L'ANALYSE PAGE 11
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事件
在巴黎,汽车工业的
新世界秩序
中国汽车制造商在巴黎国际车展上展示其实力。 / 第18-20页
总统大选 社会党初选:拉斐尔·格鲁克斯曼在第一轮投票中获胜 / 第5页
科技 马斯克正面攻击美国电信运营商 / 第24页
市场 欧盟就金融监管达成一项折中协议 / 第29页
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événement
A Paris, le nouvel
ordre mondial
de l'automobile
Les constructeurs chinois font une démonstration de force au Mondial de l'auto. // PP. 18-20
Présidentielle Primaire socialiste : Raphaël Glucksmann l'emporte dès le premier tour //P.5
Tech Musk
attaque de front
les opérateurs
américains // P. 24 télécoms américains // P. 24
Marchés L'UE trouve un accord au rabais sur la supervision financière // P. 29
La Chine et l'Europe avancent dans leurs négociations commerciales et c'est une bonne nouvelle. Cette semaine, les dirigeants des pays de l'Union européenne vont évaluer ce que le commissaire au Commerce, Maros Sefcovic, a rapporté de Pékin : un engagement à limiter la progression des exportations de voitures hybrides vers le Vieux Continent, la baisse des droits de douane chinois sur quelques milliards d'euros d'importations, et une simplification du dispositif autorisant les ventes à l'Europe de terres rares et d'aimants.
« Ce n'est pas la fin, c'est le début », a commenté Maros Sefcovic. « Pour être plus précis, c'est un tout petit pas dans la bonne direction. » L'Union européenne joue enfin de sa puissance d'achat auprès de son premier fournisseur.
Ces derniers jours, la pression a monté. Le couple franco-allemand, qui a tant de mal à avancer, s'est rapproché sur la fermeté commerciale face à Pékin. Les députés européens ont voté en faveur de mesures résolues contre la domination commerciale chinoise. Pascal Lamy, un prédécesseur de Sefcovic qui fut ensuite directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, a admis ne pas avoir été assez vigilant sur les subventions, au moment de l'entrée de la Chine dans l'OMC.
L'Union européenne a le rejet de la puissance dans ses gènes. Si elle veut survivre dans un monde refrag- menté, elle doit donc s'affirmer en retournant son patrimoine génétique. Elle commence à le faire, en devenant le principal soutien financier de l'Ukraine, en négociant avec Pékin. Pour survivre, elle devra aller plus vite plus loin. — Jean-Marc Vittori
Le plan du gouvernement pour redresser la Sécu sous la pression des députés
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, et le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou (au centre), assurent que le budget de la Sécurité sociale préserve les plus modestes.
Eric Tschaen/REA
POLITIQUE
Les députés débutent ce lundi en commission l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Les mesures mises sur la table pour augmenter les recettes ou limiter les dépenses sont attaquées de toutes parts.
Solenn Poullennec
Le tour de chauffe s'annonce éprouvant. A partir de ce lundi, les députés vont examiner le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 en commission. Signe que la copie du gouvernement risque d'être lacérée, plus de 1.600 amendements ont été déposés par les parlementaires. Les débats promettent d'être aussi nourris qu'électriques sur le gel de pensions et la hausse du coût du travail mis sur la table par le gouvernement.
« Ce PLFSS, finalement, ce n'est pas loin d'être la saison 2 du musée des horreurs », a fustigé la députée socialiste, Sandrine Runel, lors de l'audition des ministres en charge du budget de la Sécu. « Il n'y a rien à sauver là-dedans [...] nous vous censurerons », a prévenu d'emblée Hadrien Clouet, de La France insoumise. « Le gouvernement fait encore payer les Français » a estimé, à l'autre bout du spectre, la députée du Rassemblement National (RN) Joëlle Melin.
Au cœur des critiques des oppositions, figure la proposition du gouvernement de ne pas revaloriser les pensions en fonction de l'inflation. Censée dégager près de 4 milliards d'euros pour la Sécurité sociale et l'Etat, cette mesure est l'un des principaux leviers identifiés par le gouvernement pour ramener le déficit de la Sécu en dessous de 13 milliards d'euros en 2027 (contre près de 22 milliards d'euros à la fin de cette année). L'exécutif promet de revaloriser les pensions les plus basses.
Mais alors que le retour en force de l'inflation pèse sur le pouvoir d'achat des Français, la perspective d'un gel d'une partie des pensions crispe à gauche comme à droite. La plupart des groupes politiques (hormis ceux du bloc central) ont ainsi déposé des amendements de suppression de l'article du projet de loi prévoyant de laisser la main à l'exécutif pour geler - ou du moins ne pas augmenter à hauteur de l'inflation - les pensions supérieures à 1.260 euros.
« Les retraités ne sauraient être une variable d'ajustement des comptes sociaux », défendent les députés de la Droite Républicaine (LR). La mise en garde est la même du côté du RN, qui critique par ailleurs le fait qu'en cherchant à agir par décret le gouvernement réclame un « chèque en blanc ».
Pour les socialistes, freiner la hausse des pensions n'est « pas pertinent ». Ils préconisent plutôt de taxer les patrimoines les plus éle-« Les retraités représentent 25 % de la population et la contribution qui leur est demandée pèse environ 10 % de l'effort global, et ce alors que les dépenses de retraite constituent la moitié de la dépense sociale. »
JEAN-PIERRE FARANDOU
Ministre du Travail
vés ou bien de revoir le niveau de CSG applicable aux retraités les plus aisés.
«Les retraités représentent 25 % de la population et la contribution qui leur est demandée pèse environ 10 % de l'effort global, et ce alors que les dépenses de retraite constituent la moitié de la dépense sociale », a plaidé la semaine dernière, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Pour mettre à contribution les retraités, le gouvernement a aussi prévu de rogner leur abattement de 10 % à l'impôt sur les revenus dans le projet de loi de finances.
Ce coup de rabot a d'ores et déjà été retoqué par les députés examinant le PLF en commission. Difficile d'imaginer que leurs homologues spécialistes des finances sociales se montrent plus intraitables vis-à-vis des retraités. D'autant que l'examen en commission, qui débute, n'est que le tour de chauffe de la course de fond qu'est l'adoption du budget.
Parmi les autres mesures cruciales pour l'exécutif figure le coup de rabot sur les exonérations de cotisations dont bénéficient les entreprises. Après avoir gelé le barème des allègements de cotisations sociales dès cet été pour limiter le dérapage des finances publiques, le gouvernementa proposé de revoir le mode de calcul des allègements généraux en prenant désormais en compte les primes d'intéressement et de participation versées aux salariés. De quoi dégager 3,7 milliards d'euros pour la Sécu.
而不屈法国党(La France Insoumise)则提交了大量关于通用减免的修正案,建议将标准推向比政府预想更激进的方向,即仅对低于 2 SMIC 的薪资保留缴费减免(目前为 3)。
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LFI multiplie les amendements sur les allègements
Sans surprise, cette proposition, très critiquée par les représentants des entreprises, se retrouve attaquée par le « bloc central ». « Il s'agira surtout d'une hausse du coût du travail, qui frappera en priorité ceux qui ont choisi d'associer leurs salariés aux résultats de l'entreprise », écrivent les députés Horizons, en défense d'un amendement de suppression de la réforme proposée. « Il n'est pas acceptable d'augmenter une nouvelle fois le coût du travail pour les entreprises », taclent les députés de Droite Républicaine plaidant également la suppression. Le RN rejette aussi l'élargissement de l'assiette des exonérations proposé.
De l'autre côté de l'Hémicycle, les socialistes disent soutenir « la philosophie globale » de la réforme des allègements généraux sur la table mais se montrent encore plus exigeants en réclamant que les primes de partage de la valeur (ex primes Macron) soient intégrées dans le calcul des exonérations.
La France Insoumise, qui a multiplié les amendements sur les allègements généraux, suggère, quant à elle, de repousser les curseurs encore plus loin qu'envisagé par le gouvernement en réservant les exonérations de cotisations aux salaires inférieurs à 2 SMIC (contre 3 aujourd'hui).
Le remboursement des cures thermales dans le viseur de l'exécutif
Le gouvernement compte réaliser une économie de 200 millions d'euros en abaissant le taux de remboursement des cures par la Sécurité sociale. Une mauvaise nouvelle pour les acteurs du thermalisme et les assureurs.
La manœuvre était passée inaperçue pendant une semaine. Après la présentation de son projet de budget, le gouvernement a fait la lumière jeudi sur son intention d'abaisser le niveau de remboursement par la Sécurité sociale des cures thermales pour dégager 200 millions d'euros d'économies. De quoi hérisser les acteurs du thermalisme et les mutuelles.
« L'objectif du gouvernement, dans un contexte économique contraint, est de préserver le meilleur remboursement sur les soins les plus efficaces médicalement », explique le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.
Dans le détail, le remboursement par l'Assurance Maladie des soins effectués en cure serait ramené à 15 % pour tous les assurés, contre 65 % pour les patients « classiques » et 100 % pour les malades chroniques (avec une affection de longue durée reconnue), précise le cabinet.
La disposition, relevant du réglementaire, ne fait pas l'objet d'un article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale et n'avait pas été évoquée lors de la présentation du budget. Elle est simplement évoquée dans les annexes budgétaires relatives aux économies sur « les soins de ville ».
Les acteurs du thermalisme attendent encore d'en savoir plus mais assurent d'ores et déjà - sans surprise - qu'il s'agit d'une mauvaise idée. « On imagine un renoncement aux soins qui sera massif », explique Adeline Guérard, la vice-présidente du Conseil National des Etablissements Thermaux (CNETh). Ce n'est pas la première fois que le remboursement des cures thermales se retrouve dans le viseur des politiques. L'exécutif avait cependant semblé temporisé dernièrement en demandant un avis à la Haute Autorité de Santé (HAS) sur l'utilité de ces cures pour les patients. « C'est un peu contre-intuitif de lancer une évaluation sans attendre les résultats pour modifier les modalités de remboursement », tacle Adeline Guérard.
Interrogé sur ce qui ressemble à un court-circuitage, le ministère de la Santé, fait valoir qu'il sera toujours temps de revoir les règles une fois que l'avis de la HAS sera rendu. Attendue à la fin de 2027, cette analyse est « compliquée » à réaliser car « les pratiques ne sont pas standardisées », glisse le ministère. Le gouvernement laisse par ailleurs entendre que les complémentaires santé vont prendre le relais de la Sécurité sociale. Elles n'en ont cependant pas l'obligation et « on doute fortement [que les assureurs] en auront les moyens », assure Adeline Guérard. Les assureurs confirment qu'ils n'ont pas l'obligation de couvrir mais n'en sont pas moins pris de court et hérissés par cette annonce. « En découvrant les choses aussi tardivement, comment voulez-vous qu'on modifie les contrats ? », lance Eric Chenut, le patron de la Mutualité Française. « Une nouvelle fois, on fait semblant d'habiller des décisions par des éléments scientifiques mais au final ce sont des décisions purement comptables [qui l'emportent] », fustige le représentant des mutuelles.
Pour ces dernières et toutes les autres complémentaires santé, cette baisse du taux de remboursement s'ajoute à d'autres « transferts » de charges prévus au profit de la Sécurité sociale et au détriment des assureurs. L'exécutif a annoncé la semaine dernière qu'il comptait leur faire assumer davantage de dépenses de médicaments, soins dentaires et transports sanitaires, pour 1,2 milliard d'euros.
Le remboursement par l'Assurance Maladie des soins effectués en cure serait ramené à 15 % pour tous les assurés, contre 65 % pour les patients « classiques » et 100 % pour les malades chroniques.
Puis il a précisé qu'il allait leur transférer en plus autour de 500 millions d'euros de dépenses hospitalières. De quoi porter la facture des transferts à 1,7 milliard, voire 1,9 milliard d'euros si on tient compte-à court terme-de la baisse du remboursement des cures. Aux dires des assureurs, l'addition est même encore plus lourde qu'affichée. « On est à 4 ou 5 fois le niveau des transferts habituels, sans compter les taxes. Justifier cela par la guerre dans le détroit d'Ormuz, c'est complètement inconséquent », s'agace Eric Chenut. Les assureurs vont aussi s'acquitter une nouvelle fois l'an prochain d'une taxe supplémentaire de plus d'1 milliard d'euros.
Le débat sur le coût des mutuelles ne devrait donc pas manquer de repartir de plus belle à l'Assemblée lors de l'examen du budget de la Sécurité sociale à partir de lundi.
La question des cures thermales a aussi toutes les chances de faire des remous. Les députés et sénateurs de tous bords, élus de villes thermales, veillent à éviter tout déremboursement, arguant de l'importance économique de cette activité pour les territoires.
— S. P. avec N. S. et E. L.
2027年预算:讨论开局与去年一样糟糕
预算
财务委员会的众议员在对财政法案草案进行深度修改后,否决了其中的税收部分。
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Budget 2027: la discussion démarre aussi mal que l'an passé
BUDGET
Les députés de la commission des Finances ont rejeté la partie fiscale du projet de loi de finances, après l'avoir profondément remaniée.
Après trois jours à examiner plus de 1.500 amendements à un rythme effréné, les députés de la commission des Finances ont rejeté la première partie du budget, consacrée aux recettes de l'Etat, par 33 voix contre et 3 pour. Comme l'an dernier, ils ont écarté une copie devenue inacceptable pour tous après l'adoption de multiples amendements allant dans des sens politiques contradictoires.
Selon un décompte provisoire effectué par le rapporteur général (LR), Philippe Juvin, les 21l amendements adoptés par la commission aggraveraient le déficit 2027 d'une dizaine de milliards d'euros, pour le porter à 5,4 % du PIB l'an prochain, loin du 5 % auquel tient fermement le gouvernement. « Ce quiressort de la commission des Finances, ce n'est pas une amélioration du déficit public, mais une dégradation d'au moins 8 milliards d'euros, a regrette de son côté le ministre des Comptes publics David Amiel, sur RTL dimanche. Ce n'est évidemment pas tenable. »
Personne n'est satisfait
Le calcul est simple. Les députés ont voté des baisses de recettes à hauteur d'une vingtaine de milliards d'euros, en rétablissant ou en créant des niches fiscales et en supprimant l'effort de 5 milliards d'euros demandé aux collectivités locales. Les hausses de fiscalité adoptées, à hauteur d'une dizaine de milliards d'euros, ne suffisent pas à compenser ce manque à gagner (cette équation ne prend toutefois pas en compte des amendements jugés incertains juridiquement ou complexes à chiffrer, qui pourraient rapporter quelques milliards supplémentaires).
Finalement, personne n'est satisfait. « Il y a plutôt une aggravation de ce budget qu'une amélioration », a commenté le président (LFI) de la commission, Eric Coquerel. A l'instar de toute la gauche, il regrette que les députés n'aient pas voté davantage de hausses d'impôts sur les grandes entreprises et les riches particuliers, en raison du « vote conjoint » du bloc central et du Rassemblement national pour s'y opposer. A droite, le texte n'a pas convaincu non plus, pour des raisons opposées. « La copie n'est pas satisfaisante à l'issue de ce premier tour de chauffe », a jugé Philippe Juvin, au vu des multiples hausses d'impôts votées et de l'aggravation du déficit. Il a rappelé que l'examen de la partie recettes du budget, en séance plénière à partir de mardi, repartirait de la copie du gouvernement, et exhorté ses collègues au sérieux.
Pour l'exécutif, il y a lieu d'être inquiet de cette « répétition générale », où ses mesures phares ont été rejetées. Les principales niches fiscales que le gouvernement voulait raboter ont été rétablies, celles qu'il voulait « sanctuariser » ont été touchées. L'effort qu'il voulait imposer aux collectivités a été effacé, et la « stabilité fiscale » promise par Sébastien Lecornu a été piétinée. Les députés ont notamment alourdi l'ardoise fiscale des entreprises. Certes, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises n'a pas été modifiée, et le pacte Dutreil a été préservé. Mais en parallèle, les députés ont raboté le crédit d'impôt recherche, renforcé la taxe sur les rachats d'actions, quintuplé la taxe Gafa, étendu la taxe sur les transactions financières, et voté diverses taxes sectorielles.
Inversement, les députés de la commission ont allégé l'effort des particuliers. Après avoir validé l'indexation sur l'inflation du barème de l'impôt sur le revenu, ils ont supprimé les mesures de fiscalisation des indemnités d'arrêt de travail et le rabot sur l'abattement de 10 % sur les pensions de retraite. De quoi ulcérer le gouvernement, qui a dénoncé par la voix de David Amiel la « lâcheté des partis politiques », alors que « beaucoup de retraités sont prêts à prendre leur part dans le redressement des finances publiques ».
Les députés ont aussi renforcé divers avantages fiscaux. La réduction d'impôt pour les dépenses d'hébergement en Ehpad a été transformée en crédit d'impôt, la TVA sur les abonnements électriques a été abais- sée à 5,5 %, les dispositifs favorisant les donations anticipées de patrimoines ont été élargis, les pensions alimentaires ont été défiscalisées pour le parent receveur, le plafond annuel d'exonération des heures supplémentaires a été supprimé... Pour compenser cette avalanche de cadeaux, quelques niches ont été réduites, dans des proportions bien moindres. Le crédit d'impôt sur les services à la personne, que le gouvernement voulait laisser intact, a vu son taux ramené à 40 % (hors garde d'enfants et assistance aux personnes âgées ou handicapées).
Comme l'an dernier, la contribution des plus riches a électricité les débats. Alors que le gouvernement avait largement fait l'impasse sur le sujet dans sa copie, les députés ont adopté plusieurs mesures visant les plus fortunés : instauration d'une taxe de 2 % sur les titres placés dans des holdings, relèvement de la CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus) ou renforcement de la CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus).
Cela n'a pas suffi à contenter la gauche, car la « taxe Zucman » et ses variantes, ainsi que les propositions de taxation des gros héritages, ont été écartées par le centre, la droite et le RN. Cette « alliance des droits », selon les mots de la députée socialiste Estelle Mercier, a conduit à « repousser toute forme d'imposition des grandes fortunes » mais aussi à « vider de sa substance la mesure gouvernementale sur l'apport-cession », a-t-elle regrette.
Dans l'attente d'une réponse du Premier ministre à sa demande d'une lettre rectificative sur le budget, le PS a déposé une motion de rejet préalable sur l'ensemble du texte, qu'il se réserve la possibilité de retirer d'ici mardi. Le compromis paraît loin.
Blocus des lycées : Parcoursup au cœur des discussions
POLITIQUE
Meryl Curtat/Hans Lucas/AFP
Le gouvernement promet des discussions sur la transparence et l'égalité des chances.
Les ministres Edouard Geffray et Philippe Baptiste rencontrent de nouveau les associations de lycéens, ce lundi.
Marie-Christine Corbier
C'est un sujet « prioritaire » pour les associations lycéennes et les organisations étudiantes tant il cristallise les colères. Les questions autour de Parcoursup seront, ce lundi, au cœur des discussions entre les associations lycéennes et les ministres Édouard Geffray (Education nationale) et Philippe Baptiste (Enseignement supérieur) qui les reçoivent. Et les discussions s'annoncent d'autant plus complexes que les lycéens ne sont pas tous sur la même ligne sur ce sujet.
Les deux ministres ont exclu toute suppression de Parcoursup, et donc balayé la revendication de l'Union syndicale lycéenne (USL), qui est aussi celle de l'Union étudiante. « Ce serait absurde de ne pas vouloir un endroit où on puisse se renseigner sur toutes les formations disponibles, indique Eloise Lefebvre-Milon, secrétaire générale de l'Union étudiante, mais il faut abroger toute forme de sélection et donc les algorithmes de Parcoursup. On doit pouvoir cliquer sur le bouton et s'inscrire, sans qu'il y ait de sélection sur les dossiers, sur les notes ou sur quoi que ce soit ».
Mais « Les Lycéens ! » et « Renouveau lycéen » sont, eux, ouverts à modifier Parcoursup. A la tête du mouvement « Les Lycéens! », Pierre Sourzat réclame « la suppression de la mention du lycée d'origine dans le dossier pour éviter de pénaliser les élèves qui viennent par exemple d'un lycée de Seine-Saint-Denis ». « Depuis sa création, ce sont 150.000 lycéens boursiers qui ont eu accès à des formations qu'ils n'auraient pas eues autrement, grâce à des quotas », défend Philippe Baptiste.
La question se pose « d'aller plus loin » sur ce sujet, dit-il, ou de permettre « plus de mobilité ». Le ministre se présente comme étant « vraiment ouvert sur ces discussions » et « sans ligne rouge ». Parcoursup est aussi ce qui a permis à des lycéens de Seine-Saint-Denis de venir étudier à Paris, abonde Édouard Geffray.
des discussions, lundi, se posera la question des algorithmes locaux sur laquelle travaille le gouvernement.
D'autres demandes surgissent, comme celle de l'ex-président de l'USL Manès Nadel qui, sur BFMTV, réclamait de « sectoriser les vœux pour que tout le monde ne soit pas dispatché à l'échelle nationale et éviter, un mois avant la rentrée, de devoir déménager de manière précipitée. » Cela interdirait à un lycéen de Toulouse d'étudier à Paris dans une formation sélective, s'inquiètent d'autres.
Au cœur des discussions, lundi, se posera la question des algorithmes locaux sur laquelle travaille le gouvernement. Ce sont ces règles de sélection que chaque formation du supérieur détermine pour sélectionner les lycéens.
Dans de nombreux cas, elles ne sont pas publiques, ou seulement en partie. « On apprend parfois, parce qu'on connaît tel prof qui a fait l'algorithme, que tel élève qui aura pris telle option au lycée aura un bonus, mais rien n'est public », s'agace un expert. « Certaines formations affichent des critères trop flous », renchérit Pierre Sourzat. De quoi alimenter les soupçons de « boîte noire » et d'opacité pour les lycéens et les familles.
Depuis 2018, les gouvernements successifs n'ont cessé d'expliquer qu'il était impossible de rendre publics ces critères au motif que les délibérations des formations pour les déterminer s'apparentaient à des « jurys » dont les délibérations devaient rester secrètes. Un « prétexte fallacieux », pour certains experts, d'autant que la France est le seul pays à ne pas publier ces algorithmes. Ailleurs, les élèves peuvent calculer à l'avance leurs chances d'admission, sur la base de barèmes et de nombre de points qui sont publics. « L'existence d'algorithms locaux propres aux formations, combinés avec les mécanismes de discrimination positive [...] pour réinjecter les quotas de boursiers et les quotas territoriaux suscite à la fois beaucoup de questionnements légitimes et autant de fantasmes dans la compréhension fine du mécanisme », indiquaient les députés Pierrick Courbon (PS) et Frantz Gumbs (Les Démocrates) dans un rapport en février dernier.
« Philippe Baptiste va poursuivre les travaux [de ce rapport], avec notamment l'enjeu de l'égalité des chances et de la transparence des algorithmes », a promis Édouard Geffray, mercredi, à l'Assemblée.
Les députés réclamaient aussi une « découverte anticipée » de l'outil. « Il faudrait qu'on nous montre comment fonctionne Parcoursup dès la seconde », a lancé une lycéenne à Édouard Geffray, jeudi dernier, lors de son déplacement à Reims. « C'est partagé, ça ? » s'est enquis le ministre de l'Education nationale avant de recevoir une réponse affirmative.
Le geste sur les 3.000 professeurs remplaçants ne désarme pas la mobilisation sur le terrain
Les 3.000 professeurs titulaires remplaçants qui n'étaient pas affectés devant des élèves vont l'être très rapidement, promet Edouard Geffray. L'annonce du ministre de l'Education nationale suscite de vives critiques.
C'est une première réponse concrète aux revendications lycéennes, comme l'avait promis Sébastien Lecornu. Mais elle suscite nombre d'interrogations et de critiques. Le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, a annoncé, jeudi soir, que 3.000 professeurs remplaçants qui ne sont pas devant les élèves – sur 20.000 titulaires sur zone de remplacement (TZR) pour les collèges et lycées – allaient rapidement rejoindre les établissements les plus touchés par le manque d'enseignants.
Cette affectation doit se faire en priorité dans les 114 lycées en situation « rouge » - qui ont un manque de professeurs depuis plusieurs semaines - puis dans les 400 classés en « orange », dont la situation est difficile mais moins critique. Ces professeurs sont donc déjà dans les effectifs de l'Education nationale. Des critiques, venues de LFI, du PS ou du RN, ont fusé dès l'annonce : pourquoi ces 3.000 remplaçants, payés par l'Education nationale, n'ont-ils pas été affectés dès la rentrée ?
Un logiciel « dopé à l'IA »
Le ministère répond qu'il avait jusqu'ici beaucoup de mal à les identifier. Il a mis au point un logiciel, « dopé à l'IA », pour y remédier, a expliqué Edouard Geffray.
« On travaille sur cet outil depuis un an et à l'époque, ça ne passionnait pas les foules, grince le ministre. Cela permettra d'avoir une géolocalisation plus précise qui mesure le temps de transport des professeurs, ce qui nous aide à les affecter et donc à optimiser le processus. » Ces professeurs ont vocation à être affectés soit pour remplacer un professeur absent dans leur discipline, soit « en soutien » des autres enseignants pour « prendre des petits groupes, lutter contre des grandes difficultés scolaires ou aider au rattrapage pour des lycéens qui ont été privés de cours ces derniers jours », précise Edouard Geffray, qui promet aussi qu'ils ne seront pas affectés en dehors de leur académie. Ce vivier de professeurs ne permettra toutefois pas de répondre aux absences dans toutes les disciplines. C'est pourquoi le ministre de l'Education nationale s'est aussi engagé à recruter « plusieurs centaines de professeurs supplémentaires ». Sont évoqués à la fois des contractuels et des personnels issus des listes complémentaires des concours enseignants. Au total, en cumulé avec les 3.000 TZR, ce sont 4.000 professeurs qui doivent venir combler les trous dans les effectifs de l'Education nationale, a-t-il précisé.
Face aux critiques, le ministre préfère « dire la vérité ». « Je ne vais pas cacher le fait qu'il y avait 3.000 personnes qui n'étaient pas affectées devant les élèves, a-t-il répondu, vendredi matin, depuis un lycée de Cachan (Val-de-Marne) où il était en déplacement. Soit on les garde en réserve, soit on les mobilise dès maintenant. On doit une action aux élèves. Ils vont très vite voir les choses changer dans leur quotidien. On va pouvoir tenir les compteurs sur l'évolution du nombre de lycées en situation rouge. » Le vice-président de l'association « Les Lycéens ! » Louis Letoublon y voit « une réponse », même s'il « attend de voir ce que ça va donner dans les lycées ». Mécontent d'être resté « sans réponse » sur les autres demandes des lycéens, il a promis, une reprise de la mobilisation dès mardi, alors que 96 % des lycées étaient ouverts vendredi et que le nombre d'établissements fermés a baissé (141 contre 157 jeudi à la mi-journée).
Du côté des chefs d'établissement, l'arrivée des 3.000 enseignants est saluée. C'est « déjà un geste », souligne François Resnais, du principal syndicat de chefs d'établissement (SNPDEN-Unsa). Il avoue « être un peu tombé de la branche » en apprenant qu'ils étaient 3.000 à ne pas avoir été affectés, alors que, début septembre, près des deux tiers des établissements n'avaient pas tous leurs personnels enseignants. Si les TZR sont tous affectés, comment garder de la souplesse pour les remplacements à venir et « ceux qui vont se casser une jambe au ski cet hiver ? », interroge de son côté Sophie Vénétitay, à la tête du principal syndicat d'enseignants, le SNES-FSU. « C'est peut-être davantage une réponse politique à la crise qu'un traitement de fond de la question du remplacement », redoute-t-elle.— M-C. C.
在格尔戈维古堡(oppidum)的高处,让-吕克·梅朗雄呼吸着古火山的空气。周六,这位情绪激昂的“不屈者”显得十分安详。两千年前,维钦格托里克斯在此击败凯撒,而如今,马匹在平静地吃草。一道彩虹在皮伊山脉(Chaîne des Puys)上空驱散了最后的雨滴。
“法国有这样一些地方,会让你沉浸其中,”这位四次竞选最高职位的候选人在面对一望无际的乡村时感慨道。对于这位旨在增强其总统气场的“不屈者”来说,这一画面十分美好,他本人也将此与弗朗索瓦·密特朗前往索吕特岩(Roche de Solutré)的朝圣之旅相类比。
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PRÉSIDENTIELLE
Après une visite à Gergovie, le candidat de La France insoumise a tenu meeting à Clermont, dimanche, où il a dénoncé « l'ignominie de Parcoursup » et déroulé son plan pour l'éducation.
Hadrien Valat
Du haut de l'oppidum de Gergovie, Jean-Luc Mélenchon hume l'air des vieux volcans. Samedi, l'éruptif Insoumis n'est que béatitude. Là où, deux mille ans plus tôt, Vercingétorix déboutait César, des chevaux broutent paisiblement. Un arc-en-ciel évince les dernières gouttes de pluie au-dessus de la Chaîne des Puys.
« Il y a des lieux comme ça en France qui vous envahissent », s'émeut le quadruple candidat à la fonction suprême devant la campagne à perte de vue. L'image est belle pour l'Insoumis qui entend crédibiliser sa stature présidentielle, et qui fait lui-même le parallèle avec les pèlerinages de François Mitterrand à la Roche de Solutré.
Une scène quelque peu à contre-emploi pour celui qui mise avant tout sur les habitants des quartiers populaires et sur les jeunes urbains pour atteindre le second tour de la présidentielle. Mais aucunement en contradiction avec ses concepts clés de « nouvelle France » et de « créolisation », assure Jean-Luc Mélenchon : « Dix ans après la bataille, ils étaient romanisés comme personne à Gergovie. » Le tribun Insoumis s'amuse à filer la métaphore politique. Face à des Gaulois « désorganisés » en une multitude de tribus (tels des socialistes ?), lui se reconnaît mieux dans l'ordre romain. Pas si étonnant, au vu de la cohésion quasi militaire de LFI. Le troisième homme de l'élection 2022 se retrouve aussi dans la guerre de mouvement de César : « Il faut bouger, changer de front sans arrêt [...] Il faut obliger l'adversaire à courir... une semaine, la dette, une autre, les lycéens », explique-t-il.
C'est d'ailleurs de la jeunesse dont il est largement question dès le lendemain, à Clermont. Car après le calme de cimes samedi, place à l'effervescence du Zénith dimanche. Le candidat LFI tient meeting devant 10.000 personnes - selon les Insoumis, qui additionnent ceux dans le public et ceux suivant l'événement en direct sur écran géant à l'extérieur.
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向年轻人喊话代表了一项战略挑战。
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S'adresser aux jeunes représente un enjeu stratégique.
C'est l'électorat qui soutient le plus massivement LFI mais aussi « qui vote 30, 40 points de moins que le reste de la population ».
Encore une fois, l'image est trop belle pour ne pas s'en repaître. « Tout ceci se voit, tout ceci se sait », peut savourer Jean-Luc Mélenchon.
Sur scène le septuagénaire a martelé son soutien à la mobilisation des lycéens. Des lycéens qui étaient d'ailleurs invités, en première partie, pour réclamer «10 milliards pour nos bahuts» dans le prochain budget à « Monsieur
Lecornu ». Jean-Luc Mélenchon a longuement pourfendu Parcour-sup, « une ignominie ». « C'est le mar-tyr de toute la famille sur trois géné-rations », a-t-il harangué la foule.
S'en prenant du même coup à un de ses « inventeurs », Gabriel Attal, qui était la veille en meeting à Lyon, que Mélenchon tient pour « personnellement responsable » d'une partie de la révolte lycéenne. La démonstration du jour avait d'ailleurs été pensée comme une réponse à l'événement de l'ancien Premier ministre. En installant le duel, les Insoumis assument vouloir fracturer le bloc central qu'entend rassembler Edouard Philippe.
Le « bazar » de l'affectation post-bac, qui met les établissements et les élèves en concurrence entre eux, selon Jean-Luc Mélenchon, a été « organisé du sommet de l'Etat par desgens qui voulaient transformer le savoir en marchandises », a-t-il accusé, répétant son opposition à la sélection à l'université.
Il s'est aussi appesanti sur le sort des filières professionnelles. « Du CAP jusqu'à la licence professionnelle, notre gouvernement leur préparera un passage sans fossé », a-t-il promis. Pour entreprendre son projet de repas bio et gratuits dans toutes les cantines, il faudra « 400.000 » agriculteurs supplémentaires. Avec, à la clé, des économies sur les maladies comme le diabète ou les cancers, autant de « dividendes du bonheur », entrevoit le leader de LFI.
Afin de mener à bien la rénovation thermique des logements qu'il appelle de ses vœux, « 300.000 personnes » formées à ces métiers seront nécessaires. « 200.000 » pour appliquer le programme insoumis dans les énergies renouvelables. Et « 100.000 » autres pour entreprendre la conversion du pays vers l'électrique. «Ily a un lien très étroit entre le fait que nous refusons la marchandisation du savoir et l'accomplissement de la planification écologique », a ainsi souligné Jean-Luc Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon, en visite à Gergovie (Puy-de-Dôme), samedi. Photo Stéphane Lemouton/Sipa
S'adresser aux jeunes représente aussi un enjeu stratégique pour le troisième homme de la présidentielle 2022. C'est l'électorat qui soutient le plus massivement LFI mais aussi « qui vote 30, 40 points de moins que le reste de la population », a pointé Manuel Bompard, lors d'un point presse à l'issue du meeting.
A Lyon, Attal se pose en candidat de la des jeunes pour contrer le candidat LFI
PRÉSIDENTIELLE
En meeting à Lyon, le candidat Renaissance à la présidentielle a critiqué le projet de budget et lourdement attaqué LFI et Jean-Luc Mélenchon.
Grégoire Poussielgue
— Envoyé spécial à Lyon (Rhône)
Gabriel Attal sait saisir les opportunités. En pleine fièvre lycéenne que le gouvernement peine à contenir, le candidat Renaissance à l'élection présidentielle s'est posé samedi lors d'un meeting à Lyon en « candidat de la jeunesse ». « La jeunesse est notre avenir, mais bien plus que cela. Elle est notre énergie, qui nous pousse à avancer, elle est la fougue, le courage », a-t-il lancé dès le début de ce premier « meeting régional » de sa campagne.
Dans une salle de 3.000 places - l'amphithéâtre 3.000 - le candidat a réuni 2.000 personnes, ce qui était prévu par la direction de Renaissance. Sur le pupitre du candidat, on pouvait lire « discours à la jeunesse », un clin d'œil à la gauche et au discours prononcé par Jean Jaurès en 1903 à Albi et auquel Emmanuel Macron avait aussi fait référence en mai 2017, juste avant le second tour. Le candidat a aussi cité une autre figure de la gauche, Pierre Mendès France.
Parler de la jeunesse a permis à Gabriel Attal de prendre pour cible La France Insoumise (LFI) et son candidat Jean-Luc Mélenchon. Une façon de se poser, plus qu'Edouard Philippe, en principal adversaire du leader des Insoumis. Pour l'ex-Premier ministre, 2027 n'est pas une élection « pour choisir un président de la République, mais pour donner un avenir à la jeunesse ».
Face à un public plutôt âgé - habituel pour les meetings politiques - et plutôt sage, Gabriel Attal tente une OPA sur la jeunesse en évo-quant tous les sujets qui la préoccupent, de l'éducation au dérèglement climatique en passant par l'IA. « Je veux être le président qui parle à la jeunesse parce qu'il la comprend », a-t-il martelé. L'opération est loin d'être gagnée car les 18-24 ans votent très majoritairement Jean-Luc Mélenchon, qui récolte plus de 50 % des intentions de vote. Le candidat Renaissance a taclé à plusieurs reprises son concurrent de LFI. « Son projet pour la jeunesse, c'est la sélection par l'échec », a-t-il lancé sous les applaudissements.
Rapidement, il a embrayé sur la colère des lycéens. Il a accusé LFI « d'appeler à l'émeute » ou de faire de la jeunesse « de la chair à canon », mais dénoncé aussi la position du RN. « Vous méritez l'écoute, le respect, des réponses, de ne plus jamais avoir à ressentir qu'on n'est jamais pris au sérieux quand on a 17 ans », a-t-il déclaré à l'attention de ceux qui manifestent.
Gabriel Attal a présenté un « nouveau pacte générationnel ». Il a répété sa promesse d'augmenter les moyens de l'école, malgré une baisse du nombre d'élèves dans les années à venir. « Moins d'élèves avec nous, ce ne sera pas moins de classes mais moins d'élèves par classe et plus de professeurs », a-t-il dit. Il a aussi répété ses propositions sur la rénovation du bâti scolaire – une importante revendication des lycéens – les augmentations de salaires des professeurs ou encore le temps scolaire.
Au passage, il a taclé le projet de budget pour l'année prochaine et la proposition du gouvernement de supprimer 1.600 postes de professeurs l'année. Il s'est aussi engagé dans la lutte contre les discriminations et pour favoriser les transmissions entre les générations.
Le moment est important pour le candidat Renaissance. Quatre mois et demi après s'être lancé dans le bain de la présidentielle, il est toujours derrière Edouard Philippe dans les études d'opinion. Le doute s'installe dans son camp. « Beaucoup constatent que sa campagne ne prend pas », souffle un cadre de Renaissance. La semaine dernière, dans les colonnes du « Parisien », il a plaidé pour une « grande coalition » allant de la social-démocratie à la droite républicaine, ajoutant qu'une primaire pouvait « être la solution » pour les départager.
Mais cet appel, identique à celui qu'avait fait François Bayrou deux semaines auparavant lors de sa rentrée à L'Isle-sur-la-Sorgue, fait chou blanc. « De la pure tactique », souligne un élu de droite. Cela n'a pas empêché Gabriel Attal de plaider à nouveau pour une « coalition large des démocrates » en France. Le résultat de la primaire à gauche, dont le premier tour a eu lieu dimanche, sera aussi déterminant pour Gabriel Attal, qui lorgne sur l'électorat social-démocrate.
Pour le candidat Renaissance, le match continue au sein du bloc central et n'est pas plié. Si Edouard Philippe alterne le salé (retraites) et le sucré (impôts sur le revenu) pour sa campagne, Gabriel Attal insiste sur le sucré. « Edouard Philippe a pris l'avantage sur Gabriel Attal mais il n'a pas tué le match. Les électeurs du bloc central peuvent encore changer d'avis. Gabriel Attal a du mal à se situer sur l'échiquier politique. Pour espérer renverser la tendance, il doit être mieux identifié, ses propositions doivent plus marquer l'opinion », note un sondeur.
Le mouvement des lycéens, certes soutenu par les Français, réveille de forts clivages, politiques et générationnels. Le péril ? Un débat présidentiel caricatural, qui passe à côté des questions soulevées.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
d'Isabelle
Ficek
La « décelération » avant l'essoufflement à la faveur des vacances de la Toussaint ? C'est évidemment, avant une nouvelle journée de mobilisation mardi, ce que veut voir l'exécutif dans les chiffres de lycées fermés en baisse en fin de semaine : que le « fleuve en crue retrouve son lit », selon les mots d'un conseiller. Les Français, eux, y croient moins. Un mouvement qui s'éteindrait comme il est né, sans prévenir et que personne, syndicats compris, n'avait anticipé ? Ils sont 59 % à penser – dont beaucoup avec inquiétude – que les protestations vont durer (Ipsos-BVA-Cesi Ecole d'ingénieurs pour « La Tribune Dimanche »). Surtout, à six mois de la présidentielle, cette dynamique réactive de profonds clivages. Certes, la plupart des revendications sont largement soutenues, à l'exception de la suppression de Parcoursup. Certes, une majorité (54 %) approuve le mouvement mais – première fracture – plus on est âgé et plus on le condamne (53 % des plus de 60 ans), toujours d'après la même enquête. Le clivage gauche-droite fonctionne aussi à plein avec une approbation massive du côté des sympathisants LFI (92 %) et du reste de la gauche ; à l'inverse, un bloc central et une droite plus que mitigée (67 % des sympathisants Renaissance-Modem-Horizons désapprouvent contre
33 % qui approuvent et 65 % chez LR-UDI contre 32 %) ... Si les violences, côté mouvement sont très largement condamnées - sauf chez les sympathisants LFI où elles sont soit justifiées soit excusées -, le regard sur celles qui ont pu avoir lieu côté police clive bien davantage (excusées ou justifiées du bloc central jusqu'au RN). Des positionnements qui, in fine, correspondent à ceux exprimés par les candidats à la présidentielle. Soutien, à gauche. Revendications balayées et condamnation des violences chez Bruno Retailleau pour LR, mais aussi du côté du RN et Marine Le Pen. Pointe d'ironie chez Edouard Philippe avant qu'il ne reconnaisse des « revendications légitimes ». Quant à Gabriel Attal, il a ce week-end joué à fond la carte jeunes (moins d'élèves par classe, révolution du temps scolaire etc.) et fustigé le grand favori des sondages chez les jeunes, Jean-Luc Mélenchon, accusé d'en faire de la « chair à canon » et de les vouer à la « sélection par l'échec ». Le candidat Insoumis, en démonstration de force dimanche en meeting, a pilonné dans la situation de l'école un « bazar organisé du sommet de l'Etat »; dans Parcoursup, « une ignominie » pour « organiser un marché ». Pas sûr, avec ces clivages exacerbés et anathèmes échangés sans nuances, que la campagne présidentielle permette un débat serein sur ces questions légitimes et nécessaires de l'orientation, l'amélioration du niveau, l'accès à l'enseignement supérieur etc. A la clé pour les jeunes ? Le péril des déceptions.
Raphaël Glucksmann remporte la primaire socialiste dès le premier tour
PRÉSIDENTIELLE
Le président de Place publique obtient 66 %.
Il est désormais le candidat du pôle social-démocrate, et Olivier Faure, deuxième, finit loin derrière.
Hadrien Valat
Victoire nette et sans bavure. Raphaël Glucksmann a terrassé, dès le premier tour, ses concurrents de la primaire du pôle socialiste. Dimanche, au terme du scrutin organisé par le PS, Place publique et GRS, il a obtenu 66 % des voix très loin devant Olivier Faure, arrivé deuxième avec 14 %.
Le président de Place publique avait finalement accepté, en traînant les pieds, de participer à un départage au sein même de son camp. A raison. Il obtient près de 80.000 voix sur les 120.000 exprimées. « Ce résultat dit quelque chose de puissant : une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner », a immédiatement réagi l'essayiste sur X. Mais « cette première place ne me donne aucun droit. Rien n'est gagné. Elle m'oblige à écouter, convaincre et rassembler davantage ».
« Je suis le candidat de la gauche démocratique » qui « pourra battre » l'extrême droite », a-t-il ensuite déclaré devant ses soutiens, disant mesurer « l'immense responsabilité que cela représente ». « Ceci n'est qu'un début » car « ce soir, la bataille de France commence », a-t-il lancé. Pour le président de Place publique, le plus dur commence maintenant, avec à sa gauche Jean-Luc Mélenchon, qui ne le ménagera pas, et les candidats du bloc central.
Ses propositions, au premier rang desquelles la « révolution écologique », la réindustrialisation du pays, ou la baisse de la CSG sur les salaires pour augmenter le net ont visiblement séduit les électeurs sociaux démocrates. Mais aussi sa volonté de « refonder la gauche » sans accords avec LFI.
C'est un véritable camouflet pour le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui n'obtient que 17.000 voix, alors que le parti qu'il dirige comptait le plus d'électeurs potentiels à cette primaire. Le député de Seine-et-Marne avait ancré sa candidature à gauche, sans toutefois complètement clarifier sa position vis-à-vis de potentielles alliances avec les Insoumis.
« Nous avons désormais un candidat, à nous toutes et tous de forger ensemble cet esprit de victoire », a dit Olivier Faure, à l'annonce de sa
« Nous avons désormais un candidat, à nous toutes et tous de forger ensemble cet esprit de victoire. »
OLIVIER FAURE
Premier secrétaire du PS
défaite. Il a promis qu'il continue-rait à « contribuer » à l'union avec les écologistes et les communistes depuis son poste de Premier secrétaire.
En plaçant sa candidature sous l'égide de « l'ordre tranquille », Ségo-lène Royal espérait être la surprise de cette primaire. Elle échoue finalement à un peu plus de 7 %. La finaliste de la présidentielle 2007, dont les adversaires redoutaient les saillies, n'y est pas allée de main morte. Ses attaques frontales contre Raphaël Glucksmann ont fait fulminer les soutiens de l'essayiste : pris dans les phares d'une « Ségo » pas « tranquille » du tout, l'eurodéputé a parfois chancelé lors des débats télévisés. Mais si l'art de la punchline de l'ancienne ambassadrice des pôles a fait le bonheur des réseaux sociaux, il ne s'est pas matérialisé en soutiens sonnants et trébuchants. En témoigne son meeting le 22 septembre à Alfortville, où le public clairsemé ne remplissait pas le gymnase qui accueillait les festivités. Elle assure désormais, du bout des lèvres, soutenir Raphaël Glucksmann mais à la condition qu'il tende la main au reste de la gauche.
A la tête de son microparti, Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), Emmanuel Maurel termine proche des 6%. En se présentant sur la ligne de départ, il voulait faire entendre ses idées en profitant de la médiatisation de la primaire. Notamment sa proposition de « grand emprunt » qui mettrait à contribution l'épargne des Français pour financer la transition écologique.
Le cinquième homme de la primaire, Jérôme Guedj, avait fait de sa candidature un manifeste contre les « Cette première place ne me donne aucun droit. Rien n'est gagné. Elle m'oblige à écouter, convaincre et rassembler davantage », a déclaré le président de Place publique après sa nette victoire.
Photo Sarah Meyssonnier/Reuters
alliances avec les Insoumis, qu'il accuse de souffler sur les braises de l'antisémitisme et des passions identitaires. N'hésitant pas à attaquer frontalement Olivier Faure, dont il fustige l'ambiguïté vis-à-vis de LFI. Il obtient finalement 5,8 % et se dit dimanche « sur le pont » pour soutenir Raphaël Glucksmann.
Ces derniers jours, les entourages des candidats refusaient de s'adonner aux pronostics. Tous avaient en tête la fameuse « boîte noire » des 42.695 personnes inscrites sur la plateforme « choisir2027.fr », c'està-dire les électeurs qui se sont acquittés de 15 euros sans adhérer à un des trois partis. Une cohorte insondable, avec le potentiel de faire basculer le scrutin.
Pour éviter les accusations de trucages, que se renvoient les différentes écuries socialistes à chaque congrès ou primaire, ou l'utilisation de boîte à chaussures à défaut d'urnes, comme cela a pu être constaté par le passé, les sociaux-démocrates ont cette fois-ci préféré déléguer. C'est un prestataire, la plateforme e-votez, qui organise le scrutin, censé se dérouler, une fois n'est pas coutume, sans accroc.
Mais en dépit de toutes les bonnes volontés, le vote du premier tour a connu un gros hic. La plateforme a subi une cyberattaque dès son ouverture aux électeurs vendredi matin. « Un afflux massif et fictif de connexions », générées par des bots, a empêché de nombreux sympathisants d'enregistrer leur choix. Le problème n'a été réglé qu'en début de soirée, laissant planer des doutes sur le niveau de participation final. La commission d'organisation de la primaire avait finalement décidé de décaler d'une journée la clôture du vote, soit jusqu'à dimanche à 18 heures.
Les chefs d'entreprise guère convaincus par la copie budgétaire de la candidate Marine Le Pen
Marine Le Pen et Jordan Bardella, au siège du RN, mardi. Photo Mehdi Dedouach/AFP
POLITIQUE
La candidate du RN a présenté le 6 octobre son plan pour réduire le déficit budgétaire si elle est élue.
Les patrons jugent l'exercice positif sur la forme, mais largement insuffisant sur le fond.
Anne Feitz
« Pro business », le Rassemblement national ? Au lendemain de la présentation par Marine Le Pen de son ambitieuse trajectoire budgétaire de redressement des comptes publics, le 6 octobre dernier, les chefs d'entreprise ne se montrent guère convaincus par la copie.
Au-delà de leurs convictions politiques, beaucoup ont suivi la prestation, mardi, de la candidate du parti d'extrême droite – donnée gagnante par certains sondages à la présidentielle. La plupart saluent l'exercice... sur la forme. « Il est intéressant de voir que le RN a changé sa doxa budgétaire et donne son plan d'économies. Ce n'est pas le cas de tous les candidats », souligne le dirigeant d'une organisation patronale.
最重要的是,所有人都对这些减税措施的资金来源感到担忧。所有经济学家都对所宣布的节省额度的可信度表示怀疑。企业研究所(Institut de l'entreprise)经济学家埃尔万·蒂松(Erwann Tison)解释说:“国民联盟说他们想要创造一个竞争力冲击。但如果这些措施没有资金支持,它们将不会产生效果,因为企业会预见到未来税收的收紧而不会进行投资。这就像2017年取消住房税时在个人身上发生的情况一样。”
Mais sur le fond, les dirigeants restent extrêmement réservés sur le plan de Marine Le Pen, censé générer 140 milliards d'euros d'économies annuelles nettes d'ici à 2032. « Il y a du bon et du moins bon », a prudemment commenté Patrick Martin, le président du Medef, le 7 octobre.
Difficile, pour les patrons, de ne pas saluer la suppression des impôts de production (CFE, C3S et CVAE) proposée par le RN, qu'ils réclament de leurs vœux depuis des années. Marine Le Pen a aussi promis une « réforme de l'IS en faveur des TPE PME », qui sera présentée plus tard, et un « renforcement » du pacte Dutreil sur les successions. « Ça va dans le bon sens », a reconnu Patrick Martin. Alors que le RN chiffre l'allègement de charges induit à 20 milliards d'euros par an, d'autres relèvent que l'effort est loin de couvrir les taxes non assises sur les bénéfices supportées par les entreprises. « Celles-ci représentent plus de 100 milliards d'euros par an... », rappelle un représentant du patronat.
Surtout, tous s'inquiètent du financement de ces baisses d'impôt. Tous les économistes ont émis des doutes sur la crédibilité des économies annoncées. « Le RN dit qu'il veut créer un choc de compétitivité. Mais si ces mesures ne sont pas financées, elles n'auront pas d'effet, car les entreprises anticiperont un durcissement ultérieur de la fiscalité et n'investiront pas. C'est ce qui s'est passé, pour les particuliers, avec la suppression de la taxe d'habitation en 2017 », explique Erwann Tison, économiste à l'Institut de l'entreprise.
Le Syndicat des indépendants (SDI) et TPE, qui représente les entreprises de 0 à 10 salariés, peine lui aussi à applaudir. « Ces allègements n'ont de sens que s'ils ne sont pas compensés par de nouvelles taxes ou de nouvelles charges », insiste son secrétaire général, Marc Sanchez.
Une crainte fondée, relève-t-il : le RN veut notamment appliquer une taxe de 1.000 euros sur l'emploi de salariés non européens, qui risque de pénaliser des secteurs gros employeurs de salariés étrangers.
他们还在等待国民联盟退休金改革的细节,该党希望将法定退休年龄降低至60至62岁之间——而该制度的不平衡在未来的公共赤字中占据了巨大份额。“如果缺失了房间里的大象,根本无法评判这份反预算案!”其中一名代表如此评价。上周二,玛丽娜·勒庞(Marine Le Pen)保证,通过对制度中“不公正措施的修正”可以节省“15 à 20 milliards”,这将使其改革成本在2031年降至9,5 milliards。
Les grandes entreprises seraient elles aussi lourdement mises à contribution. « Elles font figure de boucs émissaires : elles supporteraient au total 18 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires en 2027 », a calculé Erwann Tison. Le RN veut
notamment taxer les multinationales qui « ne paient pas leur dû » en France, sur la base du chiffre d'affaires réalisé dans l'Hexagone. Une mesure destinée selon les dirigeants du parti à lutter contre la « suroptimisation » fiscale, et censée rapporter 3,8 milliards d'euros par an. Mais qui suscite scepticisme et opposition. « Les impôts des multinationales sont régis par des conventions fiscales entre Etats, je ne vois pas comment on les casserait sans mettre en jeu notre crédibilité », tempête le dirigeant patronal précité. « La France n'est pas une île dans un océan!». Les chefs d'entreprise sont aussi vent debout contre la taxe de 30 % sur les rachats d'actions prévue par le RN. Non seulement ils jugent son chiffrage (11,4 milliards en 2027, puis 340 millions les années suivantes) « lunaire », car il ne tient pas compte de son effet dissuasif. Mais ils estiment aussi qu'elle est « confiscatoire », et constitue « une incitation à délocaliser », selon Erwann Tison.
Plus généralement, les dirigeants regrettent que les économies affichées ne soient pas documentées. Et « [Les grandes entreprises] font figure de boucs émissaires : elles supporteraient au total 18 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires en 2027. »
ERWANN TISON
Economiste à l'Institut de l'entreprise
attendent les détails de la réforme des retraites du RN, qui veut ramener l'âge légal de départ entre 60 et 62 ans – alors que le déséquilibre du système représente une énorme part du déficit public à venir. « Impossible de juger ce contre-budget s'il manque l'éléphant dans la pièce ! », balaie l'un de leurs représentants. Mardi dernier, Marine Le Pen a assuré que la « correction des mesures injustes » du système permettrait d'économiser « 15 à 20 milliards », ce qui ramènerait le coût de sa réforme à 9,5 milliards en 2031.
Le parti promet d'expliciter son budget. « Le détail du chiffrage n'a pas été présenté, je comprends les critiques. Mais nous sommes encore en début de campagne : chaque ligne est parfaitement documentée, et sera expliquée », assure un poids lourd du parti. Pour la réforme des retraites, rendez-vous mi-novembre.
特朗普宣布俄罗斯与乌克兰之间达成能源停火协议
乌克兰总统与美国总统的最近一次会晤于2026年9月22日在纽约举行的联合国大会期间举行。照片:Kylie Cooper / 路透社
Trump annonce une trêve énergétique entre la Russie et l’Ukraine
La dernière rencontre entre le président ukrainien et le président américain a eu lieu lors de l'assemblée générale des Nations unies le 22 septembre 2026, à New York. Photo Kylie Cooper/Reuters
GUERRE
EN UKRAINE
Donald Trump a annoncé un arrêt des frappes sur les infrastructures énergétiques entre les deux belligérants.
Virginie Robert
Va-t-on vers un vrai répit ? Donald Trump a annoncé dimanche un cessez-le-feu sur les infrastructures énergétiques entre la Russie et l'Ukraine. Volodymyr Zelensky, qui s'était dit ouvert à un cessez-le-feu de ce type un peu plus tôt sur la chaîne américaine ABC, dimanche, a néanmoins fait part de son étonnement.
« L'annonce d'un cessez-le-feu a été une surprise pour moi. Mais si les Russes acceptent un cessez-le-feu concernant les infrastructures énergétiques, l'Ukraine l'acceptera. Si le président Trump l'a négocié avec Poutine, qu'on nous dise simplement quand le cessez-le-feu entre en vigueur. Nous sommes prêts et nous l'accepterons », a-t-il déclaré au site d'information Axios. Mais il faudra « des garanties réelles ».
Cette trêve intervient après que, vendredi soir, le Trésor a annoncé une autorisation temporaire jusqu'en avril 2027 « afin de permettre l'approvisionnement du marché mondial en diesel russe ». Un accord voulu par le président américain pour essayer de noyer le mécontentement des Américains face à la hausse du prix du diesel.
Les Ukrainiens sont très mal pris la chose, d'autant que l'escalade des frappes russes des dernières semaines touche de plus en plus de civils et vise à rendre la vie urbaine invivable.
« Toute atténuation des sanctions contre la Russie sans un accord clair et durable de désescalade avec la Russie joue en faveur de la Russie, pour qu'elle tue davantage, qu'elle fasse la guerre plus longtemps, qu'elle respecte encore moins l'Amérique et qu'elle inflige encore plus de pertes et de dommages au monde », a expliqué dans un long message sur X Volodymyr Zelensky.
« Le premier sujet pour Trump, ce sont les midterms et le prix du diesel aux Etats-Unis. Il est prêt à tout pour montrer qu'il privilégie les intérêts nationaux américains », constate Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du centre Russie/Eurasie de l'Institut français des relations internationales. Peu importe que ce soit la guerre en Iran et le blocus du détroit d'Ormuz qui aient fait grimper les prix du pétrole au plafond.
Si l'effet économique de cet accord sur le diesel avec la Russie ne sera pas très sensible, au vu des volumes modestes libérés, son impact symbolique l'est bien davantage. « Cela revient à dire que les Etats-Unis interdisent les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes car cela nuit aux intérêts économiques américains », souligne la chercheuse.
因此,必须加强军事努力,Comand AI 公共事务负责人阿诺·瓦利(Arnaud Valli)强调:“不要忘记,威慑俄罗斯的最佳手段之一,就是俄罗斯士兵在乌克兰的生存时间。也就是说,目前是 30 分钟。如果这个生存时间缩短到 5 分钟以下,我向你们保证,任何政权、任何未来的克里姆林宫领导人都将犹豫再三。而这正是外交官、士兵以及工业界需要共同完成的工作。”
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Donnant-donnant
Les Européens se sont rapidement ralliés autour de Kiev après les dernières saillies de Donald Trump et préparent un 22 $^{e}$ paquet de sanctions qui sera discutélundi. Le chancelier allemand s'est récemment rendu à Kiev avec un milliard d'euros d'aide et le Premier ministre britannique doit prochainement rencontrer le président ukrainien.
« J'attends le réveil de l'Europe. Il y a des dynamiques positives sur l'augmentation des capacités de défense. Mais c'est lent », a déclaré vendredi à l'Ifri l'ambassadeur d'Ukraine en
France, Vadym Omelchenko, lors d'un forum France-Ukraine. Les Ukrainiens, qui craignent surtout une baisse de l'aide des renseignements américains, espèrent davantage de soutien, notamment pour compenser leur infériorité actuelle dans la bataille du ciel.
Une diplomatie impossible
Le travail de la diplomatie est plus que difficile. La rencontre de la délégation des envoyés allemand, français, britannique et ukrainien en Floride ce week-end a été totalement obscurcie par l'accord sur le diesel russe. Et Trump necesse de miner la légitimité de son homologue ukrainien, qui est selon lui responsable de la guerre. « Chaque fois qu'il y a un moment important, Trump sort la carte de l'illégitimité de Zelensky », observe Tatiana Kastouéva-Jean. Le président ukrainien a toutefois pris la balle au bond et déclaré sur ABC qu'il organiserait des élections en Ukraine, si Vladimir Poutine acceptait un cessez-le-feu global de 60 jours.
Des questions techniques doivent être prochainement discutées à Abu Dhabi, mais la réunion a été reportée à fin octobre. Et la Russie refait son apparition dans les grandes enceintes : Vladimir Poutine a été invité par les Etats-Unis au prochain
G20 et le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a participé à la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères du G20.
« L'Ukraine cherche un chemin entre le risque d'une guerre sans fin d'un côté et de l'autre, une forme de capitulation. Le choix est très, très mauvais. Rien ne se décidera sur l'Ukraine sans l'Ukraine. Mais ça, c'est précisément ce que la Russie refuse », explique Nadiia Koval, chercheuse à l'European Policy Institute de Kiev.
Donald Trump laisse entendre que Poutine veut un accord, mais en réalité, assure Stéphane Audrand, chercheur au centre d'études de sécurité de l'Ifri, l'objectif du
Kremlin, « ça reste d'écraser l'Ukraine et après de faire éclater l'Union européenne et l'Otan ».
Il faut donc renforcer l'effort militaire, insiste Arnaud Valli, chargé des affaires publiques de Comand AI. « N'oublions pas que l'un des meilleurs moyens de dissuader la Russie, c'est le temps de survie des soldats russes en Ukraine. C'est-à-dire aujourd'hui trente minutes. Si ce temps de survie est de moins de cinq minutes, je vous garantis que n'importe quel régime, n'importe quel futur dirigeant du Kremlin, hésitera deux fois. Et ça, c'est le travail des diplomates, des soldats, mais aussi des industriels. »
L'alliance entre Kiev et Séoul fragilisée par des tensions diplomatiques
Solidaires depuis le début de l'agression russe en 2022, Kiev et Séoul se déchirent. Kiev accuse Séoul d'alimenter secrètement la Russie en carburant quand le président coréen reproche à Volodymyr Zelensky d'avoir levé le voile sur le sort de deux prisonniers nord-coréens.
Diane Jeantet et Yann Rousseau
Malmenée par les dernières fouca-
des de Donald Trump, l'Ukraine se
retrouve aussi confrontée à une
rapide détérioration de ses relations
avec la Corée du Sud, l'un de ses
rares soutiens en Asie. Les exécutifs
des deux nations se disputent
autour du sort de deux prisonniers nord-coréens et d'un trafic de carburants suspect entre des ports coréen et russe.
Si la Corée du Sud n'a pas livré directement des armes létales à l'Ukraine, elle lui a fourni, indirectement, d'importantes quantités de munitions, dans le cadre d'un accord avec les Etats-Unis. Elle a notamment livré des obusiers et des pièces d'artillerie à la Pologne afin
en partenariat avec LesEchos de remplacer les armes que Varso-
vie avait envoyées en Ukraine. Les
spécialistes assurent qu'elle a aidé,
selon le même principe, les Etats-
Unis à reconstituer leurs stocks de
munitions.
Le secret des prisonniers
Mais cette solidarité s'est brisée depuis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a révélé, fin septembre, que son pays venait de remettre à la Corée du Sud deux prisonniers de guerre nord-coréens. Affirmant que ce transfert aurait dû se faire dans la plus grande confidentialité, l'exécutif sud-coréen s'estime trahi. Jeudi dernier, la Corée du Sud, qui exige des excuses, a ainsi annoncé qu'elle allait rappeler son ambassadeur en Ukraine, pour protester contre la violation de ce secret diplomatique, dont Kiev nie l'existence.
A Séoul, les experts questionnent ce soudain coup de sang. « Tout le monde savait que les prisonniers de guerre allaient être transférés en Corée du Sud », rappelle Mason Richey, un professeur à la Hankuk University of Foreign Studies. Les deux soldats faisaient partie des quelque 12.000 hommes que le régime de Kim Jong-un a déployés en Russie pour aider Moscou.
Après avoir été soignés en Ukraine, ils sont arrivés en Corée du Sud début septembre pour être pris en charge par les services secrets locaux. Le pays, dont la Constitution considère les Nord-Coreens comme des citoyens, a toujours fait valoir qu'il devait accueillir ces deux prisonniers. « Il est donc probable que la posture actuelle de Lee Jae-myung réponde à des enjeux de politique intérieure», avance Mason Richey. Il pointe la tentation, au sein de l'exécutif sud-coréen, d'un rapprochement avec la Russie et la Chine, à la fois pour des raisons sécuritaires et économiques mais aussi afin d'apaiser les relations avec la Corée du Nord.
Lee Jae-myung souhaite créer « une nouvelle ère de coexistence pacifique » avec la Corée du Nord mais ses appels au dialogue sont boudés par Pyongyang. Pour certains diplomates, la mise en scène d'une rupture avec l'Ukraine pourrait, peut-être, aider à réchauffer les échanges. « Des conseillers de Lee espèrent que Moscou usera de son influence pour améliorer les relations intercoréennes », résume le spécialiste.
Selon un article du « Guardian », ce rapprochement avec Moscou pourrait aussi passer par d'importantes livraisons de carburants depuis des ports sud-coréens vers la Russie, à bord, notamment, de pétroliers sanctionnés par l'Union européenne.
Depuis plusieurs mois, l'Ukraine multiplie les frappes contre les raffineries et les dépôts pétroliers russes afin de perturber l'approvisionnement en carburant de l'armée russe et d'accroître le coût de la guerre pour Moscou. Ces attaques provoquent des pénuries de carburant et embarrassent Vladimir Poutine, qui cherche des approvisionnements alternatifs.
Or, selon des données de la firme Kpler, consultées par « Les Echos », plus de 900.000 barils de carburants raffinés et de produits pétroliers lourds ont quitté des terminaux sud-coréens pour la Russie en juin, juillet et août. Des volumes qui dépassent de très loin les livraisons sporadiques qui ont pu avoir lieu entre les deux pays depuis l'invasion russe de l'Ukraine, selon Kpler.
Pointant ce trafic, Kiev a accusé la Corée du Sud de contribuer à atténuer l'impact de sa stratégie militaire contre Moscou, ainsi que les sanctions européennes sur la Russie. Séoul s'est immédiatement indigné contre des déclarations « factuellement incorrectes et inappropriées » et s'est engagé à prendre les mesures nécessaires si des violations étaient confirmées.
La Corée du Sud souhaite créer « une nouvelle ère de coexistence pacifique » avec la Corée du Nord mais ses appels au dialogue sont boudés par Pyongyang.
Les données de Kpler ne permettent, en effet, pas de savoir à qui appartient le carburant, ni quel pays ou quelle entité l'a vendu à la Russie. Quant au recours à des navires sanctionnés, cela ne semble pas enfreindre la législation sud-coréenne, qui dispose de ses propres mesures restrictives vis-à-vis de la Russie.
Les baisses de taxes sur le carburant offrent un répit limité aux Américains avant les élections de novembre
Les prix à la pompe ont reflué dans les Etats américains qui ont suspendu leurs taxes sur les carburants. Mais l'accalmie risque d'être de courte durée.
Bastien Bouchaud
— Bureau de New York
Donald Trump peut souffler... provisoirement. Les prix à la pompe sont récemment repartis à la baisse aux Etats-Unis. Ils ont reculé d'un peu plus de 10 centimes par gallon en moyenne nationale depuis la dernière semaine de septembre, pour retomber à environ 4,35 dollars par gallon d'essence, l'équivalent d'un peu plus de 1 euro par litre.
La tendance est également au recul pour le diesel, utilisé par les agriculteurs et les transporteurs routiers notamment. Le prix de ce carburant a reflué de près de 20 centimes, après avoir atteint un record à plus de 6,50 dollars par gallon en moyenne. La détente, bien que limitée, intervient à point nommé pour les républicains.
Les Américains ont commencé à voter par anticipation et par courrier dans plusieurs Etats pour les midterms, les élections de mi-mandat, qui se tiennent le 3 novembre. Les démocrates ont fait campagne sur le thème de la vie chère et de l'inflation générée par les politiques de Donald Trump. Leur message résonne, à en croire les sondages
Les frappes russes atteignent aussi le budget de l’Ukraine
Présenté mi-septembre, le budget pour 2027 ne sera examiné qu'à la fin du mois. Le gouvernement ukrainien prévoit un déficit budgétaire de 15 % du PIB en 2027 et voit ses recettes décrocher en raison de l'intensité des frappes russes.
Guillaume Ptak
—Correspondant à Kiev
Alors que le coût de la guerre augmente, Kiev voit une partie de sa base fiscale fragilisée par les bombardements russes. Sur les neuf premiers mois de l'année, le budget ukrainien accuse près de 50 milliards de hryvnias de recettes en moins par rapport aux prévisions, un écart qui s'est nettement creusé depuis l'été, soit environ 1 milliard d'euros de moins qu'attendu. Surtout, près des deux tiers de ce manque à gagner se sont concentrés sur les seuls mois d'août et septembre. « La principale raison, ce sont les frappes russes constantes contre les entreprises », estime Roksolana Pidlasa, présidente de la commission du Budget de la Rada.
L'impact des attaques contre les usines, entrepôts, ports et infrastructures logistiques commence ainsi à se refléter directement dans les comptes de l'État. La TVA en fournit le signal le plus net. Sur neuf mois, les recettes de TVA sur les importations sont inférieures de 35,7 milliards de hryvnias aux prévisions, tandis que celles provenant des biens produits en Ukraine affichent un retard de 32,9 milliards.
Les accises domestiques manquent, elles, de 19,1 milliards. Seule la bonne tenue de certains prélèvements, notamment l'impôt sur les bénéfices des entreprises, supérieur de 29 milliards aux attentes, permet de limiter le déficit global. Le décrochage s'est nettement qui esquissent des résultats potentiellement brutaux pour le Grand Old Party.
根据比价网站GasBuddy首席分析师帕特里克·德·汉(Patrick De Haan)的计算,自3月1日以来,美国人(包括家庭、企业和政府部门)在汽油和柴油燃料费用上的支出已比去年同期增加了1300亿加元。帕特里克·德·汉解释道:“尽管特朗普政府采取了所有措施,但只要地缘政治紧张局势稍有回升,价格就可能再次上涨,他们在这一领域除了试图弥补自己的错误之外,能做的已经不多了。”他认为:“如果美国与伊朗之间的冲突升级,或者乌克兰继续攻击俄罗斯炼油厂,目前的跌幅可能会迅速消失。”
由于供应不足,“红色”柴油的使用不太可能产生实质性影响。帕特里克·德
……从夏季开始加剧。根据经济战略中心(Centre for Economic Strategy)的数据,仅7月和8月的税收收入就比计划低313亿格里夫纳,其中增值税(TVA)低了253亿格里夫纳。除了物理破坏外,轰炸还中断了生产,摧毁了库存,并使物流链复杂化。乌克兰政府估计,仅因针对企业的袭击,全年税收收入可能会损失约700亿格里夫纳。总理谢尔希·科雷茨基(Sergii Koretskyi)当时警告称:“这是9月初的估计。袭击每天都在继续,这个数字可能会增加。”
La frénésie d'initiatives émanant de la Maison-Blanche ces derniers jours témoigne de l'urgence de la situation aux yeux de Donald Trump. Le président a récemment signé un décret présidentiel ouvrant la voie à une distribution plus large du diesel « rouge », ou gazole non routier, détaxé et habituellement réservé aux machines agricoles et aux engins de chantier. Washington a également fait pression sur Paris et Berlin pour qu'ils libèrent une partie de leurs stocks stratégiques de carburants. Vendredi, il a levé les sanctions sur la Russie qui pourra vendre 4,8 millions de tonnes de diesel sur les marchés mondiaux.
La récente accalmie sur les prix est à mettre au crédit des suspensions de taxes locales sur les carburants, plutôt qu'aux multiples manœuvres de Donald Trump. Les prix à la pompe ont ainsi particulièrement reflué dans les Etats qui ont renoncé à percevoir ces taxes, à l'instar de l'Ohio. Dans cet Etat du Midwest, qui a viré à droite ces dernières années mais où les démocrates ont bon espoir de ravir un siège au Sénat, la baisse dépasse les 60 centimes par gallon.
Les Américains, ménages, entreprises et administrations confon-dus, ont déjà déboursé 130 milliards
accentué à partir de l'été. Selon le Centre for Economic Strategy, les seules recettes fiscales de juillet et août avaient déjà été inférieures de 31,3 milliards de hryvnias au plan, dont 25,3 milliards pour la TVA. Audelà des destructions physiques, les bombardements interrompent la production, détruisent des stocks et compliquent les chaînes logistiques. Le gouvernement ukrainien estime qu'environ 70 milliards de hryvnias de recettes fiscales pourraient manquer sur l'ensemble de l'année du seul fait des attaques contre les entreprises. « C'est une estimation de début septembre. Les frappes continuent chaque jour et ce chiffre pourrait augmenter », prévenait alors le Premier ministre Sergii Koretskyi.
Chute des investissements
Dans un environnement marqué par les alertes aériennes à répétition, les destructions d'infrastructures et la perspective d'un nouvel hiver difficile, certaines sociétés réduisent leurs investissements. « Nous ne sommes pas face à un problème temporaire mais à un problème structurel de recettes, précisément au moment où les dépenses exigent davantage de ressources », souligne Oleksandra Myronenko, économiste au Centre for Economic Strategy. Les tensions commencent aussi à apparaître dans la gestion courante des finances publiques avec une baisse des remboursements de TVA aux entreprises. « Le problème est réel et sérieux », a déclaré Danylo Hetmantsev, président de la commission des Finances de la Rada. A cette pression liée à la guerre s'ajoute une faiblesse plus ancienne du système fiscal ukrainien : l'étroitesse de son assiette. Le FMI estime l'économie informelle ukrainienne entre 35 % et 45 % du PIB et fait de sa réduction l'un des principaux leviers pour élargir l'assiette fiscale.
de dollars supplémentaires en frais de carburant, essence et diesel, depuis le 1er mars, par rapport à la même période l'an dernier, selon les calculs de Patrick De Haan, le principal analyste du comparateur GasBuddy. « Malgré toutes les mesures prises par l'administration Trump, les prix peuvent repartir à la hausse au moindre regain de tensions géopolitiques », explique Patrick De Haan, « ils ne peuvent pas faire grandchose de plus à part tenter de réparer leurs bêtises » dans ce domaine. « Si le conflit s'aggrave entre les Etats-Unis et l'Iran, ou si l'Ukraine continue de viser les raffineries russes, la baisse actuelle pourrait vite s'effacer », estime-t-il.
L'utilisation du diesel « rouge » a peu de chance de faire la différence, faute d'approvisionnement suffisant. La levée des restrictions sur son usage ne génère pas de nouveaux stocks, souligne Patrick De
Haan. Quant aux suspensions de taxes sur l'essence et le diesel, elles sont coûteuses pour les finances publiques et n'offrent qu'un répit temporaire et limité.
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问题不在于石油供应,而在于美国及全球炼油能力的限制。
美国炼油厂已经或几乎处于满负荷运转状态。飓风“伊赛亚斯”(Isaias)可能会在墨西哥湾沿岸引发问题,且后续可能还会有其他飓风。帕特里克·德·汉(Patrick De Haan)观察到:“由于炼油厂在夏季高峰期后进入维护期,容错空间进一步缩小。”
事实上,这位分析师淡化了唐纳德·特朗普最新公告的影响。特朗普周四在 Truth 社交平台上的一条消息中提到与伊朗进行了“富有成效的讨论”,并明确表示美国在选举前不会发起新攻势。这位美国总统写道:“目前通过霍尔木兹海峡的石油数量创下纪录(昨晚为 2200 万桶,其中没有一滴来自或前往伊朗)。”
Le problème n'est pas tant l'approvisionnement en pétrole que les limites des capacités de raffinage américaines et mondiales.
Les raffineries américaines tournent déjà à plein régime ou presque. L'ouragan Isaias pourrait causer des problèmes le long de la côte du golfe du Mexique, et d'autres pourraient suivre. « Comme les raffineries entrent en période de maintenance après la haute saison estivale, la marge d'erreur est encore plus réduite », observe Patrick De Haan.
L'analyste minimise de fait la portée de la dernière annonce de Donald Trump, qui a évoqué, jeudi, des « discussions productives » avec l'Iran dans un message sur Truth en précisant que les États-Unis ne relanceraient pas d'offensive avant l'élection. « Alors que le pétrole transite en quantités record par le détroit d'Ormuz (22 millions de barils la nuit dernière, sans une goutte venant ou allant en Iran) », a écrit le président américain.
Le problème n'est pas tant l'approvisionnement en pétrole que les limites des capacités de raffinage américaines et mondiales. « Les problèmes des raffineries font davantage grimper les prix des carburants que le prix du pétrole brut », souligne notamment la Réserve fédérale de Dallas, au Texas, dans une note d publiée jeudi. Entre les perturbations autour du golfe, les difficultés des raffineries russes et la suspension des exportations de carburant en Chine et en Russie, les capacités de raffinage mondiales ont été amputées de près de 10 %, estiment Jesse Thompson et Garrett Golding. « L'économie mondiale est confrontée à un choc de raffinage, qui s'ajoute au choc pétrolier, en particulier pour le diesel », mettent en garde les deux économistes.
L'Europe est bien plus vulnérable après avoir réduit ses propres capacités de production de carburant ces dernières années, mais les Etats-Unis ne sont pas immunisés. Même si la navigation devait reprendre librement et durablement dans le détroit d'Ormuz, « les prix des carburants aux Etats-Unis devraient rester durablement plus élevés par rapport au cours du pétrole brut », préviennent-ils.
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Budget de l'Union européenne : l'Irlande propose une réduction des dépenses de 8 %
Les dirigeants européens se retrouveront cette semaine à Bruxelles. Photo Shutterstock
EUROPE
Le budget représenterait toutefois une hausse de 30 % par rapport au budget actuel.
Le projet de compromis risque de ne pas satisfaire les « frugaux », dont l'Allemagne, qui réclamait des coupes plus massives.
Nicolas Rauline
Les négociations sur le futur budget de l'Union européenne s'annoncent encore longues. La présidence irlandaise du Conseil vient de publier sa « négobox », qui doit servir de base aux prochaines discussions sur le sujet, à commencer par celles de cette semaine, lors du sommet du Conseil européen. Et elle ne devrait pas complètement satisfaire les « frugaux », ce groupe de six pays (Allemagne, Autriche, Danemark, Finlande, Pays-Bas et Suède) qui réclamait de larges coupes dans le budget de l'Union.
L'Irlande ne propose une réduction que de 141 milliards d'euros, soit 8 % par rapport à la proposition de la Commission, quand les « frugaux » en attendaient au moins 10 %. Le budget sur les sept prochaines années atteindrait ainsi 1.826 milliards d'euros, contre près de 2.000 milliards proposés par la Commission en début d'année. Cela représenterait toutefois une hausse de 30 % par rapport au budget actuel (sur la période 2021-2027), et même de 47 % en intégrant l'inflation.
« Nous avons pris en compte les avis de tous les Etats membres. C'est une étape importante dans les négociations du prochain budget, mais ce n'est pas un accord final », a reconnu Thomas Byrne, ministre irlandais des Affaires européennes.
Ce nouveau schéma réduirait nettement les ambitions du fonds de compétitivité, que l'Allemagne appelait de ses vœux, comme une réponse au rapport Draghi. Lefonds de compétitivité européen ne serait plus doté que de 403 milliards d'euros, contre une proposition initiale de 450 milliards.
« Les chiffres ne concordent toujours pas. Nous ne pouvons pas accepter la nouvelle proposition du Conseil, qui est en deçà de ce dont l'Europe a besoin pour relever les défis à venir », a prévenu Siegfried Muresan, vice-président du PPE (centre-droit) et négociateur en chef du Parlement sur le budget. La ministre suédoise des Affaires européennes, Jessica Rosencrantz, a qualifié, elle, la proposition irlandaise d' « irraisonnable », parlant de « hausses totalement inabordables ».
Les principales revendications de la France ont, elles, été entendues puisque le budget de la politique
agricole commune (PAC) est maintenu, à 294 milliards d'euros. La France s'était rangée derrière un groupe intégrant les pays du Sud et ceux de l'Europe de l'Est, qui réclamaient un budget ambitieux. Ce groupe, majoritaire, n'a toutefois pas complètement été entendu, puisque le budget attribué à la politique de cohésion, qui permet notamment d'assurer le développement des régions les moins riches du continent, serait rogné, dans cette nouvelle proposition, de 3 %. Les autres économies se trouveraient essentiellement dans les frais administratifs de l'Union (fonctionnement des institutions, personnel, etc.), qui passeraient de 118 milliards d'euros à 107 milliards, et surtout dans le budget consacré à la coopération internationale, en recul de 17 % par rapport à la copie de la Commission.
L'Europe marquerait ainsi un recul de ses ambitions dans certaines régions du monde : les moyens de la diplomatie européenne en Afrique subsaharienne reculeraient par exemple de 14 % par rapport aux ambitions initiales.
Autre arbitrage attendu, celui des nouvelles ressources propres. Dans ce domaine, l'Irlande a retenu les propositions de la Commission et propose donc de créer une nouvelle taxe sur les déchets électroniques, une sur le vapotage, et surtout une nouvelle taxe sur les grandes entreprises, basée sur leur chiffre d'affaires (elle serait de 100.000 euros pour une entreprise réalisant un chiffre d'affaires annuel entre 100 et 250 millions d'euros, par exemple).
Or, les « frugaux » ne veulent pas entendre parler de cette dernière. L'Union bénéficierait par ailleurs de nouvelles ressources liées au mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM) et au système d'échange de quotas carbone (ETS). Celui-ci serait toutefois progressif, pour répondre aux inquiétudes de la Pologne, notamment. Au total, les nouvelles ressources propres pourraient rapporter jusqu'à 55 milliards d'euros annuels.
En revanche, comme prévu, Dublin n'a pas retenu l'idée de taxer les géants du numérique. « Nous avions deux critères : le montant que ces nouvelles taxes pouvaient rapporter et le fait qu'elles puissent être prêtes au 1er janvier 2028. Sur ce dernier point, ce n'était pas clair », a ajouté Thomas Byrne, qui a toutefois laissé la porte ouverte aux négociations. « Les discussions restent ouvertes sur de nouvelles ressources propres, même si elles ne figurent pas dans notre proposition. »
Les discussions s'annoncent donc animées lors des prochaines semaines, à commencer par la réunion des chefs d'Etat, prévue à Bruxelles jeudi et vendredi prochains. L'Europe vise toujours un compromis avant la fin de l'année, pour un budget qui entrerait en vigueur avant 2028. L'idée est de ne pas être court-circuité par les élections nationales en France, en Italie ou encore en Pologne, qui auront lieu l'an prochain.
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Classement établi chaque année par Les Echos et statista
L'aéroport de Riyad frappé par une attaque meurtrière
GUERRE AU MOYEN-ORIENT
Les autorités saoudiennes ont accusé les rebelles houthis d'être responsables de cette attaque meurtrière qui a fait au moins 12 morts et des dizaines de blessés.
Tous les vols ont été interrompus depuis et vers la capitale du royaume.
L'Arabie saoudite connaît son attaque la plus meurtrière depuis plus de dix ans. L'aéroport de Riyad a été frappé samedi en plein cœur, au cours d'une attaque faisant au moins 12 morts et plus de 300 blessés, dont une ressortissante française. Les autorités saoudiennes ont immédiatement accusé les Houthis, qui ont intensifié ces dernières semaines leurs frappes sur la capitale du royaume. Quatre Saoudiens et huit étrangers, dont un Américain, figurent parmi les morts.
L'attaque a été faite au moyen d'un « projectile ». Les combattants houthis ne l'ont pas revendiqué. Dimanche, un missile de croisière a été intercepté près de l'aéroport et un incendie a éclaté. Les vols ont été suspendus, et le ministère de l'Education a ordonné que les écoles de Riyad enseignent en distanciel pour une semaine.
Il s'agit de l'attaque la plus meur-trière en Arabie saoudite depuis août 2015, quand un attentat-suicide de l'Etat islamique avait fait 15 morts.
« Ce qui s'est passé en Arabie saoudite n'est pas acceptable », a réagi Donald Trump samedi soir. Le président américain devait s'entretenir dans la foulée avec le prince héritier Mohammed Ben Salmane, qui demande de l'aide aux Américains ces dernières semaines contre les Houthis, sans succès jusqu'ici.
L'Allemagne, le Canada et l'Espagne ont recommandé à leurs ressortissants de ne pas transiter par l'aéroport. « La mission américaine a connaissance d'attaques contre l'aéroport international du roi Khaled à Riyad le 10 octobre et recommande vivement à tous les citoyens américains d'éviter cet aéroport et ses environs », a indiqué l'ambassade américaine. Plusieurs chancelleries ont également déconseillé à leurs personnels de prendre le chemin de l'aéroport pendant une semaine.
L'aéroport de Riyad, déjà pris pour cible par les Houthis, a été visé à deux reprises la semaine passée,
« La mission américaine a connaissance d'attaques contre l'aéroport international du roi Khaled à Riyad le 10 octobre et recommande vivement à tous les citoyens américains d'éviter cet aéroport et ses environs. »
L'AMBASSADE AMÉRICAINE lors d'attaques qui ont fait quatre morts et plusieurs blessés, endommageant également un avion de la compagnie Saudia. Vendredi, la France avait déjà déconseillé à ses ressortissants d'y transiter « sauf raison impérative ».
Cependant, l'ampleur et la fréquence des attaques visant la capitale saoudienne ces derniers jours sont sans précédent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, il y a huit mois, quand l'Iran avait mené des frappes contre le royaume en riposte aux frappes israélo-américaines de fin février contre Téhéran.
Ces dernières attaques surviennent alors que l'Arabie saoudite apporte son soutien militaire aux forces gouvernementales yéménites qui combattent les Houthis au Yémen. Ces dernières tentent de reprendre des territoires dont les rebelles se sont emparés depuis septembre, notamment le littoral sur la mer Rouge, à l'issue d'une offensive éclair.
En début de semaine, le conflit s'était durci. Dimanche dernier, les combattants houthis ont affirmé avoir visé des sites du géant pétrolier Aramco à Riyad et dans la région pétrolière de Khurais, à l'est du royaume. Lundi, l'Arabie saoudite a, en riposte, envoyé 100 avions de combat au Yémen.
Samedi, avant l'attaque de l'aéroport de Riyad, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite avait annoncé mener une « opération à grande échelle » contre les Houthis. Selon un bilan dressé par les sources militaires du camp gouvernemental auprès de l'AFP, les forces yéménites auraient progressé dans la zone du détroit de Bab el-Mandeb, sans toutefois parvenir à sécuriser cette voie maritime stratégique.
L'inquiétude monte à Paris face à la volonté de « leadership » sur l'Europe de la défense de l'Allemagne, forte d'un budget deux fois supérieur. Illusion ou réalité ? L'incompréhension se répand en tout cas des deux côtés du Rhin.
C'était en février, avant que ne soient enterrés le SCAF, le projet de chasseur de combat franco-allemand, puis
le char du futur tout récemment (MGCS). La leçon de Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères, est mal passée à Paris : la France doit « faire ce que nous faisons ici en Allemagne (et prendre des mesures d'austérité ».
Sept mois plus tard, Boris Pistorius, son homologue aux Armées, défend un budget record de 140 milliards d'euros. A Paris, c'est difficilement moitié moins. La pilule est amère au pays de l'étendard de l'autonomie stratégique, qui craint maintenant de perdre son « leadership » européen dans la défense.
A Berlin, le rôle de première puissance économique européenne, à Paris celui des armes éprouvées au combat. Tel était l'équilibre tacite du duo franco-allemand. Du moins pensait-on en France. Le chef d'état-major des armées Fabien Mandon a prévenu qu'un « décrochage est possible » : « Si l'Allemagne continue à ce rythme, dans cinq ans, l'argument selon lequel nous bénéficions d'une expérience opérationnelle et d'une certaine culture ne tiendra plus. »
Berlin reconstitue ses capacités à marche forcée, il veut tenir le premier rôle européen – « Führungsrolle » – avec « l'armée conventionnelle la plus puissante d'Europe » d'ici à 2035. L'idée d'un pré carré français dans l'aérien ? Exit le SCAF, Berlin préfère réserver sa manne financière à une « Team Gen 6 » menée par Airbus et acheter du F-35.
Dans l'espace ? Friedrich Merz sèche le sommet spatial, fait cavalier seul avec sa constellation. Sur les mers, TKMS engrange des contrats majeurs. Dans le terrestre ? La Bundeswehr veut entre 3.000 et 5.500 blindés et le géant Rheinmetall domine. L'Allemagne brise même le tabou de l'espionnage, où la France figure en première ligne. Berlin en profiterait pour exporter
L'Allemagne prépare un budget record de 140 milliards d'euros. A Paris, c'est difficilement moitié moins.
des armes made in Germany ? « D'Allemagne, on considère que la France n'est jamais désintéressée quand le politique parle, compte tenu de sa proximité avec ses maîtres d'œuvre », répond Ulrike Franke, politologue à l'ECFR.
Près de deux tiers des dépenses militaires de Berlin en 2025 sont allés à des entreprises allemandes, selon le Kiel Institute. Tout en restant bien arrimé aux Etats-Unis malgré les menaces de Trump.
Outre-Rhin, on se méfierait presque plus de la France. Berlin se défie de l'idée de remplacer sa dépendance à l'égard de Palantir par son équivalent français, selon Politico. L'Allemand Tom Enders, président de KNDS, s'en alerte : « Voulons-nous vraiment traiter la France comme la Chine ? » Ambiance. Mais pour des observateurs, le centre de gravité a déjà basculé. « Rheinmetall réussit à vendre sur tout le continent quand la France n'est pas parvenue à exporter le char Leclerc. Dans l'aérien, la France n'est pas très européenne. Sur les drones, les Allemands sont plus à la pointe », égrène Paul Maurice, chercheur à l'Ifri.
« Sur le volet opérationnel, l'Allemagne monte en puissance sur le flanc Est dans le cadre otanien, quand le modèle de guerre en "opex" de la France n'est plus le référentiel. » Même des industriels français actent ce nouvel équilibre en se pressant outre-Rhin. Hormis dans l'esprit français, il n'y a jamais eu de Yalta fixant des zones d'influence, souligne Ulrike Franke. Mais prêter à l'Allemagne une volonté de « leadership », c'est projeter une aspiration française, selon elle. « L'Allemagne n'a pas cette revendication. Elle répond à un besoin exprimé par les pays européens qui lui demandent de longue date de faire plus. »
Les forces allemandes, colonne vertébrale conventionnelle de l'Otan, étaient dans un état très critique de sous-investissement depuis les années 2010, étaye Johanna Möhring, chercheuse au Ciens. Il a fallu l'invasion de l'Ukraine et la fameuse « Zeitenwende » puis Trump II.
La notion de « Führungsrolle » suscite un vrai malentendu selon Ulrike Franke : pour la France cela va de pair avec une grande nation géopolitique et son siège au Conseil de sécurité, quand l'Allemagne se perçoit comme une puissance « moyenne ». L'emploi des 140 milliards soulève des doutes en Allemagne. Ils pourraient servir à convertir une portion du secteur automobile en souffrance. « Mais ces investissements n'assurent pas de croissance durable », estime la chercheuse, rejointe par l'Institut économique allemand (IW).
« Des dépenses considérables ne garantissent pas nécessairement que l'outil militaire allemand sera deux fois plus performant que celui de la France. Il y a beaucoup de déficit à combler ! » juge Johanna Möhring. S'ajoute un non-dit : voir l'Allemagne rebâtir son arsenal entre les mains un jour du parti d'extrême droite. Mais pour Ulrike Franke, c'est un dilemme impossible : demander à l'Allemagne d'avoir des capacités, mais sans se réarmer.
La réalité est que la France n'a pas pris la mesure des changements à Berlin, à l'œuvre depuis la réunification – et non depuis l'Ukraine. « Dès lors, l'Allemagne s'est engagée sur des terrains que la France considérait comme ses "fiefs" », indique Johanna Möhring. Un seul d'entre eux reste exclusif : la dissuasion. Celui-ci même à la racine de la projection de puissance des Français, pointe-t-elle : « La posture nucléaire française dépasse de loin le pur capacitaire. Elle est stratégique dans le sens qu'elle force les acteurs politiques, militaires et industriels français à penser en termes de puissance, chose rare en Europe. »
Cette projection s'étend désormais sur le continent avec la doctrine de dissuasion « avancée ». Ce qui ne veut pas dire abandonner le leadership du conventionnel à Berlin. Au contraire, elle le sert.
在俄罗斯的战略时间表和美国的政治时间表之外,还加上了第三个时间表——气候时间表。“Winter is coming”(凛冬将至)。乌克兰人是否愿意连续第五年生活在黑暗与寒冷之中?为了改变生活条件,是否愿意更换总统?“生活太艰难了,而且我们太孤独了。” 普京对乌克兰人发起的战争,在心理层面与现实层面同样激烈。他坚信,在他在心目中“最喜欢的有用白痴”特朗普的帮助下,胜利近在咫尺。现在这只是几个月的问题。
I est temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président. » Le nombre des victimes civiles des bombardements russes est déjà supérieur en ce début octobre 2026 à ce qu'il a été pour toute l'année 2025. C'est le moment que choisit Donald Trump pour annoncer triomphalement l'accord qu'il vient de signer avec Poutine sur l'exportation du diesel russe. La formule du président américain ne pourrait-elle s'apparenter au coup de poignard donné à un homme déjà à terre ?
Pour comprendre ce qui se passe, il convient de mettre en parallèle trois calendriers. Le premier est de nature militaire. La Russie entend profiter de la supériorité qui est temporairement la sienne dans le ciel. Les Ukrainiens n'ont pas encore trouvé de réponses aux nouveaux missiles russes. Le second calendrier est de nature politique.
A trois semaines des élections de mi-mandat, Donald Trump n'a qu'une obsession : regagner sur le front ukrainien, ce qu'il a perdu sur le front moyen-oriental. Autrement dit, le slogan « l'Ukraine paiera » est devenu l'équivalent contemporain du « l'Allemagne paiera » d'hier. Puisque l'Iran résiste, l'Ukraine doit céder. Trump doit faire la preuve qu'il est en contrôle des événements sur la scène mondiale et que sa priorité unique est le sort des Américains.
Et tant pis, si pour ce faire, il doit réécrire l'histoire, tordre la vérité, et trouver des victimes expiatoires. « Sans Zelensky et son acharnement, la guerre serait terminée depuis longtemps. Sans Zelensky, les Américains paieraient leur diesel à un prix infiniment plus bas. » Washington laisse le ciel de Kiev sans défense, mais l'Ukraine doit cesser de bombarder les raffineries russes.
Au calendrier stratégique russe et politique américain, s'en ajoute un troisième, climatique celui-là. « Winter is coming » (L'Hiver approche). Les Ukrainiens accepteront-ils de vivre pour la cinquième année consécutive, dans l'obscurité et le froid ? Et pour changer de conditions de vie, changer de président ? « La vie est trop dure et nous sommes trop seuls. » La guerre que mène Poutine aux Ukrainiens est tout autant de nature psychologique que réelle. Il est persuadé qu'avec l'aide de son « idiot utile préféré », Trump, la victoire est proche. C'est désormais une question de mois.
« Vous n'êtes pas seuls, votre combat est le nôtre »
Seule l'Europe, tel le village gaulois d'Astérix, résiste encore. Mais pour combien de temps ? Les élections approchent dans de nombreux pays européens, les populistes progressent, l'Ukraine est si proche, mais paraît si lointaine. Qui veut mourir pour Kiev ? Une bonne petite guerre hybride tous azimuts dissuadera les Européens de prendre des risques pour la cause de l'Ukraine. Les Européens ne sont-ils pas pusillanimes et de tempéra-ment spontanément zappeurs ? Leur intérêt pour l'Ukraine ne saurait durer. Ils finiront par rejoindre le reste du monde dans sa posture d'indifférence résignée. Et pourtant, « il faut sauver le soldat Zelensky ».
L'Europe ne se retrouve pas seulement en première ligne, mais en réalité, très largement seule, avec des pays comme le Canada, et le Japon. L'Union européenne est-elle bien consciente que c'est à Kiev que se joue son avenir ? Et celui de la cause de la démocratie dans son ensemble ? L'Histoire donne la chance à l'Europe de retrouver un rôle sur la scène internationale. Saura-t-elle la saisir ? Elle en a plus les moyens qu'elle ne le pense. En
L'Union
européenne
est-elle bien
consciente
que c'est à Kiev
que se joue
son avenir ?
a-t-elle la volonté ? La Russie n'est pas un « Tigre de papier », mais ce n'est pas non plus « un foudre de guerre ». Elle s'est révélée incapable en plus de quatre ans de l'emporter clairement sur un ennemi, qui sur le papier au moins, était infiniment plus faible qu'elle.
Aider l'Ukraine, alors que la Russie la pilonne et que l'Amérique l'abandonne, cela signifie pour l'Europe, donner un soutien sans faille à son courageux président. Un soutien politique et psychologique essentiel, qui porte un message à la population ukrainienne dans son ensemble : « Vous n'êtes pas seuls, votre combat est le nôtre, et nous serons à vos côtés jusqu'au bout, tant que cela sera nécessaire. »
Il convient, en même temps, de renforcer les sanctions à l'encontre de la Russie : « Vous ne nous faites pas peur : vos rodomontades verbales et vos actions de déstabilisations multiples, ne nous affaiblissent pas, elles nous renforcent. » Pour la paix du monde, ce n'est pas l'Ukraine qui doit changer de président. Ce sont la Russie et l'Amérique.
La Chine exporte massivement des panneaux solaires, achetés en Asie et en Afrique par des particuliers et entreprises qui ne veulent plus dépendre des prix du réseau électrique. Ce boom du solaire décentralisé n'a pas que des avantages.
par Cécile
Maisonneuve
Emmanuel Macron et Friedrich Merz viennent d'écrire à Ursula von der Leyen pour réclamer un outil qui permettrait de fermer en quelques jours le marché européen aux produits d'un pays jugé déloyal. La Chine n'est pas nommée mais c'est elle qui est visée alors que le déficit commercial de l'Union avec la Chine approche un milliard d'euros par jour. Le secteur automobile est évidemment au cœur de cette initiative franco-allemande inédite, alors qu'il est en train d'être taillé en pièces par la concurrence chinoise. Dernier épisode en date, Bruxelles a demandé à Pékin de limiter de lui-même ses ventes de voitures hybrides, passées de moins de 4.000 par mois fin 2024 à 50.000 en juillet. Pékin a évidemment refusé et les négociations s'annoncent rudes.
L'Europe a raison de se défendre mais ne nous y trompons pas : l'offensive chinoise est systémique et globale. C'est le monde entier que la Chine inonde de ses technologies bas carbone : l'exemple emblématique en est d'ailleurs moins les voitures que les panneaux solaires. En mars, la Chine en a exporté 68 gigawatts, cellules comprises, soit en un mois l'équivalent de la puissance de tout le parc solaire espagnol. Les trois quarts de la hausse sont partis vers l'Asie et l'Afrique. Cinquante pays ont battu leur record d'achats : le Nigeria, le Kenya et l'Ethiopie ont chacun acheté en un mois, pour la première fois, plus d'un gigawatt de panneaux et de cellules.
Une transition en demi-teinte
La guerre au Moyen-Orient accélère ce mouvement. Depuis que le détroit d'Ormuz est presque fermé, le pétrole et le gaz coûtent plus cher et arrivent difficilement. Or l'Asie est le principal continent concerné par la situation dans le détroit, voie de loin la plus rapide pour y acheminer les hydrocarbures. Pour un pays pauvre qui paie son énergie en dollars, un panneau acheté une fois, importé de Chine, devient préférable à une cargaison à racheter chaque mois, grevée qui plus est de frais d'assurance et autres pré- bendes qui ont explosé depuis le quasi-blocage d'Ormuz.
A l'évidence, l'offensive chinoise est une bonne nouvelle pour la transition dans cette partie du monde où, rappelons-le, la demande d'énergie explose et les émissions de gaz à effet de serre augmentent le plus. Il ne faut pas en conclure pour autant que les énergies fossiles reculent. L'Agence internationale de l'énergie attendait une légère baisse de la consommation mondiale de charbon cette année. Elle prévoit désormais un record, à 8,94 milliards de tonnes. Le gaz manquant, dès mars, le Bangladesh, les Philippines, le Vietnam et la Thaïlande ont relancé leurs centrales à charbon.
La nouveauté tient à la manière dont le solaire se répand. Le Pakistan en est le laboratoire. Le solaire y fournissait 2 % de l'électricité en 2019. Il en a fourni près d'un tiers au premier trimestre 2026, plus que toute autre source. Aucun plan gouvernemental, aucune subvention n'explique ce bond. C'est une transition par le bas, décidée par des millions d'individus, dans laquelle l'Etat ne pèse presque rien. Et qui est liée à l'augmentation massive du prix du courant vendu par le réseau : il a plus que doublé en trois ans alors que, dans les régions les plus mal desservies, les coupures durent huit à dix heures par jour. Familles, paysans et patrons d'usine ont donc acheté des panneaux, que l'on apprend à poser en regardant des vidéos
Pour répondre à une demande d'énergie galopante, un modèle électrique décentralisé ne suffira pas. Les Etats devront trouver le moyen de financer un réseau électrique, donc trouver des clients prêts à le payer.
sur TikTok. Environ 40 gigawatts ont été importés depuis 2020, dont 6 seulement sont déclarés aux autorités.
Ce boom du solaire décentralisé a deux conséquences. Sa première victime est le réseau électrique. Un réseau supporte des coûts fixes qu'il répartit entre ses clients. Quand les plus aisés produisent leur propre courant, qui reste-t-il pour supporter ces coûts ? La même somme se partageant entre un nombre réduit de consommateurs, les tarifs montent, d'autres clients s'en vont et ceux qui restent sont ceux qui n'ont pas les moyens de s'équiper. C'est une spirale infernale qui s'enclenche - les spécialistes parlent de « spirale de la mort ». Deuxième victime : la Chine qui vend par ailleurs des centrales à charbon dans ce pays. Elle se retrouve ainsi en concurrence avec elle-même. A Port Qasim, près de Karachi, une centrale à charbon chinoise, vitrine des «Routes de la soie», est entourée d'usines aux toits couverts de panneaux chinois. Moins le réseau vend de courant, plus il lui est difficile de payer la centrale. Pour l'heure, Pékin refuse de renoncer à ses créances...
Ce modèle pakistanais est en train de se répandre en Afrique, là encore sous la houlette de la Chine. Ses entreprises y vendent clés en main les équipements qui suppléent aux limites du réseau. A Kolwezi, en République démocratique du Congo, où le réseau public tombe plus de dix fois par jour, un groupe chinois a équipé une usine métallurgique de panneaux et de batteries qui remplacent les groupes électrogènes au diesel. Une électrification d'un nouveau genre se dessine donc, avec deux réserves. Ce modèle n'est pas adapté à l'industrie lourde : le soir venu, les industries énergo-intensifs ont encore besoin d'un réseau ou de combustibles fossiles. Par ailleurs, pour ces consommateurs et pour répondre à l'urbanisation et à une demande d'énergie galopante, un modèle électrique uniquement décentralisé ne suffira pas. Les Etats devront trouver le moyen de financer un réseau électrique, donc trouver des clients prêts à le payer. Jusqu'à quel point toutefois le développement des batteries et la chute massive de leur coût de production changeront-ils cette donne ? A l'évidence, la Chine n'a, là encore, pas dit son dernier mot.
Faut-il accélérer ou ralentir dans la course à l'IA ? En cybersécurité, toutes les entreprises doivent sprinter, mais pour s'adapter aux nouveaux modèles, une course de demi-fond serait plus appropriée.
par Sylvain Duranton
Les agents d'intelligence artificielle (IA) hors de contrôle défraient la chronique. La très médiatisée attaque de Hugging Face par des agents d'OpenAI a été abondamment commentée et analysée en des termes très anthropomorphiques et anxiogènes; on a parlé d'un « gang » d'agents, de « meneurs » et même de « sacrifices » des uns au profit de la cause agentique commune.
Alors Frankenstein rôde-t-il dans nos systèmes d'information ? Force est de reconnaître qu'on ne sait pas vraiment expliquer quand et pourquoi certains agents ne respectent pas les garde-fous mis en place... Heureusement, les entreprises n'ont généralement pas déployé d'agents autonomes mais plutôt des agents contraints dans des séquences d'actions déterministes. Le risque de voir ces agents « prendre » le contrôle est donc très limité. Alors, quid de la course à l'IA ? Faut-il ralentir au risque de devenir tortue ou continuer au rythme du lièvre ?
A court terme, pas de doute, toutes les entreprises doivent sprinter en matière de cybersécurité. Les outils d'attaque sont devenus très puissants et les défenses ne sont pas encore en place. Les fuites de données sur tous les continents sont de plus en plus fréquentes et publiques. Les entreprises choisies pour pré-tester Mythos, un des modèles d'Anthropic, découvrent de nombreuses vulnérabilités dans un temps record. Là, accélérer est la seule solution.
Ensuite, les entreprises vont maintenir la cadence pour déployer l'IA, plutôt du demi-fond que du sprint d'ailleurs. Rythme intense, concurrence oblige, mais avec des objectifs de moyen terme. Elles sont 42 % à déclarer vouloir déployer des systèmes d'IA plus autonomes en 2030 et doivent donc apprendre à les contrôler. Comme me le confiait un chercheur en IA, « un agent c'est un peu comme un lion, on ne sait pas exactement ce qui se passe dans sa tête. Même s'il a été dressé - comprenez des garde-fous ont été mis en place - il vaut mieux le mettre dans une cage si on l'a chez soi. »
Aujourd'hui l'immense majorité des entreprises n'ont pas « la cage » : beaucoup d'utilisateurs donnent leurs droits personnels d'accès à des agents, les règles de gestion des mémoires et des contextes sont trop approximatives, les systèmes de supervision pour détecter des situations anormales sont insuffisants et les modèles rarement audités. La route est longue, impossible de ralentir.
Sur le plan réglementaire, des voix s'élèvent en faveur d'un sprint immédiat pour créer une agence mondiale, comme dans le secteur aérien ou nucléaire. Peut-être... mais avant de réguler, la priorité est de définir des standards de sûreté qui n'existent pas aujourd'hui.
Quant aux laboratoires d'IA, ils pourraient ralentir la cadence pour le rythme de sortie des modèles. Cela permettrait aux entreprises de mieux anticiper et de s'y préparer comme elles le font avec les sorties des nouvelles versions des logiciels classiques : tester leurs API, réentraîner certains modèles, reformer les utilisateurs...Enfin, pour la recherche, décider de ralentir ou d'accélérer appartient aux laboratoires et à leurs équipes. Un moratoire est difficile à envisager.
« De quoi vous sert votre vitesse ? » demande la tortue au lièvre défait dans la célèbre fable. Dans la course à l'IA, la lente hâte de la tortue, concurrence oblige, est un risque, mais l'insouciance coupable du lièvre ne l'est pas moins. Alors quoi ? Un rythme de demi-fond, et surtout sang-froid, prise de recul et sens de la responsabilité, à tous les niveaux, voilà le véritable besoin.
Sylvain Duranton est directeur monde de BCG X, entité Tech de BCG.
《经济学——女性如何丰富世界》(Economica – Comment les femmes ont enrichi le monde),维多利亚·贝特曼著。Point Nemo出版社,464页,27欧元。
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LE LIVRE DU JOUR
Aux femmes la croissance reconnaissante
LE PROPOS Grèce antique, Renaissance, Chine impériale, révolution industrielle, IA... De Thomas Edison à Sam Altman, l'histoire économique a été écrite par les hommes pour les hommes. Rien d'étonnant à ce qu'on n'y voie quasiment aucune grande femme entrepreneuse, commerçante, industrielle. Pourtant, la prospérité des empires aurait été impossible sans la contribution des femmes à l'économie, démontre l'historienne britannique Victoria Bateman. Les chasseuses du paléolithique, les tisseuses chinoises de la route de la soie, les brasseuses du Londres médiéval, les informaticiennes du XXe siècle... Toutes les mères de famille ont permis la prospérité des affaires masculines pendant qu'elles géraient l'« oikonomia » (administration de la maison). Mais l'autrice raconte le destin de quelques figures qui mériteraient la notoriété de leurs homologues masculins : Huang Daopo, inventrice du rouet à pédale ; Priscilla Wakefield, pionnière de la banque ; Ching Shih, pirate de la mer de Chine...
L'INTÉRÊT Victoria Bateman n'écrit pas une histoire de femmes : elle tente de raconter « une histoire économique plus exacte de l'humanité entière en prenant en compte les contributions des deux sexes ». L'essor et le déclin des civilisations ne se comprennent pas sans tenir compte du rôle et des droits des femmes : l'historienne montre qu'à chaque fois que le « sexe faible » a pu choisir sa fécondité et son travail (et en conserver les fruits), les empires ont prospéré. Les contraintes patriarcales, au contraire, ont souvent entraîné leur chute.
—Margaux Boulte
Economica – Comment les femmes ont enrichi le monde de Victoria Bateman. Editions Point Nemo, 464 pages, 27 euros.
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国家是否应该管你的朋友?
Laetitia Strauch-Bonart
专栏
紧随恐怖统治时期的标志性人物圣茹斯特(Saint-Just)的脚步,不屈法国党(LFI)议员克莱门斯·盖特(Clémence Guetté)在《论一种友谊政治》("Pour une politique de l'amitié",La Découverte出版社)一书中提出,应将友谊从私人领域中抽离,使其成为一项政治事业。其思考的出发点在于一个观察:我们的社会过度推崇“传统”伴侣关系,而忽视了另一种社会纽带在当今所发挥的根本作用。
Dans la droite ligne de Saint-Just, figure emblématique de la Terreur, la députée LFI Clémence Guetté propose, dans « Pour une politique de l'amitié » (Ed. La Découverte), de sortir l'amitié du cadre privé pour en faire une cause politique. Au point de départ de sa réflexion, le constat que notre société, en valorisant à l'excès le couple « traditionnel », ignore le rôle fondamental que joue aujourd'hui cet autre lien social.
Concrètement, l'élue défend la création d'un « partenariat social » dont les contractants s'engageront mutuellement « à une aide matérielle et à une assistance réciproque ». En outre, il s'agit d'offrir à chaque paire d'amis des privilèges similaires à ceux du couple marié ou pacsé, comme des congés pour la naissance, le deuil ou la maladie, ou le droit de léguer ses biens. En parallèle, il faut rappeler que LFI, et donc Guetté, soutient, sans qu'elle l'aborde explicitement dans l'ouvrage, la suppression des avantages fiscaux et sociaux rattachés au couple, comme le quotient conjugal et la conjugalisation des aides.
Rien de nouveau sous le soleil de la gauche : il s'agit, à des fins « d'ingénierie sociale », d'inventer de nouveaux droits - en l'espèce, ce qu'on appelle des « droits- créances ». Ceux-ci ne se contentent pas, comme le font les « droits-libertés », de protéger l'individu contre les interférences de l'Etat ou celles d'autrui, mais visent à lui garantir un certain nombre de prestations matérielles. Or, alors que le droit-liberté d'un individu donné implique l'existence d'un devoir clairement identifié - par exemple, que l'Etat ou autrui respecte sa liberté d'expression -, le droit- créance s'adresse à la société tout entière. De ce fait, pour garantir les « droits des amis », quelqu'un devra payer - autre- ment dit, nous tous.
La députée se garde bien d'aborder directement la question du financement de cette politique. Mais on devine que son coût s'avère potentiellement gigantesque, la liste des amis et des créances étant forcément extensible. On imagine aussi qu'à cette fin, la députée puisera dans la manne fiscale promise par le programme de LFI, et voudra transférer les avantages financiers octroyés au couple vers le partenariat amical.
Mais admettons, pour les besoins de la discussion, que cette politique ne coûte rien. Il n'en reste pas moins que le concept de « droits des amis » s'avère moralement aberrant. De fait, un droit-créance diminue l'importance de la responsabilité individuelle. Cela peut être acceptable et même nécessaire : dans le cas de la santé, par exemple, nos sociétés considèrent à juste titre que, même lorsque nous sommes en partie responsables de nos maladies, nous méritons de voir nos souffrances apaisées ou guéries. Mais l'amitié appartient à un autre ordre : il s'agit d'une relation humaine. Sa valeur est fondée sur les sacrifices que l'on est prêt à faire pour un ami. Il y a de quoi douter de la réalité d'un lien où votre ami ne vient à votre chevet que si l'Etat lui a payé un jour de congé. C'est pourquoi l'amitié ne peut, par définition, entrer dans le giron de l'Etat sans perdre ce qui fait son essence même.
On pourrait rétorquer que le mariage ne mérite pas non plus d'être subventionné, lui qui exige des sacrifices plus grands encore. Mais alors que l'amitié, tout comme l'amour, est une fin en soi, le mariage civil reste en grande partie un moyen. Son rôle consiste à encourager la formation de couples stables, et partant la procréation.
Certains estiment que cette dernière reste un choix individuel qui ne mérite aucune compensation. Ils se trompent : il s'agit d'un enjeu collectif. Car sans enfants, aucune société ne peut perdurer, ni prendre soin de ses aînés. Aussi, ceux qui n'ont pas de descendance, parce qu'ils bénéficieront plus tard, une fois à la retraite, du travail des enfants des autres, doivent subventionner ceux qui en ont. Qu'on le veuille ou non, la qualité de nos vieux jours dépendra de nos enfants, pas de nos amis.
Laetitia Strauch-Bonart est essayiste et journaliste.
Il y a de quoi douter de la réalité d'un lien où votre ami ne vient à votre chevet que si l'Etat lui a payé un jour de congé.
I n'entre pas dans les habitudes des chefs d'entreprise de commenter les classements scolaires. Nous parlons volontiers de fiscalité, de normes et de compétitivité, mais trop rarement de l'école. Les résultats de l'enquête Pisa nous obligent à prendre la plume pour sonner une alerte claire : ce décrochage ne relève plus du débat pédagogique, il engage l'avenir économique de la nation et de ses enfants. Les chiffres ne laissent aucune place au doute.
Avec 458 points en mathématiques, les élèves français de quinze ans signent leur plus mauvais score depuis la création de l'enquête en 2000. Pire, avec 35 points perdus en moins de 10 ans, cela signifie que les élèves de seconde d'aujourd'hui ont le niveau des élèves de quatrième de 2016. Les mathématiques ne sont pas une matière parmi d'autres. Elles sont la langue de l'économie et du monde qui vient. L'intelligence artificielle, la cybersécurité, la robotique, l'exploitation des données : tout ce qui fera la richesse des nations dans vingt ans s'écrit en équations.
Un pays dont les enfants décrochent aujourd'hui manquera d'ingénieurs, de techniciens et de chercheurs demain, et se contentera de n'être qu'un spectateur du formidable mouvement d'innovations qui se jouera ailleurs. Ce classement n'est pas une statistique scolaire, c'est le bilan prévisionnel de notre compétitivité future.
Nous en mesurons déjà les effets dans nos entreprises, où les profils scientifiques et techniques manquent à tous les étages de la qualification. Chaque cohorte d'élèves fâchés avec les nombres rétrécit le vivier dans lequel se construi-
Chaque cohorte d'élèves fâchés avec les nombres rétrécit le vivier dans lequel se construiront nos usines.
ront nos usines, nos laboratoires et nos services numériques.
Les économistes estiment que chaque point Pisa perdu peut retrancher jusqu'à 0,2 % de PIB potentiel à long terme, et que les dizaines de milliers de jeunes sortant chaque année du système sans qualification coûtent à la collectivité plus de 30 milliards d'euros par an. Le renoncement scolaire est la plus coûteuse de nos dettes.
Mais la facture la plus lourde n'est pas budgétaire, elle est sociale. Les mathématiques ont longtemps été en France le plus puissant des ascenseurs, représentant une discipline où le talent ne s'hérite pas, où l'enfant d'ouvrier pouvait, par le mérite du raisonnement, rejoindre les meilleures écoles de la République.
Pisa montre que les inégalités sociales pèsent chez nous plus lourd qu'ailleurs, et que même les élèves favorisés reculent. Comment promettre à nos enfants qu'ils vivront mieux que nous si nous ne leur donnons ni les savoirs pour inventer, ni l'école pour s'élever ?
D'autres pays ont montré que rien, ici, n'est irréversible. L'Estonie, partie de plus loin que nous, domine aujourd'hui l'Europe ; le Portugal et la Pologne ont redressé leurs résultats en une décennie, par la constance des méthodes et l'exigence des fondamentaux. Le déclin n'est pas une fatalité, il est le produit de nos choix. Trois chantiers nous paraissent prioritaires. Refonder l'apprentissage des mathématiques dès le primaire, car tout se joue avant la sixième, et revaloriser les professeurs de mathématiques et de sciences, dont la rareté devient critique. Conférer une réelle autonomie aux établissements pour laisser la liberté aux acteurs éducatifs locaux d'expérimenter et d'innover pour renouer avec l'excellence éducative. Réconcilier enfin l'école et l'entreprise. Nous nous engageons à ouvrir plus largement nos laboratoires, nos ateliers et nos équipes aux élèves et à leurs professeurs, pour que les mathématiques redeviennent ce qu'elles sont, la clé des métiers qui inventent le monde.
La présidentielle de 2027 débattra de la dette, des retraites, de la sécurité. Elle devra d'abord comprendre qu'aucun redressement productif, aucune souveraineté technologique, aucune promesse de progrès social ne tiendra sur une nation qui ne sait plus compter. Un pays qui abandonne les mathématiques et plus largement l'éducation de sajeunesse abandonne son futur. Nous, chefs d'entreprise, refusons de nous y résigner.
Les signataires sont les dirigeants suivants : Olivier Andriès (Safran), Pierre-André de Chalendar (Institut de l'entreprise), Thierry Coulhon (Institut polytechnique de Paris), Pascal Daloz (Dassault Systèmes), Nicolas Dufourcq (Bpifrance), Antoine Frérot (Veolia Environnement), Christel Heydemann (Orange), Xavier Huillard (Vinci), Patrick Pouyanné (TotalEnergies), Philippe Salle (Atos Group), Vincenzo Vinzi (Essec)
Grande transmission : et si l'on s'y prenait autrement ?
par Sacha et Grégory Edberg
Les chiffres sont connus. Selon Bpifrance, 370.000 entreprises devront changer de mains d'ici à 2030, quand la France n'enregistre qu'un peu plus de 37.000 cessions par an. A ce rythme, une sur trois seulement trouvera preneur. Le pacte Papin, annoncé le 9 septembre pour faciliter la reprise par les salariés, s'ajoute au pacte Dutreil et au fonds de pérennité de la loi Pacte : les outils s'accumulent, et c'est heureux. Mais la grande transmission n'est pas d'abord une affaire d'outils. C'est une affaire de culture.
Nous avons appris à créer des entreprises, à les financer, à les faire croître, à les vendre. Aucune école de commerce n'en fait une discipline. Le mot lui-même, dans notre culture économique, désigne une fin : un moment fiscal, une opération, une sortie. Les professionnels qui entourent un dirigeant sont excellents, chacun dans son champ, mais aucun champ ne porte la question entière. Ce qui manque n'est pas une compétence supplémentaire. C'est une discipline qui n'existe pas encore, sinon par fragments.
L'économiste Benjamin Jones a montré que l'accumulation du savoir a tué l'homme de la Renaissance: plus une profession se spécialise, plus elle gagne en profondeur et plus elle perd, par construction, la vue sur ce qui se joue entre les disciplines. L'intelligence artificielle est en train de renverser cette fatalité. Quand une machine réfute une conjecture d'Erdos ouverte depuis 1946 en combinant des domaines que personne ne pensait ensemble, la profondeur de chaque savoir devient bon marché. Ce qui redevient rare, c'est la vue d'ensemble.
La transmission d'une entreprise familiale est précisément l'un de ces problèmes qui n'appartiennent à personne : du droit, de la fiscalité, de la finance, de la stratégie, de la gouvernance et beaucoup de psychologie familiale. Elle exige une vision globale que notre organisation du savoir ne produit pas spontanément.
Car ce qui se transmet n'est pas un actif. C'est un patrimoine professionnel : des savoir-faire, des équipes, un ancrage, des racines. Une entreprise familiale centenaire est une part du pays au même titre qu'un monument. Que faire de celles qui n'ont ni héritier ni repreneur ? Le Danemark a répondu depuis longtemps : Carlsberg, Novo Nordisk ou Maersk appartiennent à des fondations qui les gardent chez elles pour toujours. Bosch en Allemagne, Pierre Fabre en France ont fait le même choix. Notre fonds de pérennité, créé en 2019 pour cela, demeure presque inemployé. Famille, salariés, capital-investissement, fondation : les voies de pérennisation existent. Il manque la culture qui permet de les penser ensemble.
Il manque aussi des modèles. Nous célébrons les fondateurs et les licornes, jamais ceux qui reprennent une maison pour la porter plus loin. Or l'enjeu de la transmission n'est pas de céder : c'est de vouloir bâtir, et bâtir grand. Les empires technologiques raisonnent en immortels ; Peter Thiel finance littéralement la recherche contre la mort.
Nos vieilles maisons détiennent pourtant la seule forme d'immortalité qui ait fait ses preuves. Mellerio joaillier depuis 1613, Wendel depuis 1704, Hermès depuis 1837 : voilà des empires, et ils se sont construits par transmission. L'esprit de conquête n'est pas l'apanage de la Silicon Valley. Il est dans notre histoire ; il reste à le vouloir à nouveau.
La grande transmission n'est pas un marché de 370.000 dossiers. C'est le moment où se décide ce que sera le capitalisme français en 2050, et une part de ce que sera le pays. La question n'est pas comment vendre, mais ce que nous voulons construire, et pour combien de générations. Cela ne se réglera pas dans une loi de finances. Cela commence le jour où une école enseigne la transmission comme elle enseigne la création, où un fonds de pérennité cesse d'être une curiosité juridique, où un repreneur est célébré comme un fondateur.
Grégory et Sacha Edberg sont enseignants à Sciences Po.
sciences
AI 的天才中包含多少剽窃?
Gaël Varoquaux 的
专栏
纳维-斯托克斯方程(Navier-Stokes)——七个“千禧年大奖难题”之一、“非索菲克”群,以及几天前一次性推出的 722 篇文章:OpenAI💡 接连取得令人印象深刻的成果,而我们仍在消化其中。其 AI 的智能源自何处?语言模型首先是一个巨大的记忆库,它通过类比进行运作。给它出一个谜题:摆渡人需要带一只狼、一只山羊和一颗白菜过河;即使更改人物名称,它也能解决。除了精确的对应关系,它能识别出一个见过的问题的结构。在数学中,这种记忆极其宝贵:研究的第一难点在于反复阅读,以便在先前、相近或遥远的著作中找到能打破僵局的工具。而 AI,则阅读了所有内容。
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Quelle part de plagiat dans le génie de l'IA ?
LA
CHRONIQUE
de Gaël Varoquaux
Navier-Stokes, l'un des sept « problèmes du millénaire », les groupes « non sofiques », puis, il y a quelques jours, 722 articles d'un coup : OpenAI enchaîne des résultats impressionnants, que nous digérons encore. D'où vient l'intelligence de leur IA ? Un modèle de langage est d'abord une immense mémoire, qui procède par analogie. Posez-lui l'énigme du passeur qui doit faire traverser une rivière à un loup, une chèvre et un chou : même en renommant les personnages, il s'en sort. Audelà des correspondances exactes, il reconnaît la structure d'un problème déjà vu. En mathématiques, cette mémoire est précieuse : la première difficulté d'une recherche est de lire, encore et encore, pour trouver dans les travaux antérieurs, proches ou lointains, l'outil qui débloquera la situation. L'IA, elle, a tout lu.
Mais l'IA fait plus qu'adapter des solutions connues : elle décompose les problèmes en étapes plus simples, une « chaîne de pensées », chaque étape pouvant puiser dans sa mémoire. Savoir décomposer s'apprend par l'exemple, comme ceux des manuels scolaires. Pour multiplier les exemples, on fait produire à l'IA des milliers de tentatives sur des problèmes dont on sait vérifier la solution, cherchant les enchaînements qui aboutissent : c'est l'apprentissage par renforcement. En voyant beaucoup d'enchaînements fructueux, l'IA se bâtit une bibliothèque implicite de stratégies de décomposition, qu'elle transpose à de nouveaux problèmes.
Les conversations des chercheurs avec l'IA regorgent aussi de nouveaux enchaînements sur des problèmes de pointe. Un mathématicien qui travaille avec un assistant le guide, le corrige, l'oriente vers une piste inhabituelle : chaque session est une chaîne de raisonnement réussie, annotée par un expert. Ces sessions sont conservées par les opérateurs de l'IA. Or des chercheurs reconnaissent dans les résultats d'OpenAI leurs pistes de travail. Tristan Buckmaster et Levent Alpöge travaillaient depuis un an, avec les outils d'OpenAI, sur une approche non publiée de Navier-Stokes ; OpenAI ne s'y est mis que très récemment, avec une preuve que Buckmaster juge étonnamment proche. Andreas Thom avait discuté des mois avec ChatGPT de techniques peu en vogue sur le problème des groupes « non sofiques », celles-là mêmes au cœur de la preuve d'OpenAI. Chez Anthropic, Claude vient de « découvrir » des enzymes qu'un doctorant de Copenhague affirme étudier depuis 2022, lui ayant confié ses données inédites. Les entreprises démentent, mais OpenAI a d'abord concédé « ne pas pouvoir exclure » que des données « dé-identifiées » aient amélioré ses modèles. Nous n'aurons sans doute jamais le fin mot de l'histoire. Mais dé-identifier une idée, c'est lui retirer son nom : précisément ce qui sépare l'inspiration du plagiat. Nous acceptons sans lire les clauses des outils, clauses qui autorisent souvent l'usage de nos données « pour améliorer le service ». Quand nous leur confions une idée, les géants de l'IA passent-ils de l'amélioration au plagiat, à l'insu de leur plein gré ?
Gaël Varoquaux est directeur de recherche à l'Inria.
ARCHÉOLOGIE // A Paris, des fouilles ont révélé un fragment de mur d'enceinte gaulois, daté entre -200 et -30. Cette découverte exceptionnelle éclaire les origines de Lutèce.
Un mur de la Lutèce gauloise a été découvert dans la cour de l'Hôtel-Dieu. Photo Jean-Baptiste Gurliat/Ville de Paris
Yann Verdo
Les débuts de « Paris la Grande » ont été bien modestes. Si modestes, même, que, jusqu'à tout récemment, on en avait complètement perdu la trace. Nous ne parlons pas du Paris d'avant le grand chambardement du baron Haussmann - celui du Moyen Age, de la Renaissance, des Lumières -, décrit par quantité de sources contemporaines, qui nous est bien connu. Mais avant ? Avant, ça se complique un peu... Autant historiens et archéologues ont réussi de concert à se faire une petite idée de ce à quoi devait ressembler la Lutèce gallo-romaine, autant le noyau séminal qui l'a précédée dans le temps - cet oppidum gaulois brièvement évoqué par Jules César dans sa « Guerre des Gaules » - demeurait pour tous les spécialistes nimbé du plus épais mystère. Perdu dans la nuit des âges. De cette Lutèce 100 % gauloise, peuplée par une tribu chevelue appelée les Parisii, on savait juste qu'elle avait existé... et été conquise par les légions du grand Jules. Point barre. De témoignages écrits ? Nul autre que les quelques lignes de la « Guerre des Gaules ». De vestiges mis à jour ? Aucun.
Jusqu'à cet été. L'hôpital de l'Hôtel-Dieu, sur l'île de la Cité, a eu la bonne idée de vouloir s'agrandir, par la construction de deux bâtiments supplémentaires. Comme la loi l'impose depuis 2001, un diagnostic, préalable obligé à tout chantier en un lieu si chargé d'histoire, a été réalisé dans le sous-sol du site prévu de la construction, dans la cour
这次发现如此令人震惊,在巴黎考古界引起了巨大的轰动,以至于一个委员会随即发布了“具有异常重要意义的发现通知”,允许大区文化事务局(DRAC)继续并扩大挖掘范围,以寻找该围墙所环绕的这座规模不大(不敢称之为城市)的聚落的其他痕迹——如房屋、粮仓、坑穴及各类物品。终于找到了阿斯特里克斯(Astérix)和帕诺拉米克斯(Panoramix)同胞们的卢泰西亚(Lutèce)!关于这座注定有一天将成为“光之城”的小型堡垒,凯撒仅写道它位于塞纳河的一个弯曲处的一座岛上。这必然让人联想到现在的西岱岛(île de la Cité)。尤其是对如今圣母院和圣礼拜堂所在陆地地质层的分析表明,这个小岛在原史时代末期就已经形成且适宜居住。
Le père fondateur de l'archéologie parisienne, Théodore Vacquer (1824-1899), a marqué le XIXe siècle de son empreinte.
\- 1841 Découverte fortuite de sarcophages mérovingiens sous le parvis de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois.
1853 Début des grands travaux haussmanniens.
1868 Mise au jour de la nécropole Saint-Marcel.
1867 Découverte des arènes de Lutèce.
1872 Création du Musée Carnavalet, consacré à l'histoire de la capitale, dont Vacquer est nommé sous-conservateur.
de l'édifice : bien que très parcellaires, ces deux mini-sondages ont bien révélé la présence, dans la terre, de vestiges. Des vestiges ne datant malheureusement pas de l'époque gauloise, mais c'était néanmoins assez pour que le ministère de la Culture et la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) prescrivent une fouille plus complète des lieux. Et là, divine surprise ! Alors qu'il travaille depuis plusieurs mois sur le chantier, David Couturier, responsable de fouille pour le Département d'histoire de l'architecture et d'archéologie de Paris (DHAAP), exhume, à 4 mètres de profondeur, les restes d'un mur d'enceinte de pierre et de bois, fragment de 20 mètres de long pour un mètre de haut. L'enceinte du fameux oppidum gaulois ? Tout l'indique.
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直到今年夏天,西堤岛(L'île de la Cité)尚未出土任何高卢时期的遗迹,而在此地附近的两个地点——楠泰尔(Nanterre)和让蒂伊(Gentilly)——却发现了大量此类遗迹。
« La construction de ce rempart - des pierres grossièrement équarries, solidarisées entre elles non pas par du mortier, mais des poutres de bois - est typique de l'Age du fer et de l'architecture gauloise », explique Julien Avinain, responsable du pôle archéologique de Paris. Par ailleurs, des traces d'un incendie sont encore visibles sur le mur : or, l'on sait-c'est là l'une des rares indications données par César dans son texte - que les Gaulois, à l'approche des légions romaines, ont mis le feu à leur oppidum, comme ils avaient coutume de le faire un peu partout en Gaule, pour empêcher les envahisseurs de faire main basse sur le ravitaillement. Quant aux deux datations au carbone 14 du rempart, elles ont donné une fourchette comprise entre - 200 et - 30. Petit rappel de vos cours d'histoire : la conquête de Lutèce par César - ou plutôt par son lieutenant, le général Titus Labienus - date de - 52.
Les fouilleurs de vestiges doivent beaucoup à la loi sur l'archéologie préventive introduite dans notre arsenal législatif le 17 janvier 2001, sous le gouvernement Jospin. Elle prévoit l'intervention des archéologues en préalable aux chantiers d'aménagement (carrières, terrassements, routes et voies ferrées, bâtiments privés et publics), afin de réaliser un « diagnostic », et si nécessaire une fouille. « L'archéologie préventive, indique Julien Avinain, représente aujourd'hui 90 % de l'activité en archéologie », les 10 % restants correspondant à l'archéologie programmée, celle qui ne concerne pas des sites menacés par une opération d'aménagement du territoire. Cette « sauvegarde par l'étude » des archives du sol, tant en milieu rural qu'en milieu urbain, est cruciale pour notre connaissance du passé. Car les vestiges sont partout, pour peu qu'on les cherche ! Ainsi, sur un tracé de ligne TGV, on trouve en moyenne un site au kilomètre.
La trouvaille est si stupéfiante, elle résonne comme un tel coup de tonnerre dans le ciel de l'archéologie parisienne, qu'une commission a pris dans la foulée un « avis de découverte d'importance exceptionnelle » permettant à la DRAC de poursuivre et étendre les fouilles, à la recherche d'autres traces - maisons, greniers, fosses, objets divers... - de la modeste agglomération (on n'ose pas parler de ville) qu'encerclait cette enceinte. La Lutèce des compatriotes d'Astérix et Panoramix, enfin ! De cette petite place forte appelée à devenir un jour la Ville Lumière, César écrivait juste qu'elle se situait sur une île, dans une boucle de la Seine. Ce qui fait forcément songer à l'actuelle île de la Cité. D'autant qu'une analyse des couches géologiques de la langue de terre qu'ornent aujourd'hui Notre-Dame et la Sainte-Chapelle a montré que cet îlot était déjà constitué, et habitable, à la fin de la protohistoire.
Oui mais voilà, cette même île de la Cité n'avait (jusqu'à cet été) encore livré aucun vestige gaulois, alors qu'on en a trouvé à foi-son ailleurs, dans deux sites proches. L'un est Nanterre (Hauts-de-Seine), où ont été exhumées, à partir de 1993, les traces souterraines d'une vaste agglomération, attribuée elle aussi aux Parisii ; l'autre est Gentilly (Val-de-Marne), où ont par la suite été découverts les restes d'une grande nécropole gauloise. Ces dernières années, une certaine forme de doute, ou du moins de malaise, avait commencé à s'emparer de certains esprits : et si... Et si on faisait erreur depuis le début ? Et si l'île de la Cité n'avait jamais été ce noyau historique à partir duquel germa peu à peu Paris, sur la rive gauche de la Seine d'abord, droite ensuite ?
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重读《麦田里的守望者》
值此该书出版 75 周年之际,La Table ronde 出版社推出了 J. D. Salinger 这部全球销量达 9000 万册的畅销书的新译本。
Alexandre Fillon
J. D. Salinger(1919-2010)是美国文学史上的一个典型案例。他是那个时代极少数追求“隐身”的作家之一,将保护私生活的执念推向了极致。在 1951 年至 1963 年间,Salinger 出版了四本书,随后便永远地陷入了沉默。其中最著名的一部自 1951 年在美国出版以来,销量已超过 9000 万册。这部作品最初由 Jean-Baptiste Rossi(化名 Sébastien Japrisot)于 1953 年翻译,随后由 Annie Saumont 于 1986 年翻译,而现在,《麦田里的守望者》(L'Attrape-cœurs)由 Jean Esch 和 Alice Déon 带来了全新的译本。
L'île de la Cité n'avait jusqu'à cet été encore livré aucun vestige gaulois, alors qu'on en a trouvé à foison ailleurs, dans deux sites proches, Nanterre et Gentilly.
« De solides contre-arguments s'opposaient toutefois à cette réinterprétation, nuance Julien Avinain. D'abord, César parle bien d'une île dans une boucle de la Seine, ce que n'est ni Nanterre ni Gentilly. Ensuite, les Romains avaient coutume, lorsqu'ils déplaçaient un lieu-dit, d'en changer le toponyme. » S'ils avaient déplacé la cité des Parisii de Nanterre (ou de Gentilly) à ce qui est aujourd'hui Paris – là même où devait bientôt fleurir la Lutèce gallo-romaine-, ils n'auraient pas continué de l'appeler « Lutèce ». Ce nom est pourtant resté et a continué de désigner la cité que, bien après César, au IIe siècle, les premiers Antonins (Trajan, Hadrien...) ont embellie d'édifices plus ou moins parvenus jusqu'à nous : les arènes de Lutèce (ce vaste amphithéâtre près de la place Monge), les thermes de Cluny, ceux du Collège de France... Ce n'est qu'à la fin de l'Antiquité, lorsqu'elles se fortifient, que toutes ces cités gallo-romaines reprennent le nom de leur tribu gauloise d'origine : Durocortorum devient Reims, la ville des Rèmes ; Noviodunum Soissons (la ville des Suessions), Lemonum Poitiers (Pictones), Darioritum Vannes (Vénètes)... Et Lutèce est rebaptisée Paris, la ville des Parisii. « C'est la marque de la persistance, dans la mémoire collective, des origines gauloises de toutes ces cités », observe David Couturier.
Grands guerriers, les Gaulois n'étaient pas de grands logographes, et c'est bien dommage puisque, s'ils nous avaient laissé des écrits, nous en saurions un peu plus sur eux. En particulier sur ces Parisii qui se sont opposés aux légions de Labienus et dont on ne sait rien ou presque. On ignore jusqu'au nom de leur chef, celui qui les a fait entrer dans la coalition de résistance à l'envahisseur dirigée par Camulogène, un noble d'une autre tribu (celle des Aulerques ; son contemporain Vercingétorix, vainqueur de Gergovie et défenseur d'Alésia, était, lui, le roi des Arvernes). Tout juste peut-on conjecturer, à propos de ces Parisiens d'avant la lettre, qu'ils faisaient du commerce sur le cours de la Seine : ils frappaient monnaie, à l'instar des Grecs et des Romains, c'est là à peu près notre seule certitude à leur sujet. Mais il y a fort à parier que les fouilles étendues rendues possibles par l'avis de découverte d'importance exceptionnelle nous permettront d'en apprendre plus, dans les années qui viennent, sur eux et sur la ville rudimentaire qu'ils habitaient. Non seulement Paris « est battu par les flots mais ne coule pas », comme le veut sa devise, mais parfois même elle ressurgit du fond des eaux de l'histoire...
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Dans le respect du principe d'un art en communion avec la nature, le bâtiment en béton est installé au sein d'un ancien parc privé. DR
独特的声音
我们陪伴着霍尔顿·考菲尔德,看他询问出租车司机,在冬天湖面结冰时,中央公园的鸭子会去哪里;看他在电话亭里打电话,在中央车站睡觉,或者考虑搭便车去西部,而他始终不改那副“胡闹”的倾向。在处理这段灵动的独白时,Jean Esch 和 Alice Déon 试图还原其口语感、自然度与节奏,同时接受其中的重复,并坚持使用 20 世纪 50 年代的语言。霍尔顿·考菲尔德的声音没有经过修饰,带着它的古怪与自然,依然独一无二。
《麦田里的守望者》
J. D. Salinger 著,
Jean Esch 与 Alice Déon 译。
La Table ronde 出版,302 页,
14 欧元。
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La Fondation Beyeler en version augmentée
ART
La célèbre institution d'art suisse s'enrichit de trois nouveaux bâtiments signés du Pritzker Prize Peter Zumthor. L'occasion de mettre en valeur ses collections permanentes et ses nombreux prêts au long cours, comme 13 Magritte.
Judith Benhamou
En 1997, à Bâle, en Suisse, le marchand d'art, Ernst Beyeler a inauguré une fondation qui porte son nom. Très vite, l'institution, avec son bâtiment signé Renzo Piano qui a un don exceptionnel pour magnifier l'art, est devenue une référence mondiale. Beyeler avait coutume de dire, en regardant les collines environnantes sur lesquelles aiment à se promener des vaches : « Ça, c'est ma Sainte-Victoire ! » Une allusion directe à la montagne des obsessions de Paul Cézanne, un artiste qu'il chérissait particulièrement.
Ernst Beyeler est mort en 2010. A la direction du musée se trouvait désormais Samuel Keller, un autre Bâlois, longtemps à la tête de la plus grande foire d'art du monde, Art Basel. Seize ans plus tard Keller conduit de main de maître l'avenir de l'institution et inaugure, juste à côté du bâtiment de Renzo Piano, un nouveau complexe en trois constructions (dont une, dédiée à l'administration, n'est pas ouverte à la visite) qui lui permet de déployer ses activités. L'ensemble est signé d'un autre Bâlois encore, qui a acquis ses lettres de noblesse d'architecte de par le monde : Peter Zumthor (né en 1943).
Ce lauréat du Pritzker Prize s'est entre autres illustré en dessinant le spectaculaire musée Lacma de Los Angeles, inauguré au printemps 2026. A Bâle, l'opération, à 120 millions de francs suisses, a fait appel à une participation privée substantielle avec au premier chef celle d'un milliardaire suisse, Hansjörg Wyss, qui donne son nom au nouveau lieu d'exposition d'une superficie de 1.500 m². Au sein de la Fondation Beyeler augmentée, se trouve donc le Wyss Museum dont la destination principale est l'exposition des collections permanentes—pour l'instant, dans le bâtiment originel se poursuit la programmation d'expositions temporaires.
Une collection « vivante »
L'apparition d'un nouveau nom dans le fief Beyeler est une petite révolution. C'est aussi un outil parfait pour accueillir des prêts d'œuvres d'art à long terme et des donations. L'exposition inaugurale semble là pour le démontrer. Alors que les collections étaient pauvres en peintures du surréaliste belge René Magritte, dans la salle consacrée à une figuration fantastique sont présentées treize de ses œuvres, prêtées par les collections privées Wyss et Reuben.
Dans le même espace figure une grande huile de Balthus, parmi les plus fameuses, un arrêt sur image dans une arterre de Paris : « Passage du commerce Saint-André ». Elle appartient encore à une autre collection, pri-
Le pavillon
Ammann est
conçu pour les
rassemblements
concerts
et autres
rencontres.
vée, la collection Hersaint.
« Ernst Beyeler m'avait expliqué que la collection devait rester vivante, entre autres grâce à des mises en dialogue avec des prêts de long terme », justifie Sam Keller. Attaché au principe du fondateur d'un art en communion avec la nature, le bâtiment anguleux en béton est installé au sein d'un ancien parc privé. Zumthor aime la lumière latérale pour éclairer les tableaux.
Le pavillon Ammann (du nom d'un autre donateur), un auditorium, est conçu pour les petits rassemblements, concerts et autres rencontres. Imaginé avec des murs de verre qui ouvrent sur la nature, il est accessible gratuitement à tous les visiteurs. Entièrement gainé de bois dans des tons chauds, il procure une impression de bien-être. On y retrouve l'esprit d'ouverture sur les arbres de la « Glass House » de l'Américain Philip Johnson, conçue en 1949 dans le Connecticut. « Le mien est mieux », conclut avec un sourire Peter Zumthor.
A l'occasion du 75 $^{e}$ anniversaire de sa parution, les éditions de la Table ronde proposent une nouvelle traduction du best-seller de J. D. Salinger, vendu à 90 millions d'exemplaires à travers le monde.
Alexandre Fillon
J. D. Salinger (1919-2010) fait figure de cas d'école dans l'histoire de la littérature américaine. Voilà l'un des rares écrivains de son temps à avoir cherché l'invisibilité en poussant loin un souci obsessionnel de protéger sa vie privée. Entre 1951 et 1963, Salinger a publié quatre livres avant de garder à jamais le silence. Le plus fameux d'entre eux s'est écoulé à plus de 90 millions d'exemplaires depuis sa parution aux Etats-Unis, en 1951. D'abord traduit en 1953 par Jean-Baptiste Rossi, alias Sébastien Japrisot, puis en 1986 par Annie Saumont, « L'Attrape-cœurs » nous revient dans une nouvelle traduction due à Jean Esch et à Alice Déon.
L'occasion de réentendre la voix d'Holden Caulfield, le garçon de la bonne bourgeoisie new-yorkaise renvoyé de son internat en Pennsylvanie trois jours avant les vacances de Noël, qui n'a pas sa langue dans sa poche. Le narrateur de Salinger est un garçon de 17 ans, de 1,90 m, avec une coupe en brosse et des cheveux blancs depuis qu'il est gamin. Holden se présente comme menteur et exhibitionniste. Il nous apprend avoir un frère, D. B., écrivain et scénariste à Hollywood ; un autre, Allie, mort d'une leucémie ; et une petite sœur, prénomme Phoebe, qui habite encore l'appartement familial sur la 71 $^{e}$ Rue.
共同业主(其中包括克萨维尔·尼尔、弗雷德里克·勒莫斯和歌手 Vianney)未能达成一致。拼贴图:Arnaud Poilleux 结合 Alexandra Bonnefoy / RÉA, Marc Ollivier / Ouest France / MaxPPP, Valery Hache / AFP 及 iStock
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Voix unique
Holden Caulfield, on l'accompagne lorsqu'il demande à un chauffeur de taxi s'il sait où vont, l'hiver, les canards de Central Park quand le lac est gelé, lorsqu'il passe des coups de téléphone depuis des cabines, dort à la gare de Grand Central ou envisage de filer en stop dans l'Ouest, sans jamais se départir de sa tendance à faire « le zouave ». En s'attelant à son virevoltant monologue, Jean Esch et Alice Déon ont cherché à en rendre l'oralité, le naturel et le rythme, tout en acceptant les répétitions et en s'en tenant à une langue des années 1950. Pas trafiquée, avec ses bizarreries et son naturel, la voix d'Holden Caulfield demeure unique.
« Portobello » ou la justice de l'absurde selon Marco Bellocchio
SÉRIE
Après « Esterno Notte », le cinéaste revient au petit écran pour raconter la tragédie dont fut victime Enzo Tortora, présentateur vedette de la télévision.
Léa Colombo
Sur le plateau de tournage de l'émission, « Portobello » est avant tout un décor factice : des façades en carton-pâte pour reproduire une avenue commerçante, un perroquet bien peu bavard, un florilège d'invités hauts en couleur, d'un hypnotiseur consciencieux à une drôle de star du cinéma en passant par une femme qui peut pleurer sur commande... On se croirait chez Fellini.
A première vue, donc, difficile de voir dans « Portobello », deuxième série créée par le maître italien Marco Bellocchio, autre chose qu'une comédie inspirée d'un moment fort de la télévision italienne. Après le tragique « Esterno Notte » sur l'enlèvement d'Aldo Moro, on pourrait croire que le réalisateur change de ton. C'est sans compter sur le goût de Marco Bellocchio pour les traumas nationaux. En effet, « Portobello » vire rapidement au drame quand un mafieux de la Nuova Camorra Organizzata, humilié par l'indifférence de sa hiérarchie et le peu d'attention qu'accorde son animateur favori à ses courriers, va le dénoncer aux autorités comme complice de la mafia.
Une accusation absurde, sans preuve irréfutable sinon un nom sur un carnet, qui pourrait faire rire si elle n'allait pas plonger Enzo Tortora, brillamment incarné par
Fabrizio Gifuni, dans un véritable cauchemar. Le présentateur déchu de « Portobello » écopera d'une peine de dix années de prison en 1983. Il lui faudra trois ans pour en sortir et prouver son innocence.
Série sur les années 1980, décennie qui précède pourtant l'émergence des « fake news », du gouvernement par le mensonge instauré par exemple par Donald Trump ou Silvio Berlusconi, « Portobello » raconte une terrible injustice avec un éclairage très contemporain.
Mêlant habilement le récit et l'intime, alors que les faux témoignages se succèdent avec un aplomb presque pathologique, le drame judiciaire donne également à voir la prison italienne de l'intérieur, alors que Tortora se rapproche de ces codétenus et découvre l'humanité derrière l'administration pénitentiaire qui n'opère que par formulaire.
Loin de tourner l'affaire Tortora en dérision-même si « Portobello » a quelque chose de fantaisiste dans les accusations comme dans les soutiens que reçoit l'animateur incarcéré-, Marco Bellocchio fait le choix d'un traitement à la fois lent et grave, qui ne manque toutefois pas d'une mordante ironie. Une belle réussite naturaliste qui décortique les dangers de l'emballement médiatique et l'influence tentaculaire de la mafia dans le système judiciaire et la société italienne de cette époque.
Portobello
de Marco Bellocchio.
Avec Fabrizio Gifuni, Lino
MusellaL Sur Arte.tv, six épisodes.
Les copropriétaires, parmi lesquels Xavier Niel, Frédéric Lemos et le chanteur Vianney, n'ont pas réussi à s'entendre. Collage Arnaud Poilleux avec Alexandra Bonnefoy/RÉA, Marc Ollivier/Ouest France/MaxPPP, Valery Hache/AFP et iStock
IMMOBILIER // Considérée par beaucoup de Parisiens comme une verrue, l'édifice était promis depuis dix ans à une transformation spectaculaire. Mais après des mois de bataille judiciaire, les copropriétaires ont jeté l'éponge.
Fleur Bouron
Une omerta dingue », « une histoire de gros sous et d'ego », « dans le milieu, c'est la pire des copros ». Voilà un florilège de phrases entendues au sujet de la tour Montparnasse. Celles et ceux qui les ont prononcées ont pris soin de préciser : « c'est du off, bien sûr ».
Bien sûr. Car c'est à cette seule condition que les protagonistes de la rénovation de la plus haute tour de Paris consentent à évoquer les tractations en cours. Chacun y joue des millions d'euros – sur dix ans de négociations –, voire sa réputation et les derniers mois ont été particulièrement mouvementés. Les travaux de modernisation devaient débuter à l'automne 2026, mais le projet a déraillé au printemps. « Un dérapage incontrôlé s'est mis en place », explique une source proche du dossier. A l'assemblée générale du 23 septembre, les copropriétaires ont rejeté à 76 % des tantièmes la rénovation de l'immeuble, imaginée en 2017 pour tourner la page d'une tour en verre fumée malaimée et pleine d'amiante.
Sauf ultime retournement de situation avant le 26 novembre, date d'expiration du permis de construire, la spectaculaire transformation devrait être abandonnée pour une réfection a minima.
Dans la tour, deux groupes s'opposent. D'un côté, le principal propriétaire a voté pour l'abandon. Il s'agit de la Financière Patrimoniale d'investissement (LFPI) qui en détient 28 %, soit environ 17 étages, grâce à une structure dédiée dans laquelle ont investi Xavier Niel et la famille Decaux, propriétaire du géant de l'affichage publicitaire JCDecaux. Se sont rangés derrière la LFPI des assureurs comme la MGEN (18 % de l'immeuble), AXA devenu BNP Paribas Asset Management (un peu moins de 10 %), ou encore Icade, Samsic, etc.
Face à eux, un homme est au cœur du dossier depuis ses origines : Frédéric Lemos. Ancien président de la branche immobilière de LFPI, son divorce avec son ancienne entreprise constitue l'un des nœuds du dossier. Il défend désormais ses propres intérêts. Et pour tenter de sauver la grande rénovation, il peut compter sur le soutien de Xavier Niel. Car si le fondateur de Free, à la tête d'un empire immobilier dans Paris, détient 25 % du véhicule de LFPI, il a aussi investi en direct dans plusieurs lots pour environ 10 % de la tour. Le milliardaire n'a qu'une seule obsession : embellir Paris, quoi qu'il en coûte. Et c'est Frédéric Lemos qui le représente.
Une ambition qui semble désormais très compromise après l'AG de fin septembre. Exit la serre agricole au sommet, l'hôtel avec vue imprenable sur Paris, le jardin du 14 $^{e}$ étage et la façade en verre transparent. Le collectif d'architectes Nouvelle AOM s'était pourtant distingué avec ces idées parmi 700 candidatures, devançant les projets de grands architectes comme Rem Koolhaas ou Jeanne Gang. « Ce qu'ils avaient proposé, c'était de redonner un petit côté haussmannien aux premiers étages, en en faisant un bâtiment avec des fenêtres et des balcons, et d'alléger la tour en créant des ruptures très fortes à différents niveaux », se souvient Jean-Louis Missika, alors adjoint à la maire de Paris chargé de l'urbanisme et de l'architecture. En guise de rupture, on constate surtout celle entre les ambitions du projet et l'état actuel de la tour et de ses alentours, en décrépitude. Des fenêtres se décrochent et tombent sur la dalle. Le centre commercial en sous-sol semble à l'abandon, les pigeons, l'odeur d'urine et la saleté y ont élu domicile. La tour, elle, a été vidée de ses derniers occupants en mars.
L'incarnation des ambitions modernistes des années 1970 a mal vieilli. L'époque où des entreprises se pressaient pour avoir un bureau dans le gratte-ciel haut de 210 mètres, où François Mitterrand puis Jacques Chirac y avaient établi leur QG, et où les fêtards allaient à l'Enfer, sulfureuse boîte de nuit au sous-sol, est désormais loin. Mais on pensait possible le retour à cet âge d'or.
C'était sans compter le coup de théâtre du 21 juillet 2026. « LFPI [le principal copropriétaire, NDLR] a démarré l'assemblée générale en disant qu'il ne soutenait plus le projet, devenu beaucoup trop cher. Ça a été une surprise pour tout le monde à un moment où on était charrette pour démarrer les travaux », raconte l'un des participants. Les coûts des travaux ont en effet augmenté. En 2017, la réhabilitation était annoncée à 300 millions d'euros hors taxes (HT). Elle est passée en juillet 2025 à 624 millions
« Le projet a été bâti sans tenir compte des contraintes préexistantes de la copropriété. »
GILLES VUILLEMARD
Ancien directeur immobilier de la MGEN d'euros HT (749 millions d'euros TTC), puis 727 millions en mars 2026, peu de temps avant que le projet ne déraille.
Il impliquait de nombreux échanges et remembrements de lots, notamment pour créer l'hôtel et rapprocher l'observatoire du toit-terrasse. « Le projet a été bâti sans tenir compte des contraintes préexistantes de la copropriété. On s'est heurté à des questions d'inversion de lots et donc de valeurs de ces lots, avec forcément chaque propriétaire tirant la couverture à soi », explique Gilles Vuillemard, ancien directeur immobilier de la MGEN. Et un copropriétaire d'en apporter la preuve : « Moi, je ne veux pas me faire escroquer, je veux mon petit million. »
Le premier permis, déposé en 2019, déclenche énormément de recours dont il faut près de quatre ans pour venir à bout. Dans ces conditions, finir les travaux avant les Jeux Olympiques de 2024 semblait déjà ambitieux. « Le chantier a été bloqué par le Covid, puis par les JO. Et maintenant, par les crises internationales », résume Philippe Goujon, maire du 15 $^{e}$ arrondissement. Résultat, les coûts des matériaux et les délais de livraison ont flambé.
Si l'équation économique se dégrade, personne ne semble pourtant remettre en cause ce budget qui frôle déjà les 700 millions d'euros début 2026. Mais entre mars et juillet, le plan de financement des travaux se serait brusquement tendu. « Les banques étaient sollicitées par LFPI et une dizaine de propriétaires, notamment le syndicat de copropriété, pour émettre les garanties de paiement à l'entreprise de travaux », détaille un connaisseur. Elles auraient reculé devant la complexité des échanges de lots. « Le montage entier du projet a finalement été analysé comme non financable », poursuit-il.
Mais pour Frédéric Lemos, ce budget a été gonflé pour convaincre les copropriétaires de renoncer. « Depuis quelques semaines, on entend ceux qui veulent stopper le projet brandir le chiffre de 800 millions. Il n'existe pas. La vérité du projet d'aujourd'hui, qui comprend des extensions qui n'étaient pas prévues au départ, est de moins de 700 millions », assure-t-il. Que s'est-il « Le montage entier du projet a finalement été analysé comme non finançable. »
UN BON CONNAISSEUR DU DOSSIER
passé ? La tour Montparnasse est devenue le champ de bataille d'une guerre fratricide entre Frédéric Lemos et Gilles Etrillard, fondateur de LFPI, depuis que ce dernier a licencié son associé en novembre 2025.
Frédéric Lemos, longtemps président du conseil syndical, porte depuis 2015 le projet de lifting de cette tour qu'il connaît par cœur, pour le compte de son ancien employeur. Beaucoup lui reconnaissent son implication pour maîtriser les coûts d'entretien, dont il affirme qu'il les a réduits de 8 millions d'euros à son arrivée. « LFPI [sous la direction de Frédéric Lemos, NDLR] a beaucoup œuvré pour rendre la gouvernance plus simple. Ils ont acheté des étages pour réduire le nombre de copropriétaires », détaille Gilles Vuillemard. En quelques années, la tour est passée d'environ 90 à 34 copropriétaires. Mais d'autres fustigent une gestion opaque et agressive. « Quand Lemos a été viré, il y a eu un changement complet de ton », glisse un copropriétaire. S'il ne gère plus les intérêts de LFPI, il conserve un pied dans la tour grâce à plusieurs lots. Et certains lui donnent un certain pouvoir de négociation, notamment le 43 $^{e}$ étage dont il détenait un bout.
C'est un palier stratégique pour LFPI, déjà propriétaire des 44, 45 et 46 $^{e}$ , pour son projet d'hôtel. Après son licenciement, l'homme d'affaires veut acquérir la totalité du 43. Mais celui-ci est aux mains de Louis Le Duff, fondateur de La Brioche Dorée et de Bridor, et en mauvais termes avec Frédéric Lemos. C'est là que le chanteur Vianney entre en scène. C'est lui qui rachète au milliardaire son 43 $^{e}$ étage, pour semble-t-il en faire un studio. Quelque temps plus tard, il revend ses parts à Frédéric Lemos... qui est son ami, et désormais seul propriétaire de cet étage convoité. Le tout via une société baptisée Edmond de Vayres : « Edmond » en référence à Edmond
Dantès, héros du « Comte de Monte-Cristo », qui a consacré sa vie à sa vengeance ; « De Vayres » est le nom du château en Gironde de son ancien employeur, Gilles Etrillard. Sur WhatsApp, Pierre Niney dans le rôle d'Edmond Dantès fait d'ailleurs office de photo de profil de Frédéric Lemos. Pour LFPI, la création de l'hôtel apparaît désormais plus incertaine. D'autant que Frédéric Lemos et Xavier Niel nourrissent aussi des ambitions hôtelières sur d'autres étages qu'ils possèdent seuls ou à deux.
Mais le 43 $^{e}$ n'est pas le seul point de blocage. L'exploitation du toit-terrasse par l'observatoire panoramique de la tour Montparnasse (OPTM) est aussi source de tensions. Depuis sa création, l'observatoire, situé au 56 $^{e}$ , peut faire monter ses visiteurs au 59 $^{e}$ , moyennant une redevance sur le prix des billets. A son acmé, la tour accueillait 1,2 million de visiteurs par an. Cet accord, très avantageux pour l'OPTM, a été remis en question par le syndicat des copropriétaires alors dirigé par Frédéric Lemos. Or dans le projet de rénovation, l'observatoire devait passer du 56 au 57 $^{e}$ étage pour se rapprocher du toit-terrasse. Frédéric Lemos détenant une partie du 57 $^{e}$ , il faut aussi s'arranger avec lui.
Au fil des mois, tous ces différends ont érodé la confiance entre copropriétaires. Les accords déjà conclus entre certains auraient expiré avant que les financements ne soient sécurisés, rendant le montage immobilier encore plus incertain. Avec une facture en hausse liée à la découverte d'amiante, les banques auraient fini par se retirer. En juillet, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a convoqué les copropriétaires du gratte-ciel pour leur sommer de trouver une solution. Sans succès. Pour l'instant, ils se dirigent donc vers un projet moins ambitieux : désamiantage et rénovation de la façade. Les usages de 1973, essentiellement des bureaux, resteraient inchangés, évitant les échanges de lots qui ont fait capoter le projet.
Les copropriétaires devraient prochainement voter pour le lancement du désamiantage. Ce qui laisserait deux ans pour proposer à la Mairie de Paris un plan de « rénovation légère » afin d'éviter les contraintes du nouveau plan local d'urbanisme bioclimatique, détaille une source. Mais certains observateurs sont très sceptiques. Pour atteindre un certain standing, la tour devrait avoir un hall d'entrée plus spacieux ou encore une salle de sport, nous glisse-t-on. Et rien que ces équipements basiques nécessiteraient une rénovation lourde. Espérant repartir sur de bonnes bases, un nouveau conseil syndical a été élu, réunissant le camp du contre. Frédéric Lemos et Xavier Niel, qui ont voté pour la grande rénovation, en ont été exclus. « On ne se résigne pas à ce qu'il n'y ait que de la violence dans cette copropriété », conclut l'un des copropriétaires. Mais pour certains, la bataille ne fait que commencer.
在中国,压力更加沉重。这家拥有十个品牌(奥迪、Seat、斯柯达、宾利、保时捷……)的集团曾经的“现金牛”,现在给奥利弗·布鲁姆喂下了一剂苦药:上半年销量下降 20 %,本土竞争日益激烈,且“在中国,为中国 (In China, for China)”的生产计划迟迟未能开花结果。特朗普的关税政策以及中东冲突的影响更是雪上加霜。作为一名铁人三项运动员和半程马拉松跑者,奥利弗·布鲁姆热爱长期的艰苦努力。而这些挑战正等待着他。
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Tunnel sous la Manche : Virgin s'offre 12 TGV Alstom
FERROVIAIRE
Denis Fainsilber
Le groupe Virgin s'active pour venir briser le monopole d'Eurostar depuis 1994 sur le trafic ferroviaire transmanche entre Londres et le continent. Après avoir remporté plusieurs étapes décisives dans son plan de marche côté anglais, le conglomérat créé par Richard Branson annonce sa commande auprès d'Alstom de douze trains à grande vitesse Avelia Stream, pour un montant d'environ 650 millions d'euros.
Une version tempérée par Alstom, qui évoquait vendredi un simple accord « de réservation [des rames Avelia, NDLR], prévue après approbations réglementaires et finalisation financière ». Ces trains de plain-pied à un niveau - contrairement à ceux à deux étages, plus capacitaires, qui rentreront progressivement dans la flotte d'Eurostar - permettront de lancer les services au départ de Londres vers Paris, Bruxelles et Amsterdam, à partir d'octobre 2030 si tout se passe bien.
« L'ensemble des douze rames devrait être livrées dès la première année d'exploitation », explique aux
Distribution
« Exceptionnelle » opération de cession-bail pour Carrefour // P.23 « Echos » Josh Bayliss, le directeur général de Virgin Group. Ces trains ne devraient pas subir les bouchons dans les sites industriels français chargés du TGVM, puisqu'ils seront assemblés dans l'usine italienne Alstom de Savigliano (Piémont). En outre Alstom sera chargé de leur maintenance, avec un contrat de trente ans.
Virgin vise vingt allers-retours quotidiens depuis Londres vers Paris, Bruxelles et Amsterdam, avec des débuts à l'automne 2030.
Grâce à ces futures rames rouge et noir roulant à 300 km/h, Virgin fera ainsi son grand retour sur les rails. Sa compagnie, installée depuis 1997 sur le réseau classique britannique avec des rames diesel, avait cessé de rouler sous son blason en décembre 2019, dans le cadre de la grande réforme du rail anglais.
Avant de se relancer via la grande vitesse internationale, Virgin a dû trouver des partenaires. Le nouvel acteur comptera deux sociétés distinctes, détaille le directeur général. Le matériel roulant sera détenu par Equitix, une société spécialisée dans le financement d'infrastructures, qui les louera à une autre société chargée de l'exploitation, codétenue à 50/50 par Virgin Group et Azzurra Capital, une firme de private equity. Il restera d'ici à 2030 à homologuer
Textile La filière laine ne veut plus gâcher ses toisons // P.27
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le Décryptage
de David Barroux
tous les jours
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les trains, notamment pour les contraintes de sécurité plus strictes s'agissant des risques d'incendie dans le tunnel.
vingt fréquences quotidiennes au départ de Londres-Saint-Pancras, à compter d'octobre 2030.
lateur anglais ORR sur les droits de trafic accordés à Virgin entre Londres et le tunnel, litige devant être tranché le 4 décembre prochain. Avec à terme 13 allers-retours quotidiens sur Paris-Londres, 4 sur Londres-Bruxelles plus 3 jusqu'à Amsterdam, Virgin Trains ajoute-rait ainsi 7,5 millions de sièges supplémentaires par an au réseau transmanche, dont 4,75 millions pour la partie française.
Eurostar a déposé un appel
Après avoir arraché en octobre 2025 de la place dans le centre de maintenance de Temple Mills, près de Londres, pour l'heure réservé à Eurostar, Virgin a reçu un autre feu vert majeur en août dernier, lorsque le régulateur britannique (ORR) a approuvé son plan de lancer jusqu'à
Il faudra encore matérialiser prochainement deux accords : avec Getlink, la maison mère d'Eurotunnel (ce qui ne devrait pas poser de problème, tant le trafic actuel du tunnel est inférieur aux capacités théoriques), et SNCF Réseau pour les sillons côté français et l'accès à la gare du Nord, y compris pour y créer un salon d'attente. Eurostar a quant à lui déposé un appel devant le régu-
Sera-t-il aisé pour un nouvel entrant d'affronter Eurostar, luimême solidement établi sur son marché naturel, et qui est encore appelé à se développer vers la Suisse ou l'Allemagne ?
A l'instar de Velvet, une jeune société ferroviaire française bientôt face aux grandes lignes de la SNCF, le but n'est pas tant de chiper des parts de marché que de créer une demande induite de train. « Avec la force de la marque Virgin, on peut attirer une demande supplémentaire, et faire grossir le marché », affirme Josh Bayliss.
I arrivera comme toujours batteries chargées à bloc. Oliver Blume, le patron de Volkswagen, lance ce lundi, au Mondial de l'auto de Paris, l'« offensive électrique » de son opération de redressement du groupe. Le grand public pourra y observer toute la gamme 100 % électrique du constructeur, de l'ID.Polo à l'ID.Tiguan.
Chez le géant de Wolfsburg, dont les ventes et les résultats calent toujours, le climat social aussi passe 100 % électrique. Certes, le modèle historique de cogestion lui a permis d'obtenir le 5 septembre un accord sur son plan stratégique à l'horizon 2030. Les amortisseurs ont tenu. Mais l'institution a tangué et après l'annonce d'un nouveau plan massif, le cessez-le-feu avec les syndicats ne vaut pas blanc-seing pour la suite, loin de là. Cet été, Oliver Blume a essuyé des sifflets dans sa tournée des usines. Fin août, IG Metall a tonné que « notre confiance dans ce directoire, et en particulier dans son président Oliver Blume, est entamée ». A son arrivée après le cassant Herbert Diess, cet enfant du pays et de la maison, fils d'employés de banque et de supermarché entré chez Audi à 26 ans comme ingénieur, était « Olli », le grand patron affable et accessible que l'on tutoyait. Désormais, on évoque plus dans les couloirs et à la cantine « Herr Blume », le « cost killer ».
Mardi, il interviendra lors du Paris Automotive Summit qui accompagne le Salon. Vite, ouvrir une nouvelle séquence. En septembre, il a dû annoncer coup sur coup un plan de 50.000 suppressions d'emplois, le second en deux ans, une sévère révision à la baisse des prévisions de résultats, et le rappel de 2,8 millions de véhicules dont la direction est menacée de corrosion. Si alors qu'il donne des tours de vis, ses vis lui jouent des tours...
Pour porter à 9 % d'ici à 2030 une marge opérationnelle proche du point mort, le patron de 58 ans brandit le « programme de transformation le plus profond de toute l'histoire du groupe ». Le plus douloureux, aussi, y compris pour la fierté nationale. Pour la première fois, Volkswagen pourrait fermer des usines en Allemagne avec quatre sites menacés. Grand ménage aussi dans le garage, avec un catalogue qui sera divisé par deux.
La route est tracée. Elle s'annonce longue pour le pilote Blume, ex-patron de Porsche et féru de belles cylindrées. Jeudi dernier, l'action a touché son plus bas historique, à 66,90 euros, contre 181,25 euros à sa prise de fonction le 1er septembre 2022. « La situation est plus que critique », dit-il, mettant en avant sa transparence pour justifier les efforts demandés. Des économies d'échelle et des investissements technologiques sont urgents, défend-il, dans un secteur frappé par l'arrivée en force de la concurrence chinoise et les vents contraires. Sacré défi pour Oliver Blume : il marche sur des œufs mais doit mettre pied au plancher. Faute d'avoir adapté ses coûts structurels, élevés, à la baisse du marché européen depuis le Covid, Volkswagen finit par y voir sa domination historique reculer. Blume y estime sa surcapacité de production à 500.000 véhicules.
La pression est encore plus forte en Chine. Cette ex-vache à lait du groupe aux dix marques (Audi, Seat, Skoda, Bentley, Porsche...) sert désormais à Oliver Blume une potion amère, avec une chute de 20 % des ventes au premier semestre, une concurrence locale toujours plus féroce et un plan de production « In China, for China » qui tarde à porter ses fruits. Rayon dos d'âne s'ajoutent les droits tarifaires de Trump et l'impact du conflit au Moyen-Orient. Triathlète et semi-marathonien, Oliver Blume aime les efforts de longue durée. Ils l'attendent.
Au Mondial de l'auto, un nouvel ordre se dessine pour les constructeurs
AUTOMOBILE
La grand-messe parisienne de l'automobile qui s'ouvre ce lundi devrait donner lieu à une démonstration de force des acteurs chinois du secteur.
Yann Duvert et Lionel Steinmann
Deux petites années se sont écoulées depuis la dernière édition, mais le changement de physionomie de l'industrie automobile a quelque chose de vertigineux. Et le Mondial de l'auto, qui s'ouvre ce lundi, devrait en donner un aperçu particulièrement saisissant. Il y sera évidemment question d'électrique, alors que la grande bascule s'accélère à la faveur de la flambée des prix des carburants. Ou encore de voiture autonome, qui constituera le prochain grand défi du secteur. Lors de sa visite ce lundi, le président français Emmanuel Macron prendra d'ailleurs la parole sur ce thème.
Mais l'événement aura aussi valeur de symbole, avec une démonstration de force annoncée des marques chinoises. Au total, une vingtaine d'entre elles ont pris un stand, soit le double de l'édition 2024. « Cela risque d'être choquant visuellement », prévient Guillaume Crunelle, associé chez Deloitte. D'autant que « leur présence lors des éditions précédentes était en quelque sorte un témoignage d'existence, avec des modèles dont la pertinence pour le marché européen pouvait être questionnée ».
Depuis, la donne a changé : fortes de réseaux de distribution bâtis en un temps record, les marques chinoises ont vu leur part de marché dans les ventes de voitures neuves passer de 1,8 % à 4,1 % en France, selon les données du premier semestre 2026. En Europe, la dynamique est encore plus impressionnante. Selon les projections du cabinet Alixpartners, leurs ventes pourraient représenter 16 % du marché à l'horizon 2030, contre 6 % en 2025. La pression se fait déjà sentir sur le secteur. Mercredi dernier, OPmobility a lancé un profit warning. Les investisseurs s'attendent à ce que d'autres suivent, gâchant un peu plus la fête du Mondial.
La situation du marché chinois ne fait qu'accélérer la tendance. Les acteurs locaux font face à une situation inédite : en pleine guerre des prix qui entame leur rentabilité, en proie à des surcapacités de plus en plus importantes, ils sont désormais confrontés à une correction brutale, avec une chute des ventes de 20 % au premier semestre. Pour beaucoup, exporter n'est plus une option, mais une question de survie.
Partout dans le monde, à l'exception notable des Etats-Unis, la vague chinoise déferle. Cette année, environ 10 millions de véhicules seront livrés aux quatre coins de la planète, soit 4 millions de plus qu'en 2024. Un quart seulement est destiné à l'Europe, qui reste tout de même loin devant le Moyen-Orient et l'Amérique du Sud. « La planète auto est en crise, et l'Europe est l'épicentre de la bataille », résume Guillaume Crunelle.
Une bataille dont se retirent progressivement les constructeurs américains - à l'exception de Tesla - pour se recroqueviller sur leur marché domestique : General Motors a d'ores et déjà plié bagage, à l'exception d'une présence symbolique dans le haut de gamme avec Cadillac, quand Ford rationalise ses investissements, notamment par le biais de partenariats.
C'est donc sur le Vieux Continent que les BYD, Chery, Geely et consorts ont déplacé, ou plutôt étendu leur guerre fratricide. Au grand dam de leurs homologues européens, déjà affectés par la déprime des ventes sur leur marché domestique, qui n'a jamais retrouvé ses niveaux d'avant-Covid.
LES ECHOS • / 来源:AAA DATA, PFA, SCHMIDT AUTOMOTIVE RESEARCH, BLOOMBERG - 照片:ERIC TSCHAEN / RÉA - BRUNO LEVY / CHALLENGES-RÉA - RENAULT - MATTHIEU DOUHAIRE / RÉA - MUSTAFA YALCIN / ANADOLU VIA AFP - STELLANTIS
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Pour beaucoup, exporter n'est plus une option, mais une question de survie.
« Depuis le début de l'année, les constructeurs européens sont pris par une peur existentielle : ils redoutent de ne pas pouvoir se maintenir, en tout cas par sous leur forme actuelle, souligne Markus Collet, associé chez CVA. L'impératif du moment n'est pas la profitabilité mais la survie : il faut faire les investissements qui permettront de rester en vie demain. »
L'arrivée de leurs concurrents chinois a mis en lumière un écart de compétitivité béant qu'ils tentent de combler. Stellantis et Renault ont par exemple indiqué vouloir développer leurs nouveaux modèles en moins de deux ans, pour suivre le rythme des nouveaux entrants.
Les collaborations sont également devenues légion : Stellantis avec son partenaire Leapmotor, Renault avec Geely, Volkswagen avec Xpeng... « Ne pas travailler avec les Chinois est impossible, leur avance technologique est trop forte. Mais il faut savoir jusqu'où danser avec eux sans perdre son âme, et son identité industrielle. Chacun cherche la bonne stratégie, le bon dosage », poursuit Markus Collet. Dans le même temps, ils pressent les autorités européennes d'agir avant qu'il ne soit trop tard. Les droits de douane, mis en place en 2024 sur les voitures électriques chinoises, et diverses mesures fiscales, comme l'éco-score en France, ont certes contrarié les plans des nouveaux entrants, mais n'ont pas endigué le phénomène.
Encore taboue il y a deux ans, la notion de « préférence européenne » va donc nourrir les conversations et les discours officiels lors du Mondial de l'auto. L'accélérateur industriel (IAA), actuellement discuté à Bruxelles, doit en effet imposer un taux de contenu local minimum dans les voitures vendues en Europe. Mais alors que les Vingt-Sept peinent à s'accorder sur sa définition, les constructeurs européens s'impatientent... et leurs concurrents chinois s'organisent. Les projets d'implantations sur le Vieux Continent se multiplient, parfois en partageant des usines sous-utilisées.
S'il constitue souvent une paren-thèse heureuse pour les constructeurs, qui présenteront le fruit de leur travail au grand public, le Mondial de l'auto donnera donc, tout de même, l'occasion de mesurer l'ampleur du bouleversement en cours, dont personne ne souhaite être le grand perdant.
Les marques chinoises vendues en France
En nombre
La part des voitures 100% électriques dans les ventes en France
En %
最终都将变成机器人 »
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Bruxelles et Pékin se mettent d'accord sur une forte baisse des exportations chinoises
Après deux jours de négociations à Pékin, le commissaire européen au Commerce a obtenu de la Chine qu'elle réduise de moitié ses exportations de véhicules hybrides et rechargeables par rapport à ce qui était prévu ces quatre prochaines années. Mais les modalités techniques restent à définir.
Les détails techniques sont encore à définir, mais l'accord politique, lui, est bien là. Après deux jours de négociations à Pékin avec son homologue chinois, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a obtenu de la Chine qu'elle réduise « de plus de moitié » ses exportations de véhicules hybrides et rechargeables vers l'Union européenne, par rapport à ce qui était prévu. Au total, ce sont « plusieurs millions » d'unités qui n'iront pas sur le marché européen au cours « des quatre prochaines années », a annoncé le commissaire vendredi soir à Pékin devant la presse, au terme de sa visite.
Cet accord devrait donner un peu d'air aux constructeurs européens. Tous subissent de plein fouet la concurrence chinoise, capable de concevoir des modèles en seulement dix-huit mois et de les exporter ensuite vers le monde entier. L'Europe en particulier est devenue une bouée de secours pour les constructeurs chinois, pénalisés par le ralentissement du marché domestique et qui exportent donc en masse pour compenser. « Dans l'attente d'une analyse détaillée du contenu de cet accord, cette annonce constitue une avancée positive pour apaiser les tensions commerciales entre les deux parties », a réagi l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA).
Après l'imposition en 2024 de droits de douane par Bruxelles sur les véhicules chinois 100 % électriques, les constructeurs chinois avaient trouvé la parade et exporté davantage de véhicules hybrides et rechargeables. Le sujet était donc devenu prioritaire pour Bruxelles, qui cherche par tous les moyens à réduire son déficit commercial de 360 milliards d'euros (en 2025) avec la Chine. L'automobile ne représente qu'une fraction de ce chiffre. « Je suis venu avec un seul but : commencer à rééquilibrer la relation commerciale entre la Chine et l'UE. [...] Les déficits commerciaux constituent une montagne de défis, qui se ressentent dans tous les pays membres. C'est insoutenable », a expliqué Maros Sefcovic.
Un « accord mutuel » s'agissant des terres rares
En dehors de l'automobile, Maros Sefcovic a dit avoir obtenu un accord ouvrant davantage les portes du marché chinois à une série de produits européens : pièces automobiles, huile d'olive, chaussures, etc. Des marchandises qui représenteraient en valeur presque 4 milliards d'euros par an. Celles-ci seront moins taxées, générant une économie de droits de douane d'environ 225 millions d'euros pour les exportateurs, a-t-il annoncé.
Maros Sefcovic a rappelé que l'UE n'hésiterait pas à mobiliser « ses outils » pour parvenir au rééquilibrage des échanges.
Florence Lo/Reuters
Enfin, l'UE et la Chine sont aussi parvenus à un « accord mutuel » s'agissant des terres rares et des aimants, autre source de tensions entre les deux blocs. Ces dernières années, la Chine a utilisé son monopole dans la production des terres rares comme une arme commerciale, perturbant les chaînes de production en Europe et aux Etats-Unis.
« Ce n'est que le début. Il s'agit d'une étape cruciale, mais une première étape, dans le processus du rééquilibrage », a insisté Maros Sefcovic, prudent. Citant Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, le commissaire a rappelé que l'UE n'hésiterait pas à mobiliser « ses outils » pour parvenir au rééquilibrage des échanges, afin de maintenir la pression.
Cette semaine, la France et l'Allemagne se sont entendus pour proposer à leurs partenaires européens de muscler encore les instruments de riposte commerciale, avec un instrument prévoyant de priver un pays tiers d'accès au marché européen en cas de concurrence déloyale. De nombreux détails, comme les mécanismes via lesquels la Chine réduira ses exportations d'hybrides et de rechargeables, mais aussi le calendrier, restent à définir. Cet accord va maintenant être présenté à l'exécutif européen et discuté entre les pays membres lors du prochain Conseil européen des 15 et 16 octobre.
H e Xiaopeng, fondateur et PDG du constructeur chinois haut de gamme XPeng, est l'un des invités du Mondial de l'auto, où il souhaite séduire le grand public et convaincre de potentiels partenaires européens.
Le made in Europe sera au cœur du Mondial de l'auto cette semaine. Comprenez-vous la démarche de l'Europe ? Nous souhaitons développer XPeng pour et avec l'Europe, et nous comptons nous y consacrer sur le très long terme. Demon point de vue, pour qu'une entreprise réussisse, elle doit avant tout respecter la législation locale et répondre aux attentes des utilisateurs locaux. Elle doit être capable de mener à bien ses efforts en matière d'environnement, d'améliorer ses technologies d'IA et de perfectionner ses produits, plutôt que de se livrer à une concurrence sur les prix ou à une course effrénée aux innovations technologiques.
Vous cherchez une nouvelle usine en Europe. La France est-elle une possibilité ?
Nous avons déjà une usine partenaire en Autriche, et nos besoins de production ne sont pas encore entièrement couverts. Mais nous savons bien que si nous voulons gagner de plus en plus de clients en Europe, nous aurons besoin de plusieurs sites. Nous sommes ouverts à tous les pays européens, et si un partenaire français souhaite nous contacter, je suis prêt à en discuter.
HE XIAOPENG
Fondateur
et PDG de XPeng
Votre partenariat avec Volkswagen ne donne-t-il pas une sorte de priorité à l'Allemagne ?
Nous ne pouvons rien dévoiler tant que rien n'est signé, mais nous sommes en négociations avec plusieurs entreprises dans différents pays.
Quelle va être la stratégie de XPeng en Europe ? Allez-vous proposer des voitures plus accessibles pour augmenter significativement vos volumes ? Je ne souhaite pas privilégier le volume des ventes, mais nous voulons tout de même cibler le segment moyen à haut de gamme. Au cours des trois prochaines années, nous devrons mettre au point des technologies permettant de créer des produits innovants, et pas seulement des produits abordables de qualité moyenne. C'est cette approche qui nous permettra de nous différencier.
« Nous adoptons une réflexion anticyclique : il ne faut pas rester immobile lorsque tout le monde attend. »
Part de marché, en % des immatriculations de voitures neuves
Depuis le dernier Mondial, l'automobile a changé d'ère
La montée en puissance des constructeurs chinois s'accélère en Europe de l'Ouest
Renault : le renouvellement des dirigeants...
... la capitalisation boursière
En milliards d'euros
LES ECHOS • / SOURCES : AAA DATA, PFA, SCHMIDT AUTOMOTIVE RESEARCH, BLOOMBERG - PHOTO : ERIC TSCHAEN/RÉA - BRUNO LEVY/CHALLENGES-RÉA - RENAULT - MATTHIEU DOUHAIRE/RÉA - MUSTAFA YALCIN / ANADOLU VIA AFP - STELLANTIS
constructeurs chinois est mise à rude épreuve par la guerre des prix. Cela freine-t-il vos investissements ?
C'est tout le contraire : ces derniers mois, j'ai vu davantage d'opportunités d'investissement. Nous adoptions une réflexion anticyclique : cela signifie qu'il ne faut pas rester immobile lorsque tout le monde attend. Il faut adopter une vision à plus long terme. Prenons un exemple : entre 2002 et 2003, les investissements ont connu un fort ralentissement en Chine. Mais ceux qui ont investi leur argent en ont tiré les bénéfices bien plus tard.
Nous avons en effet augmenté nos investissements au cours des deux dernières années. Nos investissements pour le premier semestre se sont élevés à environ 700 millions d'euros, soit une hausse de 40 % par rapport à l'année précédente. Nous avons également procédé à la scission de notre filiale spécialisée dans la robotique. J'ai moi-même beaucoup investi dans cette entreprise, et je pense que c'est une démarche nécessaire pour préparer l'avenir. Il s'agit de faire ce que les autres ne sont pas prêts à faire ou n'osent pas faire.
Premièrement, le secteur automobile sera encore plus robotisé, et les voitures elles-mêmes vont probablement toutes devenir des robots.
Deuxièmement, je pense que dans chaque grande région, comme l'Europe ou la Chine, on verra coexister d'énormes entreprises locales et des partenaires étrangers.
Nous disposons de la technologie, nous avons la solution. Nous pouvons donner les moyens à nos partenaires de créer des situations gagnant-gagnant. Nous augmentons nos revenus sur le marché et eux en tirent le maximum.
« Nous devrons mettre au point des technologies permettant de créer des produits innovants, et pas seulement des produits abordables de qualité moyenne. C'est cette approche qui nous permettra de nous différencier. »
à terme condamnés au rôle d'assembleurs de voitures ?
Non, les constructeurs automobiles de demain seront tous des entreprises technologiques, car les voitures seront des robots. Et pour les construire, il faut disposer de capacités de R&D très élevées. Dans ce processus, on commence par collaborer avec d'autres pour assimiler rapidement la technologie, puis on passe à la production, avant de se développer verticalement. C'est forcément un processus d'accumulation d'expérience. On dit souvent qu'il faut d'abord s'appuyer sur les plus forts pour se renforcer soi-même, car chaque entreprise a ses propres atouts. De notre côté, nous voulons tirer parti des atouts de nos partenaires, notamment s'agissant des usines...
intimement liées à l'IA. Faut-il freiner son développement ?
Je pense que l'intelligence artificielle devra faire l'objet d'une réglementation stricte, même si aujourd'hui personne ne sait comment le faire. A l'avenir, l'IA ne sera plus seulement numérique, mais physique et fera partie de notre quotidien. Elle améliorera nos vies, mais pourra à l'inverse devenir une menace pour l'humanité. Mon avis est que l'on devrait tout de même la laisser se développer à court terme. Quand on fait voler un cerfvolant, il faut pouvoir le contrôler. Parfois, il faut tirer plus fort. On est en plein dans ce processus.
La « préférence nationale » peine à résister à la crise du pouvoir d'achat
Selon une étude de l'Observatoire Cetelem, les automobilistes restent attachés à leurs marques nationales. Mais le prix ressort comme le critère prioritaire d'un futur achat, ce qui pourrait favoriser les marques chinoises.
Dans un marché mondial en pleine mutation, les constructeurs européens peinent à endiguer la vague de nouveaux entrants. Et leurs clients ne sont pas prêts à tous les sacrifices pour les y aider, selon l'étude de l'Observatoire Cetelem publié mardi.
Commençons par les bonnes nouvelles : les Français sont fidèles. Pas moins de 60 % d'entre eux ont acheté une voiture d'une même marque, et 69 % envisagent de ne pas en changer pour leur prochain modèle - soutenus par le gouvernement qui exclut de facto les marques chinoises des aides à l'achat.
De bon augure pour nos champions nationaux qui trustent le podium des ventes (Renault, Peugeot et Dacia). En matière de fidélité, ils ne sont précédés que par les Japonais, et se situent au-dessus de la moyenne européenne (50 %) voire mondiale (45 %). Une moyenne tirée vers le bas par les Espagnols (33 %), les Turcs (33 %) et surtout les
Chinois (20 %) même s'il s'agit d'un marché essentiellement de primo-accédants. Malgré tout, la préférence nationale ou européenne reste très variable. Elle est logiquement plus importante dans les pays ayant des constructeurs bien implantés, comme la France où 48 % des répondants déclarent préférer acheter une marque locale. Idem en Allemagne, avec 53 %.
Le facteur prix se détache largement en tête des critères des automobilistes dans le choix de leur voiture.
Ce n'est donc pas une surprise de voir ces deux bastions de l'industrie automobile résister un peu plus que les autres aux assauts chinois. C'est un peu plus contre-intuitif pour l'Italie, berceau de Fiat, où l'attachement aux marques nationales ou européennes n'est que de 30 %... bien loin du Japon, patrie de Toyota, Suzuki ou Honda (83 %).
Dans les pays cités, le patriotisme automobile reste donc tenace, et beaucoup semblent prêts à payer plus cher un modèle équivalent s'il porte le badge d'une marque nationale (50 % en France, 55 % en Allemagne, 58 % en Chine, 64 % aux Etats-Unis). Mais ce « sacrifice » a aussi ses limites : si beaucoup sont prêts à s'acquitter d'un surcoût de 0 à 5 %, « au-delà de 10 % d'écart, il n'y a plus personne », souligne Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem.
Le danger est donc bien présent, alors que les marques chinoises déploient pour beaucoup une politique commerciale très agressive, face à des constructeurs « traditionnels » qui peinent à suivre. D'autant que le facteur prix se déta- che largement en tête des critères des automobilistes dans le choix de leur voiture : il est cité par 39 % d'entre eux, devant la sécurité (32 %) et la fiabilité (27 %). L'importance de la marque n'est évoquée que par 18 % d'entre eux.
En d'autres termes, la « préférence nationale » perdure, mais ne résiste pas aux écarts de prix trop importants. Quant aux pays dépourvus de marques locales, les digues ont déjà sauté : au mois de septembre, les marques chinoises ont par exemple affiché 23 % de part de marché au Royaume-Uni, trustant la première place des modèles vendus (avec le Jaecoo 7) et la deuxième place des constructeurs en parts de marché (BYD).
En France, la vague est - un peu-plus contenue, mais les tensions sur le pouvoir d'achat pourraient l'amplifier. Le départ canon d'Omoda & Jaecoo, marques pourtant inconnues il y a quelques mois, constitue peut-être un signal en ce sens.
La marque va présenter un concept car de l'emblématique « Deudeuche » lors du Mondial de l'auto.
Il lui reste à trouver la formule pour vendre une voiture électrique made in Europe pour moins de 15.000 euros.
Yann Duvert
Faire revivre des gloires du passé n'est pas un gage de succès, mais le risque pris par Citroën apparaît mesuré. Lors du Mondial de l'auto à Paris, la marque aux chevrons va dévoiler au grand public les contours de sa future 2CV, héritière de la voiture « la plus collectionnée au monde », selon la marque.
Les nostalgiques de la « Deudeuche » devront tout de même prendre leur mal en patience, puisqu'il ne s'agit là que d'un concept car. Sa version finale est attendue lors du Mondial 2028, soit exactement quatre-vingts ans après le lance-
ment de son illustre ancêtre.
Cette version « réinventée » multiple les clins d'œil, comme sa silhouette ronde, son capot strié, ses phares détachés de la carrosserie, ou son volant monobranche. Malgré tout, « le point de départ n'était pas de refaire une 2 CV, mais d'imaginer la petite voiture électrique de demain, pratique et désirable », souligne la marque dans un communiqué.
Une « toute petite voiture » voulue par la Commission
Elle doit surtout incarner le projet « e-car », annoncé en mai par Stellantis, visant à proposer des petites voitures électriques à moins de 15.000 euros. Un créneau sur lequel l'offre est presque inexistante, alors que les prix des voitures ont bondi en moyenne ces dernières années, bien plus que le pouvoir d'achat des Européens.
Le problème a d'ailleurs été identifié à Bruxelles, où la Commission prépare de nouvelles règles adaptées à une nouvelle sous-catégorie (M1E) dans le cadre de son paquet automobile. Des récompenses, sous la forme de supercrédits CO₂, et un gel réglementaire sont notamment au cœur des discussions. Avec ses 3,76 mètres, cette « toute petite voiture », intercalée entre l'Ami et la C3 dans la gamme de Citroën, devrait aisément répondre aux exigences européennes.
Son prix, lui, s'affichera « autour de 15.000 euros », promet la marque. Reste à savoir quels leviers seront activés pour réduire les coûts. « Il s'agira de gros volumes et il y aura quelques synergies avec Fiat », souligne Xavier Chardon, le patron de Citroën. La marque italienne produira en effet sa propre e-car,
« [La 2CV sera commercialisée] partout en Europe, mais pas uniquement, même s'il est un peu tôt pour en parler. »
XAVIER CHARDON
Directeur général de Citroën
sans doute sur le site de Pomigliano en Italie.
Cela pourrait être également le cas de la 2CV, même si la direction de Citroën entretient le mystère, préférant évoquer un site « européen ». Elle refuse également de confirmer la collaboration avec Leapmotor, partenaire chinois de Stellantis, qui pourrait partager la base technique de sa T03 avec les futures e-cars du groupe.
Une chose est sûre : Citroën vise large. La 2CV sera commercialisée « partout en Europe, mais pas uniquement, même s'il est un peu tôt pour en parler », indique Xavier Chardon. Outre la promesse d'importants volumes, elle doit aussi renforcer l'image de Citroën, sur la route mais aussi par le biais de produits dérivés. La marque aux chevrons est actuellement sur une bonne dynamique de ventes : en France, elle a enregistré une hausse de 9,5 % depuis le début de l'année et a grignoté 0,4 point de part de marché. Même tendance dans l'Union européenne, où elle progresse de 7,9 % (+0,1 point de part de marché). Mais de ce point de vue, le chemin à parcourir est encore long pour renouer avec son glorieux passé.
La version de la 2CV « réinventée » multiplie les clins d'œil, comme sa silhouette ronde, son capot strié, ses phares détachés de la carrosserie, ou son volant monobranche.
+4%
新车注册量在今年前九个月的增长幅度。
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Concessionnaires et loueurs de voitures demandent « la fin de l'escalade fiscale »
Mobilians, la fédération des services de l'automobile, dénonce la hausse des malus et de la taxe à l'immatriculation. Elle appelle à un gel des prélèvements pour relancer les ventes.
Lionel Steinmann
L'ouverture du débat budgétaire pour 2027 pousse les professionnels de l'automobile à donner de la voix. Mobilians, l'organisation patronale qui regroupe notamment les concessionnaires et les loueurs de voitures, a appelé jeudi à mettre un terme à l'« escalade fiscale », responsable à ses yeux de l'atonie du marché automobile français.
Certes, les immatriculations de voitures neuves ont retrouvé un peu de tonus, avec une hausse de 4 % sur les neuf premiers mois de l'année. Mais avec un niveau projeté à 1.680.000 ventes sur l'ensemble de l'année, « cela reste une des pires performances depuis le premier choc pétrolier », souligne Marc Bruschet, qui préside la branche concessionnaires de Mobilians.
Si certains observateurs expliquent ce coup de frein par la forte hausse du prix des voitures neuves, le distributeur pointe également les taxes destinées à « verdir » les ventes, qui finissent selon lui par décourager le chaland. Avec deux dispositifs dans le collimateur : le malus CO₂, qui frappe toutes les voitures émettant plus de 108 grammes au kilomètre, et le malus masse, pour les modèles
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60%
根据 Mobilians 经销商分会负责人的说法,如今有 60% 的新车被征收惩罚税。
由于公共财政枯竭,政府可能会对此置若罔闻,但用于说服议员的修正案和论据已经准备就绪。
随后将进入总统竞选活动,期间 Mobilians 及其主席 Virginie de Pierrepont 将致力于争取设立置换补贴,在她看来,这是加速车辆绿色化的唯一有效工具。该专业组织主张,可以通过转移部分用于资助社会租赁(leasing social)的资源来确保其资金。
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Les chiffres clés
(à l'exception des 100 % électriques) qui pèsent plus de 1,5 tonne.
Le barème de ces deux taxes a été plusieurs fois durci ces dernières années, et va rapporter cette année 1 milliard d'euros à l'Etat. Aujourd'hui, « 60 % des voitures neuves sont malussées », pointe Marc Bruschet. De quoi, assure-t-il, provoquer un blocage chez les acheteurs, particuliers et entreprises préférant poursuivre avec leurs véhicules actuels plutôt que de les renouveler. L'impact est particulièrement sensible sur le marché des flottes, qui s'est contracté ces dernières années.
Les loueurs courte durée dénoncent eux aussi cette hausse des prélèvements, qui les touche d'autant plus qu'ils renouvellent très régulièrement leur flotte. « Entre 2022 et 2025, la fiscalité moyenne par voiture est passée de 285 à 708 euros », déplore Guirec Grand-Clément, qui préside la branche mobilité partagée du syndicat patronal. Une explosion de la facture due aux deux malus, ainsi qu'à la hausse de la taxe sur les immatriculations. Et la facture pourrait grimper à nouveau de 56 % l'an prochain.
Mobilians estime donc qu'une réduction de la pression fiscale est devenue indispensable. L'organisation réclame un gel du malus CO₂ (le seuil de déclenchement doit passer de 108 à 103 grammes au premier janvier), et un retour du seuil du malus masse à 1,6 tonne. Des mesures qui entraîneraient pour l'Etat un manque à gagner de 100 millions d'euros.
DES VOITURES NEUVES sont malussées aujourd'hui, selon le dirigeant de la branche concessionnaires de Mobiliants.
Les finances publiques étant exsangues, le gouvernement fera sans doute la sourde oreille, mais les amendements et les argumentaires pour convaincre les parlementaires sont déjà prêts.
Suivra ensuite la campagne présidentielle, durant laquelle Mobilians et sa présidente Virginie de Pierrepont porteront le combat pour la création d'une prime à la conversion, le seul outile efficace selon elle pour hâter le verdissement du parc. Son financement serait assuré, prône l'organisation professionnelle, en transférant une partie des ressources affectées au financement du leasing social.
Les chiffres sont sans appel. L'automobile européenne, qui s'est donné rendez-vous à partir de ce lundi à Paris pour un nouveau Mondial de l'auto, est en crise. Même si, au lendemain du Covid, une hausse ponctuelle de la demande et une pénurie de composants avaient permis aux constructeurs de privilégier la vente de modèles haut de gamme plus lucratifs, la santé économique des constructeurs allemands haut de gamme comme des autres acteurs plus généralistes n'a cessé de se dégrader. Le marché européen, qui tournait autour
de 16 millions d'unités par an avant 2020, a chuté de 2 millions à plus de 3 millions d'unités depuis. En cumul, ce sont ainsi plus de 10 millions de voitures de moins qui ont été vendues sur le Vieux Continent sur les cinq dernières années. Dans le même temps, le marché chinois, qui fut longtemps à la fois un relais de croissance et une très importante source de profits pour Volkswagen, Mercedes et BMW, s'est retourné. En six ans, les ventes du premier dans l'empire du Milieu se sont ainsi effondrées de près de 40 % en volumes, et ses profits ont fondu de 80 %. Encore plus inquiétant, le géant allemand, qui avec ses partenaires contrôlait près de 20 % du premier marché automobile, ne pèse presque rien sur un segment électrique qui représente l'avenir. Pas étonnant dans ces conditions que les capitalisations
boursières des constructeurs européens se soient effondrées. Volkswagen a ainsi vu sa valeur être divisée par deux en passant de plus de 100 milliards d'euros en 2021 à juste au-dessus de 50 milliards aujourd'hui. Stellantis, qui a en plus été affecté par le déclin de ses marques Chrysler, Jeep et Dodge sur le marché américain, a, lui, vu sa capitalisation passer de plus de 50 milliards d'euros en 2021 à guère plus de 11 milliards aujourd'hui. Et par rapport à son pic historique de 2024, le groupe né de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler a vu son cours de Bourse dégringoler de 85 %. Pour certains analystes, la cause est entendue, les constructeurs européens, qui doivent en plus faire face aux tensions commerciales avec les Etats-Unis et à l'inexorable montée en puissance de rivaux chinois en Europe, sont condamnés à une mort lente. D'autant plus
que leur accès de faiblesse intervient au pire moment, puisqu'ils auraient besoin de dégager des milliards de cash pour pouvoir investir massivement dans l'électrification de leur offre comme dans le développement des voitures autonomes. L'argent qu'ils ne dépensent pas aujourd'hui les condamnerait demain, même si la situation s'améliorait.
Un possible rebond
de la demande en Europe
Le pire étant possible mais pas
certain, il existe tout de même
au moins une poignée de raisons
d'espérer que la crise très
profonde actuelle ne condamne
pas définitivement tous les
industriels européens de l'auto.
La route sera accidentée mais
une route de l'espoir pourrait
émerger du brouillard.
Le premier motif d'espoir est lié
à un hypothétique mais possible
rebond de la demande en Europe. La très forte progression des ventes de voitures électriques prouve qu'au moment où les prix de l'essence flambent, l'arrivée dans les concessions de modèles plus petits, moins chers et au design attractif peut contribuer à tirer la demande. Les ventes ne retrouveront peut-être pas les niveaux du début du siècle, mais elles peuvent repartir, d'autant plus qu'après des années de creux, l'âge moyen du parc n'a cessé de vieillir.
Pris à la gorge, les constructeurs européens se sont aussi attaqués à la réduction de leur base de coûts et de leurs capacités de « surproduction ». Volkswagen cherche à réduire ses effectifs de 100.000 personnes, et Stellantis mutualise certaines de ses lignes de production avec des partenaires chinois pour que ses usines tournent moins à vide. Renault a, lui, noué des partenariats industriels et de développement avec d'autres constructeurs chinois pour amortir ses investissements. Le dernier motif d'espoir peut être lié à l'Europe ainsi qu'à ses relations avec la Chine. Certes l'Union européenne met trop de temps à assouplir son cadre réglementaire sur le front des normes et de l'électrification, mais la direction est la bonne. Et sur le front des échanges commerciaux, la Commission est désormais moins naïve. Une dose de protectionnisme et de défense du made in Europe se dessine et les bases d'un dialogue commercial plus constructif avec la Chine restent envisageables. La crise est d'une telle violence que tous les acteurs européens n'en sortiront peut-être pas vivants. Et ceux qui survivront seront sans doute moins puissants que par le passé. Mais tous les grands noms de l'automobile européenne ne sont pas totalement condamnés pour autant.
'R&D EDF, septembre 2026. Voiture citadine électrique consommant 17 kWh/100 rechargée à domicile à 80% en heures creuses au TRV du 01/08/26. Voiture citadine essence consommant 6,3 L/100 km. Prix moyen du SP95 d'août 2025 à juillet 2026 : 1,88 €/L. edf.fr/mobilite-electrique
Char du futur : le chef d'état-major acte la fin des ambitions franco-allemandes
DÉFENSE
Le général français Fabien Mandon a rejeté la responsabilité du coup d'arrêt du projet initial du MGCS sur Berlin.
Des deux côtés du Rhin, les ministères de la Défense se sont empressés d'insister sur la poursuite du projet, même fortement révisé à la baisse.
Anne Drif
et Emmanuel Grasland
—Correspondant à Berlin
Le projet de char franco-allemand du futur (MGCS) devait remplacer les chars Leclerc français. Il a été recentré et réduit à sa portion congrue : la connexion entre robots et drones. Photo Handout/Knds/AFP
Mort ou pas mort ? Le chef d'état-major des armées a tapé un grand coup jeudi sur le projet de char du futur franco-allemand. Interrogé à l'Assemblée nationale, le général Fabien Mandon a pris acte du coup d'arrêt mis au projet initial qui n'ambitionnait rien de moins que de révolutionner le combat terrestre à l'horizon 2040-2045, avec blindé lourd, missiles antichars, véhicule d'appui robotisé doté d'armes laser, et toute une galaxie de drones.
Mais dans des termes jugés beaucoup trop cash tant à Paris qu'à Berlin. D'autant qu'il n'a pas hésité à charger directement l'Allemagne : « On espérait construire un futur char en coopération avec les Allemands et il faut constater que, malheureusement, les Allemands ont décidé de quitter le projet », a déclaré le général devant la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, en attribuant cet abandon à une décision politique de Berlin. « C'est un choix allemand important, et là, on n'est plus dans les choix militaires », a-t-il insisté.
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三年时间决定F5的未来
这款被称为“超级阵风”的F5将成为其继任者的基石。空军与空间军参谋长热罗姆·贝兰热(Jérôme Bellanger)周四在埃夫勒(Evreux)举行的年度空军盛会上表示,这款继任者不再被称为“NGF”(New Generation Fighter,这是与德国合作时的英文版本名称),而在法国版本中被称为“ACF”(avion de combat du futur,意为“未来战斗机”),并且需要在2040年之前对其重新命名。
Une déclaration jugée bien trop directe qui a obligé l'état-major des armées à préciser les propos jeudi peu avant minuit : le projet n'est pas mort mais « recentré sur le combat collaboratif » et décalé à la fin de la décennie 2040.
Lors d'un déplacement en Gironde vendredi, la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, et son homologue allemand, Boris Pistorius, ont réaffirmé sa poursuite. « Le MGCS reste un projet d'actualité », a martelé Catherine Vautrin. « Le projet MGCS n'est pas terminé, il n'est pas abandonné, personne ne l'a arrêté, bien au contraire. C'est un projet phare de la coopération franco-allemande », a abondé Boris Pistorius. « Nous ne voulons pas, et ne permettrons pas, que ce projet soit dénigré ou minimisé », a-t-il expliqué.
Pour autant, l'état-major des Armées a confirmé dans son communiqué la réduction du projet à sa portion congrue : la connexion entre robots et drones, le système de systèmes, mais pas de char commun. Ce qu'avaient déjà officialisé le chancelier Friedrich Merz et le président Emmanuel Macron lors du conseil franco-allemand du 17 juillet.
« Bien que décalé, ce programme est poursuivi et conserve un intérêt majeur recentré sur le développement d'une connectivité renforcée, du combat collaboratif, de l'automatisation et de la robotisation », a expliqué l'état-major des armées, rejetant au passage la faute sur KNDS et Rheinmetall. « L'offre industrielle remise début 2026 était incompatible avec le remplacement des chars actuels, nécessaire à l'horizon 2037. » Pour l'état-major, « la partie allemande a fait le choix de lancer une étude nationale pour remplacer le char Léopard 2 ». Et ce n'est qu'ensuite que Paris a suivi le mouvement : « Le calendrier de mise en service du MGCS étant décalé vers la fin de la décennie 2040, la France a donc également fait le choix de lancer une capacité intermédiaire. »
« Démenti » de Paris à l'appui, Berlin a de son côté insisté sur la viabilité du projet commun. Si le projet a été révisé, « cela ne signifie pas pour autant l'échec du projet MGCS. Au contraire : nous restons attachés à une coopération sur un pied d'égalité dans le cadre du MGCS et nous concentrons nos efforts sur les technologies d'avenir pour le combat blindé », a déclaré une porte-parole du ministère de la Défense.
Cela étant, c'est peu ou prou la même explication donnée pour le char du futur que celle avancée lors de la fin du SCAF, l'avion de chasse franco-allemand abandonné en juin. A savoir un recentrage sur la connectivité. A ce stade, on ne sait d'ailleurs pas quelle est l'avancée du projet dans sa composante de connectivité. Le patron de KNDS, Jean-Paul Alary, l'avait lui-même reconnu la semaine dernière, dans une interview aux « Echos »: « Je ne vais pas vous expliquer que le MGCS va bien, mais il existe encore. » Reste à savoir sous quelle forme, concrètement.
« Il faut constater que [...] les Allemands ont décidé de quitter le projet. »
Le premier vol associant un Rafale à un drone est prévu pour 2028
La nouvelle version du Rafale sera lancée en décembre, avant le coup d'envoi dès 2027 de la version tricolore du SCAF. En parallèle, l'armée de l'air se dote d'une initiative IA de vol en combat collaboratif avec HypAIRion. Mais tout reste en grande partie suspendu au vote du budget.
Quatre mois quasiment jour pour jour. Depuis l'enterrement du SCAF, leur avion de combat du futur, les voies de Paris et Berlin ont définitivement divergé : tandis qu'à Londres, le chancelier, Friedrich Merz, se laisse courtiser par le Premier ministre britannique, Andy Burnham, pour rejoindre le projet concurrent GCAP mené avec le Japon et l'Italie, Paris accélère à Mach 2 sur son couloir aérien national.
Mais ce sont bien les moyens qui seront votés dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027 qui donneront la cadence, en fonction des montants alloués. En décembre, le ministère des Armées doit lancer officiellement la phase de réalisation du F5, la toute nouvelle version du Rafale bardée d'IA, de nouvelles optroniques, d'un nouveau moteur et d'un missile hypervéloce portant la dissuasion nucléaire de dernière génération.
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全球拥有140亿资产
家乐福强调:这“不是一种出售策略,而是一种资产轮换策略”。“我们的目标有两个:创造价值,以及为门店现代化和规模扩张提供资金,”Jérôme Nanty 保证道。他提醒说,收购 Cora 和 Match 门店使其投资组合增加了10亿欧元的资产。这位总监总结道:“在这方面,我们的行为与所有大型房地产所有者一致。”
对于 Kepler Cheuvreux 的法国股票研究负责人 François Digard 而言,此次售后回租交易的宣布证实,除了金额之外,该操作在本质上并没有什么异常之处。这位分析师评论道:“我认为这并非战略转向,而是历史惯例的延续。”
Un « Super Rafale » F5 qui servira de pierre angulaire à son successeur. Celui-ci n'est déjà plus appelé « NGF » (New Generation Fighter), le nom de sa version anglicisée avec les Allemands, mais « ACF » dans sa version française pour « avion de combat du futur », et il faudra le renommer d'ici à 2040, a indiqué le chef d'état-major de l'armée de l'air et de l'espace, Jérôme Bellanger, en marge du grand raout annuel des forces aériennes jeudi à Evreux.
Dès 2027, ce sera le coup d'envoi de la phase qui débouchera sur le vol du prototype de cet ACF. Deux ans plus tard, en 2029, sa version opérationnelle sera en développement. Bref, l'avenir du successeur du Rafale F4 sera en grande partie scellé en l'espace de trois ans.
Dassault a d'ores et déjà simulé une passe de tir avec un drone Harmattan AI et testé en vol deux algorithmes d'IA à bord d'un Rafale pour anticiper la suite. Les forces aériennes sont, elles, à pied d'œuvre avec le projet HypAI-Rion pour basculer vers le combat collaboratif.
Sur la base de Mont-de-Marsan, deux Mirage 2000 ont été transformés en bancs d'essai IA avec l'adjonction d'un troisième ordinateur à bord. Objectif : un premier vol associant un Rafale à un drone en 2028. Face à une menace dynamique à plus de Mach 1 (la vitesse du son), HypAIRion vise à décupler les capacités en vol des pilotes dans la détection radar, les calculs en vol et les capacités de tir en synchronisation avec des plateformes tierces qui forceront l'ennemi à se dévoiler.
« Celui qui prend l'ascendant est celui qui détecte, comprend, décide et agit plus vite que son adversaire », a souligné le colonel Cédric, chef de bureau développement capacitaire de l'état-major de l'armée de l'air, pour qui l'IA doit « transformer l'abondance de données en avantage opérationnel ». Les équipements doivent évoluer au rythme de la menace, à l'image du drone russe Geran qui en est déjà à sa cinquième version, grâce à des architectures ouvertes et modulaires. Le projet sera ouvert à toutes les expertises industrielles en IA et drones pour mise en concurrence.
Côté budget, s'il est bien voté, l'accélération du projet de trame chasse est a priori ficelée. L'an prochain, le programme Rafale F5 pourra bénéficier d'une enveloppe maximale totale de 3 milliards d'euros de commandes, avec un décaissement prévu de près de 628 millions d'euros sur la même période. De même, quelque 2,7 milliards d'euros d'autorisations sont fixés pour l'ACF, son successeur, avec des décaissements possibles fixés à hauteur de 570 millions d'euros.
En décembre, le ministère des Armées doit lancer officiellement la phase de réalisation du F5, la toute nouvelle version du Rafale bardée d'IA.
« Dès juillet 2026, il a été décidé de lancer en national les travaux sur le chemin critique permettant de sécuriser le planning initial, a insisté la ministre Catherine Vautrin à l'Assemblée. Nous n'avons pas perdu d'argent [avec le SCAF]. » Des crédits ont déjà été réaffectés à la nouvelle technologie du moteur (programme Turenne 2) et à l'architecture de l'avion de combat du futur (Dalton 2). Pour autant, Paris reste ouvert aux financements de partenaires au vu des contraintes budgétaires actuelles et des aléas du vote de l'Assemblée et du Sénat.
Mais alors que les parlementaires vont ferrailler de nouveau sur le projet de loi de finances, sur le front, le général Jérôme Bellanger exige d'aller vite et de mettre les moyens en face. « Je n'ai qu'un seul mot d'ordre, la vitesse, si nous voulons continuer d'être au rendez-vous des opérations, a-t-il souligné à Evreux. A l'est de l'Europe, la guerre des drones et des missiles n'a fait que s'amplifier. »
A la fin de cet été, les Russes avaient tiré 50.000 drones de bombardement, soit autant que sur l'ensemble de l'année 2025. La Russie est toujours capable de produire environ 2.000 missiles par an, en dépit des sanctions occidentales et des frappes ukrainiennes. A la frontière est, les chasseurs Rafale déployés en Lituanie dans le cadre de la mission de police du ciel de l'Otan, ont intercepté et escorté régulièrement des avions russes. Au Moyen-Orient ils ont aussi été fortement mobilisés.
Pour remplir les deux missions de l'armée de l'air, la protection de l'espace aérien national et la composante nucléaire aéroportée, tout en assurant la simultanéité des engagements, « je surutilise les avions de chasse à plus de 15 % », a déclaré le chef d'état-major. « Mais surutiliser le parc ne suffira plus demain, il est donc important de bien calibrer l'effort sur le format de l'aviation de chasse dans la prochaine loi de programmation militaire », a-t-il argumenté. Cela signifie un parc d'au moins 230 appareils d'ici à 2035, soit cinq de plus au moins que prévu, et contre seulement 170 aujourd'hui.
— A. D.
无印良品如何吸引法国人进入其品牌世界
消费品
这家以简约设计著称的品牌重新发起攻势,并寄希望于更大的门店来巩固其“生活方式”的定位。
克洛蒂尔·布里亚尔(Clotilde Briard)
无印良品(Muji)于 10 月 8 日在巴黎圣安托万郊区街(rue du Faubourg Saint-Antoine)开设的门店并非一次普通的开业。这家拥有三层楼、面积 1.300 平方米的门店,展示了这家日本品牌在法国以及更广泛的欧洲地区实施的新战略。无印良品以简约设计和产品无标志而闻名,它确实希望向公众展示,其产品线比消费者心中所想的要广泛得多。
« Exceptionnelle » opération de cession-bail pour Carrefour
A fin 2025, le parc immobilier de Carrefour sur ses trois pays clés (France, Espagne et Brésil) était estimé à 14,2 milliards d'euros. Photo Durand Thibaut/Abaca
DISTRIBUTION
Le distributeur vend les murs de 35 supermarchés et hypermarchés en France et en Espagne pour en devenir le locataire.
Julia Lemarchand
Passer de propriétaire à locataire de ses propres magasins n'apparaît pas, à première vue, comme un signe de bonne santé. Pourtant, chez Carrefour, la cession-bail de 35 magasins en France et en Espagne pour 290 millions d'euros, annoncée jeudi soir après Bourse, est vécue comme une excellente nouvelle. « Nous avons choisi de communiquer sur cette opération car elle est exceptionnelle par son montant, son caractère transfrontalier et la qualité de ses investisseurs », déclare aux « Echos » Jérôme Nanty, directeur exécutif RH et patrimoine de Carrefour, habitué des opérations de cession-bail pour le groupe, le plus souvent chiffrées à « quelques dizaines de millions d'euros ».
Carrefour a signé ce contrat avec une coentreprise formée par le gestionnaire britannique Atrato et le fonds souverain singapourien GIC. Le contrat organise d'une part la cession des murs de 32 actifs en France (26 supermarchés et 6 hypers) et 3 hypermarchés en Espagne, et d'autre part la bascule vers un contrat de location pour dix à douze ans. Les directeurs de magasin continueront d'exploiter leurs enseignes. Ils gardent d'ailleurs le même interlocuteur, Carrefour Property, qui continuera de percevoir les loyers mais désormais au profit des nouveaux propriétaires.
Carrefour insiste : ce n'est « pas une stratégie de cession mais de rotation des actifs ». « Notre objectif est double : créer de la valeur et financer la modernisation des magasins et l'expansion du parc », assure
Jérôme Nanty, qui rappelle que le rachat des magasins Cora et Match a permis d'ajouter 1 milliard d'euros d'actifs à son portefeuille. « Nous nous comportons comme tous les grands propriétaires fonciers en la matière », résume le directeur.
Pour François Digard, responsable de la recherche actions France chez Kepler Cheuvreux, l'annonce de cette opération de cession-bail confirme que, en dehors de son montant, l'opération n'a rien d'exceptionnel sur le fond. « Je n'y vois aucune inflexion stratégique, mais la continuité d'une pratique historique », commente l'analyste.
A fin 2025, le parc immobilier de Carrefour sur ses trois pays clés (France, Espagne et Brésil) était estimé à 14,2 milliards d'euros. La valeur de son patrimoine a augmenté de 2,8 milliards d'euros en quatre ans. Dans son nouveau plan stratégique à l'horizon 2030, le groupe coté s'est engagé à réaliser 200 à 300 millions de cessions nettes par an (hors achats), « en ligne avec le rythme des dernières années ».
Le groupe a, ces dernières années, réalisé davantage d'opérations en Espagne qu'en France. Cette année, mis à part cette opération exceptionnelle, un certain nombre de petites opérations ont été réalisées au Brésil, permettant à Carrefour de développer son parc de magasins Atacadao, un format à mi-chemin entre le supermarché discount et l'entrepôt de vente en gros. Carrefour vise plus de 70 ouvertures au Brésil d'ici à 2030.
En France, le groupe détient 9,2 milliards d'actifs immobiliers. Il est majoritairement propriétaire des murs de ses hypers, environ de la moitié de ses supermarchés. En revanche, le taux de détention est beaucoup plus faible sur ses magasins de proximité, où ce sont le plus souvent des baux en pied d'immeuble, en particulier à Paris.
Il y a deux catégories d'actifs que Carrefour ne cède pas : « Les magasins susceptibles de pouvoir passer en franchise pour valoriser la cession du fonds de commerce avec la vente des murs. Nous excluons également tous les actifs potentiels de création immobilière dans le cadre de projet de mixité urbaine », précise Jérôme Nanty, en citant le partenariat avec Nexity pour valoriser 76 sites avec des nouveaux logements. Les parkings des grandes surfaces ne butent pas sur l'objectif du zéro artificialisation nette (ZAN) et ces terrains sont facilement constructibles.
Comment Muji veut convaincre les Français d'entrer dans son univers
BIENS DE CONSOMMATION
L'enseigne, connue pour son design épuré, repart à l'attaque dans et mise sur des magasins plus grands pour asseoir son positionnement « lifestyle ».
Clotilde Briard
Ce n'est pas une ouverture comme les autres que Muji a réalisée le 8 octobre rue du Faubourg Saint-Antoine à Paris. Ce magasin sur trois niveaux et 1.300 mètres carrés illustre la nouvelle stratégie que l'enseigne japonaise met en place en France et plus largement en Europe. Connue pour son design épuré et son absence de logo sur les produits, elle veut, en effet, montrer au grand public qu'elle est présente sur une bien plus large palette de références que ce que les consommateurs ont en tête.
Bien sûr, au rez-de-chaussée, les stylos - best-sellers de la marque - occupent une place de choix et le rangement - autre segment phare - se déploie largement dans les étages. Mais la surface du point de vente permet d'exposer aussi canapé, lit et bureau. Des meubles qui ne trouvent, d'ordinaire, de place que sur le site Internet. Vêtements, cosmétiques, bagages ou produits alimentaires occupent le reste du terrain.
La boutique remplace une autre adresse, à la taille bien plus réduite, que la griffe, nom abrégé de Mujirushi Ryohin, signifiant en japonais « produits de qualité sans marque », avait un peu plus loin dans la rue.
« Cette superficie est désormais un format standard à l'échelle mondiale. Elle nous permet de montrer que nous proposons une marque lifestyle à des prix abordables et pas seulement des produits dans certains segments de marché comme la papeterie. Si cette taille de point de vente s'avère un succès, nous pourrons alors ouvrir davantage de magasins en Europe », observe Takuo Nagahara, président de Muji Europe, habillé de produits maison.
Après avoir resserré dans l'Hexagone, le nombre de boutiques qui ne sont plus qu'au nombre de cinq-toutes dans la capitale -, l'heure est à repartir de l'avant. La France est, avec le Royaume-Uni, une tête de pont pour le développement de l'entreprise sur le Vieux Continent.
La prochaine étape passera par un navire amiral rue de Rivoli, qui sera le plus grand magasin d'Europe avec plus de 2.000 mètres carrés, en face de la Samaritaine. Son ouverture est désormais prévue en mars 2027.
« Il figurera parmi les plus grands flagships au monde. Nous avons retenu cinq grandes villes qui doivent avoir ce type de vitrine internationale : Tokyo bien sûr, mais aussi Shanghai, Paris, Londres et New York. Nous allons offrir dans la capi-
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华丽之作
麦肯锡(McKinsey)指出,美国珠宝市场估值为 770 亿美元,年增长率为 2 %(2023-2025 年平均值)。在全球范围内,奢侈珠宝细分市场规模约为 170 亿美元(自 2023 年起年均增长 3 %)。麦肯锡巴黎办公室高级合伙人 Pierre de la Boulaye 详细分析称,在 2026-2030 年期间,该市场将“显著加速”,预计年均增长率为 5 至 7 %。
Dans l'Hexagone, les boutiques n'étaient plus qu'au nombre de cinq – toutes à Paris.
tale française un lieu plus riche en expériences. Certaines catégories ne seront disponibles que dans ce magasin », dévoile Takuo Nagahara.
L'enseigne ne révèle pas son chiffre d'affaires pour la seule Europe, mais ses ambitions y sont fortes. « Nous comptons le multiplier par trois d'ici à 2030 », annonce Takuo Nagahara. La marque y est aujourd'hui présente dans sept pays, avec 31 points de vente. « Nous prévoyons d'ouvrir au global cinq magasins par an », complète-t-il. Sur le plan mondial, Ryohin Keikaku, l'entreprise propriétaire de Muji, a révisé deux fois ses prévisions à la hausse cette année. Forte de 1.463 magasins fin mai dont un peu moins de la moitié au Japon, elle table sur une progression de ses ventes pour l'exercice 2025-2026 clos à fin août de 15,6 % à 907 milliards de yens, soit environ 5,1 milliards d'euros. Sur les neuf premiers mois de l'année, le pôle Europe-Amérique du Nord a vu son chiffre d'affaires opérationnel s'accroître de près de 22 % en glissement annuel.
En France, l'un des enjeux de la marque est de progresser en notoriété. Elle n'est connue que d'environ un tiers des Français, même si parmi les Parisiens le score est plus élevé. Les nouveaux formats de magasins devraient l'aider à se faire remarquer. « Je pense qu'aujourd'hui les clients recherchent des objets qui durent, qui sont utiles, à l'inverse de la fast-fashion. Cela joue en notre faveur », ajoute le président de Muji Europe. L'enseigne a tout intérêt à capitaliser sur ses spécificités face à un paysage de concept-stores plutôt dominé par des propositions axées sur la fantaisie et la couleur, à l'instar du danois Flying Tiger.
埃隆·马斯克正面攻击美国电信运营商
电信
SpaceX 购入了新的移动频段,使其一年内的收购总额达到 280 亿美元。
在通过瞄准低密度地区而与传统运营商保持距离之后,Starlink Mobile 即将能够进军城市。
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Le joaillier Boucheron accélère aux Etats-Unis
Rothschild, ainsi qu'Elizabeth Taylor et Marlene Dietrich.
LUXE
Le joaillier, propriété de Kering, va ouvrir deux boutiques d'ici à la fin du mois de novembre.
Virginie Jacoberger-Lavoué
(à New York)
Boucheron s'apprête à franchir un cap décisif aux Etats-Unis. Fondé à Paris en 1858 par Frédéric Boucheron, le joaillier détenu par Kering depuis 2000, est entré en propre en 2024 sur ce marché. Il prévoit d'ouvrir deux boutiques supplémentaires d'ici à la fin novembre, à l'approche de la période, cruciale, des fêtes de fin d'année.
Boucheron annonce par ailleurs son arrivée ultérieurement dans un nouvel Etat clé, « hautement stratégique dans le luxe », précise aux « Echos » sa directrice générale, Hélène Poulit-Duquesne, rencontrée dans le navire amiral américain de l'enseigne, à New York sur Madison Avenue. Le flagship de 365 m² est déjà rentable, selon sa dirigeante. Le magasin américain réalise en outre le premier chiffre d'affaires du réseau en propre.
Bien que Boucheron soit d'une taille nettement plus modeste que l'américain Tiffany & Co., acquis en 2021 par LVMH (propriétaire des « Echos ») ainsi que de Cartier, leader mondial du secteur détenu par Richemont, il se distingue comme le principal moteur joaillier du groupe Kering, devant Pomellato et la marque chinoise Qeelin.
Luca de Meo qui dirige depuis l'an dernier le groupe de luxe des Pinault, a loué à plusieurs reprises la stratégie d'expansion de Boucheron. Il a aussi fait part de son intérêt pour la joaillerie, une catégorie plus résiliente que la mode.
Boucheron affiche depuis plusieurs années une croissance à deux chiffres. Son chiffre d'affaires est estimé entre 400 millions et 500 millions d'euros, selon Luca Solca, analyste chez Bernstein. L'objectif est de le doubler, pour atteindre 1 milliard d'ici à 2030, précise la dirigeante.
Le joaillier de la place Vendôme accélère à un moment opportun aux Etats-Unis, seul marché majeur du luxe affichant une belle dynamique en 2026, alors que le moteur chinois ne donne pas de signes de reprise encourageants. L'offensive américaine menée par Hélène Poulit-Duquesne intervient après une décennie consacrée à l'Asie, « une croissance maîtrisée qui a permis à Boucheron d'amortir les investissements », selon le groupe.
Arrivée à la tête de l'enseigne en 2015, après vingt ans chez Cartier, la dirigeante a d'abord renforcé la présence de la maison en Chine, où elle compte désormais l7 boutiques et accéléré le développement au Japon, devenu son premier marché. La dirigeante estime toutefois qu'il faudra « dix à quinze années » pour construire la marque en Amérique.
Boucheron n'arrive pas en terrain inconnu. La maison a compté parmi ses clients les figures du « Gilded Age », les familles Vanderbilt, Astor ; puis
La notoriété américaine de Boucheron repose aussi sur le parfum lancé avec succès dans les années 1980, et notamment porté par le défunt mari de Céline Dion, René Angélil. Un lien affectif qui aurait contribué au choix de la star de porter un collier d'exception lors de ses concerts en France - une séquence que Boucheron présente comme un puissant accélérateur d'image.
L'enseigne, qui a fait de son magasin ouvert à Los Angeles en 2025 son autre pilier, s'est aussi implantée à Las Vegas. Le joaillier prévoit d'ouvrir mi-octobre sa première boutique à Miami. Avant Thanksgiving, Boucheron inaugurera par ailleurs un magasin à Costa Mesa, en Californie.
Sa présence historique dans des grands magasins Saks, Neiman Marcus, Bloomingdale's (huit points de ventes au total) complète un réseau qui devrait encore s'étoffer l'an prochain. Une première ouverture est prévue au Texas entre le deuxième semestre 2027 et le premier semestre 2028, révèle sa dirigeante, qui a identifié le fort potentiel de cet Etat.
Le marché de la joaillerie aux Etats-Unis est évalué à 77 milliards de dollars, en hausse de 2 % par an (en moyenne sur 2023-2025), note McKinsey. A l'échelle globale, le segment luxe de la joaillerie pèse environ 17 milliards de dollars (+3 % par an en moyenne depuis 2023). Il devrait « nettement accélérer » sur la période 2026-2030, avec une croissance moyenne attendue de 5 à 7 % par an, détaille Pierre de la Boulaye, directeur associé senior au bureau de Paris de McKinsey.
Dans ce contexte, le développement américain de Boucheron vise une clientèle locale habituée aux pièces spectaculaires, mais aussi ceux qui recherchent la « value for money », sans appartenir non plus aux catégories ultra-fortunées.
Le groupe devra trouver une façon de tenir les deux bouts de l'équation, alors que chez Boucheron - à l'échelle globale - la haute joaillerie et la joaillerie fine ne réalisent ensemble que 20 % des ventes. Le solde revient à des pièces allant de l'entrée de gamme jusqu'à des pièces à 25.000 euros. Développer les lignes iconiques avec la collection Quatre est un axe, tout comme accélérer dans la haute joaillerie (collections Histoire de style et Carte blanche) sous la direction créative de Claire Choisne. « Pour ne pas devenir schizophrène, j'ai donné carte blanche à notre directrice des créations à une époque où, dans le secteur, on les laissait dans l'ombre », précise la dirigeante. Mais en portant une attention particulière à « un équilibre entre les catégories de lignes joaillières qui ont fait le succès de Boucheron ».
MILLIARDS DE DOLLARS
Estimation du marché de la joaillerie aux Etats-Unis, en hausse de 2 % par an (en moyenne sur 2023-2025). Le segment luxe de la joaillerie pèse environ 17 milliards.
Les ambitions d'Elon Musk dans les télécoms ? Même pas peur, ont coutume de dire les opérateurs français. Aux Etats-Unis en revanche, cela tourne au vinaigre. De façon tout aussi surprenante qu'il avait sorti du chapeau 19,5 milliards de dollars pour racheter ses fréquences à EchoStar à l'automne 2025, il débourse à présent 8 milliards pour des fréquences terrestres, qui appartenaient jusqu'à présent à un fonds d'investissement.
L'annonce, faite jeudi par SpaceX (propriétaire de Starlink), n'a pas ravi les actionnaires des trois grands opérateurs télécoms américains. Les cours de Bourse ont plongé à Wall Street au lendemain de cette communication : - 7,3 % pour AT&T, - 6,6 % pour Verizon et T-Mobile US, soit une perte - virtuelle - cumulée de 37 milliards de dollars. L'onde de choc a même traversé l'Atlantique, Deutsche Telekom (maison mère de T-Mobile), Vodafone, Orange et Telefonica abandonnant respectivement 8 %, 4,5 %, 3,4 % et 3,3 %.
Le rachat au fonds américain Grain Management de licences dans la bande des 800 MHz a de quoi secouer les opérateurs traditionnels : comme il l'avait annoncé cet été, Starlink Mobile les attaque frontalement. Celui-ci va en effet pouvoir diffuser de la 5G sur Terre, pénétrer les bâtiments et mieux couvrir les zones urbaines : autant de domaines qui manquaient à son offre mobile actuelle « direct-to-device » servie par ses 700 satellites dédiés. Les analystes de Morgan Stanley considèrent l'opération comme un signal clair de la volonté de SpaceX d'acquérir davantage de fréquences.
Sur le papier, les opérateurs américains avaient pourtant des raisons de ne pas trembler. « Les 800 MHz permettent de déployer la 5G mais à des débits plus faibles, quant à la largeur du spectre acquise, de 14 MHz, il ne faut pas en attendre des miracles comparé aux trois opérateurs en place qui cumulent 1.000 MHz », compare Jean-Baptiste Thépaut, principal chez Novaspace.
La largeur du spectre, c'est comme la largeur d'un tuyau, et avec ce diamètre-là, Starlink Mobile ne pourra pas faire passer beaucoup d'abonnés en même temps, le débit s'en trouvera donc limité. « Ses ambitions sont aussi plafonnées par les fréquences disponibles sur le marché. Il existe peu d'opportunités, à part chez Anterix, qui détient 10 MHz autour de 900 MHz, et sont peu utilisées », complète l'analyste. SpaceX a déjà indiqué qu'il s'y intéressait.
Aussi, le régulateur américain des télécoms (FCC) va maintenant imposer à Starlink de faire usage de ses nouvelles fréquences. Or, l'aspirant opérateur mobile ne dispose pas d'antennes 5G au sol, ni de tours. Pour Jean-Baptiste Thépaut, « l'entreprise pourrait chercher à faire reconnaître leur utilisation par satellite pour satisfaire les premières échéances réglementaires, ce qui lui laisserait davantage de temps pour déployer un véritable réseau mobile terrestre ».
Déployer son infrastructure, c'est installer des antennes sur les pylônes des « towercos », des acteurs dont le modèle économique est précisément de maximiser le nombre de locataires par site... et qui auraient donc intérêt à accueillir les antennes 5G d'Elon Musk. « Les opérateurs historiques n'y ont aucun intérêt, ils pourraient exercer des pressions », contrebalance l'analyste.
« Un nouveau statut »
Quant à construire ses propres tours, ce n'est peut-être pas aussi spectaculaire qu'installer une constellation dans l'espace, mais cela coûte cher, surtout à l'échelle du vaste territoire américain. Selon les analystes de Bernstein, SpaceX devrait investir 70 milliards de dollars et déployer 57.000 sites sur huit ans pour bâtir un réseau mobile national crédible aux Etats-Unis. A Wall Street, les sociétés American Tower, Crown Castle et SBA Communications ont bondi de 6,7 % à 8,3 %, portés par la perspective de nouveaux revenus locatifs.
Si les étapes à franchir demeurent nombreuses, la menace pour les opérateurs « classiques » est réelle. « Cette acquisition va permettre à SpaceX de pénétrer le marché des télécoms terrestres, et d'acquérir un nouveau statut », souligne l'analyste. Elon Musk s'invite ainsi à la table des opérateurs mobiles traditionnels, et pourrait participer aux prochaines enchères de fréquences organisées par la FCC.
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Xbox 成立专门部门
“从消费者路径来看,这也存在一种更自然的延伸。你在电视屏幕或 PC 上玩完电子游戏,然后可以继续观看剧集,依然坐在客厅的沙发椅上,而电影则需要‘前往’电影院,”埃里克·马蒂分析道。但制片人和导演在过去几年里已经找到了正确的公式,且这一趋势似乎将长期持续。
今年 4 月上映的《超级马力欧兄弟 2》(Super Mario Bros 2)成为了第二部票房突破 10 亿美元的游戏改编电影;根据 Rentrak 的数据,《我的世界》(Minecraft)在 2025 年也接近这一门槛,达到了 9.6 亿。这一浪潮之强,以至于 Xbox 本周宣布成立了一个专门负责电影和剧集的部门。
这一趋势可能会进一步得到确认。周三,电影《街头霸王》(Street Fighter)将轮到在影院上映,而《愤怒的小鸟》(Angry Birds)系列的第三部作品将在圣诞节前夕发行。明年,《塞尔达传说》(The Legend of Zelda)已计划于 3 月上映,随后一部新的《我的世界》长篇电影将在夏季进入影院。向着无限及更远的地方。
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Elon Musk s'invite à la table des opérateurs mobiles traditionnels, et pourrait participer aux prochaines enchères de fréquences.
Le calendrier pourrait lui sou- rire. Le 29 octobre, le gendarme des télécoms doit se prononcer sur la mise aux enchères d'un bloc de 25 MHz de fréquences, entre 1.675 et 1.695 MHz etentre 2.020 et 2.025 MHz. Une nouvelle occasion pour SpaceX d'étoffer son porte-feuille de fréquences, même si la concurrence s'annonce rude face à Amazon Leo et AST SpaceMobile.
« Starlink devient de fait le quatrième opérateur mobile des Etats-Unis, Elon Musk y met un premier pied, ce qui compte est le mouvement. Il ne s'amuse pas à entrer dans ce secteur pour si peu de spectre. Il va désormais entrer dans un opportunisme systématique de rachat de fréquences, ou carrément reprendre un opérateur », estime Stéphane Lelux, PDG du cabinet Tactis.
Il ajoute que ce bout de spectre acquis aujourd'hui a une autre portée, commerciale, car « Starlink va pouvoir toucher les clients mobiles actuels sans besoin de mise à jour matérielle ». Des clients susceptibles d'être séduits par « la puissance marketing de Musk, qui pourrait ajouter son chatbot Grok à ses forfaits mobiles », continue l'analyste.
Pour le spécialiste enfin, « un opérateur en place pourrait vouloir nouer un contrat d'itinérance avec Starlink », seule solution dans un marché mature pour regagner de l'élan. Et pour Elon Musk, d'atteindre une taille critique, « comme Orange et Free dans le mobile ».
Elon Musk estime que son futur réseau Starlink Mobile pourrait offrir une meilleure connectivité et des débits supérieurs à ceux des opérateurs mobiles traditionnels.
Le succès du film « Resident Evil » renforce les liens entre le jeu vidéo et le septième art
JEUX VIDEO
Sorti mi-septembre, le long-métrage inspiré par le jeu vidéo a déjà atteint le cap des 250 millions de dollars de recettes au box-office mondial.
Nicolas Richaud
C'est un nouveau palier que vient de franchir le jeu vidéo sur grand écran, et pas le moins symbolique. Dans les salles obscures depuis mi-septembre, le long-métrage « Resident Evil » a atteint le stade des 250 millions de dollars de recettes au box-office mondial selon Rentrak, qui évalue les entrées en France à près de 850.000.
Sur sa lancée, le film pourrait même se hisser au-dessus du seuil des 300 millions de dollars à l'international et du million d'entrées dans l'Hexagone lors des prochaines semaines.
Un joli succès commercial pour un film ayant coûté 75 millions de dollars en frais de production à Sony, selon la presse américaine, auxquels il faut ajouter, peu ou prou, la même somme au niveau des dépenses marketing pour arriver au coût total. Et une énième confirmation que le jeu vidéo au cinéma peut se traduire par une réussite sonnante et trébuchante depuis la performance XXL de « Super Mario Bros ».
En 2023, celui-ci avait fait exploser le plafond de verre en devenant le premier long-métrage de ce genre à se hisser au-dessus du cap du milliard de dollars de recettes (à 1,36 milliard précisément).
与人工智能相关的交易目前占据了筹集总价值的近三分之二,而年初这一比例为60 %,2025年为41 %。“从一个季度到另一个季度,我们观察到该领域投资的规模和节奏呈现出越来越强的动力,例如Mistral AI(3 milliards d')等融资项目打破了记录,”研究作者强调,他们还注意到债务融资操作的增加(年初以来为20 milliards since the beginning of the year)。自年初以来,人工智能领域的投资已达到44,1 milliards d',超过了2025年全年的水平。如果这一节奏得以维持,交易总价值将比去年翻一番。
Mais c'est une autre frontière que vient de repousser le film « Resident Evil », qui a su reprendre l'ambiance et les codes du jeu vidéo boxant dans le genre du « survival horror ». Très bien noté sur Rotten Tomatoes, l'influent agrégateur de critiques américain, le film a été bien reçu par la critique et pas seulement par le grand public. Un cas rarissime, pour ne pas dire unique dans l'histoire contrariée entre le jeu vidéo et le septième art.
« Jusqu'alors, il y avait eu de gros succès au cinéma parce que des franchises transgénérationnelles pouvant plaire de 7 à 77 ans étaient adaptées en respectant l'esprit du jeu, pointe Eric Marti, directeur général de Rentrak France. Cette fois, il y a une dimension plus cinématographique dans "Resident Evil" qui peut plaire aussi aux cinéphiles et pas seulement aux fans du jeu vidéo. » « C'est notamment dû au choix du réalisateur très talentueux Zach Cregger, qui a une vraie patte en matière de films d'horreur, comme il l'a montrée avec "Barbarian" ou « Du point de vue du parcours consommateur, il y avait aussi un prolongement plus naturel. Vous finissez de jouer à votre jeu vidéo [...] et puis vous pouvez ensuite continuer avec la série, toujours depuis votre fauteuil dans votre salon. »
ERIC MARTI
Directeur général
de Rentrak France "Evanouis" ces dernières années », ajoute l'expert. Avant la décennie 2020, les tentatives de porter les licences de jeux vidéo sur grand écran s'étaient très majoritairement soldées par des échecs.
A l'inverse, le mariage entre les premiers et les séries en streaming s'est fait plus naturellement, tant la proximité entre ces médias était forte, notamment au niveau de la construction scénaristique avec leurs arcs très longs et leurs nombreux personnages.
« Du point de vue du parcours consommateur, il y avait aussi un prolongement plus naturel. Vous finissez de jouer à votre jeu vidéo sur votre écran de télévision ou PC, et puis vous pouvez ensuite continuer avec la série, toujours depuis votre fauteuil dans votre salon, alors qu'il faut "aller" au cinéma, relève Eric Marti. Mais les producteurs et les réalisateurs ont su trouver la bonne formule depuis quelques années et cela semble être une tendance qui pourrait durer. »
Sorti en avril, « Super Mario Bros 2 » est devenu la deuxième adaptation de jeux vidéo à dépasser le milliard de dollars de recettes, un seuil frôlé par « Minecraft » en 2025, à 960 millions selon Rentrak. Une lame de fond telle que Xbox a annoncé cette semaine qu'il avait lancé une division dédiée uniquement au cinéma et aux séries.
La tendance pourrait encore se confirmer. Mercredi, le film « Street Fighter » débarquera à son tour dans les salles obscures, tandis que le troisième volet de la licence Angry Birds sortira juste avant Noël. Pour l'an prochain, « The Legend of Zelda » est déjà programmé en mars, puis un nouveau long-métrage de Minecraft débarquera dans les salles à l'été. Vers l'infini et au-delà.
当 Edhec 与 Ring Capital 共同启动投资基金(GENERATIONS powered by Edhec)时,Patrick Amiel毫不犹豫地成为了认购者之一。“截至目前已有 29 项投资,”这位 30 年前离开该校的人士强调。在业余时间,这位 321Founded 的创建者兼 Big Pi Ventures 的风险合伙人还在 Station F 的 Edhec 孵化器担任导师,并每年参与该校的录取评审委员会。
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Les promesses d'Ibou, le nouveau moteur de recherche made in France soutenu par Xavier Niel
INTERNET
Ibou va lancer un nouveau moteur de recherche made in France en décembre.
Ses fonctionnalités de découverte et d'agrégation de l'info sont déjà en ligne depuis quelques semaines.
Fabio Benedetti Valentini
La mission est vertigineuse. Contrer la domination de Google et l'essor des chatbots d'IA en créant « le moteur de recherche qui respecte le Web ». C'est ainsi que se présente Ibou, le nouveau-né français de la recherche en ligne qui compte Xavier Niel parmi ses investisseurs.
Après la mise en ligne au printemps 2026 de sa première brique (Explorer) dédiée aux articles de fonds, le moteur de recherche « complet » sera lancé en décembre, promet son cofondateur et PDG, Sylvain Peyronnet.
En attendant, Ibou a introduit en septembre un onglet « Actualités ». Il s'agit d'une revue de presse « neutre » à partir de plus de 300 publications françaises. Les articles y sont regroupés par thèmes. Seuls les titres communs à chaque rubrique sont générés par IA.
Chacune de ces rubriques ouvre sur une série d'articles où les titres originaux sont affichés, avec toujours un lien vers les sources. Une approche qui se veut à l'opposé de celle de la fonctionnalité des résumés d'IA de Google (Overviews), qui ampute le trafic de la presse depuis son lancement en France cet été.
Un modèle basé sur la pub
Parmi les « modules » proposés sur Ibou Actualités, « Les angles » et « Le débat » permettent ainsi au lecteur de découvrir les différences de traitement d'une même actualité. Autre particularité : une frise chronologique situe les articles dans le temps.
Certes, l'idée de revenir « aux sources d'Internet » n'est pas nouvelle. Et les moteurs responsables ou éthiques sont déjà nombreux (Firefox, Ecosia, DuckDuckGo, le français Qwant, etc.). Mais, à en croire Sylvain Peyronnet, passé notamment par Qwant, le moment est propice. « L'IA a rebattu les cartes et fait tomber les barrières à l'entrée dans la recherche en ligne », dit-il. Et le quadragénaire d'insister : « Il y a une demande pour des moteurs plus vertueux et qui ne prennent pas les utilisateurs ni les éditeurs pour des idiots. Il faut respecter tout l'écosystème. »
Concrètement, Ibou se sert de modèles d'IA dits « open weight » (à poids ouverts), en particulier ceux de Mistral et du chinois Qwen (Alibaba). Mais Ibou fabrique aussi des « micromodèles » propriétaires.
En parallèle de son moteur grand public, dont le modèle économique se base sur des publicités contextualisées, ce nouveau moteur de recherche va aussi bientôt proposer des interfaces de programmes (API) payantes pour les entreprises. Et son PDG se dit tout à fait ouvert aux partenariats avec des médias. Ibou est développé au sein de Babbar, une entreprise basée à Evreux (Eure), qui possède aussi des bureaux dans le 13e arrondissement de Paris. Créée en 2019 pour éditer des logiciels d'analyse sémantique en marketing en mode SaaS (« Software as a Service »), Babbar a pivoté mi-2025 sur la recherche en ligne.
Une première levée de fonds avait eu lieu en 2021, menée par Go Capital. Bpifrance, Normandie Participations et certains business angels avaient aussi participé à ce premier tour de table. Début 2026, lors d'une deuxième levée de fonds, c'est le fondateur de Free qui a fait son entrée au capital, via sa holding NJJ. Les montants restent confidentiels, mais Sylvain Peyronnet assure que son entreprise a « de quoi travailler sereinement sur les prochaines étapes de développement » d'Ibou. La start-up emploie actuellement une quinzaine de personnes, et cinq recrutements sont en cours.
« Il y a une demande pour des moteurs plus vertueux et qui ne prennent pas les utilisateurs ni les éditeurs pour des idiots. »
Capital-risque : la concentration s'accélère en Europe
Le montant global levé par les start-up européennes en 2026 pourrait atteindre 90 milliards d'euros. Parmi les deals qui ont dépassé le milliard d'euros, Mistral AI. Photo Shutterstock
INVESTISSEMENT
Les opérations liées à l'IA représentent désormais près des deux tiers de la valeur totale levée.
Un autre secteur tire son épingle du jeu.
Charlie Perreau
Le diable est dans les détails. Si les start-up européennes ont amassé autant de financements sur les neuf premiers mois de l'année que sur la totalité de 2025 (68 milliards d'euros), ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour tout le monde. « Le marché devient plus concentré », estime Pitchbook dans sa nouvelle étude consacrée au capital-risque européen. Et la faute revient à l'intelligence artificielle.
Les opérations liées à l'IA représentent désormais près des deux tiers de la valeur totale levée, contre 60 % en début d'année et 41 % en 2025. « D'un trimestre à l'autre, on observe une dynamique toujours plus forte en termes d'ampleur et de rythme des investissements dans ce secteur, avec des levées de fonds telles que celle de Mistral AI (3 milliards d'euros) qui battent des records », soulignent les auteurs de l'étude, qui notent aussi une hausse des opérations de dette (20 milliards depuis le début de l'année). Depuis le début de l'année, les investissements dans l'IA ont atteint 44,1 milliards d'euros, dépassant les niveaux enregistrés sur l'ensemble de l'année 2025. Si ce rythme se maintient, la valeur totale des transactions doublera par rapport à celle de l'année dernière.
Autre nouveau phénomène corrélé à l'IA : la multiplication des méga tours de table (plus de 100 millions d'euros), qui représentent désormais 59,2 % de la valeur totale des opérations réalisées depuis le début de l'année, mais ne constituent que 1,5 % du volume des opérations. Peu d'élus donc et des investisseurs qui se battent pour entrer sur les meilleurs dossiers !
La montée
des « cleantechs »
Quatre « deals » ont dépassé le milliard récolté au troisième trimestre : Mistral, Helsing (défense), Wayve (véhicule autonome) et Quantum Systems (drones). Dans le top 10, on trouve des start-up de tous pays : Domyn (Italie), Neko Health (Suède), Tekever (Portugal), Wonderful (Pays-Bas)...
Les investissements dans les pays nordiques ont enregistré la plus forte croissance en 2026, représentant désormais plus de 10 % des transactions en Europe. En valeur, la progression s'élève à 55 %. Parmi les opérations notoires, la levée de fonds de 400 millions de Lovable (vibe coding) ou celle de Legora (IA
juridique) à 550 millions de dollars. Si l'IA aspire la majorité des financements, les technologies propres (cleantechs) font aussi partie des chouchous des investisseurs. Au troisième trimestre, elles ont levé 10 millions d'euros, ce qui représente une hausse de 41,8 % en glissement annuel, d'après les calculs de Pitchbook. Parmi les tours de table significatifs : Proxima Fusion (411 millions d'euros), Core Power (173,1 millions d'euros) et Reverion (151,7 millions d'euros). En revanche, les sciences de la vie et la fintech sont en fort recul. Depuis le début de l'année, les start-up du monde de la finance sont passées de la quatrième place à la douzième.
Autre nouveauté : la forte progression des hedge funds dans les opérations, avec 11,5 milliards d'euros de valeur de transactions les impliquant depuis le début de l'année, soit plus de trois fois le niveau de l'ensemble de l'année 2025.
Les fonds des grandes entreprises (corporate venture) représentent toujours la majeure partie des financements (en volumes et valeur) réalisés par les investisseurs dits non traditionnels (hors acteurs du capital-risque), suivis de près par les fonds de private equity.
Si ce rythme actuel se poursuit d'ici la fin de l'année, le montant global levé par les start-up européennes pourrait atteindre 90 milliards d'euros, selon Pitchbook.
AI 阴影下影响力初创企业的警示
GREENTECH
自 ChatGPT 出现以来,与 AI 和国防相关的主题占据了大部分投资。
影响力初创企业因此陷入脆弱境地。
莎拉·杜莫(Sarah Dumeau)
绿色科技的黄金时代是否已成为过去?在 9 月底举行的 France Digitale Day 的一场圆桌讨论开场时,Greenly 的总经理莱蒂西亚·卡尔(Laetitia Carle)这样总结现状:“在 2021, 半天的时间都会被分配给‘影响力’话题。而现在,我们只有 20 分钟。”
在融资方面,情况同样如此。与 AI 和国防相关的主题占据了大部分投资和关注,而 French Tech 的其他部门则因此受损。根据 France Digitale 的晴雨表,78 % 的受访基金表示优先投资于人工智能,而投资于绿色科技的比例为 46 %。碳会计专业初创公司 Greenly 的首席执行官兼联合创始人亚历克西斯·勒诺曼(Alexis Lenormand)指出:“AI 正在对投资进行‘蚕食’。”
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Ces dirigeants qui s'engagent dans la vie de leur ancienne école
FRENCH TECH
Eloa Guillotin et Hugo Tarlé, les fondateurs de Beyond Aero, créent un prix à destination des étudiants de l'ISAE-SUPAERO pour financer des projets dans la décarbonation.
Adrien Lelièvre
Cela fait six ans qu'Hugo Tarlé et Eloa Guillotin ont quitté les bancs de l'ISAE-SUPAERO, une école spécialisée dans l'ingénierie aérospatiale. Une expérience fondatrice, car c'est là que les dirigeants ont fait connaissance et réfléchi à la création de Beyond Aero, une start-up qui veut révolutionner l'avion d'affaires avec un jet électrique propulsé par l'hydrogène.
Pendant leurs années d'études, les associés ont emmagasiné un solide bagage technique et rencontré des professeurs qui les ont poussés à suivre leurs intuitions, à l'image de Bruno Martinaud. « Lui-même a été ingénieur, puis entrepreneur : il nous a démontré que c'était possible », rembobine Hugo Tarlé.
A la fin de leur parcours, les associés avaient obtenu un prix de la part de la Fondation des anciens élèves de l'ISAE-SUPAERO qui leur a permis de faire mûrir leur projet, alors qu'ils n'avaient pas de salaire. « Sans ce prix-là, il n'y aurait probablement pas de Beyond Aero », juge Hugo Tarlé.
“融资并没有崩溃,但影响力初创企业受到了融资向 AI 和国防领域集中这一现象的影响,而且这两个领域需要极其庞大的融资额。此外,与工业绿色科技相比,它们的估值提升速度相对较快,”Impact France 运动的初创企业负责人露易丝·皮卡德(Louise Picard)指出。
“对于一家非 AI 公司来说,现在想要融资非常困难,”一位影响力投资者证实。这一现状让投资者变得谨慎,尤其是影响力初创企业的盈利模式较慢——根据法国银行的数据,在受访的 1.382 家初创公司中,仅有 32 % 达到了这一门槛,而生态系统的其他部分接近 40 %。露易丝·皮卡德形象地比喻道:“它们不是独角兽,而更像是挽马。”
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Une dette envers l'école
Conscients de leur dette, les start-uppers ont décidé de créer un nouveau prix à destination des aspirants ingénieurs de leur école, en partenariat avec la Fondation de l'ISAE-SUPAERO. « L'idée, c'est de soutenir les projets liés à la décarbonation de l'aviation », précise le dirigeant. Il peut s'agir d'une entreprise, d'une association ou d'un projet de recherche.
Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 15 novembre. Les lauréats toucheront 5.000 euros et bénéficieront de séances de coaching. « C'est du temps que nous ont donné nos aînés il y a quelques années, c'est normal de le rendre aujourd'hui », prolonge Hugo Tarlé.
Dans une logique de « give back », il est fréquent que des acteurs de la French Tech donnent des coups de pouce à leur ancienne école ou université. En août 2025, Clément Delangue, le patron de Hugging Face, une start-up vendue à Nvidia pour près de 13 milliards de dollars, a noué un partenariat avec l'ESCP Europe. L'objectif : mettre à disposition des étudiants sa plateforme d'IA open source.
De leur côté, les établissements du supérieur voient dans les entrepreneurs à succès des ambassadeurs de luxe. Lors de la dernière publication du Next 40, l'Ecole polytechnique était fière de rappeler que quatorze entreprises compaient au moins un ancien de l'X parmi ses fondateurs. Ces derniers sont souvent conviés sur le campus pour raconter leur parcours, prodiguer des conseils...
Le degré d'engagement varie selon les personnalités. En 2026,
« Pour régler une grande partie des problèmes du monde, il faut éduquer, aider à se rencontrer, faire rêver, parler d'ambition. »
ADRIEN NUSSENBAUM
Cofondateur de Mirakl
Adrien Nussenbaum, le cofondateur de la licorne Miraki, est devenu le président d'HEC Alumni, le réseau des 80.000 diplômés de l'école de commerce française. Une activité bénévole qu'il juge indispensable. « Aucune réussite n'a de sens si elle ne s'accompagne pas d'un effort de transmission », lance-t-il.
« Pour aider à régler une grande partie des problèmes du monde, il faut éduquer, aider à se rencontrer, faire rêver, parler d'ambition », poursuit-il. Adrien Nussenbaum a aussi participé au projet HEC Imagine, qui offre des bourses aux étudiants méritants issus de pays en guerre.
Quand l'Edhec a lancé un fonds d'investissement avec Ring Capital (GENERATIONS powered by Edhec), Patrick Amiel n'a pas hésité à en devenir l'un des souscripteurs. « Il y a eu 29 investissements à date », souligne celui qui a quitté l'école il y a trente ans. Pendant son temps libre, le créateur de 321Founded et venture partner de Big Pi Ventures fait aussi du mentorat à Station F dans l'incubateur de l'Edhec et participe chaque année au jury d'admission de l'école.
« J'essaie de faire en sorte que les personnes que nous recrutons correspondent à l'image de l'école », souligne-t-il. « Cela permet de prendre la température du marché », ajoutet-il. Il y a quelques années, les jeunes parlaient beaucoup de climat lors des oraux ; aujourd'hui, l'IA est sur toutes les lèvres.
De ces rencontres avec la jeunesse peuvent naître des futures collaborations ou des synergies. « L'ISAE-SUPAERO, c'est aussi un immense laboratoire de recherche », rappelle Hugo Tarlé. Certaines briques technologiques peuvent intéresser sa start-up, qui a réalisé un premier vol de son prototype en 2024. Et s'il doit recruter, Hugo Tarlé n'hésitera pas à piocher dans le vivier de talents de son ancienne école d'ingénieurs.
在2025年底发布的一项研究中,欧洲农业与农村政策网络(EU Cap Network)建议依托地图绘制和社区参考标准,以重建一个可持续且创新的产业。由于工业网络已变得十分松散,跨境合作被证明是不可或缺的。
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Le cri d'alerte des start-up de l'impact dans l'ombre de l'IA
GREENTECH
Depuis l'arrivée de ChatGPT, les sujets relatifs à l'IA et à la défense captent la majorité des investissements.
Les start-up à impact se retrouvent ainsi fragilisées.
Sarah Dumeau
Les années fastes de la greentech appartiennent-elles désormais au passé ? En introduction d'une table ronde sur le sujet animée lors du France Digitale Day, qui s'est tenu fin septembre, Laetitia Carle, directrice générale de Greenly, résumait la situation ainsi : « En 2021, la moitié de la journée aurait été consacrée à l'impact. Aujourd'hui, on a vingt minutes. »
Côté financement, c'est le même son de cloche. Les sujets relatifs à l'IA et à la défense captent la majorité des investissements et de l'attention, au détriment des autres secteurs de la French Tech. Selon le baromètre France Digitale, 78 % des fonds interrogés disent ainsi investir en priorité dans l'intelligence artificielle, contre 46 % dans la greentech. « Il y a une cannibalisation des investissements dans l'IA », constate Alexis Lenormand, PDG et cofondateur de Greenly, une start-up spécialisée dans la comptabilité carbone.
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园艺与棺材
法国目前仅剩一家洗羊毛厂——位于上卢瓦尔省索格(Saugues)的 Lavages de Laines du Gévaudan,该公司拥有 9 名员工,年营业额为 100 万欧元。这家家族企业此前处理的羊毛量最高为 300 吨。该公司刚刚购置了额外的机器,以确保履行一项涉及 600 吨的合同。其负责人帕特里克·洛朗(Patrick Laurent)表示:“我们在法国有很大的进步空间,甚至打算从西班牙或比利时的同行手中夺回市场份额。”
Les chiffres dévoilés jeudi par Impact France viennent confirmer cette tendance dans l'impact. Ainsi, sur les 1.382 jeunes pousses du secteur répertoriées, 14 % n'ont pas levé de fonds cette année et plus de la moitié (53 %) ont bénéficié de tours compris entre 100.000 et 5 millions d'euros (le ticket moyen dans la French Tech est de 16,3 millions d'euros). Seules 3 % des entreprises du panel ont réalisé des levées de fonds supérieures à 50 millions d'euros.
« Il n'y a pas d'effondrement des financements mais les start-up à impact sont touchées par ce phénomène de concentration des levées autour de l'IA et de la défense qui, en plus, demandent des levées très conséquentes. C'est aussi des modèles avec une valorisation relativement rapide si on les compare à des green-techs industrielles », pointe Louise Picard, responsable des start-up pour le mouvement Impact France.
« C'est très dur pour une boîte qui n'est pas IA d'arriver à lever aujourd'hui », confirme un investisseur à impact. Le sujet rend les investisseurs frileux, d'autant plus que le modèle de rentabilité des start-up à impact est plus lent - seules 32 % des 1.382 jeunes pousses interrogées ont atteint ce palier, contre près de 40 % dans le reste de l'écosystème, selon les chiffres de la Banque de France. « Ce ne sont pas des licornes, plutôt des chevaux de trait », illustre Louise Picard.
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“更具韧性”
在罗克福尔(Roquefort)盆地,位于罗德兹(Rodez,阿韦龙省)的农业毛毡专家 Fertilaine 推出了一项创新产品:羊毛颗粒。这些颗粒埋入土壤后,在锁水的同时能为植物提供养分。“今年夏天,干旱使我们的销售情况非常出色,”文森特·法布里(Vincent Fabry)肯定地说道,他与兄弟共同收集约 60 吨羊毛。在摩泽尔省,Mos-Laine 合作社今年在雷希库尔-勒-沙托(Réchicourt-le-Château)的前 Bata 工厂旧址上,启动了一个生产卷装毛毡、片状绝缘材料和梳理羊毛线的单元。
Alors que le secteur était encore attractif il y a quelques années, les entrepreneurs ont désormais intérêt à... ne pas trop insister sur la dimension « impact » de leur projet pour espérer lever des fonds. « On est dans des métiers de performance. Les clients comme les investisseurs n'achètent plus l'impact : quand tu dis que tu es une start-up à impact, tu dois d'autant plus prouver que tu as le meilleur produit, au meilleur prix. L'impact est devenu un plus », observe Eric Gossart, associé en charge des fonds à impact de Serena. Il constate que si les fondateurs continuent de travailler sur leur impact, ils ne le mettent plus nécessairement en avant.
Certaines peuvent en profiter pour insister davantage sur la dimension souveraine de leur projet. « Les sujets de décarbonation ou d'énergie répondent à des enjeux stratégiques », notamment en anticipant l'augmentation des besoins en énergie générés par la multiplication des data centers, souligne Louise Picard, d'Impact France. Parfois, tout est une question de vocabulaire.
Alternative naturelle aux rembourrages synthétiques, aux bâches agricoles en plastique ou aux isolants pétrosourcés, la laine intéresse de multiples industries.
Mais il manque des maillons à la chaîne qui permettrait de valoriser son potentiel foisonnant.
Pascale Braun
—Correspondante à Metz
Boudées, bradées, jetées depuis des lustres, les toisons françaises pourraient-elles connaître un nouvel âge d'or ? Il y a une décennie, l'hypothèse aurait semblé saugrenue tant la filière laine s'était effilochée. Les 15.000 exploitations ovines, majoritairement réparties entre l'arc alpin, le couloir rhodanien et le nord-est de la France, valorisaient la viande ou le lait de leurs moutons mais écoulaient la laine à bas prix vers la Chine.
La filière rêve aujourd'hui d'une nouvelle donne à la faveur du renchérissement des dérivés du pétrole. Selon une enquête publiée début octobre par FranceAgriMer (l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer), la France ne valorise toujours que 4 % des 10.000 tonnes de toisons issues d'une soixantaine de races - un chiffre qui n'a pas bougé depuis trois ans.
Outre l'industrie textile, le bâtiment, l'ameublement, l'horticulture, l'emballage et même l'industrie cosmétique s'intéressent aujourd'hui à cette matière noble. « Chaque laine peut générer un gain pour les éleveurs si elle trouve son bon usage. Mais il faut pouvoir caractériser sa provenance et homogénéiser les lots pour répondre à des demandes précises », affirme Pascal Gautrand, délégué général du collectif Tricolor.
Cette association interprofessionnelle d'une trentaine de membres a créé une application numérique pour certifier l'origine et la qualité de la matière première. L'initiative vise d'abord à mieux rémunérer les éleveurs, qui peuvent vendre une belle laine mérinos à 80 centimes le kilo, mais n'obtiennent rien pour une toison souillée ou non collectée. FranceAgriMer évalue la rémunération moyenne à 30 centimes, un tarif qui couvre à peine les frais de tonte.
Dans une étude publiée fin 2025, le réseau européen sur la politique agricole et rurale EU Cap Network préconise de s'appuyer sur une cartographie et des référentiels communautaires pour retisser une filière durable et innovante. La dimension transfrontalière s'avère incontournable, tant le maillage industriel s'est distendu.
La France ne compte plus qu'un laveur, Lavages de Laines du Gévaudan, qui emploie 9 salariés pour 1 million d'euros de chiffre d'affaires à Saugues, en Haute-Loire. L'entreprise familiale traitait jusqu'à présent 300 tonnes de laine. Elle vient d'acquérir des machines supplémentaires pour assurer un contrat portant sur 600 tonnes. « Nous avons une grande marge de progression en France et comptons même reprendre des parts de marché à des confrères espagnols ou belges », affiche son dirigeant, Patrick Laurent.
Selon une enquête publiée début octobre par FranceAgriMer, la France ne valorise toujours que 4 % des 10.000 tonnes de toisons issues d'une soixantaine de races Photo Xavier Popy/RÉA
Lent, le processus de réindustrialisation reste aussi incertain, tant la filière reste fragile. A Tourcoing (Nord), Peignage Dumortier, qui emploie 117 salariés, a été placé en redressement judiciaire en août et cherche un repreneur. Fabricant de tapis pour chiens partiellement biosourcés implanté dans les Vosges, Peltex Industrie est dans la même situation.
Les initiatives locales essaiment toutefois dans l'Hexagone. Dans
« Chaque laine peut générer un gain pour les éleveurs si elle trouve son bon usage. »
PASCAL GAUTRAND
Délégué général du collectif Tricolor
l'Aveyron, la Filature Colbert, qui emploie 3 salariés à Camarès, réalise à façon des feutres de paillage et des tapis de yoga à partir de 155 tonnes de laine collectées auprès de 1.200 éleveurs locaux. Elle espère lever 200.000 euros d'ici à la fin de l'année pour commercialiser son isolant pour bâtiments Isolaina, désormais validé par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).
La société basque Traille, dirigée par sa fondatrice et unique salariée Muriel Morot, a réalisé en 2025 un chiffre d'affaires de 600.000 euros en orientant 80 tonnes de laine locale vers des marchés à gros volume. Les toisons de brebis de race lacaune servent à confectionner des couvertures pour bébés Caloun. La laine plus grossière de manech alimente le projet Puxka, qui compte produire 100 kilomètres de paillage horticole, et approvisionne le marché des capitons pour cercueils.
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1.200 份订单
Tuffery 工作坊(Atelier Tuffery)现在通过推出唯一一款采用当地美利奴羊毛制作的 T 恤来延续其承诺,售价 95 欧元起。这些羊毛采集自阿尔勒(Arles)的美利奴羊,它们在蒙彼利埃(Montpellier)周边的有机葡萄园中放牧。羊毛在法国境内完成洗涤、梳理和纺纱,其成本是进口澳大利亚羊毛的三倍。这些环节占据了该高昂售价的近 80 %。
Dans le bassin de Roquefort, Fertilaine, spécialiste du feutre agricole implanté à Rodez (Aveyron), innove avec des pellets de laine qui, enfouis dans la terre, nourrissent la plante tout en retenant l'eau. « Cet été, la sécheresse nous a permis de réaliser d'excellentes ventes », assure Vincent Fabry, qui récolte avec son frère une soixantaine de tonnes de laine. En Moselle, la coopérative Mos-Laine a lancé cette année une unité de feutres en rouleaux, isolants en flocons et fils de laine cardés dans les anciens locaux de l'usine Bata de Réchicourt-le-Château.
Natural Fiber Production (NFP), dans les Pyrénées-Atlantiques, a pour sa part investi 7 millions pour accroître sa production de produits d'isolation, de rembourrage et de calage fabriqués à partir de laine française et espagnole. Dirigeant de cette usine de 10 salariés - dont il tait le chiffre d'affaires - et fondateur du cabinet de conseil Photosynthèse, Gilles Detiège anticipe la future réglementation européenne PPWR qui, en limitant le vide dans les colis vendus en ligne, devrait bénéficier à ses produits de calage Ouatbox et Blocbox. Le rembour-rage des sièges, coussins, peluches et paniers pour animaux lui paraît aussi prometteur. « Les mélanges laine et textile sont non seulement plus gonflants et plus résilients, mais aussi plus économiques que le polyester », plaide l'industriel.
La laine est également riche en kératine, substance que Kerat'Innov, basé à La Ciotat (Alpes-Maritimes), commercialise sous forme de compléments alimentaires favorisant la repousse des cheveux. Dirigeant de cette société de 16 salariés pour 7 millions de chiffre d'affaires en 2025, Laurent Equipart a contractualisé avec des éleveurs de blanches du Massif central, dans le Puy-de-Dôme, pour remplacer en partie 150 tonnes importées chaque année de Nouvelle-Zélande. Il envisage aujourd'hui la création d'une nouvelle ligne de produits de grade pharmaceutique pour valoriser les vertus cicatrisantes de la kératine.
Pour habiller en laine, Atelier Tuffery élève ses brebis
Spécialiste de la fibre naturelle, la marque haut de gamme prolonge sa démarche locale jusqu'à proposer le premier tee-shirt tricoté en mérinos français.
« Il redevient enfin à la mode de parler laine, mais cela fait dix ans que
Jadis, la manufacture Tuffery, implantée à Florac (Lozère) depuis 1892, produisait du denim - littéralement, « de Nimes »- à partir de laine et de lin. Aujourd'hui, le tee-shirt 100 % made in France d'Atelier Tuffery, proposé en précommande, incarne le renouveau d'une matière longtemps abandonnée au profit des fibres synthétique.
nous nous efforçons de reconstruire la filière dans le massif des Causses et des Cévennes où cette matière était au cœur de l'économie ovine », rappelle Julien Tuffery, représentant, avec son épouse Myriam, de la quatrième génération de l'entreprise spécialisée dans les jeans et vêtements haut de gamme en matières naturelles.
En 2025, l'annonce « Marque de mode recrute berger/bergère » lancée par l'entreprise a fait sensation dans le bassin des Causses et des Cévennes, dont les paysages agropastoraux figurent au patrimoine de l'Unesco. Deux bergers salariés veillent désormais sur 300 brebis blanches du Massif Central, lacaune et mérinos d'Arles patiemment sélectionnées.
« Ces races, qui n'étaient plus élevées que pour le lait et la viande, avaient évolué et la qualité de leur laine s'était appauvrie. Il a fallu pour réidentifier les cheptels et conserver des brebis poilues », témoigne Julien Tuffery. Une communauté de clients a accompagné la démarche, « adoptant » symboliquement chaque nouvelle brebis pour 450 euros. Le tarif incluait un vêtement et des réductions.
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Financière du Nord:三家干洗公司陷入困境
上法兰西大区
这三家公司旗下共有 29 家干洗店,分布在三个品牌下,部分原因是能源成本上涨导致其受损。
该集团将对其网络进行重组。
妮科尔·布伊斯(Nicole Buyse)
——里尔特约记者
据近期获悉,由 Financière du Nord (FDN) 集团持有的 Petitprez、Lambaere 以及 Dev Press 和 Rossel 公司,已在夏季被里尔商业法院宣布进入司法重整。这三家企业共拥有 29 家干洗店,品牌包括 5 à Sec、Alizés Pressing 和 Rossel,主要分布在上法兰西大区,其中两家位于第戎(迪ฌ昂,金色海岸省)。
Atelier Tuffery prolonge désormais son engagement en proposant le seul tee-shirt en laine mérinos locale, commercialisé à partir de 95 euros. Les toisons récoltées auprès des mérinos d'Arles, qui pâturent jusqu'aux vignes bio des alentours de Montpellier, sont lavées, peignées et filées en France, pour un coût trois fois supérieur à celui d'une laine importée d'Australie. Ces postes représentent près de 80 % de ce tarif élevé.
Atelier Tuffery, qui emploie 45 salariés pour 6,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, assure avoir déjà enregistré 1.200 commandes. Les tee-shirts seront commercialisés dans les trois boutiques de la marque à Florac, Montpellier et Paris et en ligne, où l'argument du made in France fait mouche à l'export. — P.B.
Lainamac, des moutons de la Creuse aux showrooms parisiens
L'association ancrée dans un territoire d'élevage et d'artisanat d'art régénère une filière laine vivante et créative autour de la tapisserie d'Aubusson. Et déroule le tapis rouge à la décoration contemporaine.
Léa Delpont
—Correspondante à Bordeaux
De la première tapisserie d'Aubusson, Millefleurs à la licorne, réalisée autour de 1480, jusqu'aux showrooms de la Paris Design Week, il y a Lainamac. L'association née en Creuse en 2009 revitalise les savoir-faire des liciers, cartonniers et tuffeteurs qui firent durant cinq siècles les beaux jours de la tapisserie et du tapis d'Aubusson et Felletin. Lainamac a contribué à l'ouverture de la Cité internationale de la tapisserie en 2016 et à l'obtention de l'IGP en 2018.
La structure intervient sur toute la chaîne de préparation de la fibre : lavage, cardage, peignage, filage et teinture... De la tapisserie, elle a progressivement orienté son action vers la décoration contemporaine - à base de laine - en soutenant des marques émergentes, accompagnées en résidence et exposées dans les galeries d'art parisiennes - opération Oh my laine chaque automne.
En attendant que les manufactures creusoises renouent avec le fil de leur histoire. « Il a un certain coût », reconnaît-elle. « C'est du travail pour les éleveurs : la tonte doit être saine, sans débris végétaux, sèche... Mais ils s'y retrouvent avec un prix d'achat de 1 à 1,50 euro le kilo ».
Lainamac a déroulé sa pelote en créant RésoLaine en 2024, le premier cluster régional : la Nouvelle-Aquitaine en produit 2.300 tonnes. Notamment au Pays Basque, dont le célèbre béret est l'emblème d'une longue tradition de feutre. RésoLaine incite les coopératives à investir elles-mêmes dans une transformation accessible à leurs moyens financiers et techniques : composés de sol, rembourrage ou granules fertilisantes. Un programme mis en œuvre à la coopérative basque Caoso pour conserver la valeur ajoutée.
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重组
“申请法院保护应该能让我们重新构建网络,”奥利维尔·博安(Olivier Boin)补充道。该集团希望继续对其网络进行重组,通过关闭盈利能力最低的站点来实现优化。司法重整因此允许终止尚未到期的商业租赁合同。位于北省拉查佩勒-达尔芒蒂耶尔(la Chapelle d'Armentières)的 Lavoir Mon désir 洗涤厂在 2024 年被 Pressing de France 集团(FDN 的母公司)收购,主要面向专业客户,该洗涤厂不在此计划之列。
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« Très dynamique »
Lainamac a contribué à l'ouverture de la Cité internationale de la tapisserie en 2016.
Lainamac compte une centaine d'adhérents : une quinzaine d'ateliers de tapisserie - 150 emplois, 11 millions de chiffre d'affaires -, plusieurs dizaines de créateurs designers locaux, la Coopérative de la Marche qui représente les éleveurs d'ovins et les acteurs de la transformation du fil, une branche « très dynamique », se réjouit Géraldine Cauchy, directrice générale de l'association. « Son chiffre d'affaires de 4 millions a quadruplé en quatre ans et pourrait atteindre 10 millions d'ici à 2030 », estime-t-elle à l'aune du développement de la filature Fonty, qui exporte son fil à tricoter jusqu'aux Etats-Unis, et de Ter rade, qui transforme 20 tonnes par an en marque blanche.
La première travaille 50 % de laine française mais « plutôt des races fines pour le textile - or ce n'est pas la spécialité de la Creuse », précise Géraldine Cauchy. La seconde transforme exclusivement de la laine française, mais locale depuis trois ans seulement, pour la Coopérative de la Marche. Dans le potentiel de 100 tonnes, achetées brutes aux éleveurs par le négoce entre 10 et 40 centimes le kilo, elle collecte désormais 25 tonnes de toisons. « Dix sont vendues à un matelassier de Limoges et 15 transformées chez Terrade », explique la directrice, Caroline Surleau. Ce fil approvisionne un fabricant de tapis de l'Oise et, pour la première fois cette année, la cité d'Aubusson.
Financière du Nord: trois sociétés de pressings en difficulté
HAUTS-DE-FRANCE
Ces trois sociétés totalisent 29 pressings sous trois enseignes, victimes d'une part de la hausse des coûts de l'énergie.
Le groupe va réorganiser son réseau.
Nicole Buyse
—Correspondante à Lille
Les établissements Petitprez et Lambaere et les sociétés Dev Press et Rossel, toutes détenues par le groupe Financière du Nord (FDN), ont été mis en redressement judiciaire pendant l'été par le tribunal de commerce de Lille a-t-on appris récemment. Ces trois entreprises totalisent 29 pressings sous les enseignes 5 à Sec, Alizés Pressing et Rossel, répartis dans les Hauts-de-France majoritairement avec deux sites à Dijon (Côte-d'Or).
L'ensemble, qui compte 85 salariés, totalisait en 2025 un chiffre d'affaires de 6,7 millions d'euros, en baisse de plus de 4 à 5 % mais sans accuser de pertes. Le groupe, qui a un nouveau rendez-vous avec le tribunal de commerce le 14 octobre pour un prochain point d'étape, a d'ores et déjà établi un plan de continuation envisageant la fermeture de cinq points de vente. Le personnel touché sera transféré dans les pressings restants pour remplacer des départs en retraite.
Depuis un an et demi, la FDN a déjà fermé trois pressings, trop près géographiquement d'autres sites dans la métropole lilloise : celui du centre commercial de Carrefour Wattignies, au profit de celui, avoisinant, du centre commercial d'Auchan à Faches-Thumesnil ; celui de Wasquehal près de Chronodrive, trop proche de celui de la galerie commerciale de Carrefour dans la même ville ; et celui de Carrefour à Auchy-les-Mines, voisin de celui de Lens.
« Il y a vingt ans, la culture c'était d'être partout. Mais aujourd'hui, des pressings trop près les uns des autres se cannibalisent », explique Olivier Boin, directeur général du groupe installé à la Chapelle d'Armentières (Nord), non loin de Lille. « De plus, les consommateurs vont de moins en moins au pressing pour des raisons de baisse de pouvoir d'achat. Et de l'autre côté, nos coûts ont augmenté, notamment ceux de l'énergie », poursuit-il.
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N4 借助股市增强雄心
欧佛涅-罗讷-阿尔卑斯大区
金融市场的支持将使其能够在西班牙和意大利开设分公司。
Florian Espalieu
——格勒诺布尔特约记者
两类产品,一个目标:成为欧洲健身与运动营养领域的领导者。为了实现这一目标,N4集团周五宣布其将上市,初始股价定为 23,81 欧元。目前已收到超过 2000万欧元的认购承诺,主要来自法国公共投资银行(Bpifrance)、法国巴黎银行(BNP Paribas)和存款基金局(Caisse des Dépôts),但该公司希望额外筹集约 3000万欧元。
« Nous mettre sous la protection du tribunal doit nous permettre de restructurer notre réseau », ajoute Olivier Boin. Le groupe veut continuer à réorganiser celui-ci pour l'optimiser en fermant les sites les moins rentables. Le redressement judiciaire permet ainsi de casser des baux commerciaux qui ne seraient pas encore arrivés à échéance. La blanchisserie Lavoir Mon désir située à la Chapelle d'Armentières (Nord), qui avait été rachetée en 2024 par le groupe Pressing de France (maison mère de la FDN) et destinée aux clients professionnels, n'est, elle, pas concernée par ce plan.
Avec Raphaël Varane, +Fort va assurer un suivi indépendant des stars du foot
INNOVATEURS
Jean-Marie Hervio/KMSP via AFP
+Fort associe Guillaume Lucchini, l'ex-footballeur international Raphaël Varane (en photo) et le chirurgien orthopédiste Hervé Silbert.
Hubert Vialatte
—Correspondant à Montpellier
Les footballeurs de très haut niveau sont déjà très entourés par les médecins de leurs clubs et en équipes nationales, leurs entraîneurs, coaches personnels, agents et différents conseils. Ont-ils besoin de plus de soutien ? C'est la conviction de la nouvelle entité +Fort, présentée vendredi à Paris, qui leur propose un suivi global et indépendant, sur toute la durée de leur carrière.
Dans ce monde régi par l'argent roi, dans lequel les meilleurs joueurs - des PME à eux tout seuls faisant vivre plusieurs cercles - peuvent être exposés à la voracité d'agents et conseils en gestion de patrimoine peu scrupuleux, « le besoin d'accompagnement est de plus en plus présent », affirme Guillaume Lucchini, le président-fondateur du gestionnaire de patrimoine indépendant Scala Patrimoine, qui s'appuie sur 20 experts.
Nouvelle entité de Scala Patrimoine, +Fort associe Guillaume Lucchini, l'ex-footballeur international Raphaël Varane et le chirurgien orthopédiste Hervé Silbert, qui a suivi le champion du monde 2018 de 2012 jusqu'à sa retraite sportive en 2024. À la tête de ce nouveau Sport Office indépendant, dédié à l'accompagnement global des athlètes - 80 % de footballeurs - pendant et après leur carrière, les trois associés entendent proposer un suivi, « dans la défense exclusive des intérêts du sportif, en dehors des grosses pressions qui peuvent parfois peser sur les médecins de clubs et d'équipes nationales », explique Guillaume Lucchini. Des pressions dictées par l'intérêt économique de titulariser un joueur qui serait à la limite, le grand nombre de joueurs à suivre en un temps limité, la priorisation du suivi en fonction de leur valeur sportive et financière, etc. Sans compter la fragmentation des données médicales de santé, au rythme effréné des transferts. « Les clubs sont concurrents. La continuité et le partage de données médicales peuvent donc être complexes lorsqu'un joueur passe de l'un à l'autre », observe le docteur Hervé Silbert.
Chacun dans leur spécialité, les trois associés font valoir des expertises complémentaires et impartiales. Les choix de carrière et l'accompagnement sportif reviennent logiquement à Raphaël Varane, qui se positionne « en conseil stratégique, et non pas en agent de joueurs », précise l'ancien défenseur. La gestion patrimoniale, la préparation de l'après-carrière, la prévoyance et l'anticipation des risques sont gérées par Guillaume Lucchini et son équipe, « sans commissions ou rétrocommissions sur des produits vendus, mais avec des honoraires de conseil », précise-t-il.
Préserver le capital santé
Pour sa part, Hervé Silbert garantit au joueur un suivi longitudinal complet de sa santé : bilan initial, suivi régulier, outils technologiques, coordination d'un réseau de spécialistes. L'idée est de prévenir les éventuelles blessures et de préserver le capital santé du sportif. « Un joueur peut tout à fait ne pas être blessé, se sentir bien, mais être à la limite de ses capacités », confie Hervé Silbert. C'est ce protocole de suivi spécifique, indépendant des clubs et doté d'une dimension de R&D pour accompagner à la haute performance sportive, qui a d'ailleurs permis à Raphaël Varane de tenir longtemps au plus haut niveau. Il a remporté la Coupe du monde en 2018 avec l'équipe de France et quatre Ligues des champions avec le Real Madrid.
Il a dit
« Un joueur peut tout à fait se sentir bien, mais être à la limite de ses capacités. »
L'appui des marchés financiers doit lui permettre d'ouvrir des filiales en Espagne et en Italie.
Florian Espalieu
— Correspondant à Grenoble
Deux types de produits pour une ambition unique : devenir leader européen du fitness et de la nutrition sportive. Pour l'atteindre, le groupe N4 a annoncé vendredi son introduction en Bourse, le prix initial de l'action étant fixé à 23,81 euros. Plusieurs engagements de souscriptions ont déjà été reçus pour plus de 20 millions d'euros, notamment de Bpifrance, de BNP Paribas et de la Caisse des Dépôts, mais l'entreprise espère lever une trentaine de millions supplémentaires.
« Nous souhaitons toutefois demeurer majoritaires au capital pour rester une entreprise familiale », détaille Stéphane Viscuso, cofondateur et PDG du groupe, détenteur des trois quarts des parts - son frère Mathieu disposant du reste. Créée en 1999 à Voiron (Isère), l'enseigne FitnessBoutique vend des équipements sportifs en ligne et au travers d'un réseau physique de 115 points de vente, dont 76 franchises.
Mais cette activité historique, matérialisée par quatre marques, est désormais supplantée par la dizaine consacrée à la nutrition sportive, qui représente les deux tiers du chiffre d'affaires de 91 millions d'euros de N4, en croissance de 31 % sur un an. Une hausse notamment due à la création du canal GMS (grandes et moyennes surfaces), qui a généré 11 millions d'euros de revenus dès sa première année.
« Le momentum est excellent et la Bourse est un moyen d'accélérer, appuie le dirigeant. Avec 12 millions de pratiquants en France, jamais autant de personnes n'ont fait du fitness ou de la course à pied. » Présent quasi uniquement en France,
N4 lorgne les 5,5 milliards d'euros du marché européen de la nutrition sportive et les 3,6 milliards de celui des équipements. « Nous allons continuer en Belgique où nous avons déjà trois FitnessBoutique », détaillet-il. L'ouverture d'une filiale en Espagne est prévue pour mi-2027. « Et si l'Espagne fonctionne, le lancement en Italie douze à dix-huit mois plus tard. »
Au développement territorial s'ajoutera la hausse de capacité industrielle. « Progressivement, d'ici à 2029, nous souhaitons passer de 5 lignes de production dans notre usine d'Apprieu (Isère) à 14 lignes », projette le PDG. Celle-ci tourne en horaires postés de deux fois huit heures et fournit déjà la moitié des marques nutritions du groupe.
L'investissement de près de 5 millions d'euros permettrait de faire monter cette proportion à 70 %.
Les recrutements qu'impliquerait cette montée en cadence devraient se cantonner aux équipes de production, qui comptent près de 30 équivalents temps plein (ETP) sur les 160 du groupe. « Notre croissance devrait être absorbée avec le même back-office [services d'appui, NDLR] », ajoute Stéphane Viscuso, qui vise un chiffre d'affaires de 100 millions en 2027 puis de 150 millions en 2029. Selon le succès sur les marchés financiers, l'entreprise ne s'interdit pas des acquisitions.
Le fournisseur d'accessoires de camping-car, caravanes et camping prend 80 % du capital.
Hubert Vialatte
—Correspondant à Montpellier
Installé à Narbonne, dans l'Aude, le fournisseur d'accessoires de camping-cars, caravanes et camping Sunroad Equipment élargit sa gamme de produits. Il vient de faire l'acquisition de 80 % du capital d'Héode, qui commercialise des équipements, accessoires et gammes de mobilier pour l'aménagement de vans et véhicules utilitaires. Créée en 2019 et installée à Firminy, dans la Loire, près de Saint-Etienne, cette entreprise connaît une percée rapide dans le secteur. La PME de 15 salariés, dirigée par Bruno Duval, prévoit un chiffre d'affaires de 4,6 millions d'euros pour l'exercice en cours, en hausse d'environ 25 %. Sunroad Equipment ambitionne de le doubler à horizon 2030.
Disposant de plusieurs milliers de références, ainsi que des gammes de mobilier conçues en interne, « Héode a un positionnement intéressant, associant e-commerce, innovation produit et simplicité d'utilisation. Cette marque va nous amener des gammes pointues sur le mobilier prêt à poser par le client. Notre réseau en était dépourvu », précise Yannick Masse, codirecteur général de Sun-road Equipment aux côtés de son frère Bruno.
Transformation du modèle
De son côté, Héode va bénéficier de la force de frappe du réseau du groupe audois, notamment par un accès aux 68 magasins Narbonne Accessoires. Des synergies vont être mises en place entre les deux entités : mutualisation des services produits et achats, accélération commerciale et numérique, meilleure valorisation des produits Héode...
Face à une conjoncture économique dégradée, Sunroad Equipment a engagé depuis 2025 une transformation profonde de son modèle, « pour gagner en performance, et être mieux positionné au moment de la reprise. Le marché est atone, il faut donc se faire mal pour chercher à changer ». Ce qui passe par un affinement de la politique tarifaire et commerciale « pour coller au marché et être plus réactif », un nouvel outil de relation client pour augmenter les taux de transformation commerciale, la réduction des stocks par une optimisation des rotations, une réorganisation industrielle et logistique avec notamment le passage de 50 à 8 sociétés...
Un groupe de travail sur l'IA a aussi été créé en interne en février, pour réduire au maximum les tâches à faible valeur ajoutée. Sur cette transformation, Sunroad Equipment prévoit d'investir « entre 300.000 euros et 400.000 euros par an ». De quoi être plus résilient, sur un marché du véhicule de loisir où les décisions d'achat se diffèrent facilement. « Dès le début des frappes au Moyen-Orient, fin février, et l'augmentation des coûts du carburant, le marché global s'est tassé », constate Yannick Masse.
Sunroad Equipment réalise un peu moins de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 440 collaborateurs. Après l'élection présidentielle de 2027, Yannick Masse espère « retrouver une croissance comprise entre 5 et 8 % ».
行动研究资助回溯的困境
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L'Europe trouve un accord au rabais sur la supervision financière
La Commission européenne a jugé que la gouvernance de l'autorité des marchés financiers sera trop diluée pour lui permettre de devenir un superviseur réellement opérationnel. Photo Shutterstock
RÉGULATION
Après dix mois de tractations homériques, les Vingt-Sept ont scellé vendredi un compromis sur la supervision des marchés financiers.
Un pas historique vers l'union des marchés de capitaux européens, immédiatement entaché par la colère de la Commission et les doutes de la BCE.
Fabienne Schmitt
— Bureau de Bruxelles
Réunis à Luxembourg vendredi, les ministres des Finances de l'UE ont validé ce que personne n'osait promettre dix mois plus tôt: une approche générale commune sur le paquet « intégration et supervision des marchés », pierre angulaire de l'union de l'épargne et des investissements voulue par la Commission européenne.
« Les gens peuvent attendre la perfection, ou ils peuvent se donner la main et sauter ensemble vers le bien », a résumé le ministre irlandais des Finances, Simon Harris, dont le pays préside l'UE. Une formule qui dit tout de l'esprit du compromis : personne n'a obtenu son texte idéal, mais tout le monde ou presque a fini par sauter.
Car l'enjeu dépasse la seule plomberie réglementaire. L'UE compte aujourd'hui plus de 300 plateformes de négociation, 14 chambres de compensation et 32 dépositaires centraux de titres, un morcellement auquel Bruxelles veut enfin s'attaquer pour mobiliser les milliers de milliards d'euros d'épargne dormante des ménages européens et renforcer la compétitivité du
Vieux Continent face aux Etats-Unis et à la Chine.
Sur le fond, l'accord transfère à l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA), basée à Paris, la supervision directe des plus grandes plateformes de négociation transfrontalières, des principales contreparties centrales et dépositaires centraux, ainsi que des prestataires de services sur cryptoactifs jugés les plus significatifs.
C'est précisément cette centralisation qui en fait, aux yeux de ses partisans, le principal moteur d'intégration des marchés de capitaux européens.
Un régime d'adhésion volontaire pour les opérateurs de marché paneuropéens est également créé. Et le texte introduit aussi des mesures pour réduire les barrières transfrontalières et la complexité des gestionnaires d'actifs opérant dans l'UE.
Côté gouvernance, l'ESMA se dote d'un conseil exécutif permanent (un président et cinq membres indépendants) chargé des décisions opérationnelles, mais un conseil de surveillance distinct garde la main sur la stratégie, pour préserver un rôle aux autorités nationales. Son financement est rééquilibré : 40 % pour les régulateurs nationaux, 60 % pour le budget européen.
Un temps opposées sur ce texte, la France et l'Allemagne l'ont salué. « L'UE est un jeu à 27 qui dure souvent plus de 90 minutes, mais à la fin l'Europe gagne, à une condition : il faut un bon capitaine », a déclaré le ministre français de l'Economie, Roland Lescure.
Pour Paris, qui plaidait depuis des mois pour un « super-gendarme » musclé, l'essentiel est acquis : un cadre de supervision plus intégré et des relations clarifiées entre l'ESMA et les régulateurs nationaux, l'AMF en tête, y compris en cas de crise financière.
Longtemps réticente par crainte de perdre la main sur sa place financière, l'Allemagne s'est ralliée au compromis après avoir obtenu l'exclusion de Deutsche Börse de la supervision directe de l'ESMA, jugée moins transnationale qu'Euronext. « C'est une étape majeure et significative, s'est réjoui le ministre de l'Economie, Lars Klingbeil, pour qui « tout le monde a dû bouger ses positions ». Seule la Belgique s'est abstenue, inquiète des exemptions en cascade et du risque de fragmentation persistante.
Mais c'est à Bruxelles que la pilule passe le plus mal. « Nous regrettons profondément que le compromis sur la table soit très en deçà du niveau d'ambition nécessaire pour atteindre les objectifs du paquet d'intégration et de supervision des marchés », a lâché la commissaire aux Services financiers, Maria Luis Albuquerque, lors de la réunion.
Dans sa ligne de mire : le champ de supervision rogné par rapport à sa proposition initiale et une gouvernance jugée trop diluée pour permettre à l'autorité de devenir un superviseur réellement opérationnel. « La Commission ne peut pas soutenir cette approche », a-t-elle carrément conclu.
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分期付款:法国巴黎银行将把 Floa 与 Cetelem 合并
支付
该银行集团宣布了一项合并计划,将其分期付款子公司 Floa 并入其消费信贷部门法国巴黎银行个人金融(BNP Paribas Personal Finance)。
L'Allemagne s'est ralliée au compromis après avoir obtenu l'exclusion de Deutsche Börse de la supervision directe de l'ESMA.
Présente aux débats, la présidente de la BCE Christine Lagarde a abondé dans son sens et a aussi alerté sur un point technique : si le seuil autorisant l'usage de la blockchain pour les marchés financiers passe de 100 à 300 milliards, cela risque de favoriser l'apparition de plusieurs systèmes numériques incapables de communiquer entre eux, recréant ainsi l'éparpillement que la réforme est censée justement résoudre.
Du côté des marchés, l'Association pour les marchés financiers en Europe (AFME) a appelé à plus d'ambition. « Renforcer l'efficacité, faciliter l'innovation et favoriser l'investissement transfrontalier, en évitant une complexité réglementaire inutile et protectionnisme national », a résumé son directeur général, Adam Farkas.
L'accord des Vingt-Sept n'est qu'une étape avant les négociations avec le Parlement européen, Bruxelles visant une validation fin 2026 pour une mise en œuvre en 2027. Le temps, peut-être pour la Commission, de tenter de regagner le terrain perdu.
L'assouplissement des règles de la directive européenne MIFID II, en vigueur depuis juin, avec le Listing Act, n'a pas encore convaincu les acteurs financiers.
Laurence Boisseau
La réglementation MIFID 2 a fonctionné comme un rouleau compresseur en France, depuis son entrée en vigueur en 2018. En voulant imposer la transparence à marche forcée via la dissociation des commissions de courtage et de la recherche-actions (le fameux « unbundling »), cette directive européenne a rendu l'analyse financière jusqu'alors gratuite payante, et détruit son modèle économique.
Les gérants d'actifs ont réduit leurs dépenses liées à l'achat de notes de recherche. Ils ont délaissé les petites et moyennes valeurs, fragilisant leur suivi. Des grandes maisons se sont rapprochées, pour dégager une meilleure rentabilité. Parmi elles, Oddo BHF et Natixis, Société Générale et AllianceBernstein.
Adopté en 2024, le Listing Act est venu détricoter cette obligation de dissociation des coûts et assouplir des règles qui avaient été fortement critiquées. Depuis le 6 juin dernier, les gestionnaires d'actifs ont, de nouveau, la possibilité de renouer avec un tarif qui englobe et la recherche et l'exécution des ordres s'ils le souhaitent. On parle alors du « re-bundling ».
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司法与法律公告
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« Chacun se regarde en chiens de faïence »
Pourtant, alors que la place de Paris rêvait depuis huit ans d'un retour en arrière sur cette réforme vécue comme une catastrophe, rien ne se passe. « Aucun établissement ne s'est engouffré dans la brèche, même si c'est possible désormais », remarque un analyste financier. « Chacun se regarde en chiens de faïence, en attendant de voir qui va être le premier à dégainer », ajoute un autre.
Au Royaume-Uni, qui s'est empressé, à la suite du Brexit, de s'affranchir de MIFID II, dès 2022, les grandes banques anglo-saxonnes n'ont pas, non plus, changé leur système de facturation. L'inertie l'emporte. C'est là toute l'anomalie de la situation. Pourtant, « regrouper les tarifs de courtage et de recherche aurait des effets positifs pour les acteurs de l'intermédiation financière », explique Pierre-Yves Gauthier, président d'AlphaValue, un bureau indépendant d'analyse financière. « Cela ferait circuler plus d'argent. Car si une société de gestion payait la recherche sur la masse des encours gérés et non sur ses propres deniers, comme c'est le cas aujourd'hui, les dépenses dédiées à l'analyse financière seraient bien plus élevées », ajoute-t-il.
Les sociétés de gestion ne sont pas pressées de bouger, pour l'instant. « Changer les process a entraîné une profonde mutation chez les gestionnaires d'actifs. Ils ont mis en place des dispositifs complexes pour répondre aux exigences de la directive européenne. Faire machine arrière aurait un coût significatif et remettrait en cause des organisations désormais bien établies », explique Stéphane Loiseau, directeur général adjoint de Bernstein Société Générale.
Sur les petites et moyennes valeurs, ce retour en arrière pourrait pourtant, peut-être, rebattre les cartes. A Francfort, Bernstein Société Générale vient d'ouvrir un nouveau bureau de recherche consacré aux small et mid caps. Composée de quatre analystes, cette équipe entend capitaliser sur un segment de marché délaissé. Le bureau a déjà publié des études sur cinq valeurs, dont une première note sur Deutz, un industriel spécialisé dans les systèmes de propulsion.
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巴黎西区拉德芳斯公共领地机构 吕埃-马尔梅松市(上塞纳省)
[...OMITTED...]
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EDMOND DE ROTHSCHILD
Edmond de Rothschild Asset Management (France) informe les porteurs de parts des Fonds Commun de Placement (FCP) : Corbeille Sélection Equilibre, Corbeille Sélection Performance, Corbeille Sélection Prudence, Corbeille Univers Equilibre, Corbeille Univers Performance Europe et Corbeille Univers Performance International ; des modifications suivantes :
\- Suite au comité d'exclusion d'Edmond de Rothschild Asset Management (France) qui s'est tenu en avril 2026, concernant les mises à jour des listes d'exclusion internes, la stratégie d'investissement de chacun des FCP sera modifiée comme suit :
« Le processus de sélection des titres comprend un filtre négatif afin d'exclure les sociétés qui vendent des armes interdites, conformément aux conventions internationales en la matière, ainsi que les sociétés exposées à des activités liées au charbon thermique, à l'huile de palme, aux combustibles fossiles non conventionnels ou au tabac, ainsi que les sociétés qui contreviennent aux normes internationales (OCDE, Organisation internationale du travail (OIT) et à un ou plusieurs des 10 principes du Pacte mondial des Nations unies (UNGC)), conformément à la politique d'exclusion d'Edmond de Rothschild Asset Management (France), disponible sur son site Internet. »
Plus précisément, les exclusions relatives aux entreprises ne respectant pas les normes internationales de l'OCDE et de l'Organisation internationale du travail (OIT) ont été ajoutées.
\- Mise à jour des frais dans le DIC PRIIPS.
\- Actualisation de la dénomination du commercialisateur « AGEAS France » devenant « SELENCIA » ainsi que corrélativement, de l'adresse de son site internet comme suit : www.selencia.fr (en remplacement de www.ageas.fr).
Ces modifications n'impliquent aucune démarche spécifique de votre part, et n'ont aucun impact ni sur la stratégie de gestion, ni sur la prise en compte des critères extra-financiers, ni sur le profil de rendement et de risque de votre FCP.
Ces modifications ne sont pas soumises à l'agrément de l'Autorité des marchés financiers et entreront en vigueur le 16/10/2026.
Les Documents d'Information Clé (DIC) et le prospectus mis à jour seront disponibles gratuitement à compter de cette date sur simple demande auprès de Edmond de Rothschild Asset Management (France) - 47 rue du Faubourg Saint-Honoré - 75008 PARIS - +33 (0)1 40 17 25 25 ou sur le site Internet http://funds.edram.com.
Edmond de Rothschild Asset Management (France), Société Anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance au capital de 11.033.769 € - Numéro d'agrément AMF GP 04000015 - 332 652 536 R.C.S. Paris.
有关该项目的相关信息可向城市规划与发展局(Direction de l'urbanisme et de l'aménagement)索取 —— 市政厅。13 boulevard du Maréchal Foch. 92500 Rueil-Malmaison – 电话:01 47 32 67 57 - estelle.cuille@mairie-rueilmalmaison.fr
在公众调查结束后,调查员的报告及论证结论将根据《环境法典》规定的条件,向公众开放查阅一年。
埃里克·贝尔多阿蒂(Eric BERDOATI)
巴黎西拉德芳斯公共领土机构(EPT Paris Ouest La Défense)主席
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公告的校准范围为线至线。
授权部门为75,78, 91, 92, 93, 94, 95和69。
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Paiement fractionné : BNP Paribas va fusionner Floa avec Cetelem
PAIEMENT
Le groupe bancaire a annoncé un projet de fusion absorption entre Floa, sa filiale de paiement fractionné, et BNP Paribas Personal Finance dans le crédit à la consommation.
Il s'agit notamment de répondre au durcissement réglementaire.
Krystèle Tachdjian et Marion Heilmann
BNP Paribas reprend les choses en main. Selon nos informations, le groupe bancaire va fusionner Floa, sa filiale de paiement fractionné, avec son entité de crédit à la consommation BNP Paribas Personal Finance, plus connue sous la marque Cetelem.
Les représentants du personnel ont été informés du projet lors d'un comité social et économique (CSE) extraordinaire, mardi 6 octobre.
« Les deux filiales de BNP Paribas, BNP Paribas Personal Finance et Floa, annoncent un projet de fusion absorption pour construire l'acteur de référence du paiement fractionné et du financement de la consommation en France », a officialisé Gilles Zeitoun dans un message intranet adressé aux salariés le jeudi 8 octobre. Il explique que « le marché fortement concurrentiel s'est profondément transformé, sous l'effet de l'accélération de la digitalisation, du renforcement des exigences réglementaires et de l'émergence de nouveaux acteurs ». Il faut dire que Floa a affiché des pertes ces dernières années.
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罗兰·莱斯库尔在伦敦金融城奔波,旨在缓解对法国债务的担忧
债务
经济与财政部长此次到访,旨在向伦敦金融界保证法国将拥有预算。
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Directive européenne sur le crédit conso
Le dirigeant évoque aussi la nouvelle directive européenne sur le crédit à la consommation qui entre en vigueur en novembre 2026, et « intègre désormais le paiement fractionné, marquant ainsi une convergence du cadre réglementaire ».
En effet, à partir du 20 novembre prochain, les acteurs du paiement fractionné devront s'assurer de la solvabilité de leurs clients et leur livrer des informations claires sur ce qu'ils souscrivent. Des contraintes se rapprochant de celles qui pesaient déjà sur le crédit à la consommation classique et qui obligent les acteurs à revoir leurs parcours client en conséquence. « Les banques vont vouloir mettre ceinture et bretelles sur les parcours pour ne pas risquer de se faire prendre en défaut », estime un spécialiste du secteur.
« C'est dans ce contexte qu'un projet de fusion absorption de Floa par BNP Paribas Personal Finance a été présenté », appuie Gilles Zeitoun. Il entend ainsi « créer un leader proposant une offre complète, du paiement fractionné au financement de la consommation en France ».
Floa a migré ses systèmes en 2025, « préalable essentiel à la mise en œuvre de sa stratégie de développement, à l'industrialisation de ses activités et à son intégration au sein du groupe BNP Paribas », indique la présentation de ses comptes sociaux publiée cet été.
La fusion devrait être effective au cours des quatre premiers mois de 2027, sous réserve de la finalisation du parcours social et des procédures réglementaires.
Ensemble, les deux entités desservent actuellement 15.000 points de vente partenaires en France (Leclerc, Conforama, Apple, etc.) et cumulent 22 milliards d'euros d'encours de crédits. Selon nos informations, les tensions étaient récurrentes entre les deux entités après le rachat de la start-up par BNP Paribas finalisé en 2022. Au début, les deux acteurs se retrouvaient en concurrence sur des appels d'offres avant de finalement trouver un modus operandi. La question de l'emploi suscite déjà des inquiétudes. La direction n'a pour l'instant pas communiqué sur l'impact de cette réorganisation, les salariés redoutant des doublons entre les deux entités. La phase d'information-consultation des élus - spécifique au volet social - ne s'ouvrira qu'après l'obtention du feu vert réglementaire, attendu entre mars et avril 2027.
La fusion devrait être effective au cours des quatre premiers mois de 2027, sous réserve de la finalisation des procédures réglementaires. Photo Floa
Au 31 août 2026, Floa comptait 454 salariés dont 447 en France, principalement à Bordeaux, et 7 en Italie. De son côté, BNP Paribas Personal Finance emploie 3.997 collaborateurs dans l'Hexagone et près de 2.500 en Italie à travers sa marque Findomestic. Ce mouvement intervient alors que BNP Paribas
Personal Finance a déjà mené ces dernières années une lourde restructuration. Début 2023, la filiale avait lancé un plan de départs volontaires, portant sur 950 emplois en France, réduisant ses effectifs tricolores de 20 %. Ce, pour les ramener à environ 4.000 salariés (contre 5.000 fin 2021). Un
22
MILLIARDS D'EUROS
L'encours de crédits cumulé de BNP Paribas Personal Finance et de Floa.
recentrage géographique a également conduit à la cession de plusieurs entités en Europe centrale et au Mexique, tandis que la vente de Cetelem en Espagne serait en cours, ont rapporté plusieurs médias espagnols.
Cette fusion rappelle le mouvement opéré par BPCE avec sa filiale Oney avant l'été. Déjà réorientée vers le crédit à la consommation plus classique, faute de marges suffisantes dans le paiement fractionné, elle est passée sous la coupe de BPCE solutions et expertises financières (SEF) pour renforcer les synergies avec les activités de crédit à la consommation de la banque.
“由于对冲基金持仓相关的技术性因素,市场波动如此剧烈,以至于人们一度认为出现了需要考虑的新风险,并可能引发连锁反应,”美银(Bank of America)利率研究共同主管索菲亚·萨利姆(Sphia Salim)分析道。随着国际局势的演变,情况在周末趋于平静,而法国债券目前正是这一局势下的头号受害者。
En application de l'arrêté territorial n°29/2026 du 29 septembre 2026, il sera procédé, pendant 33 jours consécutifs, du lundi 26 octobre 2026 à 9h00 au vendredi 27 novembre 2026 à 17h00, à une enquête publique relative à la déclaration de projet des Bulvis emportant mise en compatibilité du Plan Local d'Urbanisme (PLU) de la commune de Rueil-Malmaison.
Le projet porte sur le renouvellement urbain de la résidence sociale des Bulvis et le départ de la caserne des sapeurs-pompiers. La mise en compatibilité du PLU prévoit notamment la création d'une Orientation d'Aménagement et de Programmation (OAP) permettant la réalisation du projet d'aménagement global du secteur. Le projet prévoit notamment les grands aménagements suivants :
\- Concevoir un projet d'aménagement global afin de repenser les usages du secteur et son insertion urbaine,
\- Restituer l'ensemble des logements sociaux et prévoir la réalisation de logements libres dans un souci de mixité urbaine (202 logements sociaux et 150 logements libres).
\- Repenser l'insertion paysagère du site dans son environnement, en prenant notamment en compte la proximité d'éléments paysagers structurants (Cimetière des Bulvis, Forêt domaniale de la Malmaison), par le développement d'une trame viaire paysagée et des espaces publics de qualité.
\- Résoudre les problématiques de stationnements existants dans la résidence Batigère entièrement en aérien et insuffisants.
Si le projet immobilier a été exempté d'évaluation environnementale après examen au cas par cas, le projet de mise en compatibilité du PLU a, quant à lui, fait l'objet d'un rapport d'évaluation environnementale ayant donné lieu à un avis sans observation de la MRAE IDF en date du 05 avril 2026. Le dossier d'enquête comprend en outre un rapport d'évaluation environnementale.
L'enquête publique relative à la déclaration de projet des Bulvis, portant à la fois sur l'utilité publique de ce projet et sur la mise en compatibilité du PLU de Rueil-Malmaison qui en résulte, se déroulera sur le territoire de la commune de Rueil Malmaison.
Pour conduire cette enquête publique, Monsieur François DECLERCQ a été désigné en qualité de commissaire enquêteur par décision du président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 31 juillet 2026. Par la même ordonnance, Madame Josiane RIOLACCI est désignée en qualité de commissaire enquêteur suppléant.
Cette enquête publique est préalable à la délibération du conseil de territoire de l'Etablissement public territorial Paris Ouest La Défense, autorité compétente en matière de mise en compatibilité du PLU de la commune de Rueil-Malmaison.
Pendant toute la durée de l'enquête, le dossier papier sera consultable à l'Hôtel de Ville de Rueil-Malmaison, 13 boulevard du Maréchal Foch, 92500 Rueil-Malmaison, de 8h30 à 18h. Le dossier sera également consultable par voie électronique sur un poste informatique en accès libre à la même adresse ou à distance par voie électronique sur le site internet dédié au projet : https://www.registre-dematerialise.fr/7664 et sur le site internet de la ville : https://www.villederueil.fr/. Chacun pourra également demander et obtenir à ses frais, communication du dossier d'enquête publique auprès de la Mairie.
Le public pourra présenter ses observations pendant toute la durée de l'enquête :
sur le registre papier mis à disposition à l'Hôtel de Ville de Rueil-Malmaison (13 boulevard du Maréchal Foch, 92500 Rueil-Malmaison) :
par courriel à l'adresse suivante : enquete-publique-7664@registre-dematerialise.fr
sur le registre dématérialisé : https://www.registre-dematerialise.fr/7664;
\- En les adressant par voie postale à l'adresse suivante : Monsieur le commissaire enquêteur
Enquête publique relative à la déclaration de projet « LES BULVIS » important mise en compatibilité du plan local d'urbanisme de la commune de Rueil-Malmaison
13 boulevard du Maréchal Foch, 92500 RUEIL-MALMAISON
Monsieur François DECLERCQ, commissaire enquêteur, recevra le public à l'Hôtel de Ville de Rueil-Malmaison :
lundi 26 octobre 2026, de 9h à 12h ;
samedi 7 novembre 2026, de 9h à 12h ;
samedi 7 novembre 2026, de 9h à 12h,
jeudi 19 novembre 2026, de 17h à 20h :
vendredi 27 novembre 2026, de 14h à 17h.
Les informations relatives au projet peuvent être demandées auprès de la Direction de l'urbanisme et de l'aménagement – Hôtel de Ville. 13 boulevard du Maréchal Foch. 92500 Rueil-Malmaison – Tél. : 01 47 32 67 57 - estelle.cuille@mairie-rueilmalmaison.fr
À l'issue de l'enquête publique, le rapport et les conclusions motivées du commissaire enquêteur seront tenus à la disposition du public pendant un an, dans les conditions prévues par le Code de l'environnement.
Eric BERDOATI
Président de l'EPT Paris Ouest La Défense
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l'annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75,78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
« Non, je ne suis pas “the house” [la banque] comme Scott Bessent, je suis ministre des Finances », sourit Roland Lescure, en référence au défi iconoclaste lancé récemment aux marchés financiers par le secrétaire au Trésor américain de parier contre lui à leurs risques et périls. Roland Lescure a traversé la Manche la semaine dernière avec un message plus classique : rassurer les investisseurs de la City sur la dette française. D’un pas allant, entre le siège de « The Economist », où il a été interviewé, et la London School of Economics, deux institutions britanniques, il explique aux « Echos » qu’« il est classique que le ministre des Finances parle à la presse, y compris internationale, après un budget ». Mais il est clair qu’« il y a de la pression », dit un investisseur.
Néanmoins, « on n'a pas de défi de fonctionnement du marché de notre dette aujourd'hui, tous les investisseurs que j'ai vus me l'ont dit. On est dans une période de ce qu'on appelle "repricing" mondial [réévaluation de la dette et de son taux d'intérêt] », s'empresse d'ajouter celui qui fut lui-même investisseur, au Québec, pendant une vingtaine d'années. Le matin même, à l'élégante résidence de l'ambassadrice de France au Royaume-Uni, il a reçu une dizaine d'investisseurs dont des grandes maisons comme Goldman Sachs et Barclays. « Ils m'ont essentiellement interrogé sur le processus politique d'adoption du budget et, évidemment, sur l'élection présidentielle », explique-t-il.
« D'abord, je leur dis que notre budget, on va l'adopter et, avec 5 % de déficit maximum : l'objectif, évidemment, c'est d'éviter les ordonnances et le 49.3, mais ce sont deux formes de glissière de sécurité sur l'autoroute de l'adoption, raconte-t-il. Sur les élections, je leur dis qu'il y a encore des chances qu'il y ait un gouvernement à la fois orthodoxe et capable de faire. »
La City ne va évidemment pas prendre ses paroles pour argent comptant. La France est clairement dans sa ligne de mire. « Il y a eu vraiment un jour, la semaine dernière, où le marché de la dette française était désordonné, avec un gap de liquidité qui a fait monter l'écart de taux (spread) avec la dette allemande à 150 points de base », explique Henrietta Pacquement, responsable taux au fonds américain Allspring.
« Les mouvements ont été si violents, en raison notamment d'aspects techniques liés au positionnement des hedge funds, qu'on a pu croire qu'il y avait de nouveaux risques à considérer, pouvant entrainer une contagion », analyse Sphia Salim, codirectrice de la recherche taux chez Bank of America. La situation s'est calmée en fin de semaine, en parallèle de la situation internationale dont la dette française est la victime numéro un du moment.
« C'est un très bon signe que finalement, on ait réussi à se stabiliser à ces niveaux-là », estime Sphia Salim. Mais cette financière, comme les autres investisseurs, reste aux aguets. Henrietta Pacquement résume la situation ainsi : « Il y a encore de la marge mais on arrive au stade où le marché se demande si la France va redresser sa situation seule ou va avoir besoin d'un peu d'intervention de la part de la Banque centrale européenne (BCE). »
« Peu de risque de défaut »
Elle situe la zone dangereuse à un écart de taux avec l'Allemagne de 200 points de base. Sphia Salim pense plutôt que la BCE scrutera la vitesse d'accroissement de ce spread et la perception d'une contagion. Andrew Chorlton, directeur de l'investissement taux chez M&G, dresse le même constat mesuré mais prudent. « Je suis d'accord avec legouverneur de la Banque de France, la solution est totalement dans les mains de la France, les réactions du marché sont assez extrêmes, dit-il. Mais la pression va demeurer pendant les prochains mois sur la dette française avec l'échéance des élections. » Comme le Royaume-Uni, la France a la faiblesse de dépendre des investisseurs extérieurs pour se financer.
Mais elle a quelques atouts, notent les investisseurs. « L'épargne en assurance-vie représente un fort courant acheteur de dettes, comme l'épargnant italien investissant dans sa dette domestique », explique Henrietta Pacquement. « Le Livret A est aussi un des amortisseurs naturels », dit un autre spécialiste.
Depuis la crise de l'euro de 2012, poursuit par ailleurs Henrietta Pacquement, « la BCE a toutes sortes de nouveaux instruments de stabilisation, même s'ils seront assortis de conditions ». Mais surtout, les taux offerts sur les emprunts français (environ 5 % sur le 10 ans) deviennent intéressants, notamment pour les investisseurs prêts à détenir la dette jusqu'à échéance. « C'est un rendement élevé pour un pays dont je rappelle quand même qu'il a une balance des paiements courants équilibrée, qui exporte à nouveau, qui a des banques solides et des institutions qui fonctionnent », dit Roland Lescure.
« Le taux est d'autant plus intéressant qu'il n'y a que peu de risque de défaut pour la France, et ce, même si les investisseurs ne voient pas le catalyseur d'une amélioration dans les prochains mois », ajoute Henrietta Pacquement. Critiqué pour avoir laissé entendre que le Trésor avait du mal à émettre de la dette à 30 ans, plus volatile, Roland Lescure assume de s'adapter à la demande et aux conditions de marché. Lors de sa visite à Londres, il n'a pas renvoyé l'image de quelqu'un d'accablé. « Etre ministre des Finances d'un pays qui préside le G7 en 2026, c'est évidemment une mission aux responsabilités éminentes », dit-il avec plutôt l'air de s'en réjouir.
Bpifrance a déjà convaincu les Français d'investir 500 millions dans ses fonds de private equity
CAPITAL
INVESTISSEMENT
Bpifrance poursuit sa mission de démocratisation du private equity, une classe d'actif qu'elle juge nécessaire pour financer les grandes transitions de demain.
Pour l'heure, l'exposition des Français au private equity n'est que de 0,01 %, soit à peine 15 milliards d'euros sur les plus de 6.600 milliards d'euros d'épargne que compte le pays.
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司法与法律公告
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Gabriel Nédélec
Bpifrance vient de passer un cap symbolique dans sa mission de démocratisation du private equity. La banque publique d'investissement a collecté au total plus de 500 millions d'euros d'épargne auprès des Français, depuis qu'elle s'est donné pour objectif de permettre au grand public d'accéder à une classe d'actifs jusqu'ici réservée aux plus fortunés. « Nous sommes très fiers » de cette performance, se félicite Nicolas Dufourcq auprès des « Echos », en marge de la 12 $^{e}$ édition de BIG, la grand-messe des entrepreneurs organisée par Bpifrance, qui a eu lieu jeudi. « C'est un dispositif unique en Europe », ajoute-t-il.
douze mois auprès de 10.000 investisseurs particuliers. L'objectif est de récolter 300 millions d'euros sur trois ans avec cefonds, le seul encore actuellement ouvert à la collecte. La démocratisation du private equity est « un axe stratégique de Bpifrance », assure aux « Echos » Gorka Gonzalez, le directeur du pôle fonds retail de Bpifrance. Pour la première fois, un corner « investir » a été installé dans les travées du Salon pour mettre sous les projecteurs cette problématique. « Les années passées, nous avions organisé des "masterclasses", mais c'était très tourné vers les professionnels, poursuit-il. Cette année, nous avons voulu aller à la rencontre des particuliers. C'est une journée tournée vers la pédagogie. »
Ce demi-milliard d'euros a été collecté au travers de 5 fonds d'investissement dits « retail », lancés à partir de 2020, à savoir Bpifrance Entreprise 1, 2 et 3 ainsi que Bpifrance Entreprise Avenir 1 et Bpifrance Défense. La collecte a connu un coup d'accélérateur grâce au dernier fonds qui a récolté plus de 150 millions d'euros en à peine
La banque compte sur « l'effet boule de neige » de Bpifrance pour entraîner l'ensemble du secteur derrière elle. Pour l'heure, l'exposition des Français au private equity n'est que de 0,01 %, souligne Gorka Gonzalez, soit à peine 15 milliards d'euros sur les plus de 6.600 milliards d'euros d'épargne que compte le pays. « C'est encore epsilonesque, dit-il. Pour aller plus loin, il faut travailler sur trois leviers : le ticket d'entrée, car en moyenne les Français ont 10.000 euros d'épargne financière ; l'aversion au risque, pour cela il faut des produits très diversifiés ; et l'accessibilité, grâce à des parcours de souscription simples et digitalisés notamment. »
Avec son fonds défense, la BPI tente de montrer la voie : il est accessible dès 500 euros, comptera
500
EUROS
Le montant minimal pour investir dans le fonds Défense de BPI, qui est directement accessible aux particuliers via une plateforme en ligne, sans intermédiaire.
500 entreprises sous-jacentes à la fin de sa période de déploiement, et il est directement accessible aux particuliers via une plateforme en ligne, sans intermédiaire. En revanche, le temps d'immobilisation de l'argent reste de dix ans pour l'argent investi dans ce fonds.
La banque veut être « un catalyseur de l'épargne des Français » pour financer « les grandes transitions de demain ». Sur le corner, Bpifrance défend un investissement en soutien du tissu économique français - car le private equity finance les entreprises non cotées, start-up, PME ou ETI - et de la souveraineté française. Au-dessus des intervenants, les mots « Allons enfants de l'investissement ! » sont inscrits en caractères épais.
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法兰西共和国 自由 - 平等 - 博爱
普莱恩公社(PLAINE COMMUNE)领土公共机构 (EPT)
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Effet d'entraînement
« Nous soutenons fortement l'action de Bpifrance sur le sujet, explique Nathalie Grimbert, sous-directrice de la protection et de la résilience des entreprises à la Direction générale de l'armement, venue participer à une table ronde. Ce n'est pas anecdotique. Nous avons besoin du continuum d'investissement. Cette initiative à destination des particuliers donne beaucoup de visibilité à l'investissement dans la défense. Cela a un effet d'entraînement pour les investisseurs institutionnels aux poches beaucoup plus profondes. »
Emmanuel Macron s'exprime sur scène lors de l'événement BIG à Paris, le 8 octobre 2026. Bpifrance célèbre une collecte record pour démocratiser le private equity. Photo Jeanne Accorsini/Pool-RÉA
Reste qu'il s'agit d'une classe d'actifs particulièrement risquée, et dont les rendements pour les particuliers ne sont pas encore tout à fait clairs. Pour atteindre la performance promise par les professionnels - le chiffre de 12 % est régulièrement cité -, il faut immobiliser l'argent entre sept et dix ans. Pour le moment, le recul n'est pas encore suffisant pour permettre d'afficher des performances claires de ces produits accessibles aux particuliers dont les coûts de fonctionnement sont, par nature, plus importants.
Lors d'une table ronde du BIG, le chiffre de 6 % de rendement a été avancé pour les investissements logés dans les unités de compte des contrats d'assurance-vie - le principal canal de collecte auprès des particuliers. Des études récentes de l'Autorité des marchés financiers font, elles, état d'une forte disparité des rendements d'un fonds à l'autre avec, pour certains, des résultats négatifs sur la période étudiée. « C'est un produit risqué, souligne Gorka Gonzalez. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. » Surtout, le contexte géopolitique, économique et politique affecte les entreprises françaises, ce qui pourrait aussi peser sur les investissements réalisés.
该网站的访问入口也将同步发布在 Plaine Commune 官网:https: / plainecommune. 以及圣但尼市政府官网:https: / www.saintdenis.
批准第 3 号修改实施方案的有权机构为 Plaine Commune 领土公共机构的审议议会。该决定将以领土委员会投票通过的决议形式做出。EP 26-0001 / contal@publilegal.
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Nestlé Waters : premier test pour un marché de la dette LBO sous surveillance
DETTE
La vente de la dette LBO liée au rachat des eaux minérales de Nestlé à Platinum Equity s'est révélée plus compliquée que prévu.
Les investisseurs se montrent plus sélectifs.
Sharon Wajsbrot
Le scandale des eaux minérales de Nestlé n'en finit pas de faire des vagues. Ces dernières semaines, une dizaine de banques - dont Bank of America et Deutsche Bank, chefs de file sur cette transaction - se sont attelées à la vente du méga prêt de 2,8 milliards d'euros destiné à financer le rachat des eaux minérales de Nestlé (Perrier, San Pellegrino, Vittel...) par l'américain Platinum Equity. Et l'exercice s'est avéré bien plus complexe que prévu.
Si l'abondance de liquidités levées ces derniers mois par les fonds spécialisés dans la dette à effet de levier, « les fonds CLO », laissait espérer des conditions de financements très attractives, les candidats se sont fait largement désirer. A tel point que les banques ont dû nettement revoir leur proposition.
« C'est très rare d'avoir un tel écart entre les discussions de départ et le prix réel », pointe un expert. Selon Bloomberg, les banques ont dû se résoudre à offrir un bonus d'environ 100 points de base aux investisseurs en euros et en dollars pour les convaincre. Le prêt à sept ans négocié affiche en outre une décote à l'émission de 3 %, c'est-à-dire particulièrement élevée par rapport à des transactions sur des entreprises de notation équivalente ou meilleure. Enfin, selon Bloomberg, une disposition spécifique a dû être introduite, interdisant à l'émetteur d'avantager un groupe de créanciers au détriment d'un autre.
Pour Peranel (le nouveau nom de la coentreprise entre Nestlé et Platinum Equity), les sujets qui avaient déjà refroidi les acheteurs potentiels tels que le français PAI, longtemps pressenti pour investir dans les eaux de Nestlé, ont refait surface. Les risques juridiques d'abord. Car si Nestlé s'est aujourd'hui mis aux normes, les techniques utilisées par le passé pour traiter ses eaux restent l'objet de contestation, y compris sur le terrain judiciaire. Mi-septembre, la cour d'appel de Nancy a aussi ordonné un renvoi de Nestlé devant le tribunal pour des décharges sauvages près des usines de Vittel et de Contrexéville.
L'autre risque scruté de près par les investisseurs en dette, c'est la concrétisation du business plan de Nestlé et Platinum Equity. Ce dernier implique d'engager des économies substantielles pour atteindre ses objectifs. Enfin, la réputation de Platinum Equity a pu peser, perçu comme un fonds de « soft turnaround » c'est-à-dire de restructuration, il a par exemple misé en France sur le groupe Biscuit International, lequel a vu sa note de crédit abaissée à « restricted default » au printemps dernier.
Si le cas de Nestlé est spécifique, les banquiers estiment que les investisseurs sont désormais plus sélectifs pour prêter. « En Europe, les banques devront placer plus de 15 milliards d'euros de prêts LBO dans le marché dans les prochains mois. Si les fondamentaux restent bons et les liquidités à placer des fonds CLO abondantes, on commence à observer une bifurcation du marché sur les rendements : d'un côté, des dossiers dans des secteurs qui se portent bien se financent à des conditions toujours attractives et de l'autre, des conditions qui se resserrent pour des secteurs qui rencontrent plus de difficultés, par exemple dans la vente en BtoC ou le "retail", explique Grégoire Villaume, responsable des marchés de capitaux et du conseil chez ING en France.
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塞尔日·加肖,掌舵巴黎车展
不,巴黎国际车展(Mondial de l'Auto)并没有被改造成为一个包含自行车、滑板车或电动独轮车的“轻便出行”展会。尽管有些人向其总监塞尔日·加肖(Serge Gachot)提出过这样的建议。本周一在凡尔赛门(Porte de Versailles)开幕的这场盛会将是一场真正的汽车展,参展品牌数量创纪录,达到61个。因为对于执掌这一两年一度盛事已有七年时间、且在2024, 接待了超过500.000人的塞尔日·加肖来说,这正是参观者所期待的。“根据益普索(Ipsos)最近的一项研究,94 %的法国人认为汽车为他们带来了自由和自主;81 %的人表示无法离开汽车,”他指出,“在经历了让我们停滞不前的疫情年份后,我们希望让这次车展重新找回其往日的辉煌。”
不过,在轻便出行方面,他其实颇有心得。因为他的第一个爱好是马术。这位57岁的男子性格独立,厌恶软弱的共识;他现在驾驶旧款保时捷911敞篷车一样自在,过去驾驶职场新人时期的雷诺Twingo也一样自在,而当年在马鞍上的他同样自在。他曾一度考虑成为一名职业骑手。每周骑马14小时,特别是在巴黎军事学校(Ecole militaire de Paris)一名来自黑色骑兵队(Cadre noir)的著名骑术教授的指导下,他在14岁时就达到了9级奔跑(galop 9)水平。
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Le test Aroma-Zone
« Le marché a bien réagi face aux volumes très importants de dette LBO vendus en septembre, la liquidité est là. Même les dossiers plus compliqués ont trouvé preneur, en y mettant toutefois le prix car les investisseurs demandent plus de rendement », confirme encore Thibery Gleizes, managing director chez
Barclays. Il pointe un climat d'incertitude lié au renchérissement des taux souverains : « quand les taux bougent si vite, les investisseurs ont du mal à fixer un prix, en particulier pour les obligations à taux fixe ».
Le financement du rachat d'InPost par le consortium mené par Advent a ainsi subi un surcoût de 50 points de base par rapport à ce qui était anticipé. Autre signal : les prix de la dette LBO sur le marché secondaire se sont tassés depuis début septembre. L'index européen des « leveraged loan » (ELLI) a reculé d'un point de pourcentage ces deux dernières semaines, indiquent les équipes d'ING. Autrement dit, les investisseurs sont prêts à payer moins cher pour de la dette déjà émise, car ils anticipent des effets délétères sur les bilans des entreprises de la remontée des taux et du regain d'inflation.
L'arrivée prochaine sur le marché de ladette LBO liée au rachat du français Aroma-Zone sera un nouveau test très scruté par le marché. Si Eurazeo est parvenu cet été à vendre ce champion des cosmétiques « fait maison » à une valorisation d'entreprise proche des 2 milliards d'euros, depuis, les taux d'emprunt de l'Etat français se sont envolés et le contexte économique largement assombri.
Or, Aroma-Zone est très exposé à la conjoncture française, l'essentiel de ses ventes étant réalisé dans son réseau de boutiques. L'exercice de conviction des investisseurs sera déterminant.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Liberté - Égalité - Fraternité
ETABLISSEMENT PUBLIC TERRITORIAL (EPT) PLAINE COMMUNE
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企业
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AVIS DE PARTICIPATION DU PUBLIC PAR VOIE ÉLECTRONIQUE
APPROBATION DU DOSSIER DE
RÉALISATION MODIFICATIF N°3 DE
LA ZAC MONTJOIE À SAINT-DENIS
L'Etablissement Public Territorial (EPT) Plaine Commune, 21 avenue Jules Rimet 93218 SAINT-DENIS CEDEX, organise une Participation du Public par Voie Electronique (PPVE), préalable à l'approbation du dossier de réalisation modificatif n°3 de la Zac de la Montjoie à Saint-Denis. Cette procéure de participation est organisée en raison de l'actualisation de l'évaluation environnementale du projet qui figure dans ce dossier, et aura lieu pendant 32 jours consécutifs :
Du 30 octobre 2026 à 9h30 au 30 novembre 2026 à 17h.
La programmation de la dernière phase opérationnelle du projet évolue avec :
La réalisation d'un parc d'1,2ha
Le renforcement de la trame verte et bleue à travers les espaces publics existants et à créer et le développement d'un chemin de traverse
La diminution de la part de l'activité et de bureaux au profit de la production de logements
Le maintien et la reconversion de 3 bâtiments industriels anciens,
L'activation des nouveaux RDC et le développement d'un pôle commercial (dont un supermarché de plus de 1000 m² SDP)
Le traitement d'immeubles d'habitat dégradé
La MRAe d'Ile-de-France a rendu un avis n°006704/AP le 17 décembre 2025 sur le projet de réalisation de la ZAC Montjoie. L'évaluation environnementale actualisée, l'avis de la MRAe et le mémoire en réponse à cet avis font partie du dossier de PPVE.
Le dossier permettant la participation du public sera consultable sur le site internet dédié, à l'adresse suivante :
Pendant toute la durée de la participation du public par voie électronique, des tablettes numériques seront mises à la disposition du public afin de permettre un accès au dossier et au registre dématérialisé, aux accueils du siège de Plaine Commune et au Service Territorial d'Urbanisme réglementaire de Saint-Denis aux adresses, jours et heures d'ouvertures suivants :
Jours et horaires d'ouverture : du lundi au vendredi de 9h à 17h
Service territorial d'Urbanisme réglementaire (STUR) de Saint-Denis :
Adresse : 6 rue de Strasbourg, 93200 Saint-Denis
Jours et horaires d'ouverture : du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h
Pendant toute la durée de la participation du public par voie électronique, les observations et propositions du public pourront être déposées :
Sur le registre dématérialisé, à cette adresse: https://www.registre-numerique.fr/zac-montjoie-st-denis
Ou par mail à l'adresse suivante: zac-
montioie-st-denis@mail.registre-
numerique.fr
Toutes les observations, propositions et informations envoyées sur cette adresse mail seront publiées sur le site internet décié pendant la durée de la participation.
Des renseignements peuvent être demandés à l'adresse mail suivante : ppve.montjoie@sequano.fr
A l'issue de la PPVE, les observations et propositions déposées par voie électronique, la synthèse des observations et propositions du public avec l'indication de celles dont il a été tenu compte, ainsi que, dans un document séparé, les motifs de la décision, seront rendus publics pendant une durée minimale de trois mois, par voie électronique à l'adresse suivante : https://www.registre-numerique.fr/zac-montjole-st-denis.
L'accès à ce site sera également relayé sur le site internet de Plaine Commune : https://plainecommune.fr ainsi que sur le site internet de la ville de Saint-Denis : https://www.saintdenis.fr/
L'autorité compétente pour approuver le dossier de réalisation modificatif n°3 est l'assemblée délibérante de l'Etablissement Public Territorial Plaine Commune. Cette décision prendra la forme d'une délibération votée en Conseil de Territoire. EP 26-0001 / contal@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l'annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75,78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
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FR0004163111 | 50.099.619 | 8,15 | +115,85 | 5,05 | A : Indicateur acompte, solde cu total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l'année civile. Les valeurs classées par cadre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations supérieures à 1 milliard d'euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d'euros et 150 millions d'euros et C pour les capitalisations inférieures à 150 millions d'euros. ■ : Valeurs de l'indice CACNext20. ◆ : Valeurs de l'indice CACLarge60. ▲ : Valeurs de l'indice CACMid60. △ : Valeurs de l'indice CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. |
Non, le Mondial de l'Auto n'a pas été transformé en un Salon des « mobilités douces », incluant vélos, trottinettes ou monoroues électriques. Bien que certains l'aient suggéré à Serge Gachot, son directeur. Cette grandmesse, qui démarre Porte de Versailles ce lundi, sera un vrai Salon de l'automobile, avec un record de 61 marques représentées. Car pour Serge Gachot, à la tête, depuis sept ans, de cet événement bisannuel qui a accueilli plus de 500.000 personnes en 2024, c'est bien ce que les visiteurs attendent. « Les Français sont 94 % à considérer que la voiture leur apporte liberté et autonomie ; et 81 % ne peuvent pas s'en passer, relève-t-il en s'appuyant sur une récente étude Ipsos. Après les années Covid qui nous ont fait marquer le pas, nous avons souhaité redonner à ce Salon toutes ses lettres de noblesse. »
Voitures électriques, thermiques, hybrides... Le Mondial ne souffrira aucun racisme mécanique. « Et nous accueillons plus d'une vingtaine de marques chinoises, ajoute Serge Gachot. Au tout premier Salon de 1898, il y avait déjà des voitures électriques », rappelle-t-il.
En matière de mobilité douce, il en connaît pourtant un rayon. Car sa première passion était l'équitation. Aussi à l'aise en selle qu'il l'est aujourd'hui au volant de sa vieille Porsche 911 cabriolet, et qu'il l'était hier à celui de sa Renault Twingo de jeune actif, cet homme de 57 ans, au caractère indépendant, rétif aux consensus mous, s'est posé un moment la question de devenir cavalier professionnel. A raison de 14 heures d'équitation par semaine, notamment à l'Ecole militaire de Paris sous la direction d'un prestigieux écuyer professeur du Cadre noir, il atteignait le niveau galop 9 à 14 ans.
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DELUBAC & CIE 银行
Agnès de Ribet、Cyrille Vivier、José-Luis Corato 和 Nicolas Pelpel 分别出任成立于 1924 年的 Delubac & Cie 银行的营销与传播总监、创新与运营总监、风险与合规总监以及商业总监,进入执行委员会。
Agnès de Ribet,54 岁,持有 Iserp / ECS 营销与传播硕士学位,曾任 Coudert Brothers 律师事务所的营销与传播总监,随后在两所事务所合并期间担任 Dechert 律师事务所的营销与传播总监。2006 年,她加入 Grant Thornton,并于 2022 年成为负责业务发展、营销与传播的合伙人。她曾是管理委员会成员。此外,她还是法兰西喜剧院(Comédie-Française)执行委员会的成员。
José-Luis Corato,54 岁,毕业于 Edhec 商学院,持有 Edhec 的商业与管理硕士学位。他在 2021 年至 2024 年期间领导巴西银行(Banco do Brasil AG)集团的法国业务。直到 2025 年,他一直以顾问身份协助管理层。
Nicolas Pelpel,47 岁,毕业于 Audencia,持有巴黎第二大学的商业法硕士学位。在担任日产欧洲(Nissan Europe)B2B 销售总监五年后,他于 2019 年起成为 Europcar Mobility Group 的业务单元总监。自 2022 年起,他负责 Younited 的商业管理。
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Economie et japonais
A sept ans, il taquinait déjà les concours. « A dos de shetland et à cru, précise tout de même ce père de trois enfants, davantage tournés vers le football américain et le rugby. Ce que je préférais pour progresser, c'était monter des chevaux différents à chaque fois. Découvrir de nouveaux caractères », confie-t-il.
De la même façon, il ne porte aucun jugement sur les automobiles avant de les avoir essayées. Pour lui, « seule la pratique du terrain permet de se forger sa propre opinion ». Il a eu tout le loisir de forger la sienne au rythme de sa carrière passée chez différents constructeurs. A commencer par Renault, qu'il a rejoint dès sa sortie de l'Institut supérieur de gestion (ISG). En même temps que ces études économiques, il apprenait le japonais à l'Institut national des Langues et Civilisations orientales (Inalco). Quelques années plus tard, cet atout lui a été utile lorsqu'il est parti habiter deux ans à Tokyo, embauché par Toyota.
Resté seize ans au service du constructeur nippon, il a fini au poste de directeur général du marketing international. Il était également responsable des Salons et des compétitions sportives. Toujours séduit par cette marque, il estime : « Toyota n'a pas fait d'erreur stratégique depuis soixante-dix ans ».
Polyglotte et binational, fils d'un père conseiller de direction indépendant, il doit son aisance dans les environnements internationaux à sa mère américaine, fonctionnaire à l'Unesco. Mais prendre la tête du Mondial à la demande de la Plateforme automobile (PFA) et du groupe de communication Hopscotch, organisations détentrices du Salon, répondait néanmoins à son envie de revenir dans une entreprise française. « C'est quelqu'un de très posé, de diplomate, affirme Marc Mortureux, ancien directeur général de la PFA. Ça n'était pas gagné de redonner sa place au Mondial après le Covid. Il est résilient et gère les problèmes en prenant de la hauteur. » Rien d'étonnant venant d'un cavalier... « L'équitation est un des rares sports où les hommes et les femmes concourent dans la même catégorie », note Serge Gachot, soucieux de teinter son discours d'une pointe d'égalité des sexes. Il en va de même pour la course automobile...
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德国例外论
20岁的时候,人总是不够稳重。就像在赛季最负盛名的五场自行车经典赛之一的最后一站,距离终点19公里处决定加速,并试图将同样被看好的对手一个个淘汰。然而,法国自行车界的年轻天才保罗·塞克萨斯(Paul Seixas)周六在科莫就这么做了,并赢得了他职业生涯的首个伦巴第周赛冠军。Decathlon CMA CGM车队的领骑者在抵达终点时感叹道:“这是一个梦想,而今天我的双腿让我实现了梦想,这简直太疯狂了。”他以20岁16天的年纪成为了这项百年赛事历史上最年轻的冠军。该赛事被统称为“纪念碑”(Monument),是指赛历中最负盛名的五场经典赛,还包括米兰-圣雷莫赛、法兰德斯周赛、巴黎-鲁贝赛和列日-巴斯通-列日赛。这次胜利也将聚光灯投向了他同样年轻的团队:Decathlon CMA CGM。该车队成立于2026年初,当时法国海运巨头取代了保险公司AG2R La Mondiale,并迅速将目标定为进入世界前三。为此,车队计划依靠预算支持,其预算已从2025年的2800万欧元增加到今年的4000多万欧元。对于这两家“相识多年的家族企业”来说,这项投资是有意义的,正如它们喜欢强调的那样。两家公司都面向国际市场并不断开拓新市场,它们深知自行车运动在全世界范围内都被传播和喜爱。对于推广其品牌形象而言,没有什么比这位职业自行车界最新天才正在构建的荣誉簿更好的选择了。—— Enrique Moreira
“没有执行力的愿景只是幻觉。”这是美国伟大的发明家和企业家爱迪生所说的话,而那些掌控着传统电信运营商的远后继者们从中得不到任何安慰。因为埃隆·马斯克的工业愿景已在火箭和卫星中变为现实。因此,他所积累的频谱资源受到了华尔街的严肃对待,后者担心来自 Starlink Mobile 的地面竞争将再次加剧。在 Meta 的 AI 智能体上个月引发低迷(该 AI 能比客户的大脑更精准地分析定价)之后,股市线条上出现了新的波动。美国三大电信巨头——威瑞森(Verizon)、美国电话电报公司(AT&T)和 T-Mobile 的累计市值不足 4900 亿美元,仅为拥有星链(Starlink)的 SpaceX 市值的五分之一。它们受到的冲击比欧洲运营商更为严重。而在欧洲运营商中,T-Mobile 的所有者德国电信(Deutsche Telekom)处境最糟。老欧洲的人口密度与山姆大叔(美国)不同,且其市场更加碎片化。因此,在美国利率上升且毫无改善的背景下,美国电信指数自第二季度以来失去了往日的风光,甚至相对于其欧洲同行也是如此。根据彭博(Bloomberg)的数据,在标准普尔 500, 指数(S&P 500)的非金融公司中,威瑞森和美国电话电报公司分别是第二大和第四大长期债券发行方,仅次于亚马逊(Amazon)和甲骨文(Oracle)。如果长期现金流被竞争对手抽走,那么价值创造的计算就必须重新进行。—— Sylvie Ramadier
CAC 40 指数轻微反弹
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Jean-Baptiste Djebbari est désigné président
du conseil d'administration
du groupe concessionnaire
d'autoroutes. Il succède
à Anne-Marie Idrac. Il a
également été nommé
administrateur de Sanef.
Jean-Baptiste Djebbari, 44 ans, diplômé de l'Enac, a d'abord été pilote de ligne. Elu député en 2017, il est devenu secrétaire d'Etat en 2019, puis ministre délégué chargé des Transports entre 2020 et 2022. Par la suite, il a notamment été managing partner du groupe Magellim et président du conseil d'administration d'Hopium.
Agnès de Ribet, 54 ans, titulaire d'un master marketing et communication Iserp/ECS, fut directrice du marketing et de la communication du cabinet d'avocats Coudert Brothers, puis du cabinet Dechert dans le cadre de leur rapprochement. En 2006, elle a rejoint Grant Thornton où elle est devenue, en 2022, associée chargée du business development, du marketing et de la communication. Elle était membre du comité de direction. Elle est, par ailleurs, membre du comité exécutif de la Comédie-Française.
Cyrille Vivier, 53 ans, diplômé de l'Esigelec, récipiendaire d'une formation de l'Edhec Business School, a intégré Oney Bank (anciennement baptisée Banque Accord) en 2006. Il a été directeur des opérations, des systèmes d'information et de la technologie au Portugal, puis sur le marché russe. Devenu directeur opérationnel et technique de l'activité internationale de paiement fractionné entre 2017 et 2019, il fut ensuite directeur général adjoint d'Oney Allemagne. Dès 2022, il a dirigé les marchés en développement d'Oney.
José-Luis Corato, 54 ans, diplômé de l'Edhec Business School, est titulaire d'un master en business and management de l'Edhec. Il a dirigé les activités françaises du groupe Banco do Brasil AG entre 2021 et 2024. Il a continué d'assister la direction comme consultant jusqu'en 2025.
Nicolas Pelpel, 47 ans, diplômé d'Audencia, est titulaire d'une maîtrise de droit des affaires de l'université de Paris-II. Après cinq années comme directeur des ventes B2B de Nissan Europe, il est devenu business unit director d'Europcar Mobility Group dès 2019. Il assurait la direction commerciale de Younited depuis 2022.
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LUNDI 12 OCTOBRE 2026
Budget de la Sécu : le bras de fer
\- Les députés débutent ce lundi en commission l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Gel des retraites, hausse du coût du travail : le plan de l'exécutif est déjà dans le viseur des parlementaires.
Plus de 1.600 amendements ont été déposés, signe que la copie du gouvernement risque fort d'être lacérée.
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Ukraine : l'ultimatum de Trump à Zelensky
GUERRE EN UKRAINE Donald Trump a annoncé dimanche un cessez-le-feu sur les infrastructures énergétiques entre la Russie et l'Ukraine. Epilogue d'un weekend où le président américain n'a cessé de faire monter la pression sur l'Ukraine et sur son président. Notamment après que le Trésor américain a suspendu des sanctions contre la Russie, pour qu'elle puisse vendre du diesel sur les marchés mondiaux. Très contesté en Ukraine, l'accord a pourtant ouvert la voie à ce cessez-le-feu, dont on attend les détails. Les Européens font bloc autour de Kiev et doivent annoncer un paquet de sanctions contre la Russie, ce lundi. // PAGES 6-7
Discorde franco-allemande sur l'armement
DÉFENSE L'inquiétude monte à Paris face à la volonté de « leadership » de l'Allemagne, forte d'un budget militaire deux fois supérieur, sur l'Europe de la défense. Illusion ou réalité ? L'incompréhension se répand en tout cas des deux côtés du Rhin. Dernier exem-
ple en date : le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon, acte la fin des ambitions franco-allemandes sur le char du futur. Des deux côtés du Rhin, les ministères de la Défense s'empressent cependant d'insister sur la poursuite du projet, même fortement révisé à la baisse. Prise de distance aussi pour l'armée de l'air, quatre mois après l'enterrement du SCAF par Paris et Berlin. Son cap pour l'avenir passe désormais par un avion de combat du futur national, et auparavant le « Super Rafale » F5. // PAGE 22 ET L'ANALYSE PAGE 11
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événement
A Paris, le nouvel
ordre mondial
de l'automobile
Les constructeurs chinois font une démonstration de force au Mondial de l'auto. // PP. 18-20
Présidentielle Primaire socialiste : Raphaël Glucksmann l'emporte dès le premier tour //P.5
Tech Musk
attaque de front
les opérateurs
américains // P. 24 télécoms américains // P. 24
Marchés L'UE trouve un accord au rabais sur la supervision financière // P. 29
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l'éditorial
Le tout petit pas de l'Europe à Pékin
La Chine et l'Europe avancent dans leurs négociations commerciales et c'est une bonne nouvelle. Cette semaine, les dirigeants des pays de l'Union européenne vont évaluer ce que le commissaire au Commerce, Maros Sefcovic, a rapporté de Pékin : un engagement à limiter la progression des exportations de voitures hybrides vers le Vieux Continent, la baisse des droits de douane chinois sur quelques milliards d'euros d'importations, et une simplification du dispositif autorisant les ventes à l'Europe de terres rares et d'aimants.
« Ce n'est pas la fin, c'est le début », a commenté Maros Sefcovic. « Pour être plus précis, c'est un tout petit pas dans la bonne direction. » L'Union européenne joue enfin de sa puissance d'achat auprès de son premier fournisseur.
Ces derniers jours, la pression a monté. Le couple franco-allemand, qui a tant de mal à avancer, s'est rapproché sur la fermeté commerciale face à Pékin. Les députés européens ont voté en faveur de mesures résolues contre la domination commerciale chinoise. Pascal Lamy, un prédécesseur de Sefcovic qui fut ensuite directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, a admis ne pas avoir été assez vigilant sur les subventions, au moment de l'entrée de la Chine dans l'OMC.
L'Union européenne a le rejet de la puissance dans ses gènes. Si elle veut survivre dans un monde refrag- menté, elle doit donc s'affirmer en retournant son patrimoine génétique. Elle commence à le faire, en devenant le principal soutien financier de l'Ukraine, en négociant avec Pékin. Pour survivre, elle devra aller plus vite plus loin. — Jean-Marc Vittori
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Le plan du gouvernement pour redresser la Sécu sous la pression des députés
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, et le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou (au centre), assurent que le budget de la Sécurité sociale préserve les plus modestes.
Eric Tschaen/REA
POLITIQUE
Les députés débutent ce lundi en commission l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.
Les mesures mises sur la table pour augmenter les recettes ou limiter les dépenses sont attaquées de toutes parts.
Solenn Poullennec
Le tour de chauffe s'annonce éprouvant. A partir de ce lundi, les députés vont examiner le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 en commission. Signe que la copie du gouvernement risque d'être lacérée, plus de 1.600 amendements ont été déposés par les parlementaires. Les débats promettent d'être aussi nourris qu'électriques sur le gel de pensions et la hausse du coût du travail mis sur la table par le gouvernement.
« Ce PLFSS, finalement, ce n'est pas loin d'être la saison 2 du musée des horreurs », a fustigé la députée socialiste, Sandrine Runel, lors de l'audition des ministres en charge du budget de la Sécu. « Il n'y a rien à sauver là-dedans [...] nous vous censurerons », a prévenu d'emblée Hadrien Clouet, de La France insoumise. « Le gouvernement fait encore payer les Français » a estimé, à l'autre bout du spectre, la députée du Rassemblement National (RN) Joëlle Melin.
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Suppression de la sous-indexation
Au cœur des critiques des oppositions, figure la proposition du gouvernement de ne pas revaloriser les pensions en fonction de l'inflation. Censée dégager près de 4 milliards d'euros pour la Sécurité sociale et l'Etat, cette mesure est l'un des principaux leviers identifiés par le gouvernement pour ramener le déficit de la Sécu en dessous de 13 milliards d'euros en 2027 (contre près de 22 milliards d'euros à la fin de cette année). L'exécutif promet de revaloriser les pensions les plus basses.
Mais alors que le retour en force de l'inflation pèse sur le pouvoir d'achat des Français, la perspective d'un gel d'une partie des pensions crispe à gauche comme à droite. La plupart des groupes politiques (hormis ceux du bloc central) ont ainsi déposé des amendements de suppression de l'article du projet de loi prévoyant de laisser la main à l'exécutif pour geler - ou du moins ne pas augmenter à hauteur de l'inflation - les pensions supérieures à 1.260 euros.
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Le PS plaide une hausse de CSG
« Les retraités ne sauraient être une variable d'ajustement des comptes sociaux », défendent les députés de la Droite Républicaine (LR). La mise en garde est la même du côté du RN, qui critique par ailleurs le fait qu'en cherchant à agir par décret le gouvernement réclame un « chèque en blanc ».
Pour les socialistes, freiner la hausse des pensions n'est « pas pertinent ». Ils préconisent plutôt de taxer les patrimoines les plus éle-« Les retraités représentent 25 % de la population et la contribution qui leur est demandée pèse environ 10 % de l'effort global, et ce alors que les dépenses de retraite constituent la moitié de la dépense sociale. »
JEAN-PIERRE FARANDOU
Ministre du Travail
vés ou bien de revoir le niveau de CSG applicable aux retraités les plus aisés.
«Les retraités représentent 25 % de la population et la contribution qui leur est demandée pèse environ 10 % de l'effort global, et ce alors que les dépenses de retraite constituent la moitié de la dépense sociale », a plaidé la semaine dernière, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Pour mettre à contribution les retraités, le gouvernement a aussi prévu de rogner leur abattement de 10 % à l'impôt sur les revenus dans le projet de loi de finances.
Ce coup de rabot a d'ores et déjà été retoqué par les députés examinant le PLF en commission. Difficile d'imaginer que leurs homologues spécialistes des finances sociales se montrent plus intraitables vis-à-vis des retraités. D'autant que l'examen en commission, qui débute, n'est que le tour de chauffe de la course de fond qu'est l'adoption du budget.
Parmi les autres mesures cruciales pour l'exécutif figure le coup de rabot sur les exonérations de cotisations dont bénéficient les entreprises. Après avoir gelé le barème des allègements de cotisations sociales dès cet été pour limiter le dérapage des finances publiques, le gouvernementa proposé de revoir le mode de calcul des allègements généraux en prenant désormais en compte les primes d'intéressement et de participation versées aux salariés. De quoi dégager 3,7 milliards d'euros pour la Sécu.
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LFI multiplie les amendements sur les allègements
Sans surprise, cette proposition, très critiquée par les représentants des entreprises, se retrouve attaquée par le « bloc central ». « Il s'agira surtout d'une hausse du coût du travail, qui frappera en priorité ceux qui ont choisi d'associer leurs salariés aux résultats de l'entreprise », écrivent les députés Horizons, en défense d'un amendement de suppression de la réforme proposée. « Il n'est pas acceptable d'augmenter une nouvelle fois le coût du travail pour les entreprises », taclent les députés de Droite Républicaine plaidant également la suppression. Le RN rejette aussi l'élargissement de l'assiette des exonérations proposé.
De l'autre côté de l'Hémicycle, les socialistes disent soutenir « la philosophie globale » de la réforme des allègements généraux sur la table mais se montrent encore plus exigeants en réclamant que les primes de partage de la valeur (ex primes Macron) soient intégrées dans le calcul des exonérations.
La France Insoumise, qui a multiplié les amendements sur les allègements généraux, suggère, quant à elle, de repousser les curseurs encore plus loin qu'envisagé par le gouvernement en réservant les exonérations de cotisations aux salaires inférieurs à 2 SMIC (contre 3 aujourd'hui).
Le remboursement des cures thermales dans le viseur de l'exécutif
Le gouvernement compte réaliser une économie de 200 millions d'euros en abaissant le taux de remboursement des cures par la Sécurité sociale. Une mauvaise nouvelle pour les acteurs du thermalisme et les assureurs.
La manœuvre était passée inaperçue pendant une semaine. Après la présentation de son projet de budget, le gouvernement a fait la lumière jeudi sur son intention d'abaisser le niveau de remboursement par la Sécurité sociale des cures thermales pour dégager 200 millions d'euros d'économies. De quoi hérisser les acteurs du thermalisme et les mutuelles.
« L'objectif du gouvernement, dans un contexte économique contraint, est de préserver le meilleur remboursement sur les soins les plus efficaces médicalement », explique le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.
Dans le détail, le remboursement par l'Assurance Maladie des soins effectués en cure serait ramené à 15 % pour tous les assurés, contre 65 % pour les patients « classiques » et 100 % pour les malades chroniques (avec une affection de longue durée reconnue), précise le cabinet.
La disposition, relevant du réglementaire, ne fait pas l'objet d'un article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale et n'avait pas été évoquée lors de la présentation du budget. Elle est simplement évoquée dans les annexes budgétaires relatives aux économies sur « les soins de ville ».
Les acteurs du thermalisme attendent encore d'en savoir plus mais assurent d'ores et déjà - sans surprise - qu'il s'agit d'une mauvaise idée. « On imagine un renoncement aux soins qui sera massif », explique Adeline Guérard, la vice-présidente du Conseil National des Etablissements Thermaux (CNETh). Ce n'est pas la première fois que le remboursement des cures thermales se retrouve dans le viseur des politiques. L'exécutif avait cependant semblé temporisé dernièrement en demandant un avis à la Haute Autorité de Santé (HAS) sur l'utilité de ces cures pour les patients. « C'est un peu contre-intuitif de lancer une évaluation sans attendre les résultats pour modifier les modalités de remboursement », tacle Adeline Guérard.
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La HAS court-circuitée
Interrogé sur ce qui ressemble à un court-circuitage, le ministère de la Santé, fait valoir qu'il sera toujours temps de revoir les règles une fois que l'avis de la HAS sera rendu. Attendue à la fin de 2027, cette analyse est « compliquée » à réaliser car « les pratiques ne sont pas standardisées », glisse le ministère. Le gouvernement laisse par ailleurs entendre que les complémentaires santé vont prendre le relais de la Sécurité sociale. Elles n'en ont cependant pas l'obligation et « on doute fortement [que les assureurs] en auront les moyens », assure Adeline Guérard. Les assureurs confirment qu'ils n'ont pas l'obligation de couvrir mais n'en sont pas moins pris de court et hérissés par cette annonce. « En découvrant les choses aussi tardivement, comment voulez-vous qu'on modifie les contrats ? », lance Eric Chenut, le patron de la Mutualité Française. « Une nouvelle fois, on fait semblant d'habiller des décisions par des éléments scientifiques mais au final ce sont des décisions purement comptables [qui l'emportent] », fustige le représentant des mutuelles.
Pour ces dernières et toutes les autres complémentaires santé, cette baisse du taux de remboursement s'ajoute à d'autres « transferts » de charges prévus au profit de la Sécurité sociale et au détriment des assureurs. L'exécutif a annoncé la semaine dernière qu'il comptait leur faire assumer davantage de dépenses de médicaments, soins dentaires et transports sanitaires, pour 1,2 milliard d'euros.
Le remboursement par l'Assurance Maladie des soins effectués en cure serait ramené à 15 % pour tous les assurés, contre 65 % pour les patients « classiques » et 100 % pour les malades chroniques.
Puis il a précisé qu'il allait leur transférer en plus autour de 500 millions d'euros de dépenses hospitalières. De quoi porter la facture des transferts à 1,7 milliard, voire 1,9 milliard d'euros si on tient compte-à court terme-de la baisse du remboursement des cures. Aux dires des assureurs, l'addition est même encore plus lourde qu'affichée. « On est à 4 ou 5 fois le niveau des transferts habituels, sans compter les taxes. Justifier cela par la guerre dans le détroit d'Ormuz, c'est complètement inconséquent », s'agace Eric Chenut. Les assureurs vont aussi s'acquitter une nouvelle fois l'an prochain d'une taxe supplémentaire de plus d'1 milliard d'euros.
Le débat sur le coût des mutuelles ne devrait donc pas manquer de repartir de plus belle à l'Assemblée lors de l'examen du budget de la Sécurité sociale à partir de lundi.
La question des cures thermales a aussi toutes les chances de faire des remous. Les députés et sénateurs de tous bords, élus de villes thermales, veillent à éviter tout déremboursement, arguant de l'importance économique de cette activité pour les territoires.
— S. P. avec N. S. et E. L.
Budget 2027: la discussion démarre aussi mal que l'an passé
BUDGET
Les députés de la commission des Finances ont rejeté la partie fiscale du projet de loi de finances, après l'avoir profondément remaniée.
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Sébastien Dumoulin et Stéphane Loignon
Après trois jours à examiner plus de 1.500 amendements à un rythme effréné, les députés de la commission des Finances ont rejeté la première partie du budget, consacrée aux recettes de l'Etat, par 33 voix contre et 3 pour. Comme l'an dernier, ils ont écarté une copie devenue inacceptable pour tous après l'adoption de multiples amendements allant dans des sens politiques contradictoires.
Selon un décompte provisoire effectué par le rapporteur général (LR), Philippe Juvin, les 21l amendements adoptés par la commission aggraveraient le déficit 2027 d'une dizaine de milliards d'euros, pour le porter à 5,4 % du PIB l'an prochain, loin du 5 % auquel tient fermement le gouvernement. « Ce quiressort de la commission des Finances, ce n'est pas une amélioration du déficit public, mais une dégradation d'au moins 8 milliards d'euros, a regrette de son côté le ministre des Comptes publics David Amiel, sur RTL dimanche. Ce n'est évidemment pas tenable. »
Personne n'est satisfait
Le calcul est simple. Les députés ont voté des baisses de recettes à hauteur d'une vingtaine de milliards d'euros, en rétablissant ou en créant des niches fiscales et en supprimant l'effort de 5 milliards d'euros demandé aux collectivités locales. Les hausses de fiscalité adoptées, à hauteur d'une dizaine de milliards d'euros, ne suffisent pas à compenser ce manque à gagner (cette équation ne prend toutefois pas en compte des amendements jugés incertains juridiquement ou complexes à chiffrer, qui pourraient rapporter quelques milliards supplémentaires).
Finalement, personne n'est satisfait. « Il y a plutôt une aggravation de ce budget qu'une amélioration », a commenté le président (LFI) de la commission, Eric Coquerel. A l'instar de toute la gauche, il regrette que les députés n'aient pas voté davantage de hausses d'impôts sur les grandes entreprises et les riches particuliers, en raison du « vote conjoint » du bloc central et du Rassemblement national pour s'y opposer. A droite, le texte n'a pas convaincu non plus, pour des raisons opposées. « La copie n'est pas satisfaisante à l'issue de ce premier tour de chauffe », a jugé Philippe Juvin, au vu des multiples hausses d'impôts votées et de l'aggravation du déficit. Il a rappelé que l'examen de la partie recettes du budget, en séance plénière à partir de mardi, repartirait de la copie du gouvernement, et exhorté ses collègues au sérieux.
Pour l'exécutif, il y a lieu d'être inquiet de cette « répétition générale », où ses mesures phares ont été rejetées. Les principales niches fiscales que le gouvernement voulait raboter ont été rétablies, celles qu'il voulait « sanctuariser » ont été touchées. L'effort qu'il voulait imposer aux collectivités a été effacé, et la « stabilité fiscale » promise par Sébastien Lecornu a été piétinée. Les députés ont notamment alourdi l'ardoise fiscale des entreprises. Certes, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises n'a pas été modifiée, et le pacte Dutreil a été préservé. Mais en parallèle, les députés ont raboté le crédit d'impôt recherche, renforcé la taxe sur les rachats d'actions, quintuplé la taxe Gafa, étendu la taxe sur les transactions financières, et voté diverses taxes sectorielles.
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Des niches fiscales rétablies
Inversement, les députés de la commission ont allégé l'effort des particuliers. Après avoir validé l'indexation sur l'inflation du barème de l'impôt sur le revenu, ils ont supprimé les mesures de fiscalisation des indemnités d'arrêt de travail et le rabot sur l'abattement de 10 % sur les pensions de retraite. De quoi ulcérer le gouvernement, qui a dénoncé par la voix de David Amiel la « lâcheté des partis politiques », alors que « beaucoup de retraités sont prêts à prendre leur part dans le redressement des finances publiques ».
Les députés ont aussi renforcé divers avantages fiscaux. La réduction d'impôt pour les dépenses d'hébergement en Ehpad a été transformée en crédit d'impôt, la TVA sur les abonnements électriques a été abais- sée à 5,5 %, les dispositifs favorisant les donations anticipées de patrimoines ont été élargis, les pensions alimentaires ont été défiscalisées pour le parent receveur, le plafond annuel d'exonération des heures supplémentaires a été supprimé... Pour compenser cette avalanche de cadeaux, quelques niches ont été réduites, dans des proportions bien moindres. Le crédit d'impôt sur les services à la personne, que le gouvernement voulait laisser intact, a vu son taux ramené à 40 % (hors garde d'enfants et assistance aux personnes âgées ou handicapées).
Comme l'an dernier, la contribution des plus riches a électricité les débats. Alors que le gouvernement avait largement fait l'impasse sur le sujet dans sa copie, les députés ont adopté plusieurs mesures visant les plus fortunés : instauration d'une taxe de 2 % sur les titres placés dans des holdings, relèvement de la CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus) ou renforcement de la CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus).
Cela n'a pas suffi à contenter la gauche, car la « taxe Zucman » et ses variantes, ainsi que les propositions de taxation des gros héritages, ont été écartées par le centre, la droite et le RN. Cette « alliance des droits », selon les mots de la députée socialiste Estelle Mercier, a conduit à « repousser toute forme d'imposition des grandes fortunes » mais aussi à « vider de sa substance la mesure gouvernementale sur l'apport-cession », a-t-elle regrette.
Dans l'attente d'une réponse du Premier ministre à sa demande d'une lettre rectificative sur le budget, le PS a déposé une motion de rejet préalable sur l'ensemble du texte, qu'il se réserve la possibilité de retirer d'ici mardi. Le compromis paraît loin.
Blocus des lycées : Parcoursup au cœur des discussions
POLITIQUE
Meryl Curtat/Hans Lucas/AFP
Le gouvernement promet des discussions sur la transparence et l'égalité des chances.
Les ministres Edouard Geffray et Philippe Baptiste rencontrent de nouveau les associations de lycéens, ce lundi.
Marie-Christine Corbier
C'est un sujet « prioritaire » pour les associations lycéennes et les organisations étudiantes tant il cristallise les colères. Les questions autour de Parcoursup seront, ce lundi, au cœur des discussions entre les associations lycéennes et les ministres Édouard Geffray (Education nationale) et Philippe Baptiste (Enseignement supérieur) qui les reçoivent. Et les discussions s'annoncent d'autant plus complexes que les lycéens ne sont pas tous sur la même ligne sur ce sujet.
Les deux ministres ont exclu toute suppression de Parcoursup, et donc balayé la revendication de l'Union syndicale lycéenne (USL), qui est aussi celle de l'Union étudiante. « Ce serait absurde de ne pas vouloir un endroit où on puisse se renseigner sur toutes les formations disponibles, indique Eloise Lefebvre-Milon, secrétaire générale de l'Union étudiante, mais il faut abroger toute forme de sélection et donc les algorithmes de Parcoursup. On doit pouvoir cliquer sur le bouton et s'inscrire, sans qu'il y ait de sélection sur les dossiers, sur les notes ou sur quoi que ce soit ».
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« Sectoriser »
Mais « Les Lycéens ! » et « Renouveau lycéen » sont, eux, ouverts à modifier Parcoursup. A la tête du mouvement « Les Lycéens! », Pierre Sourzat réclame « la suppression de la mention du lycée d'origine dans le dossier pour éviter de pénaliser les élèves qui viennent par exemple d'un lycée de Seine-Saint-Denis ». « Depuis sa création, ce sont 150.000 lycéens boursiers qui ont eu accès à des formations qu'ils n'auraient pas eues autrement, grâce à des quotas », défend Philippe Baptiste.
La question se pose « d'aller plus loin » sur ce sujet, dit-il, ou de permettre « plus de mobilité ». Le ministre se présente comme étant « vraiment ouvert sur ces discussions » et « sans ligne rouge ». Parcoursup est aussi ce qui a permis à des lycéens de Seine-Saint-Denis de venir étudier à Paris, abonde Édouard Geffray.
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Au cœur
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des discussions, lundi, se posera la question des algorithmes locaux sur laquelle travaille le gouvernement.
D'autres demandes surgissent, comme celle de l'ex-président de l'USL Manès Nadel qui, sur BFMTV, réclamait de « sectoriser les vœux pour que tout le monde ne soit pas dispatché à l'échelle nationale et éviter, un mois avant la rentrée, de devoir déménager de manière précipitée. » Cela interdirait à un lycéen de Toulouse d'étudier à Paris dans une formation sélective, s'inquiètent d'autres.
Au cœur des discussions, lundi, se posera la question des algorithmes locaux sur laquelle travaille le gouvernement. Ce sont ces règles de sélection que chaque formation du supérieur détermine pour sélectionner les lycéens.
Dans de nombreux cas, elles ne sont pas publiques, ou seulement en partie. « On apprend parfois, parce qu'on connaît tel prof qui a fait l'algorithme, que tel élève qui aura pris telle option au lycée aura un bonus, mais rien n'est public », s'agace un expert. « Certaines formations affichent des critères trop flous », renchérit Pierre Sourzat. De quoi alimenter les soupçons de « boîte noire » et d'opacité pour les lycéens et les familles.
Depuis 2018, les gouvernements successifs n'ont cessé d'expliquer qu'il était impossible de rendre publics ces critères au motif que les délibérations des formations pour les déterminer s'apparentaient à des « jurys » dont les délibérations devaient rester secrètes. Un « prétexte fallacieux », pour certains experts, d'autant que la France est le seul pays à ne pas publier ces algorithmes. Ailleurs, les élèves peuvent calculer à l'avance leurs chances d'admission, sur la base de barèmes et de nombre de points qui sont publics. « L'existence d'algorithms locaux propres aux formations, combinés avec les mécanismes de discrimination positive [...] pour réinjecter les quotas de boursiers et les quotas territoriaux suscite à la fois beaucoup de questionnements légitimes et autant de fantasmes dans la compréhension fine du mécanisme », indiquaient les députés Pierrick Courbon (PS) et Frantz Gumbs (Les Démocrates) dans un rapport en février dernier.
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Découvrir Parcoursup dès la seconde
« Philippe Baptiste va poursuivre les travaux [de ce rapport], avec notamment l'enjeu de l'égalité des chances et de la transparence des algorithmes », a promis Édouard Geffray, mercredi, à l'Assemblée.
Les députés réclamaient aussi une « découverte anticipée » de l'outil. « Il faudrait qu'on nous montre comment fonctionne Parcoursup dès la seconde », a lancé une lycéenne à Édouard Geffray, jeudi dernier, lors de son déplacement à Reims. « C'est partagé, ça ? » s'est enquis le ministre de l'Education nationale avant de recevoir une réponse affirmative.
Le geste sur les 3.000 professeurs remplaçants ne désarme pas la mobilisation sur le terrain
Les 3.000 professeurs titulaires remplaçants qui n'étaient pas affectés devant des élèves vont l'être très rapidement, promet Edouard Geffray. L'annonce du ministre de l'Education nationale suscite de vives critiques.
C'est une première réponse concrète aux revendications lycéennes, comme l'avait promis Sébastien Lecornu. Mais elle suscite nombre d'interrogations et de critiques. Le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, a annoncé, jeudi soir, que 3.000 professeurs remplaçants qui ne sont pas devant les élèves – sur 20.000 titulaires sur zone de remplacement (TZR) pour les collèges et lycées – allaient rapidement rejoindre les établissements les plus touchés par le manque d'enseignants.
Cette affectation doit se faire en priorité dans les 114 lycées en situation « rouge » - qui ont un manque de professeurs depuis plusieurs semaines - puis dans les 400 classés en « orange », dont la situation est difficile mais moins critique. Ces professeurs sont donc déjà dans les effectifs de l'Education nationale. Des critiques, venues de LFI, du PS ou du RN, ont fusé dès l'annonce : pourquoi ces 3.000 remplaçants, payés par l'Education nationale, n'ont-ils pas été affectés dès la rentrée ?
Un logiciel « dopé à l'IA »
Le ministère répond qu'il avait jusqu'ici beaucoup de mal à les identifier. Il a mis au point un logiciel, « dopé à l'IA », pour y remédier, a expliqué Edouard Geffray.
« On travaille sur cet outil depuis un an et à l'époque, ça ne passionnait pas les foules, grince le ministre. Cela permettra d'avoir une géolocalisation plus précise qui mesure le temps de transport des professeurs, ce qui nous aide à les affecter et donc à optimiser le processus. » Ces professeurs ont vocation à être affectés soit pour remplacer un professeur absent dans leur discipline, soit « en soutien » des autres enseignants pour « prendre des petits groupes, lutter contre des grandes difficultés scolaires ou aider au rattrapage pour des lycéens qui ont été privés de cours ces derniers jours », précise Edouard Geffray, qui promet aussi qu'ils ne seront pas affectés en dehors de leur académie. Ce vivier de professeurs ne permettra toutefois pas de répondre aux absences dans toutes les disciplines. C'est pourquoi le ministre de l'Education nationale s'est aussi engagé à recruter « plusieurs centaines de professeurs supplémentaires ». Sont évoqués à la fois des contractuels et des personnels issus des listes complémentaires des concours enseignants. Au total, en cumulé avec les 3.000 TZR, ce sont 4.000 professeurs qui doivent venir combler les trous dans les effectifs de l'Education nationale, a-t-il précisé.
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Reprise de la mobilisation dès mardi
Face aux critiques, le ministre préfère « dire la vérité ». « Je ne vais pas cacher le fait qu'il y avait 3.000 personnes qui n'étaient pas affectées devant les élèves, a-t-il répondu, vendredi matin, depuis un lycée de Cachan (Val-de-Marne) où il était en déplacement. Soit on les garde en réserve, soit on les mobilise dès maintenant. On doit une action aux élèves. Ils vont très vite voir les choses changer dans leur quotidien. On va pouvoir tenir les compteurs sur l'évolution du nombre de lycées en situation rouge. » Le vice-président de l'association « Les Lycéens ! » Louis Letoublon y voit « une réponse », même s'il « attend de voir ce que ça va donner dans les lycées ». Mécontent d'être resté « sans réponse » sur les autres demandes des lycéens, il a promis, une reprise de la mobilisation dès mardi, alors que 96 % des lycées étaient ouverts vendredi et que le nombre d'établissements fermés a baissé (141 contre 157 jeudi à la mi-journée).
Du côté des chefs d'établissement, l'arrivée des 3.000 enseignants est saluée. C'est « déjà un geste », souligne François Resnais, du principal syndicat de chefs d'établissement (SNPDEN-Unsa). Il avoue « être un peu tombé de la branche » en apprenant qu'ils étaient 3.000 à ne pas avoir été affectés, alors que, début septembre, près des deux tiers des établissements n'avaient pas tous leurs personnels enseignants. Si les TZR sont tous affectés, comment garder de la souplesse pour les remplacements à venir et « ceux qui vont se casser une jambe au ski cet hiver ? », interroge de son côté Sophie Vénétitay, à la tête du principal syndicat d'enseignants, le SNES-FSU. « C'est peut-être davantage une réponse politique à la crise qu'un traitement de fond de la question du remplacement », redoute-t-elle.— M-C. C.
En Auvergne, Mélenchon s'adresse à la jeunesse
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PRÉSIDENTIELLE
Après une visite à Gergovie, le candidat de La France insoumise a tenu meeting à Clermont, dimanche, où il a dénoncé « l'ignominie de Parcoursup » et déroulé son plan pour l'éducation.
Hadrien Valat
Du haut de l'oppidum de Gergovie, Jean-Luc Mélenchon hume l'air des vieux volcans. Samedi, l'éruptif Insoumis n'est que béatitude. Là où, deux mille ans plus tôt, Vercingétorix déboutait César, des chevaux broutent paisiblement. Un arc-en-ciel évince les dernières gouttes de pluie au-dessus de la Chaîne des Puys.
« Il y a des lieux comme ça en France qui vous envahissent », s'émeut le quadruple candidat à la fonction suprême devant la campagne à perte de vue. L'image est belle pour l'Insoumis qui entend crédibiliser sa stature présidentielle, et qui fait lui-même le parallèle avec les pèlerinages de François Mitterrand à la Roche de Solutré.
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Guerre de mouvement
Une scène quelque peu à contre-emploi pour celui qui mise avant tout sur les habitants des quartiers populaires et sur les jeunes urbains pour atteindre le second tour de la présidentielle. Mais aucunement en contradiction avec ses concepts clés de « nouvelle France » et de « créolisation », assure Jean-Luc Mélenchon : « Dix ans après la bataille, ils étaient romanisés comme personne à Gergovie. » Le tribun Insoumis s'amuse à filer la métaphore politique. Face à des Gaulois « désorganisés » en une multitude de tribus (tels des socialistes ?), lui se reconnaît mieux dans l'ordre romain. Pas si étonnant, au vu de la cohésion quasi militaire de LFI. Le troisième homme de l'élection 2022 se retrouve aussi dans la guerre de mouvement de César : « Il faut bouger, changer de front sans arrêt [...] Il faut obliger l'adversaire à courir... une semaine, la dette, une autre, les lycéens », explique-t-il.
C'est d'ailleurs de la jeunesse dont il est largement question dès le lendemain, à Clermont. Car après le calme de cimes samedi, place à l'effervescence du Zénith dimanche. Le candidat LFI tient meeting devant 10.000 personnes - selon les Insoumis, qui additionnent ceux dans le public et ceux suivant l'événement en direct sur écran géant à l'extérieur.
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S'adresser aux jeunes représente un enjeu stratégique.
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C'est l'électorat qui soutient le plus massivement LFI mais aussi « qui vote 30, 40 points de moins que le reste de la population ».
Encore une fois, l'image est trop belle pour ne pas s'en repaître. « Tout ceci se voit, tout ceci se sait », peut savourer Jean-Luc Mélenchon.
Sur scène le septuagénaire a martelé son soutien à la mobilisation des lycéens. Des lycéens qui étaient d'ailleurs invités, en première partie, pour réclamer «10 milliards pour nos bahuts» dans le prochain budget à « Monsieur
Lecornu ». Jean-Luc Mélenchon a longuement pourfendu Parcour-sup, « une ignominie ». « C'est le mar-tyr de toute la famille sur trois géné-rations », a-t-il harangué la foule.
S'en prenant du même coup à un de ses « inventeurs », Gabriel Attal, qui était la veille en meeting à Lyon, que Mélenchon tient pour « personnellement responsable » d'une partie de la révolte lycéenne. La démonstration du jour avait d'ailleurs été pensée comme une réponse à l'événement de l'ancien Premier ministre. En installant le duel, les Insoumis assument vouloir fracturer le bloc central qu'entend rassembler Edouard Philippe.
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« Marchandisation du savoir »
Le « bazar » de l'affectation post-bac, qui met les établissements et les élèves en concurrence entre eux, selon Jean-Luc Mélenchon, a été « organisé du sommet de l'Etat par desgens qui voulaient transformer le savoir en marchandises », a-t-il accusé, répétant son opposition à la sélection à l'université.
Il s'est aussi appesanti sur le sort des filières professionnelles. « Du CAP jusqu'à la licence professionnelle, notre gouvernement leur préparera un passage sans fossé », a-t-il promis. Pour entreprendre son projet de repas bio et gratuits dans toutes les cantines, il faudra « 400.000 » agriculteurs supplémentaires. Avec, à la clé, des économies sur les maladies comme le diabète ou les cancers, autant de « dividendes du bonheur », entrevoit le leader de LFI.
Afin de mener à bien la rénovation thermique des logements qu'il appelle de ses vœux, « 300.000 personnes » formées à ces métiers seront nécessaires. « 200.000 » pour appliquer le programme insoumis dans les énergies renouvelables. Et « 100.000 » autres pour entreprendre la conversion du pays vers l'électrique. «Ily a un lien très étroit entre le fait que nous refusons la marchandisation du savoir et l'accomplissement de la planification écologique », a ainsi souligné Jean-Luc Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon, en visite à Gergovie (Puy-de-Dôme), samedi. Photo Stéphane Lemouton/Sipa
S'adresser aux jeunes représente aussi un enjeu stratégique pour le troisième homme de la présidentielle 2022. C'est l'électorat qui soutient le plus massivement LFI mais aussi « qui vote 30, 40 points de moins que le reste de la population », a pointé Manuel Bompard, lors d'un point presse à l'issue du meeting.
A Lyon, Attal se pose en candidat de la des jeunes pour contrer le candidat LFI
PRÉSIDENTIELLE
En meeting à Lyon, le candidat Renaissance à la présidentielle a critiqué le projet de budget et lourdement attaqué LFI et Jean-Luc Mélenchon.
Grégoire Poussielgue
— Envoyé spécial à Lyon (Rhône)
Gabriel Attal sait saisir les opportunités. En pleine fièvre lycéenne que le gouvernement peine à contenir, le candidat Renaissance à l'élection présidentielle s'est posé samedi lors d'un meeting à Lyon en « candidat de la jeunesse ». « La jeunesse est notre avenir, mais bien plus que cela. Elle est notre énergie, qui nous pousse à avancer, elle est la fougue, le courage », a-t-il lancé dès le début de ce premier « meeting régional » de sa campagne.
Dans une salle de 3.000 places - l'amphithéâtre 3.000 - le candidat a réuni 2.000 personnes, ce qui était prévu par la direction de Renaissance. Sur le pupitre du candidat, on pouvait lire « discours à la jeunesse », un clin d'œil à la gauche et au discours prononcé par Jean Jaurès en 1903 à Albi et auquel Emmanuel Macron avait aussi fait référence en mai 2017, juste avant le second tour. Le candidat a aussi cité une autre figure de la gauche, Pierre Mendès France.
Parler de la jeunesse a permis à Gabriel Attal de prendre pour cible La France Insoumise (LFI) et son candidat Jean-Luc Mélenchon. Une façon de se poser, plus qu'Edouard Philippe, en principal adversaire du leader des Insoumis. Pour l'ex-Premier ministre, 2027 n'est pas une élection « pour choisir un président de la République, mais pour donner un avenir à la jeunesse ».
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Pacte générationnel
Face à un public plutôt âgé - habituel pour les meetings politiques - et plutôt sage, Gabriel Attal tente une OPA sur la jeunesse en évo-quant tous les sujets qui la préoccupent, de l'éducation au dérèglement climatique en passant par l'IA. « Je veux être le président qui parle à la jeunesse parce qu'il la comprend », a-t-il martelé. L'opération est loin d'être gagnée car les 18-24 ans votent très majoritairement Jean-Luc Mélenchon, qui récolte plus de 50 % des intentions de vote. Le candidat Renaissance a taclé à plusieurs reprises son concurrent de LFI. « Son projet pour la jeunesse, c'est la sélection par l'échec », a-t-il lancé sous les applaudissements.
Rapidement, il a embrayé sur la colère des lycéens. Il a accusé LFI « d'appeler à l'émeute » ou de faire de la jeunesse « de la chair à canon », mais dénoncé aussi la position du RN. « Vous méritez l'écoute, le respect, des réponses, de ne plus jamais avoir à ressentir qu'on n'est jamais pris au sérieux quand on a 17 ans », a-t-il déclaré à l'attention de ceux qui manifestent.
Gabriel Attal a présenté un « nouveau pacte générationnel ». Il a répété sa promesse d'augmenter les moyens de l'école, malgré une baisse du nombre d'élèves dans les années à venir. « Moins d'élèves avec nous, ce ne sera pas moins de classes mais moins d'élèves par classe et plus de professeurs », a-t-il dit. Il a aussi répété ses propositions sur la rénovation du bâti scolaire – une importante revendication des lycéens – les augmentations de salaires des professeurs ou encore le temps scolaire.
Au passage, il a taclé le projet de budget pour l'année prochaine et la proposition du gouvernement de supprimer 1.600 postes de professeurs l'année. Il s'est aussi engagé dans la lutte contre les discriminations et pour favoriser les transmissions entre les générations.
Le moment est important pour le candidat Renaissance. Quatre mois et demi après s'être lancé dans le bain de la présidentielle, il est toujours derrière Edouard Philippe dans les études d'opinion. Le doute s'installe dans son camp. « Beaucoup constatent que sa campagne ne prend pas », souffle un cadre de Renaissance. La semaine dernière, dans les colonnes du « Parisien », il a plaidé pour une « grande coalition » allant de la social-démocratie à la droite républicaine, ajoutant qu'une primaire pouvait « être la solution » pour les départager.
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Une « coalition large des démocrates »
Mais cet appel, identique à celui qu'avait fait François Bayrou deux semaines auparavant lors de sa rentrée à L'Isle-sur-la-Sorgue, fait chou blanc. « De la pure tactique », souligne un élu de droite. Cela n'a pas empêché Gabriel Attal de plaider à nouveau pour une « coalition large des démocrates » en France. Le résultat de la primaire à gauche, dont le premier tour a eu lieu dimanche, sera aussi déterminant pour Gabriel Attal, qui lorgne sur l'électorat social-démocrate.
Pour le candidat Renaissance, le match continue au sein du bloc central et n'est pas plié. Si Edouard Philippe alterne le salé (retraites) et le sucré (impôts sur le revenu) pour sa campagne, Gabriel Attal insiste sur le sucré. « Edouard Philippe a pris l'avantage sur Gabriel Attal mais il n'a pas tué le match. Les électeurs du bloc central peuvent encore changer d'avis. Gabriel Attal a du mal à se situer sur l'échiquier politique. Pour espérer renverser la tendance, il doit être mieux identifié, ses propositions doivent plus marquer l'opinion », note un sondeur.
Lycées: péril jeune, caricatures et fractures
Le mouvement des lycéens, certes soutenu par les Français, réveille de forts clivages, politiques et générationnels. Le péril ? Un débat présidentiel caricatural, qui passe à côté des questions soulevées.
LE FAIT
DU JOUR
POLITIQUE
d'Isabelle
Ficek
La « décelération » avant l'essoufflement à la faveur des vacances de la Toussaint ? C'est évidemment, avant une nouvelle journée de mobilisation mardi, ce que veut voir l'exécutif dans les chiffres de lycées fermés en baisse en fin de semaine : que le « fleuve en crue retrouve son lit », selon les mots d'un conseiller. Les Français, eux, y croient moins. Un mouvement qui s'éteindrait comme il est né, sans prévenir et que personne, syndicats compris, n'avait anticipé ? Ils sont 59 % à penser – dont beaucoup avec inquiétude – que les protestations vont durer (Ipsos-BVA-Cesi Ecole d'ingénieurs pour « La Tribune Dimanche »). Surtout, à six mois de la présidentielle, cette dynamique réactive de profonds clivages. Certes, la plupart des revendications sont largement soutenues, à l'exception de la suppression de Parcoursup. Certes, une majorité (54 %) approuve le mouvement mais – première fracture – plus on est âgé et plus on le condamne (53 % des plus de 60 ans), toujours d'après la même enquête. Le clivage gauche-droite fonctionne aussi à plein avec une approbation massive du côté des sympathisants LFI (92 %) et du reste de la gauche ; à l'inverse, un bloc central et une droite plus que mitigée (67 % des sympathisants Renaissance-Modem-Horizons désapprouvent contre
33 % qui approuvent et 65 % chez LR-UDI contre 32 %) ... Si les violences, côté mouvement sont très largement condamnées - sauf chez les sympathisants LFI où elles sont soit justifiées soit excusées -, le regard sur celles qui ont pu avoir lieu côté police clive bien davantage (excusées ou justifiées du bloc central jusqu'au RN). Des positionnements qui, in fine, correspondent à ceux exprimés par les candidats à la présidentielle. Soutien, à gauche. Revendications balayées et condamnation des violences chez Bruno Retailleau pour LR, mais aussi du côté du RN et Marine Le Pen. Pointe d'ironie chez Edouard Philippe avant qu'il ne reconnaisse des « revendications légitimes ». Quant à Gabriel Attal, il a ce week-end joué à fond la carte jeunes (moins d'élèves par classe, révolution du temps scolaire etc.) et fustigé le grand favori des sondages chez les jeunes, Jean-Luc Mélenchon, accusé d'en faire de la « chair à canon » et de les vouer à la « sélection par l'échec ». Le candidat Insoumis, en démonstration de force dimanche en meeting, a pilonné dans la situation de l'école un « bazar organisé du sommet de l'Etat »; dans Parcoursup, « une ignominie » pour « organiser un marché ». Pas sûr, avec ces clivages exacerbés et anathèmes échangés sans nuances, que la campagne présidentielle permette un débat serein sur ces questions légitimes et nécessaires de l'orientation, l'amélioration du niveau, l'accès à l'enseignement supérieur etc. A la clé pour les jeunes ? Le péril des déceptions.
Raphaël Glucksmann remporte la primaire socialiste dès le premier tour
PRÉSIDENTIELLE
Le président de Place publique obtient 66 %.
Il est désormais le candidat du pôle social-démocrate, et Olivier Faure, deuxième, finit loin derrière.
Hadrien Valat
Victoire nette et sans bavure. Raphaël Glucksmann a terrassé, dès le premier tour, ses concurrents de la primaire du pôle socialiste. Dimanche, au terme du scrutin organisé par le PS, Place publique et GRS, il a obtenu 66 % des voix très loin devant Olivier Faure, arrivé deuxième avec 14 %.
Le président de Place publique avait finalement accepté, en traînant les pieds, de participer à un départage au sein même de son camp. A raison. Il obtient près de 80.000 voix sur les 120.000 exprimées. « Ce résultat dit quelque chose de puissant : une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner », a immédiatement réagi l'essayiste sur X. Mais « cette première place ne me donne aucun droit. Rien n'est gagné. Elle m'oblige à écouter, convaincre et rassembler davantage ».
« Je suis le candidat de la gauche démocratique » qui « pourra battre » l'extrême droite », a-t-il ensuite déclaré devant ses soutiens, disant mesurer « l'immense responsabilité que cela représente ». « Ceci n'est qu'un début » car « ce soir, la bataille de France commence », a-t-il lancé. Pour le président de Place publique, le plus dur commence maintenant, avec à sa gauche Jean-Luc Mélenchon, qui ne le ménagera pas, et les candidats du bloc central.
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« Ce résultat dit quelque chose de puissant »
Ses propositions, au premier rang desquelles la « révolution écologique », la réindustrialisation du pays, ou la baisse de la CSG sur les salaires pour augmenter le net ont visiblement séduit les électeurs sociaux démocrates. Mais aussi sa volonté de « refonder la gauche » sans accords avec LFI.
C'est un véritable camouflet pour le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui n'obtient que 17.000 voix, alors que le parti qu'il dirige comptait le plus d'électeurs potentiels à cette primaire. Le député de Seine-et-Marne avait ancré sa candidature à gauche, sans toutefois complètement clarifier sa position vis-à-vis de potentielles alliances avec les Insoumis.
« Nous avons désormais un candidat, à nous toutes et tous de forger ensemble cet esprit de victoire », a dit Olivier Faure, à l'annonce de sa
« Nous avons désormais un candidat, à nous toutes et tous de forger ensemble cet esprit de victoire. »
OLIVIER FAURE
Premier secrétaire du PS
défaite. Il a promis qu'il continue-rait à « contribuer » à l'union avec les écologistes et les communistes depuis son poste de Premier secrétaire.
En plaçant sa candidature sous l'égide de « l'ordre tranquille », Ségo-lène Royal espérait être la surprise de cette primaire. Elle échoue finalement à un peu plus de 7 %. La finaliste de la présidentielle 2007, dont les adversaires redoutaient les saillies, n'y est pas allée de main morte. Ses attaques frontales contre Raphaël Glucksmann ont fait fulminer les soutiens de l'essayiste : pris dans les phares d'une « Ségo » pas « tranquille » du tout, l'eurodéputé a parfois chancelé lors des débats télévisés. Mais si l'art de la punchline de l'ancienne ambassadrice des pôles a fait le bonheur des réseaux sociaux, il ne s'est pas matérialisé en soutiens sonnants et trébuchants. En témoigne son meeting le 22 septembre à Alfortville, où le public clairsemé ne remplissait pas le gymnase qui accueillait les festivités. Elle assure désormais, du bout des lèvres, soutenir Raphaël Glucksmann mais à la condition qu'il tende la main au reste de la gauche.
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« Sur le pont »
A la tête de son microparti, Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), Emmanuel Maurel termine proche des 6%. En se présentant sur la ligne de départ, il voulait faire entendre ses idées en profitant de la médiatisation de la primaire. Notamment sa proposition de « grand emprunt » qui mettrait à contribution l'épargne des Français pour financer la transition écologique.
Le cinquième homme de la primaire, Jérôme Guedj, avait fait de sa candidature un manifeste contre les « Cette première place ne me donne aucun droit. Rien n'est gagné. Elle m'oblige à écouter, convaincre et rassembler davantage », a déclaré le président de Place publique après sa nette victoire.
Photo Sarah Meyssonnier/Reuters
alliances avec les Insoumis, qu'il accuse de souffler sur les braises de l'antisémitisme et des passions identitaires. N'hésitant pas à attaquer frontalement Olivier Faure, dont il fustige l'ambiguïté vis-à-vis de LFI. Il obtient finalement 5,8 % et se dit dimanche « sur le pont » pour soutenir Raphaël Glucksmann.
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Cyberattaque
Ces derniers jours, les entourages des candidats refusaient de s'adonner aux pronostics. Tous avaient en tête la fameuse « boîte noire » des 42.695 personnes inscrites sur la plateforme « choisir2027.fr », c'està-dire les électeurs qui se sont acquittés de 15 euros sans adhérer à un des trois partis. Une cohorte insondable, avec le potentiel de faire basculer le scrutin.
Pour éviter les accusations de trucages, que se renvoient les différentes écuries socialistes à chaque congrès ou primaire, ou l'utilisation de boîte à chaussures à défaut d'urnes, comme cela a pu être constaté par le passé, les sociaux-démocrates ont cette fois-ci préféré déléguer. C'est un prestataire, la plateforme e-votez, qui organise le scrutin, censé se dérouler, une fois n'est pas coutume, sans accroc.
Mais en dépit de toutes les bonnes volontés, le vote du premier tour a connu un gros hic. La plateforme a subi une cyberattaque dès son ouverture aux électeurs vendredi matin. « Un afflux massif et fictif de connexions », générées par des bots, a empêché de nombreux sympathisants d'enregistrer leur choix. Le problème n'a été réglé qu'en début de soirée, laissant planer des doutes sur le niveau de participation final. La commission d'organisation de la primaire avait finalement décidé de décaler d'une journée la clôture du vote, soit jusqu'à dimanche à 18 heures.
Les chefs d'entreprise guère convaincus par la copie budgétaire de la candidate Marine Le Pen
Marine Le Pen et Jordan Bardella, au siège du RN, mardi. Photo Mehdi Dedouach/AFP
POLITIQUE
La candidate du RN a présenté le 6 octobre son plan pour réduire le déficit budgétaire si elle est élue.
Les patrons jugent l'exercice positif sur la forme, mais largement insuffisant sur le fond.
Anne Feitz
« Pro business », le Rassemblement national ? Au lendemain de la présentation par Marine Le Pen de son ambitieuse trajectoire budgétaire de redressement des comptes publics, le 6 octobre dernier, les chefs d'entreprise ne se montrent guère convaincus par la copie.
Au-delà de leurs convictions politiques, beaucoup ont suivi la prestation, mardi, de la candidate du parti d'extrême droite – donnée gagnante par certains sondages à la présidentielle. La plupart saluent l'exercice... sur la forme. « Il est intéressant de voir que le RN a changé sa doxa budgétaire et donne son plan d'économies. Ce n'est pas le cas de tous les candidats », souligne le dirigeant d'une organisation patronale.
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Baisses d'impôts de production
Mais sur le fond, les dirigeants restent extrêmement réservés sur le plan de Marine Le Pen, censé générer 140 milliards d'euros d'économies annuelles nettes d'ici à 2032. « Il y a du bon et du moins bon », a prudemment commenté Patrick Martin, le président du Medef, le 7 octobre.
Difficile, pour les patrons, de ne pas saluer la suppression des impôts de production (CFE, C3S et CVAE) proposée par le RN, qu'ils réclament de leurs vœux depuis des années. Marine Le Pen a aussi promis une « réforme de l'IS en faveur des TPE PME », qui sera présentée plus tard, et un « renforcement » du pacte Dutreil sur les successions. « Ça va dans le bon sens », a reconnu Patrick Martin. Alors que le RN chiffre l'allègement de charges induit à 20 milliards d'euros par an, d'autres relèvent que l'effort est loin de couvrir les taxes non assises sur les bénéfices supportées par les entreprises. « Celles-ci représentent plus de 100 milliards d'euros par an... », rappelle un représentant du patronat.
Surtout, tous s'inquiètent du financement de ces baisses d'impôt. Tous les économistes ont émis des doutes sur la crédibilité des économies annoncées. « Le RN dit qu'il veut créer un choc de compétitivité. Mais si ces mesures ne sont pas financées, elles n'auront pas d'effet, car les entreprises anticiperont un durcissement ultérieur de la fiscalité et n'investiront pas. C'est ce qui s'est passé, pour les particuliers, avec la suppression de la taxe d'habitation en 2017 », explique Erwann Tison, économiste à l'Institut de l'entreprise.
Le Syndicat des indépendants (SDI) et TPE, qui représente les entreprises de 0 à 10 salariés, peine lui aussi à applaudir. « Ces allègements n'ont de sens que s'ils ne sont pas compensés par de nouvelles taxes ou de nouvelles charges », insiste son secrétaire général, Marc Sanchez.
Une crainte fondée, relève-t-il : le RN veut notamment appliquer une taxe de 1.000 euros sur l'emploi de salariés non européens, qui risque de pénaliser des secteurs gros employeurs de salariés étrangers.
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Rachats d'actions
Les grandes entreprises seraient elles aussi lourdement mises à contribution. « Elles font figure de boucs émissaires : elles supporteraient au total 18 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires en 2027 », a calculé Erwann Tison. Le RN veut
notamment taxer les multinationales qui « ne paient pas leur dû » en France, sur la base du chiffre d'affaires réalisé dans l'Hexagone. Une mesure destinée selon les dirigeants du parti à lutter contre la « suroptimisation » fiscale, et censée rapporter 3,8 milliards d'euros par an. Mais qui suscite scepticisme et opposition. « Les impôts des multinationales sont régis par des conventions fiscales entre Etats, je ne vois pas comment on les casserait sans mettre en jeu notre crédibilité », tempête le dirigeant patronal précité. « La France n'est pas une île dans un océan!». Les chefs d'entreprise sont aussi vent debout contre la taxe de 30 % sur les rachats d'actions prévue par le RN. Non seulement ils jugent son chiffrage (11,4 milliards en 2027, puis 340 millions les années suivantes) « lunaire », car il ne tient pas compte de son effet dissuasif. Mais ils estiment aussi qu'elle est « confiscatoire », et constitue « une incitation à délocaliser », selon Erwann Tison.
Plus généralement, les dirigeants regrettent que les économies affichées ne soient pas documentées. Et « [Les grandes entreprises] font figure de boucs émissaires : elles supporteraient au total 18 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires en 2027. »
ERWANN TISON
Economiste à l'Institut de l'entreprise
attendent les détails de la réforme des retraites du RN, qui veut ramener l'âge légal de départ entre 60 et 62 ans – alors que le déséquilibre du système représente une énorme part du déficit public à venir. « Impossible de juger ce contre-budget s'il manque l'éléphant dans la pièce ! », balaie l'un de leurs représentants. Mardi dernier, Marine Le Pen a assuré que la « correction des mesures injustes » du système permettrait d'économiser « 15 à 20 milliards », ce qui ramènerait le coût de sa réforme à 9,5 milliards en 2031.
Le parti promet d'expliciter son budget. « Le détail du chiffrage n'a pas été présenté, je comprends les critiques. Mais nous sommes encore en début de campagne : chaque ligne est parfaitement documentée, et sera expliquée », assure un poids lourd du parti. Pour la réforme des retraites, rendez-vous mi-novembre.
Trump annonce une trêve énergétique entre la Russie et l’Ukraine
La dernière rencontre entre le président ukrainien et le président américain a eu lieu lors de l'assemblée générale des Nations unies le 22 septembre 2026, à New York. Photo Kylie Cooper/Reuters
GUERRE
EN UKRAINE
Donald Trump a annoncé un arrêt des frappes sur les infrastructures énergétiques entre les deux belligérants.
Virginie Robert
Va-t-on vers un vrai répit ? Donald Trump a annoncé dimanche un cessez-le-feu sur les infrastructures énergétiques entre la Russie et l'Ukraine. Volodymyr Zelensky, qui s'était dit ouvert à un cessez-le-feu de ce type un peu plus tôt sur la chaîne américaine ABC, dimanche, a néanmoins fait part de son étonnement.
« L'annonce d'un cessez-le-feu a été une surprise pour moi. Mais si les Russes acceptent un cessez-le-feu concernant les infrastructures énergétiques, l'Ukraine l'acceptera. Si le président Trump l'a négocié avec Poutine, qu'on nous dise simplement quand le cessez-le-feu entre en vigueur. Nous sommes prêts et nous l'accepterons », a-t-il déclaré au site d'information Axios. Mais il faudra « des garanties réelles ».
Cette trêve intervient après que, vendredi soir, le Trésor a annoncé une autorisation temporaire jusqu'en avril 2027 « afin de permettre l'approvisionnement du marché mondial en diesel russe ». Un accord voulu par le président américain pour essayer de noyer le mécontentement des Américains face à la hausse du prix du diesel.
Les Ukrainiens sont très mal pris la chose, d'autant que l'escalade des frappes russes des dernières semaines touche de plus en plus de civils et vise à rendre la vie urbaine invivable.
« Toute atténuation des sanctions contre la Russie sans un accord clair et durable de désescalade avec la Russie joue en faveur de la Russie, pour qu'elle tue davantage, qu'elle fasse la guerre plus longtemps, qu'elle respecte encore moins l'Amérique et qu'elle inflige encore plus de pertes et de dommages au monde », a expliqué dans un long message sur X Volodymyr Zelensky.
« Le premier sujet pour Trump, ce sont les midterms et le prix du diesel aux Etats-Unis. Il est prêt à tout pour montrer qu'il privilégie les intérêts nationaux américains », constate Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du centre Russie/Eurasie de l'Institut français des relations internationales. Peu importe que ce soit la guerre en Iran et le blocus du détroit d'Ormuz qui aient fait grimper les prix du pétrole au plafond.
Si l'effet économique de cet accord sur le diesel avec la Russie ne sera pas très sensible, au vu des volumes modestes libérés, son impact symbolique l'est bien davantage. « Cela revient à dire que les Etats-Unis interdisent les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes car cela nuit aux intérêts économiques américains », souligne la chercheuse.
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Donnant-donnant
Les Européens se sont rapidement ralliés autour de Kiev après les dernières saillies de Donald Trump et préparent un 22 $^{e}$ paquet de sanctions qui sera discutélundi. Le chancelier allemand s'est récemment rendu à Kiev avec un milliard d'euros d'aide et le Premier ministre britannique doit prochainement rencontrer le président ukrainien.
« J'attends le réveil de l'Europe. Il y a des dynamiques positives sur l'augmentation des capacités de défense. Mais c'est lent », a déclaré vendredi à l'Ifri l'ambassadeur d'Ukraine en
France, Vadym Omelchenko, lors d'un forum France-Ukraine. Les Ukrainiens, qui craignent surtout une baisse de l'aide des renseignements américains, espèrent davantage de soutien, notamment pour compenser leur infériorité actuelle dans la bataille du ciel.
Une diplomatie impossible
Le travail de la diplomatie est plus que difficile. La rencontre de la délégation des envoyés allemand, français, britannique et ukrainien en Floride ce week-end a été totalement obscurcie par l'accord sur le diesel russe. Et Trump necesse de miner la légitimité de son homologue ukrainien, qui est selon lui responsable de la guerre. « Chaque fois qu'il y a un moment important, Trump sort la carte de l'illégitimité de Zelensky », observe Tatiana Kastouéva-Jean. Le président ukrainien a toutefois pris la balle au bond et déclaré sur ABC qu'il organiserait des élections en Ukraine, si Vladimir Poutine acceptait un cessez-le-feu global de 60 jours.
Des questions techniques doivent être prochainement discutées à Abu Dhabi, mais la réunion a été reportée à fin octobre. Et la Russie refait son apparition dans les grandes enceintes : Vladimir Poutine a été invité par les Etats-Unis au prochain
G20 et le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a participé à la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères du G20.
« L'Ukraine cherche un chemin entre le risque d'une guerre sans fin d'un côté et de l'autre, une forme de capitulation. Le choix est très, très mauvais. Rien ne se décidera sur l'Ukraine sans l'Ukraine. Mais ça, c'est précisément ce que la Russie refuse », explique Nadiia Koval, chercheuse à l'European Policy Institute de Kiev.
Donald Trump laisse entendre que Poutine veut un accord, mais en réalité, assure Stéphane Audrand, chercheur au centre d'études de sécurité de l'Ifri, l'objectif du
Kremlin, « ça reste d'écraser l'Ukraine et après de faire éclater l'Union européenne et l'Otan ».
Il faut donc renforcer l'effort militaire, insiste Arnaud Valli, chargé des affaires publiques de Comand AI. « N'oublions pas que l'un des meilleurs moyens de dissuader la Russie, c'est le temps de survie des soldats russes en Ukraine. C'est-à-dire aujourd'hui trente minutes. Si ce temps de survie est de moins de cinq minutes, je vous garantis que n'importe quel régime, n'importe quel futur dirigeant du Kremlin, hésitera deux fois. Et ça, c'est le travail des diplomates, des soldats, mais aussi des industriels. »
L'alliance entre Kiev et Séoul fragilisée par des tensions diplomatiques
Solidaires depuis le début de l'agression russe en 2022, Kiev et Séoul se déchirent. Kiev accuse Séoul d'alimenter secrètement la Russie en carburant quand le président coréen reproche à Volodymyr Zelensky d'avoir levé le voile sur le sort de deux prisonniers nord-coréens.
Diane Jeantet et Yann Rousseau
Malmenée par les dernières fouca-
des de Donald Trump, l'Ukraine se
retrouve aussi confrontée à une
rapide détérioration de ses relations
avec la Corée du Sud, l'un de ses
rares soutiens en Asie. Les exécutifs
des deux nations se disputent
autour du sort de deux prisonniers nord-coréens et d'un trafic de carburants suspect entre des ports coréen et russe.
Si la Corée du Sud n'a pas livré directement des armes létales à l'Ukraine, elle lui a fourni, indirectement, d'importantes quantités de munitions, dans le cadre d'un accord avec les Etats-Unis. Elle a notamment livré des obusiers et des pièces d'artillerie à la Pologne afin
en partenariat avec LesEchos de remplacer les armes que Varso-
vie avait envoyées en Ukraine. Les
spécialistes assurent qu'elle a aidé,
selon le même principe, les Etats-
Unis à reconstituer leurs stocks de
munitions.
Le secret des prisonniers
Mais cette solidarité s'est brisée depuis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a révélé, fin septembre, que son pays venait de remettre à la Corée du Sud deux prisonniers de guerre nord-coréens. Affirmant que ce transfert aurait dû se faire dans la plus grande confidentialité, l'exécutif sud-coréen s'estime trahi. Jeudi dernier, la Corée du Sud, qui exige des excuses, a ainsi annoncé qu'elle allait rappeler son ambassadeur en Ukraine, pour protester contre la violation de ce secret diplomatique, dont Kiev nie l'existence.
A Séoul, les experts questionnent ce soudain coup de sang. « Tout le monde savait que les prisonniers de guerre allaient être transférés en Corée du Sud », rappelle Mason Richey, un professeur à la Hankuk University of Foreign Studies. Les deux soldats faisaient partie des quelque 12.000 hommes que le régime de Kim Jong-un a déployés en Russie pour aider Moscou.
Après avoir été soignés en Ukraine, ils sont arrivés en Corée du Sud début septembre pour être pris en charge par les services secrets locaux. Le pays, dont la Constitution considère les Nord-Coreens comme des citoyens, a toujours fait valoir qu'il devait accueillir ces deux prisonniers. « Il est donc probable que la posture actuelle de Lee Jae-myung réponde à des enjeux de politique intérieure», avance Mason Richey. Il pointe la tentation, au sein de l'exécutif sud-coréen, d'un rapprochement avec la Russie et la Chine, à la fois pour des raisons sécuritaires et économiques mais aussi afin d'apaiser les relations avec la Corée du Nord.
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Rapprochement avec Moscou
Lee Jae-myung souhaite créer « une nouvelle ère de coexistence pacifique » avec la Corée du Nord mais ses appels au dialogue sont boudés par Pyongyang. Pour certains diplomates, la mise en scène d'une rupture avec l'Ukraine pourrait, peut-être, aider à réchauffer les échanges. « Des conseillers de Lee espèrent que Moscou usera de son influence pour améliorer les relations intercoréennes », résume le spécialiste.
Selon un article du « Guardian », ce rapprochement avec Moscou pourrait aussi passer par d'importantes livraisons de carburants depuis des ports sud-coréens vers la Russie, à bord, notamment, de pétroliers sanctionnés par l'Union européenne.
Depuis plusieurs mois, l'Ukraine multiplie les frappes contre les raffineries et les dépôts pétroliers russes afin de perturber l'approvisionnement en carburant de l'armée russe et d'accroître le coût de la guerre pour Moscou. Ces attaques provoquent des pénuries de carburant et embarrassent Vladimir Poutine, qui cherche des approvisionnements alternatifs.
Or, selon des données de la firme Kpler, consultées par « Les Echos », plus de 900.000 barils de carburants raffinés et de produits pétroliers lourds ont quitté des terminaux sud-coréens pour la Russie en juin, juillet et août. Des volumes qui dépassent de très loin les livraisons sporadiques qui ont pu avoir lieu entre les deux pays depuis l'invasion russe de l'Ukraine, selon Kpler.
Pointant ce trafic, Kiev a accusé la Corée du Sud de contribuer à atténuer l'impact de sa stratégie militaire contre Moscou, ainsi que les sanctions européennes sur la Russie. Séoul s'est immédiatement indigné contre des déclarations « factuellement incorrectes et inappropriées » et s'est engagé à prendre les mesures nécessaires si des violations étaient confirmées.
La Corée du Sud souhaite créer « une nouvelle ère de coexistence pacifique » avec la Corée du Nord mais ses appels au dialogue sont boudés par Pyongyang.
Les données de Kpler ne permettent, en effet, pas de savoir à qui appartient le carburant, ni quel pays ou quelle entité l'a vendu à la Russie. Quant au recours à des navires sanctionnés, cela ne semble pas enfreindre la législation sud-coréenne, qui dispose de ses propres mesures restrictives vis-à-vis de la Russie.
Les baisses de taxes sur le carburant offrent un répit limité aux Américains avant les élections de novembre
Les prix à la pompe ont reflué dans les Etats américains qui ont suspendu leurs taxes sur les carburants. Mais l'accalmie risque d'être de courte durée.
Bastien Bouchaud
— Bureau de New York
Donald Trump peut souffler... provisoirement. Les prix à la pompe sont récemment repartis à la baisse aux Etats-Unis. Ils ont reculé d'un peu plus de 10 centimes par gallon en moyenne nationale depuis la dernière semaine de septembre, pour retomber à environ 4,35 dollars par gallon d'essence, l'équivalent d'un peu plus de 1 euro par litre.
La tendance est également au recul pour le diesel, utilisé par les agriculteurs et les transporteurs routiers notamment. Le prix de ce carburant a reflué de près de 20 centimes, après avoir atteint un record à plus de 6,50 dollars par gallon en moyenne. La détente, bien que limitée, intervient à point nommé pour les républicains.
Les Américains ont commencé à voter par anticipation et par courrier dans plusieurs Etats pour les midterms, les élections de mi-mandat, qui se tiennent le 3 novembre. Les démocrates ont fait campagne sur le thème de la vie chère et de l'inflation générée par les politiques de Donald Trump. Leur message résonne, à en croire les sondages
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Les frappes russes atteignent aussi le budget de l’Ukraine
Présenté mi-septembre, le budget pour 2027 ne sera examiné qu'à la fin du mois. Le gouvernement ukrainien prévoit un déficit budgétaire de 15 % du PIB en 2027 et voit ses recettes décrocher en raison de l'intensité des frappes russes.
Guillaume Ptak
—Correspondant à Kiev
Alors que le coût de la guerre augmente, Kiev voit une partie de sa base fiscale fragilisée par les bombardements russes. Sur les neuf premiers mois de l'année, le budget ukrainien accuse près de 50 milliards de hryvnias de recettes en moins par rapport aux prévisions, un écart qui s'est nettement creusé depuis l'été, soit environ 1 milliard d'euros de moins qu'attendu. Surtout, près des deux tiers de ce manque à gagner se sont concentrés sur les seuls mois d'août et septembre. « La principale raison, ce sont les frappes russes constantes contre les entreprises », estime Roksolana Pidlasa, présidente de la commission du Budget de la Rada.
L'impact des attaques contre les usines, entrepôts, ports et infrastructures logistiques commence ainsi à se refléter directement dans les comptes de l'État. La TVA en fournit le signal le plus net. Sur neuf mois, les recettes de TVA sur les importations sont inférieures de 35,7 milliards de hryvnias aux prévisions, tandis que celles provenant des biens produits en Ukraine affichent un retard de 32,9 milliards.
Les accises domestiques manquent, elles, de 19,1 milliards. Seule la bonne tenue de certains prélèvements, notamment l'impôt sur les bénéfices des entreprises, supérieur de 29 milliards aux attentes, permet de limiter le déficit global. Le décrochage s'est nettement qui esquissent des résultats potentiellement brutaux pour le Grand Old Party.
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Distribution plus large du diesel « rouge »
La frénésie d'initiatives émanant de la Maison-Blanche ces derniers jours témoigne de l'urgence de la situation aux yeux de Donald Trump. Le président a récemment signé un décret présidentiel ouvrant la voie à une distribution plus large du diesel « rouge », ou gazole non routier, détaxé et habituellement réservé aux machines agricoles et aux engins de chantier. Washington a également fait pression sur Paris et Berlin pour qu'ils libèrent une partie de leurs stocks stratégiques de carburants. Vendredi, il a levé les sanctions sur la Russie qui pourra vendre 4,8 millions de tonnes de diesel sur les marchés mondiaux.
La récente accalmie sur les prix est à mettre au crédit des suspensions de taxes locales sur les carburants, plutôt qu'aux multiples manœuvres de Donald Trump. Les prix à la pompe ont ainsi particulièrement reflué dans les Etats qui ont renoncé à percevoir ces taxes, à l'instar de l'Ohio. Dans cet Etat du Midwest, qui a viré à droite ces dernières années mais où les démocrates ont bon espoir de ravir un siège au Sénat, la baisse dépasse les 60 centimes par gallon.
Les Américains, ménages, entreprises et administrations confon-dus, ont déjà déboursé 130 milliards
accentué à partir de l'été. Selon le Centre for Economic Strategy, les seules recettes fiscales de juillet et août avaient déjà été inférieures de 31,3 milliards de hryvnias au plan, dont 25,3 milliards pour la TVA. Audelà des destructions physiques, les bombardements interrompent la production, détruisent des stocks et compliquent les chaînes logistiques. Le gouvernement ukrainien estime qu'environ 70 milliards de hryvnias de recettes fiscales pourraient manquer sur l'ensemble de l'année du seul fait des attaques contre les entreprises. « C'est une estimation de début septembre. Les frappes continuent chaque jour et ce chiffre pourrait augmenter », prévenait alors le Premier ministre Sergii Koretskyi.
Chute des investissements
Dans un environnement marqué par les alertes aériennes à répétition, les destructions d'infrastructures et la perspective d'un nouvel hiver difficile, certaines sociétés réduisent leurs investissements. « Nous ne sommes pas face à un problème temporaire mais à un problème structurel de recettes, précisément au moment où les dépenses exigent davantage de ressources », souligne Oleksandra Myronenko, économiste au Centre for Economic Strategy. Les tensions commencent aussi à apparaître dans la gestion courante des finances publiques avec une baisse des remboursements de TVA aux entreprises. « Le problème est réel et sérieux », a déclaré Danylo Hetmantsev, président de la commission des Finances de la Rada. A cette pression liée à la guerre s'ajoute une faiblesse plus ancienne du système fiscal ukrainien : l'étroitesse de son assiette. Le FMI estime l'économie informelle ukrainienne entre 35 % et 45 % du PIB et fait de sa réduction l'un des principaux leviers pour élargir l'assiette fiscale.
de dollars supplémentaires en frais de carburant, essence et diesel, depuis le 1er mars, par rapport à la même période l'an dernier, selon les calculs de Patrick De Haan, le principal analyste du comparateur GasBuddy. « Malgré toutes les mesures prises par l'administration Trump, les prix peuvent repartir à la hausse au moindre regain de tensions géopolitiques », explique Patrick De Haan, « ils ne peuvent pas faire grandchose de plus à part tenter de réparer leurs bêtises » dans ce domaine. « Si le conflit s'aggrave entre les Etats-Unis et l'Iran, ou si l'Ukraine continue de viser les raffineries russes, la baisse actuelle pourrait vite s'effacer », estime-t-il.
L'utilisation du diesel « rouge » a peu de chance de faire la différence, faute d'approvisionnement suffisant. La levée des restrictions sur son usage ne génère pas de nouveaux stocks, souligne Patrick De
Haan. Quant aux suspensions de taxes sur l'essence et le diesel, elles sont coûteuses pour les finances publiques et n'offrent qu'un répit temporaire et limité.
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Le problème n'est pas tant l'approvisionnement en pétrole que les limites des capacités de raffinage américaines et mondiales.
Les raffineries américaines tournent déjà à plein régime ou presque. L'ouragan Isaias pourrait causer des problèmes le long de la côte du golfe du Mexique, et d'autres pourraient suivre. « Comme les raffineries entrent en période de maintenance après la haute saison estivale, la marge d'erreur est encore plus réduite », observe Patrick De Haan.
L'analyste minimise de fait la portée de la dernière annonce de Donald Trump, qui a évoqué, jeudi, des « discussions productives » avec l'Iran dans un message sur Truth en précisant que les États-Unis ne relanceraient pas d'offensive avant l'élection. « Alors que le pétrole transite en quantités record par le détroit d'Ormuz (22 millions de barils la nuit dernière, sans une goutte venant ou allant en Iran) », a écrit le président américain.
Le problème n'est pas tant l'approvisionnement en pétrole que les limites des capacités de raffinage américaines et mondiales. « Les problèmes des raffineries font davantage grimper les prix des carburants que le prix du pétrole brut », souligne notamment la Réserve fédérale de Dallas, au Texas, dans une note d publiée jeudi. Entre les perturbations autour du golfe, les difficultés des raffineries russes et la suspension des exportations de carburant en Chine et en Russie, les capacités de raffinage mondiales ont été amputées de près de 10 %, estiment Jesse Thompson et Garrett Golding. « L'économie mondiale est confrontée à un choc de raffinage, qui s'ajoute au choc pétrolier, en particulier pour le diesel », mettent en garde les deux économistes.
L'Europe est bien plus vulnérable après avoir réduit ses propres capacités de production de carburant ces dernières années, mais les Etats-Unis ne sont pas immunisés. Même si la navigation devait reprendre librement et durablement dans le détroit d'Ormuz, « les prix des carburants aux Etats-Unis devraient rester durablement plus élevés par rapport au cours du pétrole brut », préviennent-ils.
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Budget de l'Union européenne : l'Irlande propose une réduction des dépenses de 8 %
Les dirigeants européens se retrouveront cette semaine à Bruxelles. Photo Shutterstock
EUROPE
Le budget représenterait toutefois une hausse de 30 % par rapport au budget actuel.
Le projet de compromis risque de ne pas satisfaire les « frugaux », dont l'Allemagne, qui réclamait des coupes plus massives.
Nicolas Rauline
Les négociations sur le futur budget de l'Union européenne s'annoncent encore longues. La présidence irlandaise du Conseil vient de publier sa « négobox », qui doit servir de base aux prochaines discussions sur le sujet, à commencer par celles de cette semaine, lors du sommet du Conseil européen. Et elle ne devrait pas complètement satisfaire les « frugaux », ce groupe de six pays (Allemagne, Autriche, Danemark, Finlande, Pays-Bas et Suède) qui réclamait de larges coupes dans le budget de l'Union.
L'Irlande ne propose une réduction que de 141 milliards d'euros, soit 8 % par rapport à la proposition de la Commission, quand les « frugaux » en attendaient au moins 10 %. Le budget sur les sept prochaines années atteindrait ainsi 1.826 milliards d'euros, contre près de 2.000 milliards proposés par la Commission en début d'année. Cela représenterait toutefois une hausse de 30 % par rapport au budget actuel (sur la période 2021-2027), et même de 47 % en intégrant l'inflation.
« Nous avons pris en compte les avis de tous les Etats membres. C'est une étape importante dans les négociations du prochain budget, mais ce n'est pas un accord final », a reconnu Thomas Byrne, ministre irlandais des Affaires européennes.
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La PAC maintenue
Ce nouveau schéma réduirait nettement les ambitions du fonds de compétitivité, que l'Allemagne appelait de ses vœux, comme une réponse au rapport Draghi. Lefonds de compétitivité européen ne serait plus doté que de 403 milliards d'euros, contre une proposition initiale de 450 milliards.
« Les chiffres ne concordent toujours pas. Nous ne pouvons pas accepter la nouvelle proposition du Conseil, qui est en deçà de ce dont l'Europe a besoin pour relever les défis à venir », a prévenu Siegfried Muresan, vice-président du PPE (centre-droit) et négociateur en chef du Parlement sur le budget. La ministre suédoise des Affaires européennes, Jessica Rosencrantz, a qualifié, elle, la proposition irlandaise d' « irraisonnable », parlant de « hausses totalement inabordables ».
Les principales revendications de la France ont, elles, été entendues puisque le budget de la politique
agricole commune (PAC) est maintenu, à 294 milliards d'euros. La France s'était rangée derrière un groupe intégrant les pays du Sud et ceux de l'Europe de l'Est, qui réclamaient un budget ambitieux. Ce groupe, majoritaire, n'a toutefois pas complètement été entendu, puisque le budget attribué à la politique de cohésion, qui permet notamment d'assurer le développement des régions les moins riches du continent, serait rogné, dans cette nouvelle proposition, de 3 %. Les autres économies se trouveraient essentiellement dans les frais administratifs de l'Union (fonctionnement des institutions, personnel, etc.), qui passeraient de 118 milliards d'euros à 107 milliards, et surtout dans le budget consacré à la coopération internationale, en recul de 17 % par rapport à la copie de la Commission.
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De nouvelles ressources propres
L'Europe marquerait ainsi un recul de ses ambitions dans certaines régions du monde : les moyens de la diplomatie européenne en Afrique subsaharienne reculeraient par exemple de 14 % par rapport aux ambitions initiales.
Autre arbitrage attendu, celui des nouvelles ressources propres. Dans ce domaine, l'Irlande a retenu les propositions de la Commission et propose donc de créer une nouvelle taxe sur les déchets électroniques, une sur le vapotage, et surtout une nouvelle taxe sur les grandes entreprises, basée sur leur chiffre d'affaires (elle serait de 100.000 euros pour une entreprise réalisant un chiffre d'affaires annuel entre 100 et 250 millions d'euros, par exemple).
Or, les « frugaux » ne veulent pas entendre parler de cette dernière. L'Union bénéficierait par ailleurs de nouvelles ressources liées au mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM) et au système d'échange de quotas carbone (ETS). Celui-ci serait toutefois progressif, pour répondre aux inquiétudes de la Pologne, notamment. Au total, les nouvelles ressources propres pourraient rapporter jusqu'à 55 milliards d'euros annuels.
En revanche, comme prévu, Dublin n'a pas retenu l'idée de taxer les géants du numérique. « Nous avions deux critères : le montant que ces nouvelles taxes pouvaient rapporter et le fait qu'elles puissent être prêtes au 1er janvier 2028. Sur ce dernier point, ce n'était pas clair », a ajouté Thomas Byrne, qui a toutefois laissé la porte ouverte aux négociations. « Les discussions restent ouvertes sur de nouvelles ressources propres, même si elles ne figurent pas dans notre proposition. »
Les discussions s'annoncent donc animées lors des prochaines semaines, à commencer par la réunion des chefs d'Etat, prévue à Bruxelles jeudi et vendredi prochains. L'Europe vise toujours un compromis avant la fin de l'année, pour un budget qui entrerait en vigueur avant 2028. L'idée est de ne pas être court-circuité par les élections nationales en France, en Italie ou encore en Pologne, qui auront lieu l'an prochain.
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Classement établi chaque année par Les Echos et statista
L'aéroport de Riyad frappé par une attaque meurtrière
GUERRE AU MOYEN-ORIENT
Les autorités saoudiennes ont accusé les rebelles houthis d'être responsables de cette attaque meurtrière qui a fait au moins 12 morts et des dizaines de blessés.
Tous les vols ont été interrompus depuis et vers la capitale du royaume.
L'Arabie saoudite connaît son attaque la plus meurtrière depuis plus de dix ans. L'aéroport de Riyad a été frappé samedi en plein cœur, au cours d'une attaque faisant au moins 12 morts et plus de 300 blessés, dont une ressortissante française. Les autorités saoudiennes ont immédiatement accusé les Houthis, qui ont intensifié ces dernières semaines leurs frappes sur la capitale du royaume. Quatre Saoudiens et huit étrangers, dont un Américain, figurent parmi les morts.
L'attaque a été faite au moyen d'un « projectile ». Les combattants houthis ne l'ont pas revendiqué. Dimanche, un missile de croisière a été intercepté près de l'aéroport et un incendie a éclaté. Les vols ont été suspendus, et le ministère de l'Education a ordonné que les écoles de Riyad enseignent en distanciel pour une semaine.
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Un lieu déjà visé à deux reprises
Il s'agit de l'attaque la plus meur-trière en Arabie saoudite depuis août 2015, quand un attentat-suicide de l'Etat islamique avait fait 15 morts.
« Ce qui s'est passé en Arabie saoudite n'est pas acceptable », a réagi Donald Trump samedi soir. Le président américain devait s'entretenir dans la foulée avec le prince héritier Mohammed Ben Salmane, qui demande de l'aide aux Américains ces dernières semaines contre les Houthis, sans succès jusqu'ici.
L'Allemagne, le Canada et l'Espagne ont recommandé à leurs ressortissants de ne pas transiter par l'aéroport. « La mission américaine a connaissance d'attaques contre l'aéroport international du roi Khaled à Riyad le 10 octobre et recommande vivement à tous les citoyens américains d'éviter cet aéroport et ses environs », a indiqué l'ambassade américaine. Plusieurs chancelleries ont également déconseillé à leurs personnels de prendre le chemin de l'aéroport pendant une semaine.
L'aéroport de Riyad, déjà pris pour cible par les Houthis, a été visé à deux reprises la semaine passée,
« La mission américaine a connaissance d'attaques contre l'aéroport international du roi Khaled à Riyad le 10 octobre et recommande vivement à tous les citoyens américains d'éviter cet aéroport et ses environs. »
L'AMBASSADE AMÉRICAINE lors d'attaques qui ont fait quatre morts et plusieurs blessés, endommageant également un avion de la compagnie Saudia. Vendredi, la France avait déjà déconseillé à ses ressortissants d'y transiter « sauf raison impérative ».
Cependant, l'ampleur et la fréquence des attaques visant la capitale saoudienne ces derniers jours sont sans précédent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, il y a huit mois, quand l'Iran avait mené des frappes contre le royaume en riposte aux frappes israélo-américaines de fin février contre Téhéran.
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« Opération à grande échelle »
Ces dernières attaques surviennent alors que l'Arabie saoudite apporte son soutien militaire aux forces gouvernementales yéménites qui combattent les Houthis au Yémen. Ces dernières tentent de reprendre des territoires dont les rebelles se sont emparés depuis septembre, notamment le littoral sur la mer Rouge, à l'issue d'une offensive éclair.
En début de semaine, le conflit s'était durci. Dimanche dernier, les combattants houthis ont affirmé avoir visé des sites du géant pétrolier Aramco à Riyad et dans la région pétrolière de Khurais, à l'est du royaume. Lundi, l'Arabie saoudite a, en riposte, envoyé 100 avions de combat au Yémen.
Samedi, avant l'attaque de l'aéroport de Riyad, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite avait annoncé mener une « opération à grande échelle » contre les Houthis. Selon un bilan dressé par les sources militaires du camp gouvernemental auprès de l'AFP, les forces yéménites auraient progressé dans la zone du détroit de Bab el-Mandeb, sans toutefois parvenir à sécuriser cette voie maritime stratégique.
— J. R. et L. A. (avec AFP)
idées
Dominique Boll pour « Les Echos »
L'armement, pomme de discorde franco-allemande
L'ANALYSE
d'Anne Drif
L'inquiétude monte à Paris face à la volonté de « leadership » sur l'Europe de la défense de l'Allemagne, forte d'un budget deux fois supérieur. Illusion ou réalité ? L'incompréhension se répand en tout cas des deux côtés du Rhin.
C'était en février, avant que ne soient enterrés le SCAF, le projet de chasseur de combat franco-allemand, puis
le char du futur tout récemment (MGCS). La leçon de Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères, est mal passée à Paris : la France doit « faire ce que nous faisons ici en Allemagne (et prendre des mesures d'austérité ».
Sept mois plus tard, Boris Pistorius, son homologue aux Armées, défend un budget record de 140 milliards d'euros. A Paris, c'est difficilement moitié moins. La pilule est amère au pays de l'étendard de l'autonomie stratégique, qui craint maintenant de perdre son « leadership » européen dans la défense.
A Berlin, le rôle de première puissance économique européenne, à Paris celui des armes éprouvées au combat. Tel était l'équilibre tacite du duo franco-allemand. Du moins pensait-on en France. Le chef d'état-major des armées Fabien Mandon a prévenu qu'un « décrochage est possible » : « Si l'Allemagne continue à ce rythme, dans cinq ans, l'argument selon lequel nous bénéficions d'une expérience opérationnelle et d'une certaine culture ne tiendra plus. »
Berlin reconstitue ses capacités à marche forcée, il veut tenir le premier rôle européen – « Führungsrolle » – avec « l'armée conventionnelle la plus puissante d'Europe » d'ici à 2035. L'idée d'un pré carré français dans l'aérien ? Exit le SCAF, Berlin préfère réserver sa manne financière à une « Team Gen 6 » menée par Airbus et acheter du F-35.
Dans l'espace ? Friedrich Merz sèche le sommet spatial, fait cavalier seul avec sa constellation. Sur les mers, TKMS engrange des contrats majeurs. Dans le terrestre ? La Bundeswehr veut entre 3.000 et 5.500 blindés et le géant Rheinmetall domine. L'Allemagne brise même le tabou de l'espionnage, où la France figure en première ligne. Berlin en profiterait pour exporter
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L'Allemagne prépare un budget record de 140 milliards d'euros. A Paris, c'est difficilement moitié moins.
des armes made in Germany ? « D'Allemagne, on considère que la France n'est jamais désintéressée quand le politique parle, compte tenu de sa proximité avec ses maîtres d'œuvre », répond Ulrike Franke, politologue à l'ECFR.
Près de deux tiers des dépenses militaires de Berlin en 2025 sont allés à des entreprises allemandes, selon le Kiel Institute. Tout en restant bien arrimé aux Etats-Unis malgré les menaces de Trump.
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Le centre de gravité a déjà basculé
Outre-Rhin, on se méfierait presque plus de la France. Berlin se défie de l'idée de remplacer sa dépendance à l'égard de Palantir par son équivalent français, selon Politico. L'Allemand Tom Enders, président de KNDS, s'en alerte : « Voulons-nous vraiment traiter la France comme la Chine ? » Ambiance. Mais pour des observateurs, le centre de gravité a déjà basculé. « Rheinmetall réussit à vendre sur tout le continent quand la France n'est pas parvenue à exporter le char Leclerc. Dans l'aérien, la France n'est pas très européenne. Sur les drones, les Allemands sont plus à la pointe », égrène Paul Maurice, chercheur à l'Ifri.
« Sur le volet opérationnel, l'Allemagne monte en puissance sur le flanc Est dans le cadre otanien, quand le modèle de guerre en "opex" de la France n'est plus le référentiel. » Même des industriels français actent ce nouvel équilibre en se pressant outre-Rhin. Hormis dans l'esprit français, il n'y a jamais eu de Yalta fixant des zones d'influence, souligne Ulrike Franke. Mais prêter à l'Allemagne une volonté de « leadership », c'est projeter une aspiration française, selon elle. « L'Allemagne n'a pas cette revendication. Elle répond à un besoin exprimé par les pays européens qui lui demandent de longue date de faire plus. »
Les forces allemandes, colonne vertébrale conventionnelle de l'Otan, étaient dans un état très critique de sous-investissement depuis les années 2010, étaye Johanna Möhring, chercheuse au Ciens. Il a fallu l'invasion de l'Ukraine et la fameuse « Zeitenwende » puis Trump II.
La notion de « Führungsrolle » suscite un vrai malentendu selon Ulrike Franke : pour la France cela va de pair avec une grande nation géopolitique et son siège au Conseil de sécurité, quand l'Allemagne se perçoit comme une puissance « moyenne ». L'emploi des 140 milliards soulève des doutes en Allemagne. Ils pourraient servir à convertir une portion du secteur automobile en souffrance. « Mais ces investissements n'assurent pas de croissance durable », estime la chercheuse, rejointe par l'Institut économique allemand (IW).
« Des dépenses considérables ne garantissent pas nécessairement que l'outil militaire allemand sera deux fois plus performant que celui de la France. Il y a beaucoup de déficit à combler ! » juge Johanna Möhring. S'ajoute un non-dit : voir l'Allemagne rebâtir son arsenal entre les mains un jour du parti d'extrême droite. Mais pour Ulrike Franke, c'est un dilemme impossible : demander à l'Allemagne d'avoir des capacités, mais sans se réarmer.
La réalité est que la France n'a pas pris la mesure des changements à Berlin, à l'œuvre depuis la réunification – et non depuis l'Ukraine. « Dès lors, l'Allemagne s'est engagée sur des terrains que la France considérait comme ses "fiefs" », indique Johanna Möhring. Un seul d'entre eux reste exclusif : la dissuasion. Celui-ci même à la racine de la projection de puissance des Français, pointe-t-elle : « La posture nucléaire française dépasse de loin le pur capacitaire. Elle est stratégique dans le sens qu'elle force les acteurs politiques, militaires et industriels français à penser en termes de puissance, chose rare en Europe. »
Cette projection s'étend désormais sur le continent avec la doctrine de dissuasion « avancée ». Ce qui ne veut pas dire abandonner le leadership du conventionnel à Berlin. Au contraire, elle le sert.
Guerre en Ukraine : le coup de poignard de Trump
LE REGARD
SUR LE MONDE
de Dominique Moïsi
I est temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président. » Le nombre des victimes civiles des bombardements russes est déjà supérieur en ce début octobre 2026 à ce qu'il a été pour toute l'année 2025. C'est le moment que choisit Donald Trump pour annoncer triomphalement l'accord qu'il vient de signer avec Poutine sur l'exportation du diesel russe. La formule du président américain ne pourrait-elle s'apparenter au coup de poignard donné à un homme déjà à terre ?
Pour comprendre ce qui se passe, il convient de mettre en parallèle trois calendriers. Le premier est de nature militaire. La Russie entend profiter de la supériorité qui est temporairement la sienne dans le ciel. Les Ukrainiens n'ont pas encore trouvé de réponses aux nouveaux missiles russes. Le second calendrier est de nature politique.
A trois semaines des élections de mi-mandat, Donald Trump n'a qu'une obsession : regagner sur le front ukrainien, ce qu'il a perdu sur le front moyen-oriental. Autrement dit, le slogan « l'Ukraine paiera » est devenu l'équivalent contemporain du « l'Allemagne paiera » d'hier. Puisque l'Iran résiste, l'Ukraine doit céder. Trump doit faire la preuve qu'il est en contrôle des événements sur la scène mondiale et que sa priorité unique est le sort des Américains.
Et tant pis, si pour ce faire, il doit réécrire l'histoire, tordre la vérité, et trouver des victimes expiatoires. « Sans Zelensky et son acharnement, la guerre serait terminée depuis longtemps. Sans Zelensky, les Américains paieraient leur diesel à un prix infiniment plus bas. » Washington laisse le ciel de Kiev sans défense, mais l'Ukraine doit cesser de bombarder les raffineries russes.
Au calendrier stratégique russe et politique américain, s'en ajoute un troisième, climatique celui-là. « Winter is coming » (L'Hiver approche). Les Ukrainiens accepteront-ils de vivre pour la cinquième année consécutive, dans l'obscurité et le froid ? Et pour changer de conditions de vie, changer de président ? « La vie est trop dure et nous sommes trop seuls. » La guerre que mène Poutine aux Ukrainiens est tout autant de nature psychologique que réelle. Il est persuadé qu'avec l'aide de son « idiot utile préféré », Trump, la victoire est proche. C'est désormais une question de mois.
« Vous n'êtes pas seuls, votre combat est le nôtre »
Seule l'Europe, tel le village gaulois d'Astérix, résiste encore. Mais pour combien de temps ? Les élections approchent dans de nombreux pays européens, les populistes progressent, l'Ukraine est si proche, mais paraît si lointaine. Qui veut mourir pour Kiev ? Une bonne petite guerre hybride tous azimuts dissuadera les Européens de prendre des risques pour la cause de l'Ukraine. Les Européens ne sont-ils pas pusillanimes et de tempéra-ment spontanément zappeurs ? Leur intérêt pour l'Ukraine ne saurait durer. Ils finiront par rejoindre le reste du monde dans sa posture d'indifférence résignée. Et pourtant, « il faut sauver le soldat Zelensky ».
L'Europe ne se retrouve pas seulement en première ligne, mais en réalité, très largement seule, avec des pays comme le Canada, et le Japon. L'Union européenne est-elle bien consciente que c'est à Kiev que se joue son avenir ? Et celui de la cause de la démocratie dans son ensemble ? L'Histoire donne la chance à l'Europe de retrouver un rôle sur la scène internationale. Saura-t-elle la saisir ? Elle en a plus les moyens qu'elle ne le pense. En
L'Union
européenne
est-elle bien
consciente
que c'est à Kiev
que se joue
son avenir ?
a-t-elle la volonté ? La Russie n'est pas un « Tigre de papier », mais ce n'est pas non plus « un foudre de guerre ». Elle s'est révélée incapable en plus de quatre ans de l'emporter clairement sur un ennemi, qui sur le papier au moins, était infiniment plus faible qu'elle.
Aider l'Ukraine, alors que la Russie la pilonne et que l'Amérique l'abandonne, cela signifie pour l'Europe, donner un soutien sans faille à son courageux président. Un soutien politique et psychologique essentiel, qui porte un message à la population ukrainienne dans son ensemble : « Vous n'êtes pas seuls, votre combat est le nôtre, et nous serons à vos côtés jusqu'au bout, tant que cela sera nécessaire. »
Il convient, en même temps, de renforcer les sanctions à l'encontre de la Russie : « Vous ne nous faites pas peur : vos rodomontades verbales et vos actions de déstabilisations multiples, ne nous affaiblissent pas, elles nous renforcent. » Pour la paix du monde, ce n'est pas l'Ukraine qui doit changer de président. Ce sont la Russie et l'Amérique.
Dominique Moïsi est géopolitologue.
chroniques
Vcg/Newscom/Sipa
L'autre déferlante chinoise
La Chine exporte massivement des panneaux solaires, achetés en Asie et en Afrique par des particuliers et entreprises qui ne veulent plus dépendre des prix du réseau électrique. Ce boom du solaire décentralisé n'a pas que des avantages.
par Cécile
Maisonneuve
Emmanuel Macron et Friedrich Merz viennent d'écrire à Ursula von der Leyen pour réclamer un outil qui permettrait de fermer en quelques jours le marché européen aux produits d'un pays jugé déloyal. La Chine n'est pas nommée mais c'est elle qui est visée alors que le déficit commercial de l'Union avec la Chine approche un milliard d'euros par jour. Le secteur automobile est évidemment au cœur de cette initiative franco-allemande inédite, alors qu'il est en train d'être taillé en pièces par la concurrence chinoise. Dernier épisode en date, Bruxelles a demandé à Pékin de limiter de lui-même ses ventes de voitures hybrides, passées de moins de 4.000 par mois fin 2024 à 50.000 en juillet. Pékin a évidemment refusé et les négociations s'annoncent rudes.
L'Europe a raison de se défendre mais ne nous y trompons pas : l'offensive chinoise est systémique et globale. C'est le monde entier que la Chine inonde de ses technologies bas carbone : l'exemple emblématique en est d'ailleurs moins les voitures que les panneaux solaires. En mars, la Chine en a exporté 68 gigawatts, cellules comprises, soit en un mois l'équivalent de la puissance de tout le parc solaire espagnol. Les trois quarts de la hausse sont partis vers l'Asie et l'Afrique. Cinquante pays ont battu leur record d'achats : le Nigeria, le Kenya et l'Ethiopie ont chacun acheté en un mois, pour la première fois, plus d'un gigawatt de panneaux et de cellules.
Une transition en demi-teinte
La guerre au Moyen-Orient accélère ce mouvement. Depuis que le détroit d'Ormuz est presque fermé, le pétrole et le gaz coûtent plus cher et arrivent difficilement. Or l'Asie est le principal continent concerné par la situation dans le détroit, voie de loin la plus rapide pour y acheminer les hydrocarbures. Pour un pays pauvre qui paie son énergie en dollars, un panneau acheté une fois, importé de Chine, devient préférable à une cargaison à racheter chaque mois, grevée qui plus est de frais d'assurance et autres pré- bendes qui ont explosé depuis le quasi-blocage d'Ormuz.
A l'évidence, l'offensive chinoise est une bonne nouvelle pour la transition dans cette partie du monde où, rappelons-le, la demande d'énergie explose et les émissions de gaz à effet de serre augmentent le plus. Il ne faut pas en conclure pour autant que les énergies fossiles reculent. L'Agence internationale de l'énergie attendait une légère baisse de la consommation mondiale de charbon cette année. Elle prévoit désormais un record, à 8,94 milliards de tonnes. Le gaz manquant, dès mars, le Bangladesh, les Philippines, le Vietnam et la Thaïlande ont relancé leurs centrales à charbon.
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Le cas pakistanais
La nouveauté tient à la manière dont le solaire se répand. Le Pakistan en est le laboratoire. Le solaire y fournissait 2 % de l'électricité en 2019. Il en a fourni près d'un tiers au premier trimestre 2026, plus que toute autre source. Aucun plan gouvernemental, aucune subvention n'explique ce bond. C'est une transition par le bas, décidée par des millions d'individus, dans laquelle l'Etat ne pèse presque rien. Et qui est liée à l'augmentation massive du prix du courant vendu par le réseau : il a plus que doublé en trois ans alors que, dans les régions les plus mal desservies, les coupures durent huit à dix heures par jour. Familles, paysans et patrons d'usine ont donc acheté des panneaux, que l'on apprend à poser en regardant des vidéos
Pour répondre à une demande d'énergie galopante, un modèle électrique décentralisé ne suffira pas. Les Etats devront trouver le moyen de financer un réseau électrique, donc trouver des clients prêts à le payer.
sur TikTok. Environ 40 gigawatts ont été importés depuis 2020, dont 6 seulement sont déclarés aux autorités.
Ce boom du solaire décentralisé a deux conséquences. Sa première victime est le réseau électrique. Un réseau supporte des coûts fixes qu'il répartit entre ses clients. Quand les plus aisés produisent leur propre courant, qui reste-t-il pour supporter ces coûts ? La même somme se partageant entre un nombre réduit de consommateurs, les tarifs montent, d'autres clients s'en vont et ceux qui restent sont ceux qui n'ont pas les moyens de s'équiper. C'est une spirale infernale qui s'enclenche - les spécialistes parlent de « spirale de la mort ». Deuxième victime : la Chine qui vend par ailleurs des centrales à charbon dans ce pays. Elle se retrouve ainsi en concurrence avec elle-même. A Port Qasim, près de Karachi, une centrale à charbon chinoise, vitrine des «Routes de la soie», est entourée d'usines aux toits couverts de panneaux chinois. Moins le réseau vend de courant, plus il lui est difficile de payer la centrale. Pour l'heure, Pékin refuse de renoncer à ses créances...
Ce modèle pakistanais est en train de se répandre en Afrique, là encore sous la houlette de la Chine. Ses entreprises y vendent clés en main les équipements qui suppléent aux limites du réseau. A Kolwezi, en République démocratique du Congo, où le réseau public tombe plus de dix fois par jour, un groupe chinois a équipé une usine métallurgique de panneaux et de batteries qui remplacent les groupes électrogènes au diesel. Une électrification d'un nouveau genre se dessine donc, avec deux réserves. Ce modèle n'est pas adapté à l'industrie lourde : le soir venu, les industries énergo-intensifs ont encore besoin d'un réseau ou de combustibles fossiles. Par ailleurs, pour ces consommateurs et pour répondre à l'urbanisation et à une demande d'énergie galopante, un modèle électrique uniquement décentralisé ne suffira pas. Les Etats devront trouver le moyen de financer un réseau électrique, donc trouver des clients prêts à le payer. Jusqu'à quel point toutefois le développement des batteries et la chute massive de leur coût de production changeront-ils cette donne ? A l'évidence, la Chine n'a, là encore, pas dit son dernier mot.
Cécile Maisonneuve est fondatrice de Decysive.
IA : ni lièvre, ni tortue!
Faut-il accélérer ou ralentir dans la course à l'IA ? En cybersécurité, toutes les entreprises doivent sprinter, mais pour s'adapter aux nouveaux modèles, une course de demi-fond serait plus appropriée.
par Sylvain Duranton
Les agents d'intelligence artificielle (IA) hors de contrôle défraient la chronique. La très médiatisée attaque de Hugging Face par des agents d'OpenAI a été abondamment commentée et analysée en des termes très anthropomorphiques et anxiogènes; on a parlé d'un « gang » d'agents, de « meneurs » et même de « sacrifices » des uns au profit de la cause agentique commune.
Alors Frankenstein rôde-t-il dans nos systèmes d'information ? Force est de reconnaître qu'on ne sait pas vraiment expliquer quand et pourquoi certains agents ne respectent pas les garde-fous mis en place... Heureusement, les entreprises n'ont généralement pas déployé d'agents autonomes mais plutôt des agents contraints dans des séquences d'actions déterministes. Le risque de voir ces agents « prendre » le contrôle est donc très limité. Alors, quid de la course à l'IA ? Faut-il ralentir au risque de devenir tortue ou continuer au rythme du lièvre ?
A court terme, pas de doute, toutes les entreprises doivent sprinter en matière de cybersécurité. Les outils d'attaque sont devenus très puissants et les défenses ne sont pas encore en place. Les fuites de données sur tous les continents sont de plus en plus fréquentes et publiques. Les entreprises choisies pour pré-tester Mythos, un des modèles d'Anthropic, découvrent de nombreuses vulnérabilités dans un temps record. Là, accélérer est la seule solution.
Ensuite, les entreprises vont maintenir la cadence pour déployer l'IA, plutôt du demi-fond que du sprint d'ailleurs. Rythme intense, concurrence oblige, mais avec des objectifs de moyen terme. Elles sont 42 % à déclarer vouloir déployer des systèmes d'IA plus autonomes en 2030 et doivent donc apprendre à les contrôler. Comme me le confiait un chercheur en IA, « un agent c'est un peu comme un lion, on ne sait pas exactement ce qui se passe dans sa tête. Même s'il a été dressé - comprenez des garde-fous ont été mis en place - il vaut mieux le mettre dans une cage si on l'a chez soi. »
Aujourd'hui l'immense majorité des entreprises n'ont pas « la cage » : beaucoup d'utilisateurs donnent leurs droits personnels d'accès à des agents, les règles de gestion des mémoires et des contextes sont trop approximatives, les systèmes de supervision pour détecter des situations anormales sont insuffisants et les modèles rarement audités. La route est longue, impossible de ralentir.
Sur le plan réglementaire, des voix s'élèvent en faveur d'un sprint immédiat pour créer une agence mondiale, comme dans le secteur aérien ou nucléaire. Peut-être... mais avant de réguler, la priorité est de définir des standards de sûreté qui n'existent pas aujourd'hui.
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Garder son sang-froid
Quant aux laboratoires d'IA, ils pourraient ralentir la cadence pour le rythme de sortie des modèles. Cela permettrait aux entreprises de mieux anticiper et de s'y préparer comme elles le font avec les sorties des nouvelles versions des logiciels classiques : tester leurs API, réentraîner certains modèles, reformer les utilisateurs...Enfin, pour la recherche, décider de ralentir ou d'accélérer appartient aux laboratoires et à leurs équipes. Un moratoire est difficile à envisager.
« De quoi vous sert votre vitesse ? » demande la tortue au lièvre défait dans la célèbre fable. Dans la course à l'IA, la lente hâte de la tortue, concurrence oblige, est un risque, mais l'insouciance coupable du lièvre ne l'est pas moins. Alors quoi ? Un rythme de demi-fond, et surtout sang-froid, prise de recul et sens de la responsabilité, à tous les niveaux, voilà le véritable besoin.
Sylvain Duranton est directeur monde de BCG X, entité Tech de BCG.
LE LIVRE DU JOUR
Aux femmes la croissance reconnaissante
LE PROPOS Grèce antique, Renaissance, Chine impériale, révolution industrielle, IA... De Thomas Edison à Sam Altman, l'histoire économique a été écrite par les hommes pour les hommes. Rien d'étonnant à ce qu'on n'y voie quasiment aucune grande femme entrepreneuse, commerçante, industrielle. Pourtant, la prospérité des empires aurait été impossible sans la contribution des femmes à l'économie, démontre l'historienne britannique Victoria Bateman. Les chasseuses du paléolithique, les tisseuses chinoises de la route de la soie, les brasseuses du Londres médiéval, les informaticiennes du XXe siècle... Toutes les mères de famille ont permis la prospérité des affaires masculines pendant qu'elles géraient l'« oikonomia » (administration de la maison). Mais l'autrice raconte le destin de quelques figures qui mériteraient la notoriété de leurs homologues masculins : Huang Daopo, inventrice du rouet à pédale ; Priscilla Wakefield, pionnière de la banque ; Ching Shih, pirate de la mer de Chine...
L'INTÉRÊT Victoria Bateman n'écrit pas une histoire de femmes : elle tente de raconter « une histoire économique plus exacte de l'humanité entière en prenant en compte les contributions des deux sexes ». L'essor et le déclin des civilisations ne se comprennent pas sans tenir compte du rôle et des droits des femmes : l'historienne montre qu'à chaque fois que le « sexe faible » a pu choisir sa fécondité et son travail (et en conserver les fruits), les empires ont prospéré. Les contraintes patriarcales, au contraire, ont souvent entraîné leur chute.
—Margaux Boulte
Economica – Comment les femmes ont enrichi le monde de Victoria Bateman. Editions Point Nemo, 464 pages, 27 euros.
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L'Etat doit-il s'occuper de vos amis ?
LA
CHRONIQUE
de Laetitia
Strauch-Bonart
Dans la droite ligne de Saint-Just, figure emblématique de la Terreur, la députée LFI Clémence Guetté propose, dans « Pour une politique de l'amitié » (Ed. La Découverte), de sortir l'amitié du cadre privé pour en faire une cause politique. Au point de départ de sa réflexion, le constat que notre société, en valorisant à l'excès le couple « traditionnel », ignore le rôle fondamental que joue aujourd'hui cet autre lien social.
Concrètement, l'élue défend la création d'un « partenariat social » dont les contractants s'engageront mutuellement « à une aide matérielle et à une assistance réciproque ». En outre, il s'agit d'offrir à chaque paire d'amis des privilèges similaires à ceux du couple marié ou pacsé, comme des congés pour la naissance, le deuil ou la maladie, ou le droit de léguer ses biens. En parallèle, il faut rappeler que LFI, et donc Guetté, soutient, sans qu'elle l'aborde explicitement dans l'ouvrage, la suppression des avantages fiscaux et sociaux rattachés au couple, comme le quotient conjugal et la conjugalisation des aides.
Rien de nouveau sous le soleil de la gauche : il s'agit, à des fins « d'ingénierie sociale », d'inventer de nouveaux droits - en l'espèce, ce qu'on appelle des « droits- créances ». Ceux-ci ne se contentent pas, comme le font les « droits-libertés », de protéger l'individu contre les interférences de l'Etat ou celles d'autrui, mais visent à lui garantir un certain nombre de prestations matérielles. Or, alors que le droit-liberté d'un individu donné implique l'existence d'un devoir clairement identifié - par exemple, que l'Etat ou autrui respecte sa liberté d'expression -, le droit- créance s'adresse à la société tout entière. De ce fait, pour garantir les « droits des amis », quelqu'un devra payer - autre- ment dit, nous tous.
La députée se garde bien d'aborder directement la question du financement de cette politique. Mais on devine que son coût s'avère potentiellement gigantesque, la liste des amis et des créances étant forcément extensible. On imagine aussi qu'à cette fin, la députée puisera dans la manne fiscale promise par le programme de LFI, et voudra transférer les avantages financiers octroyés au couple vers le partenariat amical.
Mais admettons, pour les besoins de la discussion, que cette politique ne coûte rien. Il n'en reste pas moins que le concept de « droits des amis » s'avère moralement aberrant. De fait, un droit-créance diminue l'importance de la responsabilité individuelle. Cela peut être acceptable et même nécessaire : dans le cas de la santé, par exemple, nos sociétés considèrent à juste titre que, même lorsque nous sommes en partie responsables de nos maladies, nous méritons de voir nos souffrances apaisées ou guéries. Mais l'amitié appartient à un autre ordre : il s'agit d'une relation humaine. Sa valeur est fondée sur les sacrifices que l'on est prêt à faire pour un ami. Il y a de quoi douter de la réalité d'un lien où votre ami ne vient à votre chevet que si l'Etat lui a payé un jour de congé. C'est pourquoi l'amitié ne peut, par définition, entrer dans le giron de l'Etat sans perdre ce qui fait son essence même.
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Enjeux démographiques
On pourrait rétorquer que le mariage ne mérite pas non plus d'être subventionné, lui qui exige des sacrifices plus grands encore. Mais alors que l'amitié, tout comme l'amour, est une fin en soi, le mariage civil reste en grande partie un moyen. Son rôle consiste à encourager la formation de couples stables, et partant la procréation.
Certains estiment que cette dernière reste un choix individuel qui ne mérite aucune compensation. Ils se trompent : il s'agit d'un enjeu collectif. Car sans enfants, aucune société ne peut perdurer, ni prendre soin de ses aînés. Aussi, ceux qui n'ont pas de descendance, parce qu'ils bénéficieront plus tard, une fois à la retraite, du travail des enfants des autres, doivent subventionner ceux qui en ont. Qu'on le veuille ou non, la qualité de nos vieux jours dépendra de nos enfants, pas de nos amis.
Laetitia Strauch-Bonart est essayiste et journaliste.
Il y a de quoi douter de la réalité d'un lien où votre ami ne vient à votre chevet que si l'Etat lui a payé un jour de congé.
Mathématiques : une alerte qu'on ne peut ignorer
Tribune collective
I n'entre pas dans les habitudes des chefs d'entreprise de commenter les classements scolaires. Nous parlons volontiers de fiscalité, de normes et de compétitivité, mais trop rarement de l'école. Les résultats de l'enquête Pisa nous obligent à prendre la plume pour sonner une alerte claire : ce décrochage ne relève plus du débat pédagogique, il engage l'avenir économique de la nation et de ses enfants. Les chiffres ne laissent aucune place au doute.
Avec 458 points en mathématiques, les élèves français de quinze ans signent leur plus mauvais score depuis la création de l'enquête en 2000. Pire, avec 35 points perdus en moins de 10 ans, cela signifie que les élèves de seconde d'aujourd'hui ont le niveau des élèves de quatrième de 2016. Les mathématiques ne sont pas une matière parmi d'autres. Elles sont la langue de l'économie et du monde qui vient. L'intelligence artificielle, la cybersécurité, la robotique, l'exploitation des données : tout ce qui fera la richesse des nations dans vingt ans s'écrit en équations.
Un pays dont les enfants décrochent aujourd'hui manquera d'ingénieurs, de techniciens et de chercheurs demain, et se contentera de n'être qu'un spectateur du formidable mouvement d'innovations qui se jouera ailleurs. Ce classement n'est pas une statistique scolaire, c'est le bilan prévisionnel de notre compétitivité future.
Nous en mesurons déjà les effets dans nos entreprises, où les profils scientifiques et techniques manquent à tous les étages de la qualification. Chaque cohorte d'élèves fâchés avec les nombres rétrécit le vivier dans lequel se construi-
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Chaque cohorte d'élèves fâchés avec les nombres rétrécit le vivier dans lequel se construiront nos usines.
ront nos usines, nos laboratoires et nos services numériques.
Les économistes estiment que chaque point Pisa perdu peut retrancher jusqu'à 0,2 % de PIB potentiel à long terme, et que les dizaines de milliers de jeunes sortant chaque année du système sans qualification coûtent à la collectivité plus de 30 milliards d'euros par an. Le renoncement scolaire est la plus coûteuse de nos dettes.
Mais la facture la plus lourde n'est pas budgétaire, elle est sociale. Les mathématiques ont longtemps été en France le plus puissant des ascenseurs, représentant une discipline où le talent ne s'hérite pas, où l'enfant d'ouvrier pouvait, par le mérite du raisonnement, rejoindre les meilleures écoles de la République.
Pisa montre que les inégalités sociales pèsent chez nous plus lourd qu'ailleurs, et que même les élèves favorisés reculent. Comment promettre à nos enfants qu'ils vivront mieux que nous si nous ne leur donnons ni les savoirs pour inventer, ni l'école pour s'élever ?
D'autres pays ont montré que rien, ici, n'est irréversible. L'Estonie, partie de plus loin que nous, domine aujourd'hui l'Europe ; le Portugal et la Pologne ont redressé leurs résultats en une décennie, par la constance des méthodes et l'exigence des fondamentaux. Le déclin n'est pas une fatalité, il est le produit de nos choix. Trois chantiers nous paraissent prioritaires. Refonder l'apprentissage des mathématiques dès le primaire, car tout se joue avant la sixième, et revaloriser les professeurs de mathématiques et de sciences, dont la rareté devient critique. Conférer une réelle autonomie aux établissements pour laisser la liberté aux acteurs éducatifs locaux d'expérimenter et d'innover pour renouer avec l'excellence éducative. Réconcilier enfin l'école et l'entreprise. Nous nous engageons à ouvrir plus largement nos laboratoires, nos ateliers et nos équipes aux élèves et à leurs professeurs, pour que les mathématiques redeviennent ce qu'elles sont, la clé des métiers qui inventent le monde.
La présidentielle de 2027 débattra de la dette, des retraites, de la sécurité. Elle devra d'abord comprendre qu'aucun redressement productif, aucune souveraineté technologique, aucune promesse de progrès social ne tiendra sur une nation qui ne sait plus compter. Un pays qui abandonne les mathématiques et plus largement l'éducation de sajeunesse abandonne son futur. Nous, chefs d'entreprise, refusons de nous y résigner.
Les signataires sont les dirigeants suivants : Olivier Andriès (Safran), Pierre-André de Chalendar (Institut de l'entreprise), Thierry Coulhon (Institut polytechnique de Paris), Pascal Daloz (Dassault Systèmes), Nicolas Dufourcq (Bpifrance), Antoine Frérot (Veolia Environnement), Christel Heydemann (Orange), Xavier Huillard (Vinci), Patrick Pouyanné (TotalEnergies), Philippe Salle (Atos Group), Vincenzo Vinzi (Essec)
Grande transmission : et si l'on s'y prenait autrement ?
par Sacha et Grégory Edberg
Les chiffres sont connus. Selon Bpifrance, 370.000 entreprises devront changer de mains d'ici à 2030, quand la France n'enregistre qu'un peu plus de 37.000 cessions par an. A ce rythme, une sur trois seulement trouvera preneur. Le pacte Papin, annoncé le 9 septembre pour faciliter la reprise par les salariés, s'ajoute au pacte Dutreil et au fonds de pérennité de la loi Pacte : les outils s'accumulent, et c'est heureux. Mais la grande transmission n'est pas d'abord une affaire d'outils. C'est une affaire de culture.
Nous avons appris à créer des entreprises, à les financer, à les faire croître, à les vendre. Aucune école de commerce n'en fait une discipline. Le mot lui-même, dans notre culture économique, désigne une fin : un moment fiscal, une opération, une sortie. Les professionnels qui entourent un dirigeant sont excellents, chacun dans son champ, mais aucun champ ne porte la question entière. Ce qui manque n'est pas une compétence supplémentaire. C'est une discipline qui n'existe pas encore, sinon par fragments.
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Ce qui redevient rare, c'est la vue d'ensemble
L'économiste Benjamin Jones a montré que l'accumulation du savoir a tué l'homme de la Renaissance: plus une profession se spécialise, plus elle gagne en profondeur et plus elle perd, par construction, la vue sur ce qui se joue entre les disciplines. L'intelligence artificielle est en train de renverser cette fatalité. Quand une machine réfute une conjecture d'Erdos ouverte depuis 1946 en combinant des domaines que personne ne pensait ensemble, la profondeur de chaque savoir devient bon marché. Ce qui redevient rare, c'est la vue d'ensemble.
La transmission d'une entreprise familiale est précisément l'un de ces problèmes qui n'appartiennent à personne : du droit, de la fiscalité, de la finance, de la stratégie, de la gouvernance et beaucoup de psychologie familiale. Elle exige une vision globale que notre organisation du savoir ne produit pas spontanément.
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Des empires construits par transmission
Car ce qui se transmet n'est pas un actif. C'est un patrimoine professionnel : des savoir-faire, des équipes, un ancrage, des racines. Une entreprise familiale centenaire est une part du pays au même titre qu'un monument. Que faire de celles qui n'ont ni héritier ni repreneur ? Le Danemark a répondu depuis longtemps : Carlsberg, Novo Nordisk ou Maersk appartiennent à des fondations qui les gardent chez elles pour toujours. Bosch en Allemagne, Pierre Fabre en France ont fait le même choix. Notre fonds de pérennité, créé en 2019 pour cela, demeure presque inemployé. Famille, salariés, capital-investissement, fondation : les voies de pérennisation existent. Il manque la culture qui permet de les penser ensemble.
Il manque aussi des modèles. Nous célébrons les fondateurs et les licornes, jamais ceux qui reprennent une maison pour la porter plus loin. Or l'enjeu de la transmission n'est pas de céder : c'est de vouloir bâtir, et bâtir grand. Les empires technologiques raisonnent en immortels ; Peter Thiel finance littéralement la recherche contre la mort.
Nos vieilles maisons détiennent pourtant la seule forme d'immortalité qui ait fait ses preuves. Mellerio joaillier depuis 1613, Wendel depuis 1704, Hermès depuis 1837 : voilà des empires, et ils se sont construits par transmission. L'esprit de conquête n'est pas l'apanage de la Silicon Valley. Il est dans notre histoire ; il reste à le vouloir à nouveau.
La grande transmission n'est pas un marché de 370.000 dossiers. C'est le moment où se décide ce que sera le capitalisme français en 2050, et une part de ce que sera le pays. La question n'est pas comment vendre, mais ce que nous voulons construire, et pour combien de générations. Cela ne se réglera pas dans une loi de finances. Cela commence le jour où une école enseigne la transmission comme elle enseigne la création, où un fonds de pérennité cesse d'être une curiosité juridique, où un repreneur est célébré comme un fondateur.
Grégory et Sacha Edberg sont enseignants à Sciences Po.
sciences
Quelle part de plagiat dans le génie de l'IA ?
LA
CHRONIQUE
de Gaël Varoquaux
Navier-Stokes, l'un des sept « problèmes du millénaire », les groupes « non sofiques », puis, il y a quelques jours, 722 articles d'un coup : OpenAI enchaîne des résultats impressionnants, que nous digérons encore. D'où vient l'intelligence de leur IA ? Un modèle de langage est d'abord une immense mémoire, qui procède par analogie. Posez-lui l'énigme du passeur qui doit faire traverser une rivière à un loup, une chèvre et un chou : même en renommant les personnages, il s'en sort. Audelà des correspondances exactes, il reconnaît la structure d'un problème déjà vu. En mathématiques, cette mémoire est précieuse : la première difficulté d'une recherche est de lire, encore et encore, pour trouver dans les travaux antérieurs, proches ou lointains, l'outil qui débloquera la situation. L'IA, elle, a tout lu.
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Bibliothèque implicite
Mais l'IA fait plus qu'adapter des solutions connues : elle décompose les problèmes en étapes plus simples, une « chaîne de pensées », chaque étape pouvant puiser dans sa mémoire. Savoir décomposer s'apprend par l'exemple, comme ceux des manuels scolaires. Pour multiplier les exemples, on fait produire à l'IA des milliers de tentatives sur des problèmes dont on sait vérifier la solution, cherchant les enchaînements qui aboutissent : c'est l'apprentissage par renforcement. En voyant beaucoup d'enchaînements fructueux, l'IA se bâtit une bibliothèque implicite de stratégies de décomposition, qu'elle transpose à de nouveaux problèmes.
Les conversations des chercheurs avec l'IA regorgent aussi de nouveaux enchaînements sur des problèmes de pointe. Un mathématicien qui travaille avec un assistant le guide, le corrige, l'oriente vers une piste inhabituelle : chaque session est une chaîne de raisonnement réussie, annotée par un expert. Ces sessions sont conservées par les opérateurs de l'IA. Or des chercheurs reconnaissent dans les résultats d'OpenAI leurs pistes de travail. Tristan Buckmaster et Levent Alpöge travaillaient depuis un an, avec les outils d'OpenAI, sur une approche non publiée de Navier-Stokes ; OpenAI ne s'y est mis que très récemment, avec une preuve que Buckmaster juge étonnamment proche. Andreas Thom avait discuté des mois avec ChatGPT de techniques peu en vogue sur le problème des groupes « non sofiques », celles-là mêmes au cœur de la preuve d'OpenAI. Chez Anthropic, Claude vient de « découvrir » des enzymes qu'un doctorant de Copenhague affirme étudier depuis 2022, lui ayant confié ses données inédites. Les entreprises démentent, mais OpenAI a d'abord concédé « ne pas pouvoir exclure » que des données « dé-identifiées » aient amélioré ses modèles. Nous n'aurons sans doute jamais le fin mot de l'histoire. Mais dé-identifier une idée, c'est lui retirer son nom : précisément ce qui sépare l'inspiration du plagiat. Nous acceptons sans lire les clauses des outils, clauses qui autorisent souvent l'usage de nos données « pour améliorer le service ». Quand nous leur confions une idée, les géants de l'IA passent-ils de l'amélioration au plagiat, à l'insu de leur plein gré ?
Gaël Varoquaux est directeur de recherche à l'Inria.
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ARCHÉOLOGIE // A Paris, des fouilles ont révélé un fragment de mur d'enceinte gaulois, daté entre -200 et -30. Cette découverte exceptionnelle éclaire les origines de Lutèce.
Ce mur que nous laisse Lutèce...
Un mur de la Lutèce gauloise a été découvert dans la cour de l'Hôtel-Dieu. Photo Jean-Baptiste Gurliat/Ville de Paris
Yann Verdo
Les débuts de « Paris la Grande » ont été bien modestes. Si modestes, même, que, jusqu'à tout récemment, on en avait complètement perdu la trace. Nous ne parlons pas du Paris d'avant le grand chambardement du baron Haussmann - celui du Moyen Age, de la Renaissance, des Lumières -, décrit par quantité de sources contemporaines, qui nous est bien connu. Mais avant ? Avant, ça se complique un peu... Autant historiens et archéologues ont réussi de concert à se faire une petite idée de ce à quoi devait ressembler la Lutèce gallo-romaine, autant le noyau séminal qui l'a précédée dans le temps - cet oppidum gaulois brièvement évoqué par Jules César dans sa « Guerre des Gaules » - demeurait pour tous les spécialistes nimbé du plus épais mystère. Perdu dans la nuit des âges. De cette Lutèce 100 % gauloise, peuplée par une tribu chevelue appelée les Parisii, on savait juste qu'elle avait existé... et été conquise par les légions du grand Jules. Point barre. De témoignages écrits ? Nul autre que les quelques lignes de la « Guerre des Gaules ». De vestiges mis à jour ? Aucun.
Jusqu'à cet été. L'hôpital de l'Hôtel-Dieu, sur l'île de la Cité, a eu la bonne idée de vouloir s'agrandir, par la construction de deux bâtiments supplémentaires. Comme la loi l'impose depuis 2001, un diagnostic, préalable obligé à tout chantier en un lieu si chargé d'histoire, a été réalisé dans le sous-sol du site prévu de la construction, dans la cour
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Un pionnier, Théodore Vacquer
Le père fondateur de l'archéologie parisienne, Théodore Vacquer (1824-1899), a marqué le XIXe siècle de son empreinte.
\- 1841 Découverte fortuite de sarcophages mérovingiens sous le parvis de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois.
1853 Début des grands travaux haussmanniens.
1868 Mise au jour de la nécropole Saint-Marcel.
1867 Découverte des arènes de Lutèce.
1872 Création du Musée Carnavalet, consacré à l'histoire de la capitale, dont Vacquer est nommé sous-conservateur.
de l'édifice : bien que très parcellaires, ces deux mini-sondages ont bien révélé la présence, dans la terre, de vestiges. Des vestiges ne datant malheureusement pas de l'époque gauloise, mais c'était néanmoins assez pour que le ministère de la Culture et la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) prescrivent une fouille plus complète des lieux. Et là, divine surprise ! Alors qu'il travaille depuis plusieurs mois sur le chantier, David Couturier, responsable de fouille pour le Département d'histoire de l'architecture et d'archéologie de Paris (DHAAP), exhume, à 4 mètres de profondeur, les restes d'un mur d'enceinte de pierre et de bois, fragment de 20 mètres de long pour un mètre de haut. L'enceinte du fameux oppidum gaulois ? Tout l'indique.
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Persistence gauloise
« La construction de ce rempart - des pierres grossièrement équarries, solidarisées entre elles non pas par du mortier, mais des poutres de bois - est typique de l'Age du fer et de l'architecture gauloise », explique Julien Avinain, responsable du pôle archéologique de Paris. Par ailleurs, des traces d'un incendie sont encore visibles sur le mur : or, l'on sait-c'est là l'une des rares indications données par César dans son texte - que les Gaulois, à l'approche des légions romaines, ont mis le feu à leur oppidum, comme ils avaient coutume de le faire un peu partout en Gaule, pour empêcher les envahisseurs de faire main basse sur le ravitaillement. Quant aux deux datations au carbone 14 du rempart, elles ont donné une fourchette comprise entre - 200 et - 30. Petit rappel de vos cours d'histoire : la conquête de Lutèce par César - ou plutôt par son lieutenant, le général Titus Labienus - date de - 52.
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L'archéologie préventive
Les fouilleurs de vestiges doivent beaucoup à la loi sur l'archéologie préventive introduite dans notre arsenal législatif le 17 janvier 2001, sous le gouvernement Jospin. Elle prévoit l'intervention des archéologues en préalable aux chantiers d'aménagement (carrières, terrassements, routes et voies ferrées, bâtiments privés et publics), afin de réaliser un « diagnostic », et si nécessaire une fouille. « L'archéologie préventive, indique Julien Avinain, représente aujourd'hui 90 % de l'activité en archéologie », les 10 % restants correspondant à l'archéologie programmée, celle qui ne concerne pas des sites menacés par une opération d'aménagement du territoire. Cette « sauvegarde par l'étude » des archives du sol, tant en milieu rural qu'en milieu urbain, est cruciale pour notre connaissance du passé. Car les vestiges sont partout, pour peu qu'on les cherche ! Ainsi, sur un tracé de ligne TGV, on trouve en moyenne un site au kilomètre.
La trouvaille est si stupéfiante, elle résonne comme un tel coup de tonnerre dans le ciel de l'archéologie parisienne, qu'une commission a pris dans la foulée un « avis de découverte d'importance exceptionnelle » permettant à la DRAC de poursuivre et étendre les fouilles, à la recherche d'autres traces - maisons, greniers, fosses, objets divers... - de la modeste agglomération (on n'ose pas parler de ville) qu'encerclait cette enceinte. La Lutèce des compatriotes d'Astérix et Panoramix, enfin ! De cette petite place forte appelée à devenir un jour la Ville Lumière, César écrivait juste qu'elle se situait sur une île, dans une boucle de la Seine. Ce qui fait forcément songer à l'actuelle île de la Cité. D'autant qu'une analyse des couches géologiques de la langue de terre qu'ornent aujourd'hui Notre-Dame et la Sainte-Chapelle a montré que cet îlot était déjà constitué, et habitable, à la fin de la protohistoire.
Oui mais voilà, cette même île de la Cité n'avait (jusqu'à cet été) encore livré aucun vestige gaulois, alors qu'on en a trouvé à foi-son ailleurs, dans deux sites proches. L'un est Nanterre (Hauts-de-Seine), où ont été exhumées, à partir de 1993, les traces souterraines d'une vaste agglomération, attribuée elle aussi aux Parisii ; l'autre est Gentilly (Val-de-Marne), où ont par la suite été découverts les restes d'une grande nécropole gauloise. Ces dernières années, une certaine forme de doute, ou du moins de malaise, avait commencé à s'emparer de certains esprits : et si... Et si on faisait erreur depuis le début ? Et si l'île de la Cité n'avait jamais été ce noyau historique à partir duquel germa peu à peu Paris, sur la rive gauche de la Seine d'abord, droite ensuite ?
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L'île de la Cité n'avait jusqu'à cet été encore livré aucun vestige gaulois, alors qu'on en a trouvé à foison ailleurs, dans deux sites proches, Nanterre et Gentilly.
« De solides contre-arguments s'opposaient toutefois à cette réinterprétation, nuance Julien Avinain. D'abord, César parle bien d'une île dans une boucle de la Seine, ce que n'est ni Nanterre ni Gentilly. Ensuite, les Romains avaient coutume, lorsqu'ils déplaçaient un lieu-dit, d'en changer le toponyme. » S'ils avaient déplacé la cité des Parisii de Nanterre (ou de Gentilly) à ce qui est aujourd'hui Paris – là même où devait bientôt fleurir la Lutèce gallo-romaine-, ils n'auraient pas continué de l'appeler « Lutèce ». Ce nom est pourtant resté et a continué de désigner la cité que, bien après César, au IIe siècle, les premiers Antonins (Trajan, Hadrien...) ont embellie d'édifices plus ou moins parvenus jusqu'à nous : les arènes de Lutèce (ce vaste amphithéâtre près de la place Monge), les thermes de Cluny, ceux du Collège de France... Ce n'est qu'à la fin de l'Antiquité, lorsqu'elles se fortifient, que toutes ces cités gallo-romaines reprennent le nom de leur tribu gauloise d'origine : Durocortorum devient Reims, la ville des Rèmes ; Noviodunum Soissons (la ville des Suessions), Lemonum Poitiers (Pictones), Darioritum Vannes (Vénètes)... Et Lutèce est rebaptisée Paris, la ville des Parisii. « C'est la marque de la persistance, dans la mémoire collective, des origines gauloises de toutes ces cités », observe David Couturier.
Grands guerriers, les Gaulois n'étaient pas de grands logographes, et c'est bien dommage puisque, s'ils nous avaient laissé des écrits, nous en saurions un peu plus sur eux. En particulier sur ces Parisii qui se sont opposés aux légions de Labienus et dont on ne sait rien ou presque. On ignore jusqu'au nom de leur chef, celui qui les a fait entrer dans la coalition de résistance à l'envahisseur dirigée par Camulogène, un noble d'une autre tribu (celle des Aulerques ; son contemporain Vercingétorix, vainqueur de Gergovie et défenseur d'Alésia, était, lui, le roi des Arvernes). Tout juste peut-on conjecturer, à propos de ces Parisiens d'avant la lettre, qu'ils faisaient du commerce sur le cours de la Seine : ils frappaient monnaie, à l'instar des Grecs et des Romains, c'est là à peu près notre seule certitude à leur sujet. Mais il y a fort à parier que les fouilles étendues rendues possibles par l'avis de découverte d'importance exceptionnelle nous permettront d'en apprendre plus, dans les années qui viennent, sur eux et sur la ville rudimentaire qu'ils habitaient. Non seulement Paris « est battu par les flots mais ne coule pas », comme le veut sa devise, mais parfois même elle ressurgit du fond des eaux de l'histoire...
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Dans le respect du principe d'un art en communion avec la nature, le bâtiment en béton est installé au sein d'un ancien parc privé. DR
La Fondation Beyeler en version augmentée
ART
La célèbre institution d'art suisse s'enrichit de trois nouveaux bâtiments signés du Pritzker Prize Peter Zumthor. L'occasion de mettre en valeur ses collections permanentes et ses nombreux prêts au long cours, comme 13 Magritte.
Judith Benhamou
En 1997, à Bâle, en Suisse, le marchand d'art, Ernst Beyeler a inauguré une fondation qui porte son nom. Très vite, l'institution, avec son bâtiment signé Renzo Piano qui a un don exceptionnel pour magnifier l'art, est devenue une référence mondiale. Beyeler avait coutume de dire, en regardant les collines environnantes sur lesquelles aiment à se promener des vaches : « Ça, c'est ma Sainte-Victoire ! » Une allusion directe à la montagne des obsessions de Paul Cézanne, un artiste qu'il chérissait particulièrement.
Ernst Beyeler est mort en 2010. A la direction du musée se trouvait désormais Samuel Keller, un autre Bâlois, longtemps à la tête de la plus grande foire d'art du monde, Art Basel. Seize ans plus tard Keller conduit de main de maître l'avenir de l'institution et inaugure, juste à côté du bâtiment de Renzo Piano, un nouveau complexe en trois constructions (dont une, dédiée à l'administration, n'est pas ouverte à la visite) qui lui permet de déployer ses activités. L'ensemble est signé d'un autre Bâlois encore, qui a acquis ses lettres de noblesse d'architecte de par le monde : Peter Zumthor (né en 1943).
Ce lauréat du Pritzker Prize s'est entre autres illustré en dessinant le spectaculaire musée Lacma de Los Angeles, inauguré au printemps 2026. A Bâle, l'opération, à 120 millions de francs suisses, a fait appel à une participation privée substantielle avec au premier chef celle d'un milliardaire suisse, Hansjörg Wyss, qui donne son nom au nouveau lieu d'exposition d'une superficie de 1.500 m². Au sein de la Fondation Beyeler augmentée, se trouve donc le Wyss Museum dont la destination principale est l'exposition des collections permanentes—pour l'instant, dans le bâtiment originel se poursuit la programmation d'expositions temporaires.
Une collection « vivante »
L'apparition d'un nouveau nom dans le fief Beyeler est une petite révolution. C'est aussi un outil parfait pour accueillir des prêts d'œuvres d'art à long terme et des donations. L'exposition inaugurale semble là pour le démontrer. Alors que les collections étaient pauvres en peintures du surréaliste belge René Magritte, dans la salle consacrée à une figuration fantastique sont présentées treize de ses œuvres, prêtées par les collections privées Wyss et Reuben.
Dans le même espace figure une grande huile de Balthus, parmi les plus fameuses, un arrêt sur image dans une arterre de Paris : « Passage du commerce Saint-André ». Elle appartient encore à une autre collection, pri-
Le pavillon
Ammann est
conçu pour les
rassemblements
concerts
et autres
rencontres.
vée, la collection Hersaint.
« Ernst Beyeler m'avait expliqué que la collection devait rester vivante, entre autres grâce à des mises en dialogue avec des prêts de long terme », justifie Sam Keller. Attaché au principe du fondateur d'un art en communion avec la nature, le bâtiment anguleux en béton est installé au sein d'un ancien parc privé. Zumthor aime la lumière latérale pour éclairer les tableaux.
Le pavillon Ammann (du nom d'un autre donateur), un auditorium, est conçu pour les petits rassemblements, concerts et autres rencontres. Imaginé avec des murs de verre qui ouvrent sur la nature, il est accessible gratuitement à tous les visiteurs. Entièrement gainé de bois dans des tons chauds, il procure une impression de bien-être. On y retrouve l'esprit d'ouverture sur les arbres de la « Glass House » de l'Américain Philip Johnson, conçue en 1949 dans le Connecticut. « Le mien est mieux », conclut avec un sourire Peter Zumthor.
Fondation Beyeler
En Suisse, à Bâle.
www.fondationbeyeler.ch/fr
LIVRE
« L'Attrape- cœurs » revisité
A l'occasion du 75 $^{e}$ anniversaire de sa parution, les éditions de la Table ronde proposent une nouvelle traduction du best-seller de J. D. Salinger, vendu à 90 millions d'exemplaires à travers le monde.
Alexandre Fillon
J. D. Salinger (1919-2010) fait figure de cas d'école dans l'histoire de la littérature américaine. Voilà l'un des rares écrivains de son temps à avoir cherché l'invisibilité en poussant loin un souci obsessionnel de protéger sa vie privée. Entre 1951 et 1963, Salinger a publié quatre livres avant de garder à jamais le silence. Le plus fameux d'entre eux s'est écoulé à plus de 90 millions d'exemplaires depuis sa parution aux Etats-Unis, en 1951. D'abord traduit en 1953 par Jean-Baptiste Rossi, alias Sébastien Japrisot, puis en 1986 par Annie Saumont, « L'Attrape-cœurs » nous revient dans une nouvelle traduction due à Jean Esch et à Alice Déon.
L'occasion de réentendre la voix d'Holden Caulfield, le garçon de la bonne bourgeoisie new-yorkaise renvoyé de son internat en Pennsylvanie trois jours avant les vacances de Noël, qui n'a pas sa langue dans sa poche. Le narrateur de Salinger est un garçon de 17 ans, de 1,90 m, avec une coupe en brosse et des cheveux blancs depuis qu'il est gamin. Holden se présente comme menteur et exhibitionniste. Il nous apprend avoir un frère, D. B., écrivain et scénariste à Hollywood ; un autre, Allie, mort d'une leucémie ; et une petite sœur, prénomme Phoebe, qui habite encore l'appartement familial sur la 71 $^{e}$ Rue.
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Voix unique
Holden Caulfield, on l'accompagne lorsqu'il demande à un chauffeur de taxi s'il sait où vont, l'hiver, les canards de Central Park quand le lac est gelé, lorsqu'il passe des coups de téléphone depuis des cabines, dort à la gare de Grand Central ou envisage de filer en stop dans l'Ouest, sans jamais se départir de sa tendance à faire « le zouave ». En s'attelant à son virevoltant monologue, Jean Esch et Alice Déon ont cherché à en rendre l'oralité, le naturel et le rythme, tout en acceptant les répétitions et en s'en tenant à une langue des années 1950. Pas trafiquée, avec ses bizarreries et son naturel, la voix d'Holden Caulfield demeure unique.
L'Attrape-coeurs
de J. D. Salinger, traduit
par Jean Esch et Alice Déon.
La Table ronde, 302 pages,
14 euros.
« Portobello » ou la justice de l'absurde selon Marco Bellocchio
SÉRIE
Après « Esterno Notte », le cinéaste revient au petit écran pour raconter la tragédie dont fut victime Enzo Tortora, présentateur vedette de la télévision.
Léa Colombo
Sur le plateau de tournage de l'émission, « Portobello » est avant tout un décor factice : des façades en carton-pâte pour reproduire une avenue commerçante, un perroquet bien peu bavard, un florilège d'invités hauts en couleur, d'un hypnotiseur consciencieux à une drôle de star du cinéma en passant par une femme qui peut pleurer sur commande... On se croirait chez Fellini.
A première vue, donc, difficile de voir dans « Portobello », deuxième série créée par le maître italien Marco Bellocchio, autre chose qu'une comédie inspirée d'un moment fort de la télévision italienne. Après le tragique « Esterno Notte » sur l'enlèvement d'Aldo Moro, on pourrait croire que le réalisateur change de ton. C'est sans compter sur le goût de Marco Bellocchio pour les traumas nationaux. En effet, « Portobello » vire rapidement au drame quand un mafieux de la Nuova Camorra Organizzata, humilié par l'indifférence de sa hiérarchie et le peu d'attention qu'accorde son animateur favori à ses courriers, va le dénoncer aux autorités comme complice de la mafia.
Une accusation absurde, sans preuve irréfutable sinon un nom sur un carnet, qui pourrait faire rire si elle n'allait pas plonger Enzo Tortora, brillamment incarné par
Fabrizio Gifuni, dans un véritable cauchemar. Le présentateur déchu de « Portobello » écopera d'une peine de dix années de prison en 1983. Il lui faudra trois ans pour en sortir et prouver son innocence.
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Une réussite naturaliste
Série sur les années 1980, décennie qui précède pourtant l'émergence des « fake news », du gouvernement par le mensonge instauré par exemple par Donald Trump ou Silvio Berlusconi, « Portobello » raconte une terrible injustice avec un éclairage très contemporain.
Mêlant habilement le récit et l'intime, alors que les faux témoignages se succèdent avec un aplomb presque pathologique, le drame judiciaire donne également à voir la prison italienne de l'intérieur, alors que Tortora se rapproche de ces codétenus et découvre l'humanité derrière l'administration pénitentiaire qui n'opère que par formulaire.
Loin de tourner l'affaire Tortora en dérision-même si « Portobello » a quelque chose de fantaisiste dans les accusations comme dans les soutiens que reçoit l'animateur incarcéré-, Marco Bellocchio fait le choix d'un traitement à la fois lent et grave, qui ne manque toutefois pas d'une mordante ironie. Une belle réussite naturaliste qui décortique les dangers de l'emballement médiatique et l'influence tentaculaire de la mafia dans le système judiciaire et la société italienne de cette époque.
Portobello
de Marco Bellocchio.
Avec Fabrizio Gifuni, Lino
MusellaL Sur Arte.tv, six épisodes.
Les copropriétaires, parmi lesquels Xavier Niel, Frédéric Lemos et le chanteur Vianney, n'ont pas réussi à s'entendre. Collage Arnaud Poilleux avec Alexandra Bonnefoy/RÉA, Marc Ollivier/Ouest France/MaxPPP, Valery Hache/AFP et iStock
La tour Montparnasse, le fiasco d'une rénovation
IMMOBILIER // Considérée par beaucoup de Parisiens comme une verrue, l'édifice était promis depuis dix ans à une transformation spectaculaire. Mais après des mois de bataille judiciaire, les copropriétaires ont jeté l'éponge.
Fleur Bouron
Une omerta dingue », « une histoire de gros sous et d'ego », « dans le milieu, c'est la pire des copros ». Voilà un florilège de phrases entendues au sujet de la tour Montparnasse. Celles et ceux qui les ont prononcées ont pris soin de préciser : « c'est du off, bien sûr ».
Bien sûr. Car c'est à cette seule condition que les protagonistes de la rénovation de la plus haute tour de Paris consentent à évoquer les tractations en cours. Chacun y joue des millions d'euros – sur dix ans de négociations –, voire sa réputation et les derniers mois ont été particulièrement mouvementés. Les travaux de modernisation devaient débuter à l'automne 2026, mais le projet a déraillé au printemps. « Un dérapage incontrôlé s'est mis en place », explique une source proche du dossier. A l'assemblée générale du 23 septembre, les copropriétaires ont rejeté à 76 % des tantièmes la rénovation de l'immeuble, imaginée en 2017 pour tourner la page d'une tour en verre fumée malaimée et pleine d'amiante.
Sauf ultime retournement de situation avant le 26 novembre, date d'expiration du permis de construire, la spectaculaire transformation devrait être abandonnée pour une réfection a minima.
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Deux camps s'affrontent
Dans la tour, deux groupes s'opposent. D'un côté, le principal propriétaire a voté pour l'abandon. Il s'agit de la Financière Patrimoniale d'investissement (LFPI) qui en détient 28 %, soit environ 17 étages, grâce à une structure dédiée dans laquelle ont investi Xavier Niel et la famille Decaux, propriétaire du géant de l'affichage publicitaire JCDecaux. Se sont rangés derrière la LFPI des assureurs comme la MGEN (18 % de l'immeuble), AXA devenu BNP Paribas Asset Management (un peu moins de 10 %), ou encore Icade, Samsic, etc.
Face à eux, un homme est au cœur du dossier depuis ses origines : Frédéric Lemos. Ancien président de la branche immobilière de LFPI, son divorce avec son ancienne entreprise constitue l'un des nœuds du dossier. Il défend désormais ses propres intérêts. Et pour tenter de sauver la grande rénovation, il peut compter sur le soutien de Xavier Niel. Car si le fondateur de Free, à la tête d'un empire immobilier dans Paris, détient 25 % du véhicule de LFPI, il a aussi investi en direct dans plusieurs lots pour environ 10 % de la tour. Le milliardaire n'a qu'une seule obsession : embellir Paris, quoi qu'il en coûte. Et c'est Frédéric Lemos qui le représente.
Une ambition qui semble désormais très compromise après l'AG de fin septembre. Exit la serre agricole au sommet, l'hôtel avec vue imprenable sur Paris, le jardin du 14 $^{e}$ étage et la façade en verre transparent. Le collectif d'architectes Nouvelle AOM s'était pourtant distingué avec ces idées parmi 700 candidatures, devançant les projets de grands architectes comme Rem Koolhaas ou Jeanne Gang. « Ce qu'ils avaient proposé, c'était de redonner un petit côté haussmannien aux premiers étages, en en faisant un bâtiment avec des fenêtres et des balcons, et d'alléger la tour en créant des ruptures très fortes à différents niveaux », se souvient Jean-Louis Missika, alors adjoint à la maire de Paris chargé de l'urbanisme et de l'architecture. En guise de rupture, on constate surtout celle entre les ambitions du projet et l'état actuel de la tour et de ses alentours, en décrépitude. Des fenêtres se décrochent et tombent sur la dalle. Le centre commercial en sous-sol semble à l'abandon, les pigeons, l'odeur d'urine et la saleté y ont élu domicile. La tour, elle, a été vidée de ses derniers occupants en mars.
L'incarnation des ambitions modernistes des années 1970 a mal vieilli. L'époque où des entreprises se pressaient pour avoir un bureau dans le gratte-ciel haut de 210 mètres, où François Mitterrand puis Jacques Chirac y avaient établi leur QG, et où les fêtards allaient à l'Enfer, sulfureuse boîte de nuit au sous-sol, est désormais loin. Mais on pensait possible le retour à cet âge d'or.
C'était sans compter le coup de théâtre du 21 juillet 2026. « LFPI [le principal copropriétaire, NDLR] a démarré l'assemblée générale en disant qu'il ne soutenait plus le projet, devenu beaucoup trop cher. Ça a été une surprise pour tout le monde à un moment où on était charrette pour démarrer les travaux », raconte l'un des participants. Les coûts des travaux ont en effet augmenté. En 2017, la réhabilitation était annoncée à 300 millions d'euros hors taxes (HT). Elle est passée en juillet 2025 à 624 millions
« Le projet a été bâti sans tenir compte des contraintes préexistantes de la copropriété. »
GILLES VUILLEMARD
Ancien directeur immobilier de la MGEN d'euros HT (749 millions d'euros TTC), puis 727 millions en mars 2026, peu de temps avant que le projet ne déraille.
Il impliquait de nombreux échanges et remembrements de lots, notamment pour créer l'hôtel et rapprocher l'observatoire du toit-terrasse. « Le projet a été bâti sans tenir compte des contraintes préexistantes de la copropriété. On s'est heurté à des questions d'inversion de lots et donc de valeurs de ces lots, avec forcément chaque propriétaire tirant la couverture à soi », explique Gilles Vuillemard, ancien directeur immobilier de la MGEN. Et un copropriétaire d'en apporter la preuve : « Moi, je ne veux pas me faire escroquer, je veux mon petit million. »
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Quatre ans de recours
Le premier permis, déposé en 2019, déclenche énormément de recours dont il faut près de quatre ans pour venir à bout. Dans ces conditions, finir les travaux avant les Jeux Olympiques de 2024 semblait déjà ambitieux. « Le chantier a été bloqué par le Covid, puis par les JO. Et maintenant, par les crises internationales », résume Philippe Goujon, maire du 15 $^{e}$ arrondissement. Résultat, les coûts des matériaux et les délais de livraison ont flambé.
Si l'équation économique se dégrade, personne ne semble pourtant remettre en cause ce budget qui frôle déjà les 700 millions d'euros début 2026. Mais entre mars et juillet, le plan de financement des travaux se serait brusquement tendu. « Les banques étaient sollicitées par LFPI et une dizaine de propriétaires, notamment le syndicat de copropriété, pour émettre les garanties de paiement à l'entreprise de travaux », détaille un connaisseur. Elles auraient reculé devant la complexité des échanges de lots. « Le montage entier du projet a finalement été analysé comme non financable », poursuit-il.
Mais pour Frédéric Lemos, ce budget a été gonflé pour convaincre les copropriétaires de renoncer. « Depuis quelques semaines, on entend ceux qui veulent stopper le projet brandir le chiffre de 800 millions. Il n'existe pas. La vérité du projet d'aujourd'hui, qui comprend des extensions qui n'étaient pas prévues au départ, est de moins de 700 millions », assure-t-il. Que s'est-il « Le montage entier du projet a finalement été analysé comme non finançable. »
UN BON CONNAISSEUR DU DOSSIER
passé ? La tour Montparnasse est devenue le champ de bataille d'une guerre fratricide entre Frédéric Lemos et Gilles Etrillard, fondateur de LFPI, depuis que ce dernier a licencié son associé en novembre 2025.
Frédéric Lemos, longtemps président du conseil syndical, porte depuis 2015 le projet de lifting de cette tour qu'il connaît par cœur, pour le compte de son ancien employeur. Beaucoup lui reconnaissent son implication pour maîtriser les coûts d'entretien, dont il affirme qu'il les a réduits de 8 millions d'euros à son arrivée. « LFPI [sous la direction de Frédéric Lemos, NDLR] a beaucoup œuvré pour rendre la gouvernance plus simple. Ils ont acheté des étages pour réduire le nombre de copropriétaires », détaille Gilles Vuillemard. En quelques années, la tour est passée d'environ 90 à 34 copropriétaires. Mais d'autres fustigent une gestion opaque et agressive. « Quand Lemos a été viré, il y a eu un changement complet de ton », glisse un copropriétaire. S'il ne gère plus les intérêts de LFPI, il conserve un pied dans la tour grâce à plusieurs lots. Et certains lui donnent un certain pouvoir de négociation, notamment le 43 $^{e}$ étage dont il détenait un bout.
C'est un palier stratégique pour LFPI, déjà propriétaire des 44, 45 et 46 $^{e}$ , pour son projet d'hôtel. Après son licenciement, l'homme d'affaires veut acquérir la totalité du 43. Mais celui-ci est aux mains de Louis Le Duff, fondateur de La Brioche Dorée et de Bridor, et en mauvais termes avec Frédéric Lemos. C'est là que le chanteur Vianney entre en scène. C'est lui qui rachète au milliardaire son 43 $^{e}$ étage, pour semble-t-il en faire un studio. Quelque temps plus tard, il revend ses parts à Frédéric Lemos... qui est son ami, et désormais seul propriétaire de cet étage convoité. Le tout via une société baptisée Edmond de Vayres : « Edmond » en référence à Edmond
Dantès, héros du « Comte de Monte-Cristo », qui a consacré sa vie à sa vengeance ; « De Vayres » est le nom du château en Gironde de son ancien employeur, Gilles Etrillard. Sur WhatsApp, Pierre Niney dans le rôle d'Edmond Dantès fait d'ailleurs office de photo de profil de Frédéric Lemos. Pour LFPI, la création de l'hôtel apparaît désormais plus incertaine. D'autant que Frédéric Lemos et Xavier Niel nourrissent aussi des ambitions hôtelières sur d'autres étages qu'ils possèdent seuls ou à deux.
Mais le 43 $^{e}$ n'est pas le seul point de blocage. L'exploitation du toit-terrasse par l'observatoire panoramique de la tour Montparnasse (OPTM) est aussi source de tensions. Depuis sa création, l'observatoire, situé au 56 $^{e}$ , peut faire monter ses visiteurs au 59 $^{e}$ , moyennant une redevance sur le prix des billets. A son acmé, la tour accueillait 1,2 million de visiteurs par an. Cet accord, très avantageux pour l'OPTM, a été remis en question par le syndicat des copropriétaires alors dirigé par Frédéric Lemos. Or dans le projet de rénovation, l'observatoire devait passer du 56 au 57 $^{e}$ étage pour se rapprocher du toit-terrasse. Frédéric Lemos détenant une partie du 57 $^{e}$ , il faut aussi s'arranger avec lui.
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Une confiance brisée
Au fil des mois, tous ces différends ont érodé la confiance entre copropriétaires. Les accords déjà conclus entre certains auraient expiré avant que les financements ne soient sécurisés, rendant le montage immobilier encore plus incertain. Avec une facture en hausse liée à la découverte d'amiante, les banques auraient fini par se retirer. En juillet, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a convoqué les copropriétaires du gratte-ciel pour leur sommer de trouver une solution. Sans succès. Pour l'instant, ils se dirigent donc vers un projet moins ambitieux : désamiantage et rénovation de la façade. Les usages de 1973, essentiellement des bureaux, resteraient inchangés, évitant les échanges de lots qui ont fait capoter le projet.
Les copropriétaires devraient prochainement voter pour le lancement du désamiantage. Ce qui laisserait deux ans pour proposer à la Mairie de Paris un plan de « rénovation légère » afin d'éviter les contraintes du nouveau plan local d'urbanisme bioclimatique, détaille une source. Mais certains observateurs sont très sceptiques. Pour atteindre un certain standing, la tour devrait avoir un hall d'entrée plus spacieux ou encore une salle de sport, nous glisse-t-on. Et rien que ces équipements basiques nécessiteraient une rénovation lourde. Espérant repartir sur de bonnes bases, un nouveau conseil syndical a été élu, réunissant le camp du contre. Frédéric Lemos et Xavier Niel, qui ont voté pour la grande rénovation, en ont été exclus. « On ne se résigne pas à ce qu'il n'y ait que de la violence dans cette copropriété », conclut l'un des copropriétaires. Mais pour certains, la bataille ne fait que commencer.
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Les Echos
Entreprises&Marchés
Automobile Au Mondial de l'auto, un nouvel ordre se dessine pour les constructeurs // PP. 18-20
Tunnel sous la Manche : Virgin s'offre 12 TGV Alstom
FERROVIAIRE
Denis Fainsilber
Le groupe Virgin s'active pour venir briser le monopole d'Eurostar depuis 1994 sur le trafic ferroviaire transmanche entre Londres et le continent. Après avoir remporté plusieurs étapes décisives dans son plan de marche côté anglais, le conglomérat créé par Richard Branson annonce sa commande auprès d'Alstom de douze trains à grande vitesse Avelia Stream, pour un montant d'environ 650 millions d'euros.
Une version tempérée par Alstom, qui évoquait vendredi un simple accord « de réservation [des rames Avelia, NDLR], prévue après approbations réglementaires et finalisation financière ». Ces trains de plain-pied à un niveau - contrairement à ceux à deux étages, plus capacitaires, qui rentreront progressivement dans la flotte d'Eurostar - permettront de lancer les services au départ de Londres vers Paris, Bruxelles et Amsterdam, à partir d'octobre 2030 si tout se passe bien.
« L'ensemble des douze rames devrait être livrées dès la première année d'exploitation », explique aux
Distribution
« Exceptionnelle » opération de cession-bail pour Carrefour // P.23 « Echos » Josh Bayliss, le directeur général de Virgin Group. Ces trains ne devraient pas subir les bouchons dans les sites industriels français chargés du TGVM, puisqu'ils seront assemblés dans l'usine italienne Alstom de Savigliano (Piémont). En outre Alstom sera chargé de leur maintenance, avec un contrat de trente ans.
Virgin vise vingt allers-retours quotidiens depuis Londres vers Paris, Bruxelles et Amsterdam, avec des débuts à l'automne 2030.
LesEchos SUR
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Le grand retour de Virgin sur les rails
Grâce à ces futures rames rouge et noir roulant à 300 km/h, Virgin fera ainsi son grand retour sur les rails. Sa compagnie, installée depuis 1997 sur le réseau classique britannique avec des rames diesel, avait cessé de rouler sous son blason en décembre 2019, dans le cadre de la grande réforme du rail anglais.
Avant de se relancer via la grande vitesse internationale, Virgin a dû trouver des partenaires. Le nouvel acteur comptera deux sociétés distinctes, détaille le directeur général. Le matériel roulant sera détenu par Equitix, une société spécialisée dans le financement d'infrastructures, qui les louera à une autre société chargée de l'exploitation, codétenue à 50/50 par Virgin Group et Azzurra Capital, une firme de private equity. Il restera d'ici à 2030 à homologuer
Textile La filière laine ne veut plus gâcher ses toisons // P.27
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le Décryptage
de David Barroux
tous les jours
à 7h55
les trains, notamment pour les contraintes de sécurité plus strictes s'agissant des risques d'incendie dans le tunnel.
vingt fréquences quotidiennes au départ de Londres-Saint-Pancras, à compter d'octobre 2030.
lateur anglais ORR sur les droits de trafic accordés à Virgin entre Londres et le tunnel, litige devant être tranché le 4 décembre prochain. Avec à terme 13 allers-retours quotidiens sur Paris-Londres, 4 sur Londres-Bruxelles plus 3 jusqu'à Amsterdam, Virgin Trains ajoute-rait ainsi 7,5 millions de sièges supplémentaires par an au réseau transmanche, dont 4,75 millions pour la partie française.
Eurostar a déposé un appel
Après avoir arraché en octobre 2025 de la place dans le centre de maintenance de Temple Mills, près de Londres, pour l'heure réservé à Eurostar, Virgin a reçu un autre feu vert majeur en août dernier, lorsque le régulateur britannique (ORR) a approuvé son plan de lancer jusqu'à
Il faudra encore matérialiser prochainement deux accords : avec Getlink, la maison mère d'Eurotunnel (ce qui ne devrait pas poser de problème, tant le trafic actuel du tunnel est inférieur aux capacités théoriques), et SNCF Réseau pour les sillons côté français et l'accès à la gare du Nord, y compris pour y créer un salon d'attente. Eurostar a quant à lui déposé un appel devant le régu-
Sera-t-il aisé pour un nouvel entrant d'affronter Eurostar, luimême solidement établi sur son marché naturel, et qui est encore appelé à se développer vers la Suisse ou l'Allemagne ?
A l'instar de Velvet, une jeune société ferroviaire française bientôt face aux grandes lignes de la SNCF, le but n'est pas tant de chiper des parts de marché que de créer une demande induite de train. « Avec la force de la marque Virgin, on peut attirer une demande supplémentaire, et faire grossir le marché », affirme Josh Bayliss.
Oliver Blume, tout électrique chez Volkswagen
Derek Perrotte
I arrivera comme toujours batteries chargées à bloc. Oliver Blume, le patron de Volkswagen, lance ce lundi, au Mondial de l'auto de Paris, l'« offensive électrique » de son opération de redressement du groupe. Le grand public pourra y observer toute la gamme 100 % électrique du constructeur, de l'ID.Polo à l'ID.Tiguan.
Chez le géant de Wolfsburg, dont les ventes et les résultats calent toujours, le climat social aussi passe 100 % électrique. Certes, le modèle historique de cogestion lui a permis d'obtenir le 5 septembre un accord sur son plan stratégique à l'horizon 2030. Les amortisseurs ont tenu. Mais l'institution a tangué et après l'annonce d'un nouveau plan massif, le cessez-le-feu avec les syndicats ne vaut pas blanc-seing pour la suite, loin de là. Cet été, Oliver Blume a essuyé des sifflets dans sa tournée des usines. Fin août, IG Metall a tonné que « notre confiance dans ce directoire, et en particulier dans son président Oliver Blume, est entamée ». A son arrivée après le cassant Herbert Diess, cet enfant du pays et de la maison, fils d'employés de banque et de supermarché entré chez Audi à 26 ans comme ingénieur, était « Olli », le grand patron affable et accessible que l'on tutoyait. Désormais, on évoque plus dans les couloirs et à la cantine « Herr Blume », le « cost killer ».
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Situation critique
Mardi, il interviendra lors du Paris Automotive Summit qui accompagne le Salon. Vite, ouvrir une nouvelle séquence. En septembre, il a dû annoncer coup sur coup un plan de 50.000 suppressions d'emplois, le second en deux ans, une sévère révision à la baisse des prévisions de résultats, et le rappel de 2,8 millions de véhicules dont la direction est menacée de corrosion. Si alors qu'il donne des tours de vis, ses vis lui jouent des tours...
Pour porter à 9 % d'ici à 2030 une marge opérationnelle proche du point mort, le patron de 58 ans brandit le « programme de transformation le plus profond de toute l'histoire du groupe ». Le plus douloureux, aussi, y compris pour la fierté nationale. Pour la première fois, Volkswagen pourrait fermer des usines en Allemagne avec quatre sites menacés. Grand ménage aussi dans le garage, avec un catalogue qui sera divisé par deux.
La route est tracée. Elle s'annonce longue pour le pilote Blume, ex-patron de Porsche et féru de belles cylindrées. Jeudi dernier, l'action a touché son plus bas historique, à 66,90 euros, contre 181,25 euros à sa prise de fonction le 1er septembre 2022. « La situation est plus que critique », dit-il, mettant en avant sa transparence pour justifier les efforts demandés. Des économies d'échelle et des investissements technologiques sont urgents, défend-il, dans un secteur frappé par l'arrivée en force de la concurrence chinoise et les vents contraires. Sacré défi pour Oliver Blume : il marche sur des œufs mais doit mettre pied au plancher. Faute d'avoir adapté ses coûts structurels, élevés, à la baisse du marché européen depuis le Covid, Volkswagen finit par y voir sa domination historique reculer. Blume y estime sa surcapacité de production à 500.000 véhicules.
La pression est encore plus forte en Chine. Cette ex-vache à lait du groupe aux dix marques (Audi, Seat, Skoda, Bentley, Porsche...) sert désormais à Oliver Blume une potion amère, avec une chute de 20 % des ventes au premier semestre, une concurrence locale toujours plus féroce et un plan de production « In China, for China » qui tarde à porter ses fruits. Rayon dos d'âne s'ajoutent les droits tarifaires de Trump et l'impact du conflit au Moyen-Orient. Triathlète et semi-marathonien, Oliver Blume aime les efforts de longue durée. Ils l'attendent.
Au Mondial de l'auto, un nouvel ordre se dessine pour les constructeurs
AUTOMOBILE
La grand-messe parisienne de l'automobile qui s'ouvre ce lundi devrait donner lieu à une démonstration de force des acteurs chinois du secteur.
Yann Duvert et Lionel Steinmann
Deux petites années se sont écoulées depuis la dernière édition, mais le changement de physionomie de l'industrie automobile a quelque chose de vertigineux. Et le Mondial de l'auto, qui s'ouvre ce lundi, devrait en donner un aperçu particulièrement saisissant. Il y sera évidemment question d'électrique, alors que la grande bascule s'accélère à la faveur de la flambée des prix des carburants. Ou encore de voiture autonome, qui constituera le prochain grand défi du secteur. Lors de sa visite ce lundi, le président français Emmanuel Macron prendra d'ailleurs la parole sur ce thème.
Mais l'événement aura aussi valeur de symbole, avec une démonstration de force annoncée des marques chinoises. Au total, une vingtaine d'entre elles ont pris un stand, soit le double de l'édition 2024. « Cela risque d'être choquant visuellement », prévient Guillaume Crunelle, associé chez Deloitte. D'autant que « leur présence lors des éditions précédentes était en quelque sorte un témoignage d'existence, avec des modèles dont la pertinence pour le marché européen pouvait être questionnée ».
Depuis, la donne a changé : fortes de réseaux de distribution bâtis en un temps record, les marques chinoises ont vu leur part de marché dans les ventes de voitures neuves passer de 1,8 % à 4,1 % en France, selon les données du premier semestre 2026. En Europe, la dynamique est encore plus impressionnante. Selon les projections du cabinet Alixpartners, leurs ventes pourraient représenter 16 % du marché à l'horizon 2030, contre 6 % en 2025. La pression se fait déjà sentir sur le secteur. Mercredi dernier, OPmobility a lancé un profit warning. Les investisseurs s'attendent à ce que d'autres suivent, gâchant un peu plus la fête du Mondial.
La situation du marché chinois ne fait qu'accélérer la tendance. Les acteurs locaux font face à une situation inédite : en pleine guerre des prix qui entame leur rentabilité, en proie à des surcapacités de plus en plus importantes, ils sont désormais confrontés à une correction brutale, avec une chute des ventes de 20 % au premier semestre. Pour beaucoup, exporter n'est plus une option, mais une question de survie.
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L'Europe, « épicentre de la bataille »
Partout dans le monde, à l'exception notable des Etats-Unis, la vague chinoise déferle. Cette année, environ 10 millions de véhicules seront livrés aux quatre coins de la planète, soit 4 millions de plus qu'en 2024. Un quart seulement est destiné à l'Europe, qui reste tout de même loin devant le Moyen-Orient et l'Amérique du Sud. « La planète auto est en crise, et l'Europe est l'épicentre de la bataille », résume Guillaume Crunelle.
Une bataille dont se retirent progressivement les constructeurs américains - à l'exception de Tesla - pour se recroqueviller sur leur marché domestique : General Motors a d'ores et déjà plié bagage, à l'exception d'une présence symbolique dans le haut de gamme avec Cadillac, quand Ford rationalise ses investissements, notamment par le biais de partenariats.
C'est donc sur le Vieux Continent que les BYD, Chery, Geely et consorts ont déplacé, ou plutôt étendu leur guerre fratricide. Au grand dam de leurs homologues européens, déjà affectés par la déprime des ventes sur leur marché domestique, qui n'a jamais retrouvé ses niveaux d'avant-Covid.
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Pour beaucoup, exporter n'est plus une option, mais une question de survie.
« Depuis le début de l'année, les constructeurs européens sont pris par une peur existentielle : ils redoutent de ne pas pouvoir se maintenir, en tout cas par sous leur forme actuelle, souligne Markus Collet, associé chez CVA. L'impératif du moment n'est pas la profitabilité mais la survie : il faut faire les investissements qui permettront de rester en vie demain. »
L'arrivée de leurs concurrents chinois a mis en lumière un écart de compétitivité béant qu'ils tentent de combler. Stellantis et Renault ont par exemple indiqué vouloir développer leurs nouveaux modèles en moins de deux ans, pour suivre le rythme des nouveaux entrants.
Les collaborations sont également devenues légion : Stellantis avec son partenaire Leapmotor, Renault avec Geely, Volkswagen avec Xpeng... « Ne pas travailler avec les Chinois est impossible, leur avance technologique est trop forte. Mais il faut savoir jusqu'où danser avec eux sans perdre son âme, et son identité industrielle. Chacun cherche la bonne stratégie, le bon dosage », poursuit Markus Collet. Dans le même temps, ils pressent les autorités européennes d'agir avant qu'il ne soit trop tard. Les droits de douane, mis en place en 2024 sur les voitures électriques chinoises, et diverses mesures fiscales, comme l'éco-score en France, ont certes contrarié les plans des nouveaux entrants, mais n'ont pas endigué le phénomène.
Encore taboue il y a deux ans, la notion de « préférence européenne » va donc nourrir les conversations et les discours officiels lors du Mondial de l'auto. L'accélérateur industriel (IAA), actuellement discuté à Bruxelles, doit en effet imposer un taux de contenu local minimum dans les voitures vendues en Europe. Mais alors que les Vingt-Sept peinent à s'accorder sur sa définition, les constructeurs européens s'impatientent... et leurs concurrents chinois s'organisent. Les projets d'implantations sur le Vieux Continent se multiplient, parfois en partageant des usines sous-utilisées.
S'il constitue souvent une paren-thèse heureuse pour les constructeurs, qui présenteront le fruit de leur travail au grand public, le Mondial de l'auto donnera donc, tout de même, l'occasion de mesurer l'ampleur du bouleversement en cours, dont personne ne souhaite être le grand perdant.
Les marques chinoises vendues en France
En nombre
La part des voitures 100% électriques dans les ventes en France
En %
Bruxelles et Pékin se mettent d'accord sur une forte baisse des exportations chinoises
Après deux jours de négociations à Pékin, le commissaire européen au Commerce a obtenu de la Chine qu'elle réduise de moitié ses exportations de véhicules hybrides et rechargeables par rapport à ce qui était prévu ces quatre prochaines années. Mais les modalités techniques restent à définir.
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Raphaël Balenieri — Envoyé spécial à Pékin
Les détails techniques sont encore à définir, mais l'accord politique, lui, est bien là. Après deux jours de négociations à Pékin avec son homologue chinois, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a obtenu de la Chine qu'elle réduise « de plus de moitié » ses exportations de véhicules hybrides et rechargeables vers l'Union européenne, par rapport à ce qui était prévu. Au total, ce sont « plusieurs millions » d'unités qui n'iront pas sur le marché européen au cours « des quatre prochaines années », a annoncé le commissaire vendredi soir à Pékin devant la presse, au terme de sa visite.
Cet accord devrait donner un peu d'air aux constructeurs européens. Tous subissent de plein fouet la concurrence chinoise, capable de concevoir des modèles en seulement dix-huit mois et de les exporter ensuite vers le monde entier. L'Europe en particulier est devenue une bouée de secours pour les constructeurs chinois, pénalisés par le ralentissement du marché domestique et qui exportent donc en masse pour compenser. « Dans l'attente d'une analyse détaillée du contenu de cet accord, cette annonce constitue une avancée positive pour apaiser les tensions commerciales entre les deux parties », a réagi l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA).
Après l'imposition en 2024 de droits de douane par Bruxelles sur les véhicules chinois 100 % électriques, les constructeurs chinois avaient trouvé la parade et exporté davantage de véhicules hybrides et rechargeables. Le sujet était donc devenu prioritaire pour Bruxelles, qui cherche par tous les moyens à réduire son déficit commercial de 360 milliards d'euros (en 2025) avec la Chine. L'automobile ne représente qu'une fraction de ce chiffre. « Je suis venu avec un seul but : commencer à rééquilibrer la relation commerciale entre la Chine et l'UE. [...] Les déficits commerciaux constituent une montagne de défis, qui se ressentent dans tous les pays membres. C'est insoutenable », a expliqué Maros Sefcovic.
Un « accord mutuel » s'agissant des terres rares
En dehors de l'automobile, Maros Sefcovic a dit avoir obtenu un accord ouvrant davantage les portes du marché chinois à une série de produits européens : pièces automobiles, huile d'olive, chaussures, etc. Des marchandises qui représenteraient en valeur presque 4 milliards d'euros par an. Celles-ci seront moins taxées, générant une économie de droits de douane d'environ 225 millions d'euros pour les exportateurs, a-t-il annoncé.
Maros Sefcovic a rappelé que l'UE n'hésiterait pas à mobiliser « ses outils » pour parvenir au rééquilibrage des échanges.
Florence Lo/Reuters
Enfin, l'UE et la Chine sont aussi parvenus à un « accord mutuel » s'agissant des terres rares et des aimants, autre source de tensions entre les deux blocs. Ces dernières années, la Chine a utilisé son monopole dans la production des terres rares comme une arme commerciale, perturbant les chaînes de production en Europe et aux Etats-Unis.
« Ce n'est que le début. Il s'agit d'une étape cruciale, mais une première étape, dans le processus du rééquilibrage », a insisté Maros Sefcovic, prudent. Citant Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, le commissaire a rappelé que l'UE n'hésiterait pas à mobiliser « ses outils » pour parvenir au rééquilibrage des échanges, afin de maintenir la pression.
Cette semaine, la France et l'Allemagne se sont entendus pour proposer à leurs partenaires européens de muscler encore les instruments de riposte commerciale, avec un instrument prévoyant de priver un pays tiers d'accès au marché européen en cas de concurrence déloyale. De nombreux détails, comme les mécanismes via lesquels la Chine réduira ses exportations d'hybrides et de rechargeables, mais aussi le calendrier, restent à définir. Cet accord va maintenant être présenté à l'exécutif européen et discuté entre les pays membres lors du prochain Conseil européen des 15 et 16 octobre.
« Les voitures vont proba
H e Xiaopeng, fondateur et PDG du constructeur chinois haut de gamme XPeng, est l'un des invités du Mondial de l'auto, où il souhaite séduire le grand public et convaincre de potentiels partenaires européens.
Le made in Europe sera au cœur du Mondial de l'auto cette semaine. Comprenez-vous la démarche de l'Europe ? Nous souhaitons développer XPeng pour et avec l'Europe, et nous comptons nous y consacrer sur le très long terme. Demon point de vue, pour qu'une entreprise réussisse, elle doit avant tout respecter la législation locale et répondre aux attentes des utilisateurs locaux. Elle doit être capable de mener à bien ses efforts en matière d'environnement, d'améliorer ses technologies d'IA et de perfectionner ses produits, plutôt que de se livrer à une concurrence sur les prix ou à une course effrénée aux innovations technologiques.
Vous cherchez une nouvelle usine en Europe. La France est-elle une possibilité ?
Nous avons déjà une usine partenaire en Autriche, et nos besoins de production ne sont pas encore entièrement couverts. Mais nous savons bien que si nous voulons gagner de plus en plus de clients en Europe, nous aurons besoin de plusieurs sites. Nous sommes ouverts à tous les pays européens, et si un partenaire français souhaite nous contacter, je suis prêt à en discuter.
HE XIAOPENG
Fondateur
et PDG de XPeng
Votre partenariat avec Volkswagen ne donne-t-il pas une sorte de priorité à l'Allemagne ?
Nous ne pouvons rien dévoiler tant que rien n'est signé, mais nous sommes en négociations avec plusieurs entreprises dans différents pays.
Quelle va être la stratégie de XPeng en Europe ? Allez-vous proposer des voitures plus accessibles pour augmenter significativement vos volumes ? Je ne souhaite pas privilégier le volume des ventes, mais nous voulons tout de même cibler le segment moyen à haut de gamme. Au cours des trois prochaines années, nous devrons mettre au point des technologies permettant de créer des produits innovants, et pas seulement des produits abordables de qualité moyenne. C'est cette approche qui nous permettra de nous différencier.
« Nous adoptons une réflexion anticyclique : il ne faut pas rester immobile lorsque tout le monde attend. »
Part de marché, en % des immatriculations de voitures neuves
Depuis le dernier Mondial, l'automobile a changé d'ère
La montée en puissance des constructeurs chinois s'accélère en Europe de l'Ouest
Renault : le renouvellement des dirigeants...
... la capitalisation boursière
En milliards d'euros
LES ECHOS • / SOURCES : AAA DATA, PFA, SCHMIDT AUTOMOTIVE RESEARCH, BLOOMBERG - PHOTO : ERIC TSCHAEN/RÉA - BRUNO LEVY/CHALLENGES-RÉA - RENAULT - MATTHIEU DOUHAIRE/RÉA - MUSTAFA YALCIN / ANADOLU VIA AFP - STELLANTIS
blement toutes devenir des robots »
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La rentabilité des
constructeurs chinois est mise à rude épreuve par la guerre des prix. Cela freine-t-il vos investissements ?
C'est tout le contraire : ces derniers mois, j'ai vu davantage d'opportunités d'investissement. Nous adoptions une réflexion anticyclique : cela signifie qu'il ne faut pas rester immobile lorsque tout le monde attend. Il faut adopter une vision à plus long terme. Prenons un exemple : entre 2002 et 2003, les investissements ont connu un fort ralentissement en Chine. Mais ceux qui ont investi leur argent en ont tiré les bénéfices bien plus tard.
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Vous êtes en quelque sorte
à contre-courant du marché ?
Nous avons en effet augmenté nos investissements au cours des deux dernières années. Nos investissements pour le premier semestre se sont élevés à environ 700 millions d'euros, soit une hausse de 40 % par rapport à l'année précédente. Nous avons également procédé à la scission de notre filiale spécialisée dans la robotique. J'ai moi-même beaucoup investi dans cette entreprise, et je pense que c'est une démarche nécessaire pour préparer l'avenir. Il s'agit de faire ce que les autres ne sont pas prêts à faire ou n'osent pas faire.
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Comment envisagez-vous l'avenir de l'automobile ?
Premièrement, le secteur automobile sera encore plus robotisé, et les voitures elles-mêmes vont probablement toutes devenir des robots.
Deuxièmement, je pense que dans chaque grande région, comme l'Europe ou la Chine, on verra coexister d'énormes entreprises locales et des partenaires étrangers.
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C'est ce que vous souhaitez mettre en œuvre ?
Nous disposons de la technologie, nous avons la solution. Nous pouvons donner les moyens à nos partenaires de créer des situations gagnant-gagnant. Nous augmentons nos revenus sur le marché et eux en tirent le maximum.
« Nous devrons mettre au point des technologies permettant de créer des produits innovants, et pas seulement des produits abordables de qualité moyenne. C'est cette approche qui nous permettra de nous différencier. »
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Les Européens sont-ils
à terme condamnés au rôle d'assembleurs de voitures ?
Non, les constructeurs automobiles de demain seront tous des entreprises technologiques, car les voitures seront des robots. Et pour les construire, il faut disposer de capacités de R&D très élevées. Dans ce processus, on commence par collaborer avec d'autres pour assimiler rapidement la technologie, puis on passe à la production, avant de se développer verticalement. C'est forcément un processus d'accumulation d'expérience. On dit souvent qu'il faut d'abord s'appuyer sur les plus forts pour se renforcer soi-même, car chaque entreprise a ses propres atouts. De notre côté, nous voulons tirer parti des atouts de nos partenaires, notamment s'agissant des usines...
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Vos technologies sont
intimement liées à l'IA. Faut-il freiner son développement ?
Je pense que l'intelligence artificielle devra faire l'objet d'une réglementation stricte, même si aujourd'hui personne ne sait comment le faire. A l'avenir, l'IA ne sera plus seulement numérique, mais physique et fera partie de notre quotidien. Elle améliorera nos vies, mais pourra à l'inverse devenir une menace pour l'humanité. Mon avis est que l'on devrait tout de même la laisser se développer à court terme. Quand on fait voler un cerfvolant, il faut pouvoir le contrôler. Parfois, il faut tirer plus fort. On est en plein dans ce processus.
Propos recueillis par Y. D.
La « préférence nationale » peine à résister à la crise du pouvoir d'achat
Selon une étude de l'Observatoire Cetelem, les automobilistes restent attachés à leurs marques nationales. Mais le prix ressort comme le critère prioritaire d'un futur achat, ce qui pourrait favoriser les marques chinoises.
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Yann Duvert
Dans un marché mondial en pleine mutation, les constructeurs européens peinent à endiguer la vague de nouveaux entrants. Et leurs clients ne sont pas prêts à tous les sacrifices pour les y aider, selon l'étude de l'Observatoire Cetelem publié mardi.
Commençons par les bonnes nouvelles : les Français sont fidèles. Pas moins de 60 % d'entre eux ont acheté une voiture d'une même marque, et 69 % envisagent de ne pas en changer pour leur prochain modèle - soutenus par le gouvernement qui exclut de facto les marques chinoises des aides à l'achat.
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Géographie variable
De bon augure pour nos champions nationaux qui trustent le podium des ventes (Renault, Peugeot et Dacia). En matière de fidélité, ils ne sont précédés que par les Japonais, et se situent au-dessus de la moyenne européenne (50 %) voire mondiale (45 %). Une moyenne tirée vers le bas par les Espagnols (33 %), les Turcs (33 %) et surtout les
Chinois (20 %) même s'il s'agit d'un marché essentiellement de primo-accédants. Malgré tout, la préférence nationale ou européenne reste très variable. Elle est logiquement plus importante dans les pays ayant des constructeurs bien implantés, comme la France où 48 % des répondants déclarent préférer acheter une marque locale. Idem en Allemagne, avec 53 %.
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Le facteur prix se détache largement en tête des critères des automobilistes dans le choix de leur voiture.
Ce n'est donc pas une surprise de voir ces deux bastions de l'industrie automobile résister un peu plus que les autres aux assauts chinois. C'est un peu plus contre-intuitif pour l'Italie, berceau de Fiat, où l'attachement aux marques nationales ou européennes n'est que de 30 %... bien loin du Japon, patrie de Toyota, Suzuki ou Honda (83 %).
Dans les pays cités, le patriotisme automobile reste donc tenace, et beaucoup semblent prêts à payer plus cher un modèle équivalent s'il porte le badge d'une marque nationale (50 % en France, 55 % en Allemagne, 58 % en Chine, 64 % aux Etats-Unis). Mais ce « sacrifice » a aussi ses limites : si beaucoup sont prêts à s'acquitter d'un surcoût de 0 à 5 %, « au-delà de 10 % d'écart, il n'y a plus personne », souligne Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem.
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Dans certains pays, les digues ont sauté
Le danger est donc bien présent, alors que les marques chinoises déploient pour beaucoup une politique commerciale très agressive, face à des constructeurs « traditionnels » qui peinent à suivre. D'autant que le facteur prix se déta- che largement en tête des critères des automobilistes dans le choix de leur voiture : il est cité par 39 % d'entre eux, devant la sécurité (32 %) et la fiabilité (27 %). L'importance de la marque n'est évoquée que par 18 % d'entre eux.
En d'autres termes, la « préférence nationale » perdure, mais ne résiste pas aux écarts de prix trop importants. Quant aux pays dépourvus de marques locales, les digues ont déjà sauté : au mois de septembre, les marques chinoises ont par exemple affiché 23 % de part de marché au Royaume-Uni, trustant la première place des modèles vendus (avec le Jaecoo 7) et la deuxième place des constructeurs en parts de marché (BYD).
En France, la vague est - un peu-plus contenue, mais les tensions sur le pouvoir d'achat pourraient l'amplifier. Le départ canon d'Omoda & Jaecoo, marques pourtant inconnues il y a quelques mois, constitue peut-être un signal en ce sens.
Citroën veut faire revivre le mythe de la 2CV
AUTOMOBILE
La marque va présenter un concept car de l'emblématique « Deudeuche » lors du Mondial de l'auto.
Il lui reste à trouver la formule pour vendre une voiture électrique made in Europe pour moins de 15.000 euros.
Yann Duvert
Faire revivre des gloires du passé n'est pas un gage de succès, mais le risque pris par Citroën apparaît mesuré. Lors du Mondial de l'auto à Paris, la marque aux chevrons va dévoiler au grand public les contours de sa future 2CV, héritière de la voiture « la plus collectionnée au monde », selon la marque.
Les nostalgiques de la « Deudeuche » devront tout de même prendre leur mal en patience, puisqu'il ne s'agit là que d'un concept car. Sa version finale est attendue lors du Mondial 2028, soit exactement quatre-vingts ans après le lance-
ment de son illustre ancêtre.
Cette version « réinventée » multiple les clins d'œil, comme sa silhouette ronde, son capot strié, ses phares détachés de la carrosserie, ou son volant monobranche. Malgré tout, « le point de départ n'était pas de refaire une 2 CV, mais d'imaginer la petite voiture électrique de demain, pratique et désirable », souligne la marque dans un communiqué.
Une « toute petite voiture » voulue par la Commission
Elle doit surtout incarner le projet « e-car », annoncé en mai par Stellantis, visant à proposer des petites voitures électriques à moins de 15.000 euros. Un créneau sur lequel l'offre est presque inexistante, alors que les prix des voitures ont bondi en moyenne ces dernières années, bien plus que le pouvoir d'achat des Européens.
Le problème a d'ailleurs été identifié à Bruxelles, où la Commission prépare de nouvelles règles adaptées à une nouvelle sous-catégorie (M1E) dans le cadre de son paquet automobile. Des récompenses, sous la forme de supercrédits CO₂, et un gel réglementaire sont notamment au cœur des discussions. Avec ses 3,76 mètres, cette « toute petite voiture », intercalée entre l'Ami et la C3 dans la gamme de Citroën, devrait aisément répondre aux exigences européennes.
Son prix, lui, s'affichera « autour de 15.000 euros », promet la marque. Reste à savoir quels leviers seront activés pour réduire les coûts. « Il s'agira de gros volumes et il y aura quelques synergies avec Fiat », souligne Xavier Chardon, le patron de Citroën. La marque italienne produira en effet sa propre e-car,
« [La 2CV sera commercialisée] partout en Europe, mais pas uniquement, même s'il est un peu tôt pour en parler. »
XAVIER CHARDON
Directeur général de Citroën
sans doute sur le site de Pomigliano en Italie.
Cela pourrait être également le cas de la 2CV, même si la direction de Citroën entretient le mystère, préférant évoquer un site « européen ». Elle refuse également de confirmer la collaboration avec Leapmotor, partenaire chinois de Stellantis, qui pourrait partager la base technique de sa T03 avec les futures e-cars du groupe.
Une chose est sûre : Citroën vise large. La 2CV sera commercialisée « partout en Europe, mais pas uniquement, même s'il est un peu tôt pour en parler », indique Xavier Chardon. Outre la promesse d'importants volumes, elle doit aussi renforcer l'image de Citroën, sur la route mais aussi par le biais de produits dérivés. La marque aux chevrons est actuellement sur une bonne dynamique de ventes : en France, elle a enregistré une hausse de 9,5 % depuis le début de l'année et a grignoté 0,4 point de part de marché. Même tendance dans l'Union européenne, où elle progresse de 7,9 % (+0,1 point de part de marché). Mais de ce point de vue, le chemin à parcourir est encore long pour renouer avec son glorieux passé.
La version de la 2CV « réinventée » multiplie les clins d'œil, comme sa silhouette ronde, son capot strié, ses phares détachés de la carrosserie, ou son volant monobranche.
Concessionnaires et loueurs de voitures demandent « la fin de l'escalade fiscale »
Mobilians, la fédération des services de l'automobile, dénonce la hausse des malus et de la taxe à l'immatriculation. Elle appelle à un gel des prélèvements pour relancer les ventes.
Lionel Steinmann
L'ouverture du débat budgétaire pour 2027 pousse les professionnels de l'automobile à donner de la voix. Mobilians, l'organisation patronale qui regroupe notamment les concessionnaires et les loueurs de voitures, a appelé jeudi à mettre un terme à l'« escalade fiscale », responsable à ses yeux de l'atonie du marché automobile français.
Certes, les immatriculations de voitures neuves ont retrouvé un peu de tonus, avec une hausse de 4 % sur les neuf premiers mois de l'année. Mais avec un niveau projeté à 1.680.000 ventes sur l'ensemble de l'année, « cela reste une des pires performances depuis le premier choc pétrolier », souligne Marc Bruschet, qui préside la branche concessionnaires de Mobilians.
Si certains observateurs expliquent ce coup de frein par la forte hausse du prix des voitures neuves, le distributeur pointe également les taxes destinées à « verdir » les ventes, qui finissent selon lui par décourager le chaland. Avec deux dispositifs dans le collimateur : le malus CO₂, qui frappe toutes les voitures émettant plus de 108 grammes au kilomètre, et le malus masse, pour les modèles
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Les chiffres clés
(à l'exception des 100 % électriques) qui pèsent plus de 1,5 tonne.
Le barème de ces deux taxes a été plusieurs fois durci ces dernières années, et va rapporter cette année 1 milliard d'euros à l'Etat. Aujourd'hui, « 60 % des voitures neuves sont malussées », pointe Marc Bruschet. De quoi, assure-t-il, provoquer un blocage chez les acheteurs, particuliers et entreprises préférant poursuivre avec leurs véhicules actuels plutôt que de les renouveler. L'impact est particulièrement sensible sur le marché des flottes, qui s'est contracté ces dernières années.
Les loueurs courte durée dénoncent eux aussi cette hausse des prélèvements, qui les touche d'autant plus qu'ils renouvellent très régulièrement leur flotte. « Entre 2022 et 2025, la fiscalité moyenne par voiture est passée de 285 à 708 euros », déplore Guirec Grand-Clément, qui préside la branche mobilité partagée du syndicat patronal. Une explosion de la facture due aux deux malus, ainsi qu'à la hausse de la taxe sur les immatriculations. Et la facture pourrait grimper à nouveau de 56 % l'an prochain.
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Pour la création d'une prime à la conversion
Mobilians estime donc qu'une réduction de la pression fiscale est devenue indispensable. L'organisation réclame un gel du malus CO₂ (le seuil de déclenchement doit passer de 108 à 103 grammes au premier janvier), et un retour du seuil du malus masse à 1,6 tonne. Des mesures qui entraîneraient pour l'Etat un manque à gagner de 100 millions d'euros.
+4%
LA HAUSSE
des immatriculations de voitures neuves sur les neuf premiers mois de l'année.
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60%
DES VOITURES NEUVES sont malussées aujourd'hui, selon le dirigeant de la branche concessionnaires de Mobiliants.
Les finances publiques étant exsangues, le gouvernement fera sans doute la sourde oreille, mais les amendements et les argumentaires pour convaincre les parlementaires sont déjà prêts.
Suivra ensuite la campagne présidentielle, durant laquelle Mobilians et sa présidente Virginie de Pierrepont porteront le combat pour la création d'une prime à la conversion, le seul outile efficace selon elle pour hâter le verdissement du parc. Son financement serait assuré, prône l'organisation professionnelle, en transférant une partie des ressources affectées au financement du leasing social.
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La route de l'espoir
LE FAIT
DU JOUR
ÉCONOMIQUE
de David
Barroux
Les chiffres sont sans appel. L'automobile européenne, qui s'est donné rendez-vous à partir de ce lundi à Paris pour un nouveau Mondial de l'auto, est en crise. Même si, au lendemain du Covid, une hausse ponctuelle de la demande et une pénurie de composants avaient permis aux constructeurs de privilégier la vente de modèles haut de gamme plus lucratifs, la santé économique des constructeurs allemands haut de gamme comme des autres acteurs plus généralistes n'a cessé de se dégrader. Le marché européen, qui tournait autour
de 16 millions d'unités par an avant 2020, a chuté de 2 millions à plus de 3 millions d'unités depuis. En cumul, ce sont ainsi plus de 10 millions de voitures de moins qui ont été vendues sur le Vieux Continent sur les cinq dernières années. Dans le même temps, le marché chinois, qui fut longtemps à la fois un relais de croissance et une très importante source de profits pour Volkswagen, Mercedes et BMW, s'est retourné. En six ans, les ventes du premier dans l'empire du Milieu se sont ainsi effondrées de près de 40 % en volumes, et ses profits ont fondu de 80 %. Encore plus inquiétant, le géant allemand, qui avec ses partenaires contrôlait près de 20 % du premier marché automobile, ne pèse presque rien sur un segment électrique qui représente l'avenir. Pas étonnant dans ces conditions que les capitalisations
boursières des constructeurs européens se soient effondrées. Volkswagen a ainsi vu sa valeur être divisée par deux en passant de plus de 100 milliards d'euros en 2021 à juste au-dessus de 50 milliards aujourd'hui. Stellantis, qui a en plus été affecté par le déclin de ses marques Chrysler, Jeep et Dodge sur le marché américain, a, lui, vu sa capitalisation passer de plus de 50 milliards d'euros en 2021 à guère plus de 11 milliards aujourd'hui. Et par rapport à son pic historique de 2024, le groupe né de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler a vu son cours de Bourse dégringoler de 85 %. Pour certains analystes, la cause est entendue, les constructeurs européens, qui doivent en plus faire face aux tensions commerciales avec les Etats-Unis et à l'inexorable montée en puissance de rivaux chinois en Europe, sont condamnés à une mort lente. D'autant plus
que leur accès de faiblesse intervient au pire moment, puisqu'ils auraient besoin de dégager des milliards de cash pour pouvoir investir massivement dans l'électrification de leur offre comme dans le développement des voitures autonomes. L'argent qu'ils ne dépensent pas aujourd'hui les condamnerait demain, même si la situation s'améliorait.
Un possible rebond
de la demande en Europe
Le pire étant possible mais pas
certain, il existe tout de même
au moins une poignée de raisons
d'espérer que la crise très
profonde actuelle ne condamne
pas définitivement tous les
industriels européens de l'auto.
La route sera accidentée mais
une route de l'espoir pourrait
émerger du brouillard.
Le premier motif d'espoir est lié
à un hypothétique mais possible
rebond de la demande en Europe. La très forte progression des ventes de voitures électriques prouve qu'au moment où les prix de l'essence flambent, l'arrivée dans les concessions de modèles plus petits, moins chers et au design attractif peut contribuer à tirer la demande. Les ventes ne retrouveront peut-être pas les niveaux du début du siècle, mais elles peuvent repartir, d'autant plus qu'après des années de creux, l'âge moyen du parc n'a cessé de vieillir.
Pris à la gorge, les constructeurs européens se sont aussi attaqués à la réduction de leur base de coûts et de leurs capacités de « surproduction ». Volkswagen cherche à réduire ses effectifs de 100.000 personnes, et Stellantis mutualise certaines de ses lignes de production avec des partenaires chinois pour que ses usines tournent moins à vide. Renault a, lui, noué des partenariats industriels et de développement avec d'autres constructeurs chinois pour amortir ses investissements. Le dernier motif d'espoir peut être lié à l'Europe ainsi qu'à ses relations avec la Chine. Certes l'Union européenne met trop de temps à assouplir son cadre réglementaire sur le front des normes et de l'électrification, mais la direction est la bonne. Et sur le front des échanges commerciaux, la Commission est désormais moins naïve. Une dose de protectionnisme et de défense du made in Europe se dessine et les bases d'un dialogue commercial plus constructif avec la Chine restent envisageables. La crise est d'une telle violence que tous les acteurs européens n'en sortiront peut-être pas vivants. Et ceux qui survivront seront sans doute moins puissants que par le passé. Mais tous les grands noms de l'automobile européenne ne sont pas totalement condamnés pour autant.
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FAIRE ROULER
LA FRANCE
MOINS CHER
Rouler à l'électrique,
c'est 4 fois plus économique
que rouler à l'essence\*.
Image générée avec un outil d'IA
'R&D EDF, septembre 2026. Voiture citadine électrique consommant 17 kWh/100 rechargée à domicile à 80% en heures creuses au TRV du 01/08/26. Voiture citadine essence consommant 6,3 L/100 km. Prix moyen du SP95 d'août 2025 à juillet 2026 : 1,88 €/L. edf.fr/mobilite-electrique
Char du futur : le chef d'état-major acte la fin des ambitions franco-allemandes
DÉFENSE
Le général français Fabien Mandon a rejeté la responsabilité du coup d'arrêt du projet initial du MGCS sur Berlin.
Des deux côtés du Rhin, les ministères de la Défense se sont empressés d'insister sur la poursuite du projet, même fortement révisé à la baisse.
Anne Drif
et Emmanuel Grasland
—Correspondant à Berlin
Le projet de char franco-allemand du futur (MGCS) devait remplacer les chars Leclerc français. Il a été recentré et réduit à sa portion congrue : la connexion entre robots et drones. Photo Handout/Knds/AFP
Mort ou pas mort ? Le chef d'état-major des armées a tapé un grand coup jeudi sur le projet de char du futur franco-allemand. Interrogé à l'Assemblée nationale, le général Fabien Mandon a pris acte du coup d'arrêt mis au projet initial qui n'ambitionnait rien de moins que de révolutionner le combat terrestre à l'horizon 2040-2045, avec blindé lourd, missiles antichars, véhicule d'appui robotisé doté d'armes laser, et toute une galaxie de drones.
Mais dans des termes jugés beaucoup trop cash tant à Paris qu'à Berlin. D'autant qu'il n'a pas hésité à charger directement l'Allemagne : « On espérait construire un futur char en coopération avec les Allemands et il faut constater que, malheureusement, les Allemands ont décidé de quitter le projet », a déclaré le général devant la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, en attribuant cet abandon à une décision politique de Berlin. « C'est un choix allemand important, et là, on n'est plus dans les choix militaires », a-t-il insisté.
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Un décalage vers la fin de la décennie
Une déclaration jugée bien trop directe qui a obligé l'état-major des armées à préciser les propos jeudi peu avant minuit : le projet n'est pas mort mais « recentré sur le combat collaboratif » et décalé à la fin de la décennie 2040.
Lors d'un déplacement en Gironde vendredi, la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, et son homologue allemand, Boris Pistorius, ont réaffirmé sa poursuite. « Le MGCS reste un projet d'actualité », a martelé Catherine Vautrin. « Le projet MGCS n'est pas terminé, il n'est pas abandonné, personne ne l'a arrêté, bien au contraire. C'est un projet phare de la coopération franco-allemande », a abondé Boris Pistorius. « Nous ne voulons pas, et ne permettrons pas, que ce projet soit dénigré ou minimisé », a-t-il expliqué.
Pour autant, l'état-major des Armées a confirmé dans son communiqué la réduction du projet à sa portion congrue : la connexion entre robots et drones, le système de systèmes, mais pas de char commun. Ce qu'avaient déjà officialisé le chancelier Friedrich Merz et le président Emmanuel Macron lors du conseil franco-allemand du 17 juillet.
« Bien que décalé, ce programme est poursuivi et conserve un intérêt majeur recentré sur le développement d'une connectivité renforcée, du combat collaboratif, de l'automatisation et de la robotisation », a expliqué l'état-major des armées, rejetant au passage la faute sur KNDS et Rheinmetall. « L'offre industrielle remise début 2026 était incompatible avec le remplacement des chars actuels, nécessaire à l'horizon 2037. » Pour l'état-major, « la partie allemande a fait le choix de lancer une étude nationale pour remplacer le char Léopard 2 ». Et ce n'est qu'ensuite que Paris a suivi le mouvement : « Le calendrier de mise en service du MGCS étant décalé vers la fin de la décennie 2040, la France a donc également fait le choix de lancer une capacité intermédiaire. »
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« Une coopération sur un pied d'égalité »
« Démenti » de Paris à l'appui, Berlin a de son côté insisté sur la viabilité du projet commun. Si le projet a été révisé, « cela ne signifie pas pour autant l'échec du projet MGCS. Au contraire : nous restons attachés à une coopération sur un pied d'égalité dans le cadre du MGCS et nous concentrons nos efforts sur les technologies d'avenir pour le combat blindé », a déclaré une porte-parole du ministère de la Défense.
Cela étant, c'est peu ou prou la même explication donnée pour le char du futur que celle avancée lors de la fin du SCAF, l'avion de chasse franco-allemand abandonné en juin. A savoir un recentrage sur la connectivité. A ce stade, on ne sait d'ailleurs pas quelle est l'avancée du projet dans sa composante de connectivité. Le patron de KNDS, Jean-Paul Alary, l'avait lui-même reconnu la semaine dernière, dans une interview aux « Echos »: « Je ne vais pas vous expliquer que le MGCS va bien, mais il existe encore. » Reste à savoir sous quelle forme, concrètement.
« Il faut constater que [...] les Allemands ont décidé de quitter le projet. »
GÉNÉRAL FABIEN MANDON
Chef d'état-major des armées françaises
Le premier vol associant un Rafale à un drone est prévu pour 2028
La nouvelle version du Rafale sera lancée en décembre, avant le coup d'envoi dès 2027 de la version tricolore du SCAF. En parallèle, l'armée de l'air se dote d'une initiative IA de vol en combat collaboratif avec HypAIRion. Mais tout reste en grande partie suspendu au vote du budget.
Quatre mois quasiment jour pour jour. Depuis l'enterrement du SCAF, leur avion de combat du futur, les voies de Paris et Berlin ont définitivement divergé : tandis qu'à Londres, le chancelier, Friedrich Merz, se laisse courtiser par le Premier ministre britannique, Andy Burnham, pour rejoindre le projet concurrent GCAP mené avec le Japon et l'Italie, Paris accélère à Mach 2 sur son couloir aérien national.
Mais ce sont bien les moyens qui seront votés dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027 qui donneront la cadence, en fonction des montants alloués. En décembre, le ministère des Armées doit lancer officiellement la phase de réalisation du F5, la toute nouvelle version du Rafale bardée d'IA, de nouvelles optroniques, d'un nouveau moteur et d'un missile hypervéloce portant la dissuasion nucléaire de dernière génération.
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Trois ans pour sceller l'avenir du F5
Un « Super Rafale » F5 qui servira de pierre angulaire à son successeur. Celui-ci n'est déjà plus appelé « NGF » (New Generation Fighter), le nom de sa version anglicisée avec les Allemands, mais « ACF » dans sa version française pour « avion de combat du futur », et il faudra le renommer d'ici à 2040, a indiqué le chef d'état-major de l'armée de l'air et de l'espace, Jérôme Bellanger, en marge du grand raout annuel des forces aériennes jeudi à Evreux.
Dès 2027, ce sera le coup d'envoi de la phase qui débouchera sur le vol du prototype de cet ACF. Deux ans plus tard, en 2029, sa version opérationnelle sera en développement. Bref, l'avenir du successeur du Rafale F4 sera en grande partie scellé en l'espace de trois ans.
Dassault a d'ores et déjà simulé une passe de tir avec un drone Harmattan AI et testé en vol deux algorithmes d'IA à bord d'un Rafale pour anticiper la suite. Les forces aériennes sont, elles, à pied d'œuvre avec le projet HypAI-Rion pour basculer vers le combat collaboratif.
Sur la base de Mont-de-Marsan, deux Mirage 2000 ont été transformés en bancs d'essai IA avec l'adjonction d'un troisième ordinateur à bord. Objectif : un premier vol associant un Rafale à un drone en 2028. Face à une menace dynamique à plus de Mach 1 (la vitesse du son), HypAIRion vise à décupler les capacités en vol des pilotes dans la détection radar, les calculs en vol et les capacités de tir en synchronisation avec des plateformes tierces qui forceront l'ennemi à se dévoiler.
« Celui qui prend l'ascendant est celui qui détecte, comprend, décide et agit plus vite que son adversaire », a souligné le colonel Cédric, chef de bureau développement capacitaire de l'état-major de l'armée de l'air, pour qui l'IA doit « transformer l'abondance de données en avantage opérationnel ». Les équipements doivent évoluer au rythme de la menace, à l'image du drone russe Geran qui en est déjà à sa cinquième version, grâce à des architectures ouvertes et modulaires. Le projet sera ouvert à toutes les expertises industrielles en IA et drones pour mise en concurrence.
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Au moins 230 Rafale en 2035
Côté budget, s'il est bien voté, l'accélération du projet de trame chasse est a priori ficelée. L'an prochain, le programme Rafale F5 pourra bénéficier d'une enveloppe maximale totale de 3 milliards d'euros de commandes, avec un décaissement prévu de près de 628 millions d'euros sur la même période. De même, quelque 2,7 milliards d'euros d'autorisations sont fixés pour l'ACF, son successeur, avec des décaissements possibles fixés à hauteur de 570 millions d'euros.
En décembre, le ministère des Armées doit lancer officiellement la phase de réalisation du F5, la toute nouvelle version du Rafale bardée d'IA.
« Dès juillet 2026, il a été décidé de lancer en national les travaux sur le chemin critique permettant de sécuriser le planning initial, a insisté la ministre Catherine Vautrin à l'Assemblée. Nous n'avons pas perdu d'argent [avec le SCAF]. » Des crédits ont déjà été réaffectés à la nouvelle technologie du moteur (programme Turenne 2) et à l'architecture de l'avion de combat du futur (Dalton 2). Pour autant, Paris reste ouvert aux financements de partenaires au vu des contraintes budgétaires actuelles et des aléas du vote de l'Assemblée et du Sénat.
Mais alors que les parlementaires vont ferrailler de nouveau sur le projet de loi de finances, sur le front, le général Jérôme Bellanger exige d'aller vite et de mettre les moyens en face. « Je n'ai qu'un seul mot d'ordre, la vitesse, si nous voulons continuer d'être au rendez-vous des opérations, a-t-il souligné à Evreux. A l'est de l'Europe, la guerre des drones et des missiles n'a fait que s'amplifier. »
A la fin de cet été, les Russes avaient tiré 50.000 drones de bombardement, soit autant que sur l'ensemble de l'année 2025. La Russie est toujours capable de produire environ 2.000 missiles par an, en dépit des sanctions occidentales et des frappes ukrainiennes. A la frontière est, les chasseurs Rafale déployés en Lituanie dans le cadre de la mission de police du ciel de l'Otan, ont intercepté et escorté régulièrement des avions russes. Au Moyen-Orient ils ont aussi été fortement mobilisés.
Pour remplir les deux missions de l'armée de l'air, la protection de l'espace aérien national et la composante nucléaire aéroportée, tout en assurant la simultanéité des engagements, « je surutilise les avions de chasse à plus de 15 % », a déclaré le chef d'état-major. « Mais surutiliser le parc ne suffira plus demain, il est donc important de bien calibrer l'effort sur le format de l'aviation de chasse dans la prochaine loi de programmation militaire », a-t-il argumenté. Cela signifie un parc d'au moins 230 appareils d'ici à 2035, soit cinq de plus au moins que prévu, et contre seulement 170 aujourd'hui.
— A. D.
« Exceptionnelle » opération de cession-bail pour Carrefour
A fin 2025, le parc immobilier de Carrefour sur ses trois pays clés (France, Espagne et Brésil) était estimé à 14,2 milliards d'euros. Photo Durand Thibaut/Abaca
DISTRIBUTION
Le distributeur vend les murs de 35 supermarchés et hypermarchés en France et en Espagne pour en devenir le locataire.
Julia Lemarchand
Passer de propriétaire à locataire de ses propres magasins n'apparaît pas, à première vue, comme un signe de bonne santé. Pourtant, chez Carrefour, la cession-bail de 35 magasins en France et en Espagne pour 290 millions d'euros, annoncée jeudi soir après Bourse, est vécue comme une excellente nouvelle. « Nous avons choisi de communiquer sur cette opération car elle est exceptionnelle par son montant, son caractère transfrontalier et la qualité de ses investisseurs », déclare aux « Echos » Jérôme Nanty, directeur exécutif RH et patrimoine de Carrefour, habitué des opérations de cession-bail pour le groupe, le plus souvent chiffrées à « quelques dizaines de millions d'euros ».
Carrefour a signé ce contrat avec une coentreprise formée par le gestionnaire britannique Atrato et le fonds souverain singapourien GIC. Le contrat organise d'une part la cession des murs de 32 actifs en France (26 supermarchés et 6 hypers) et 3 hypermarchés en Espagne, et d'autre part la bascule vers un contrat de location pour dix à douze ans. Les directeurs de magasin continueront d'exploiter leurs enseignes. Ils gardent d'ailleurs le même interlocuteur, Carrefour Property, qui continuera de percevoir les loyers mais désormais au profit des nouveaux propriétaires.
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14 milliards d'actifs dans le monde
Carrefour insiste : ce n'est « pas une stratégie de cession mais de rotation des actifs ». « Notre objectif est double : créer de la valeur et financer la modernisation des magasins et l'expansion du parc », assure
Jérôme Nanty, qui rappelle que le rachat des magasins Cora et Match a permis d'ajouter 1 milliard d'euros d'actifs à son portefeuille. « Nous nous comportons comme tous les grands propriétaires fonciers en la matière », résume le directeur.
Pour François Digard, responsable de la recherche actions France chez Kepler Cheuvreux, l'annonce de cette opération de cession-bail confirme que, en dehors de son montant, l'opération n'a rien d'exceptionnel sur le fond. « Je n'y vois aucune inflexion stratégique, mais la continuité d'une pratique historique », commente l'analyste.
A fin 2025, le parc immobilier de Carrefour sur ses trois pays clés (France, Espagne et Brésil) était estimé à 14,2 milliards d'euros. La valeur de son patrimoine a augmenté de 2,8 milliards d'euros en quatre ans. Dans son nouveau plan stratégique à l'horizon 2030, le groupe coté s'est engagé à réaliser 200 à 300 millions de cessions nettes par an (hors achats), « en ligne avec le rythme des dernières années ».
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Deux catégories
que Carrefour ne cède pas
Le groupe a, ces dernières années, réalisé davantage d'opérations en Espagne qu'en France. Cette année, mis à part cette opération exceptionnelle, un certain nombre de petites opérations ont été réalisées au Brésil, permettant à Carrefour de développer son parc de magasins Atacadao, un format à mi-chemin entre le supermarché discount et l'entrepôt de vente en gros. Carrefour vise plus de 70 ouvertures au Brésil d'ici à 2030.
En France, le groupe détient 9,2 milliards d'actifs immobiliers. Il est majoritairement propriétaire des murs de ses hypers, environ de la moitié de ses supermarchés. En revanche, le taux de détention est beaucoup plus faible sur ses magasins de proximité, où ce sont le plus souvent des baux en pied d'immeuble, en particulier à Paris.
Il y a deux catégories d'actifs que Carrefour ne cède pas : « Les magasins susceptibles de pouvoir passer en franchise pour valoriser la cession du fonds de commerce avec la vente des murs. Nous excluons également tous les actifs potentiels de création immobilière dans le cadre de projet de mixité urbaine », précise Jérôme Nanty, en citant le partenariat avec Nexity pour valoriser 76 sites avec des nouveaux logements. Les parkings des grandes surfaces ne butent pas sur l'objectif du zéro artificialisation nette (ZAN) et ces terrains sont facilement constructibles.
Comment Muji veut convaincre les Français d'entrer dans son univers
BIENS DE CONSOMMATION
L'enseigne, connue pour son design épuré, repart à l'attaque dans et mise sur des magasins plus grands pour asseoir son positionnement « lifestyle ».
Clotilde Briard
Ce n'est pas une ouverture comme les autres que Muji a réalisée le 8 octobre rue du Faubourg Saint-Antoine à Paris. Ce magasin sur trois niveaux et 1.300 mètres carrés illustre la nouvelle stratégie que l'enseigne japonaise met en place en France et plus largement en Europe. Connue pour son design épuré et son absence de logo sur les produits, elle veut, en effet, montrer au grand public qu'elle est présente sur une bien plus large palette de références que ce que les consommateurs ont en tête.
Bien sûr, au rez-de-chaussée, les stylos - best-sellers de la marque - occupent une place de choix et le rangement - autre segment phare - se déploie largement dans les étages. Mais la surface du point de vente permet d'exposer aussi canapé, lit et bureau. Des meubles qui ne trouvent, d'ordinaire, de place que sur le site Internet. Vêtements, cosmétiques, bagages ou produits alimentaires occupent le reste du terrain.
La boutique remplace une autre adresse, à la taille bien plus réduite, que la griffe, nom abrégé de Mujirushi Ryohin, signifiant en japonais « produits de qualité sans marque », avait un peu plus loin dans la rue.
« Cette superficie est désormais un format standard à l'échelle mondiale. Elle nous permet de montrer que nous proposons une marque lifestyle à des prix abordables et pas seulement des produits dans certains segments de marché comme la papeterie. Si cette taille de point de vente s'avère un succès, nous pourrons alors ouvrir davantage de magasins en Europe », observe Takuo Nagahara, président de Muji Europe, habillé de produits maison.
Après avoir resserré dans l'Hexagone, le nombre de boutiques qui ne sont plus qu'au nombre de cinq-toutes dans la capitale -, l'heure est à repartir de l'avant. La France est, avec le Royaume-Uni, une tête de pont pour le développement de l'entreprise sur le Vieux Continent.
La prochaine étape passera par un navire amiral rue de Rivoli, qui sera le plus grand magasin d'Europe avec plus de 2.000 mètres carrés, en face de la Samaritaine. Son ouverture est désormais prévue en mars 2027.
« Il figurera parmi les plus grands flagships au monde. Nous avons retenu cinq grandes villes qui doivent avoir ce type de vitrine internationale : Tokyo bien sûr, mais aussi Shanghai, Paris, Londres et New York. Nous allons offrir dans la capi-
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Dans l'Hexagone, les boutiques n'étaient plus qu'au nombre de cinq – toutes à Paris.
tale française un lieu plus riche en expériences. Certaines catégories ne seront disponibles que dans ce magasin », dévoile Takuo Nagahara.
L'enseigne ne révèle pas son chiffre d'affaires pour la seule Europe, mais ses ambitions y sont fortes. « Nous comptons le multiplier par trois d'ici à 2030 », annonce Takuo Nagahara. La marque y est aujourd'hui présente dans sept pays, avec 31 points de vente. « Nous prévoyons d'ouvrir au global cinq magasins par an », complète-t-il. Sur le plan mondial, Ryohin Keikaku, l'entreprise propriétaire de Muji, a révisé deux fois ses prévisions à la hausse cette année. Forte de 1.463 magasins fin mai dont un peu moins de la moitié au Japon, elle table sur une progression de ses ventes pour l'exercice 2025-2026 clos à fin août de 15,6 % à 907 milliards de yens, soit environ 5,1 milliards d'euros. Sur les neuf premiers mois de l'année, le pôle Europe-Amérique du Nord a vu son chiffre d'affaires opérationnel s'accroître de près de 22 % en glissement annuel.
En France, l'un des enjeux de la marque est de progresser en notoriété. Elle n'est connue que d'environ un tiers des Français, même si parmi les Parisiens le score est plus élevé. Les nouveaux formats de magasins devraient l'aider à se faire remarquer. « Je pense qu'aujourd'hui les clients recherchent des objets qui durent, qui sont utiles, à l'inverse de la fast-fashion. Cela joue en notre faveur », ajoute le président de Muji Europe. L'enseigne a tout intérêt à capitaliser sur ses spécificités face à un paysage de concept-stores plutôt dominé par des propositions axées sur la fantaisie et la couleur, à l'instar du danois Flying Tiger.
Le joaillier Boucheron accélère aux Etats-Unis
Rothschild, ainsi qu'Elizabeth Taylor et Marlene Dietrich.
LUXE
Le joaillier, propriété de Kering, va ouvrir deux boutiques d'ici à la fin du mois de novembre.
Virginie Jacoberger-Lavoué
(à New York)
Boucheron s'apprête à franchir un cap décisif aux Etats-Unis. Fondé à Paris en 1858 par Frédéric Boucheron, le joaillier détenu par Kering depuis 2000, est entré en propre en 2024 sur ce marché. Il prévoit d'ouvrir deux boutiques supplémentaires d'ici à la fin novembre, à l'approche de la période, cruciale, des fêtes de fin d'année.
Boucheron annonce par ailleurs son arrivée ultérieurement dans un nouvel Etat clé, « hautement stratégique dans le luxe », précise aux « Echos » sa directrice générale, Hélène Poulit-Duquesne, rencontrée dans le navire amiral américain de l'enseigne, à New York sur Madison Avenue. Le flagship de 365 m² est déjà rentable, selon sa dirigeante. Le magasin américain réalise en outre le premier chiffre d'affaires du réseau en propre.
Bien que Boucheron soit d'une taille nettement plus modeste que l'américain Tiffany & Co., acquis en 2021 par LVMH (propriétaire des « Echos ») ainsi que de Cartier, leader mondial du secteur détenu par Richemont, il se distingue comme le principal moteur joaillier du groupe Kering, devant Pomellato et la marque chinoise Qeelin.
Luca de Meo qui dirige depuis l'an dernier le groupe de luxe des Pinault, a loué à plusieurs reprises la stratégie d'expansion de Boucheron. Il a aussi fait part de son intérêt pour la joaillerie, une catégorie plus résiliente que la mode.
Boucheron affiche depuis plusieurs années une croissance à deux chiffres. Son chiffre d'affaires est estimé entre 400 millions et 500 millions d'euros, selon Luca Solca, analyste chez Bernstein. L'objectif est de le doubler, pour atteindre 1 milliard d'ici à 2030, précise la dirigeante.
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Présence dans des grands magasins
Le joaillier de la place Vendôme accélère à un moment opportun aux Etats-Unis, seul marché majeur du luxe affichant une belle dynamique en 2026, alors que le moteur chinois ne donne pas de signes de reprise encourageants. L'offensive américaine menée par Hélène Poulit-Duquesne intervient après une décennie consacrée à l'Asie, « une croissance maîtrisée qui a permis à Boucheron d'amortir les investissements », selon le groupe.
Arrivée à la tête de l'enseigne en 2015, après vingt ans chez Cartier, la dirigeante a d'abord renforcé la présence de la maison en Chine, où elle compte désormais l7 boutiques et accéléré le développement au Japon, devenu son premier marché. La dirigeante estime toutefois qu'il faudra « dix à quinze années » pour construire la marque en Amérique.
Boucheron n'arrive pas en terrain inconnu. La maison a compté parmi ses clients les figures du « Gilded Age », les familles Vanderbilt, Astor ; puis
La notoriété américaine de Boucheron repose aussi sur le parfum lancé avec succès dans les années 1980, et notamment porté par le défunt mari de Céline Dion, René Angélil. Un lien affectif qui aurait contribué au choix de la star de porter un collier d'exception lors de ses concerts en France - une séquence que Boucheron présente comme un puissant accélérateur d'image.
L'enseigne, qui a fait de son magasin ouvert à Los Angeles en 2025 son autre pilier, s'est aussi implantée à Las Vegas. Le joaillier prévoit d'ouvrir mi-octobre sa première boutique à Miami. Avant Thanksgiving, Boucheron inaugurera par ailleurs un magasin à Costa Mesa, en Californie.
Sa présence historique dans des grands magasins Saks, Neiman Marcus, Bloomingdale's (huit points de ventes au total) complète un réseau qui devrait encore s'étoffer l'an prochain. Une première ouverture est prévue au Texas entre le deuxième semestre 2027 et le premier semestre 2028, révèle sa dirigeante, qui a identifié le fort potentiel de cet Etat.
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Pièces spectaculaires
Le marché de la joaillerie aux Etats-Unis est évalué à 77 milliards de dollars, en hausse de 2 % par an (en moyenne sur 2023-2025), note McKinsey. A l'échelle globale, le segment luxe de la joaillerie pèse environ 17 milliards de dollars (+3 % par an en moyenne depuis 2023). Il devrait « nettement accélérer » sur la période 2026-2030, avec une croissance moyenne attendue de 5 à 7 % par an, détaille Pierre de la Boulaye, directeur associé senior au bureau de Paris de McKinsey.
Dans ce contexte, le développement américain de Boucheron vise une clientèle locale habituée aux pièces spectaculaires, mais aussi ceux qui recherchent la « value for money », sans appartenir non plus aux catégories ultra-fortunées.
Le groupe devra trouver une façon de tenir les deux bouts de l'équation, alors que chez Boucheron - à l'échelle globale - la haute joaillerie et la joaillerie fine ne réalisent ensemble que 20 % des ventes. Le solde revient à des pièces allant de l'entrée de gamme jusqu'à des pièces à 25.000 euros. Développer les lignes iconiques avec la collection Quatre est un axe, tout comme accélérer dans la haute joaillerie (collections Histoire de style et Carte blanche) sous la direction créative de Claire Choisne. « Pour ne pas devenir schizophrène, j'ai donné carte blanche à notre directrice des créations à une époque où, dans le secteur, on les laissait dans l'ombre », précise la dirigeante. Mais en portant une attention particulière à « un équilibre entre les catégories de lignes joaillières qui ont fait le succès de Boucheron ».
MILLIARDS DE DOLLARS
Estimation du marché de la joaillerie aux Etats-Unis, en hausse de 2 % par an (en moyenne sur 2023-2025). Le segment luxe de la joaillerie pèse environ 17 milliards.
Elon Musk attaque frontalement les opérateurs télécoms américains
TÉLÉCOMS
SpaceX a racheté une nouvelle bande de fréquences mobiles, portant le total de ses acquisitions à 28 milliards de dollars en un an.
Après s'être tenu à l'écart des opérateurs historiques en visant les zones peu denses, Starlink Mobile va pouvoir gagner les villes.
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Thomas Pontiroli
Les ambitions d'Elon Musk dans les télécoms ? Même pas peur, ont coutume de dire les opérateurs français. Aux Etats-Unis en revanche, cela tourne au vinaigre. De façon tout aussi surprenante qu'il avait sorti du chapeau 19,5 milliards de dollars pour racheter ses fréquences à EchoStar à l'automne 2025, il débourse à présent 8 milliards pour des fréquences terrestres, qui appartenaient jusqu'à présent à un fonds d'investissement.
L'annonce, faite jeudi par SpaceX (propriétaire de Starlink), n'a pas ravi les actionnaires des trois grands opérateurs télécoms américains. Les cours de Bourse ont plongé à Wall Street au lendemain de cette communication : - 7,3 % pour AT&T, - 6,6 % pour Verizon et T-Mobile US, soit une perte - virtuelle - cumulée de 37 milliards de dollars. L'onde de choc a même traversé l'Atlantique, Deutsche Telekom (maison mère de T-Mobile), Vodafone, Orange et Telefonica abandonnant respectivement 8 %, 4,5 %, 3,4 % et 3,3 %.
Le rachat au fonds américain Grain Management de licences dans la bande des 800 MHz a de quoi secouer les opérateurs traditionnels : comme il l'avait annoncé cet été, Starlink Mobile les attaque frontalement. Celui-ci va en effet pouvoir diffuser de la 5G sur Terre, pénétrer les bâtiments et mieux couvrir les zones urbaines : autant de domaines qui manquaient à son offre mobile actuelle « direct-to-device » servie par ses 700 satellites dédiés. Les analystes de Morgan Stanley considèrent l'opération comme un signal clair de la volonté de SpaceX d'acquérir davantage de fréquences.
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Un petit réseau pour l'instant
Sur le papier, les opérateurs américains avaient pourtant des raisons de ne pas trembler. « Les 800 MHz permettent de déployer la 5G mais à des débits plus faibles, quant à la largeur du spectre acquise, de 14 MHz, il ne faut pas en attendre des miracles comparé aux trois opérateurs en place qui cumulent 1.000 MHz », compare Jean-Baptiste Thépaut, principal chez Novaspace.
La largeur du spectre, c'est comme la largeur d'un tuyau, et avec ce diamètre-là, Starlink Mobile ne pourra pas faire passer beaucoup d'abonnés en même temps, le débit s'en trouvera donc limité. « Ses ambitions sont aussi plafonnées par les fréquences disponibles sur le marché. Il existe peu d'opportunités, à part chez Anterix, qui détient 10 MHz autour de 900 MHz, et sont peu utilisées », complète l'analyste. SpaceX a déjà indiqué qu'il s'y intéressait.
Aussi, le régulateur américain des télécoms (FCC) va maintenant imposer à Starlink de faire usage de ses nouvelles fréquences. Or, l'aspirant opérateur mobile ne dispose pas d'antennes 5G au sol, ni de tours. Pour Jean-Baptiste Thépaut, « l'entreprise pourrait chercher à faire reconnaître leur utilisation par satellite pour satisfaire les premières échéances réglementaires, ce qui lui laisserait davantage de temps pour déployer un véritable réseau mobile terrestre ».
Déployer son infrastructure, c'est installer des antennes sur les pylônes des « towercos », des acteurs dont le modèle économique est précisément de maximiser le nombre de locataires par site... et qui auraient donc intérêt à accueillir les antennes 5G d'Elon Musk. « Les opérateurs historiques n'y ont aucun intérêt, ils pourraient exercer des pressions », contrebalance l'analyste.
« Un nouveau statut »
Quant à construire ses propres tours, ce n'est peut-être pas aussi spectaculaire qu'installer une constellation dans l'espace, mais cela coûte cher, surtout à l'échelle du vaste territoire américain. Selon les analystes de Bernstein, SpaceX devrait investir 70 milliards de dollars et déployer 57.000 sites sur huit ans pour bâtir un réseau mobile national crédible aux Etats-Unis. A Wall Street, les sociétés American Tower, Crown Castle et SBA Communications ont bondi de 6,7 % à 8,3 %, portés par la perspective de nouveaux revenus locatifs.
Si les étapes à franchir demeurent nombreuses, la menace pour les opérateurs « classiques » est réelle. « Cette acquisition va permettre à SpaceX de pénétrer le marché des télécoms terrestres, et d'acquérir un nouveau statut », souligne l'analyste. Elon Musk s'invite ainsi à la table des opérateurs mobiles traditionnels, et pourrait participer aux prochaines enchères de fréquences organisées par la FCC.
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Elon Musk s'invite à la table des opérateurs mobiles traditionnels, et pourrait participer aux prochaines enchères de fréquences.
Le calendrier pourrait lui sou- rire. Le 29 octobre, le gendarme des télécoms doit se prononcer sur la mise aux enchères d'un bloc de 25 MHz de fréquences, entre 1.675 et 1.695 MHz etentre 2.020 et 2.025 MHz. Une nouvelle occasion pour SpaceX d'étoffer son porte-feuille de fréquences, même si la concurrence s'annonce rude face à Amazon Leo et AST SpaceMobile.
« Starlink devient de fait le quatrième opérateur mobile des Etats-Unis, Elon Musk y met un premier pied, ce qui compte est le mouvement. Il ne s'amuse pas à entrer dans ce secteur pour si peu de spectre. Il va désormais entrer dans un opportunisme systématique de rachat de fréquences, ou carrément reprendre un opérateur », estime Stéphane Lelux, PDG du cabinet Tactis.
Il ajoute que ce bout de spectre acquis aujourd'hui a une autre portée, commerciale, car « Starlink va pouvoir toucher les clients mobiles actuels sans besoin de mise à jour matérielle ». Des clients susceptibles d'être séduits par « la puissance marketing de Musk, qui pourrait ajouter son chatbot Grok à ses forfaits mobiles », continue l'analyste.
Pour le spécialiste enfin, « un opérateur en place pourrait vouloir nouer un contrat d'itinérance avec Starlink », seule solution dans un marché mature pour regagner de l'élan. Et pour Elon Musk, d'atteindre une taille critique, « comme Orange et Free dans le mobile ».
Elon Musk estime que son futur réseau Starlink Mobile pourrait offrir une meilleure connectivité et des débits supérieurs à ceux des opérateurs mobiles traditionnels.
Photo Alain Jocard/AFP
Au quotidien, prenez les transports en commun.
Le succès du film « Resident Evil » renforce les liens entre le jeu vidéo et le septième art
JEUX VIDEO
Sorti mi-septembre, le long-métrage inspiré par le jeu vidéo a déjà atteint le cap des 250 millions de dollars de recettes au box-office mondial.
Nicolas Richaud
C'est un nouveau palier que vient de franchir le jeu vidéo sur grand écran, et pas le moins symbolique. Dans les salles obscures depuis mi-septembre, le long-métrage « Resident Evil » a atteint le stade des 250 millions de dollars de recettes au box-office mondial selon Rentrak, qui évalue les entrées en France à près de 850.000.
Sur sa lancée, le film pourrait même se hisser au-dessus du seuil des 300 millions de dollars à l'international et du million d'entrées dans l'Hexagone lors des prochaines semaines.
Un joli succès commercial pour un film ayant coûté 75 millions de dollars en frais de production à Sony, selon la presse américaine, auxquels il faut ajouter, peu ou prou, la même somme au niveau des dépenses marketing pour arriver au coût total. Et une énième confirmation que le jeu vidéo au cinéma peut se traduire par une réussite sonnante et trébuchante depuis la performance XXL de « Super Mario Bros ».
En 2023, celui-ci avait fait exploser le plafond de verre en devenant le premier long-métrage de ce genre à se hisser au-dessus du cap du milliard de dollars de recettes (à 1,36 milliard précisément).
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La bonne formule
Mais c'est une autre frontière que vient de repousser le film « Resident Evil », qui a su reprendre l'ambiance et les codes du jeu vidéo boxant dans le genre du « survival horror ». Très bien noté sur Rotten Tomatoes, l'influent agrégateur de critiques américain, le film a été bien reçu par la critique et pas seulement par le grand public. Un cas rarissime, pour ne pas dire unique dans l'histoire contrariée entre le jeu vidéo et le septième art.
« Jusqu'alors, il y avait eu de gros succès au cinéma parce que des franchises transgénérationnelles pouvant plaire de 7 à 77 ans étaient adaptées en respectant l'esprit du jeu, pointe Eric Marti, directeur général de Rentrak France. Cette fois, il y a une dimension plus cinématographique dans "Resident Evil" qui peut plaire aussi aux cinéphiles et pas seulement aux fans du jeu vidéo. » « C'est notamment dû au choix du réalisateur très talentueux Zach Cregger, qui a une vraie patte en matière de films d'horreur, comme il l'a montrée avec "Barbarian" ou « Du point de vue du parcours consommateur, il y avait aussi un prolongement plus naturel. Vous finissez de jouer à votre jeu vidéo [...] et puis vous pouvez ensuite continuer avec la série, toujours depuis votre fauteuil dans votre salon. »
ERIC MARTI
Directeur général
de Rentrak France "Evanouis" ces dernières années », ajoute l'expert. Avant la décennie 2020, les tentatives de porter les licences de jeux vidéo sur grand écran s'étaient très majoritairement soldées par des échecs.
A l'inverse, le mariage entre les premiers et les séries en streaming s'est fait plus naturellement, tant la proximité entre ces médias était forte, notamment au niveau de la construction scénaristique avec leurs arcs très longs et leurs nombreux personnages.
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Xbox lance une division dédiée
« Du point de vue du parcours consommateur, il y avait aussi un prolongement plus naturel. Vous finissez de jouer à votre jeu vidéo sur votre écran de télévision ou PC, et puis vous pouvez ensuite continuer avec la série, toujours depuis votre fauteuil dans votre salon, alors qu'il faut "aller" au cinéma, relève Eric Marti. Mais les producteurs et les réalisateurs ont su trouver la bonne formule depuis quelques années et cela semble être une tendance qui pourrait durer. »
Sorti en avril, « Super Mario Bros 2 » est devenu la deuxième adaptation de jeux vidéo à dépasser le milliard de dollars de recettes, un seuil frôlé par « Minecraft » en 2025, à 960 millions selon Rentrak. Une lame de fond telle que Xbox a annoncé cette semaine qu'il avait lancé une division dédiée uniquement au cinéma et aux séries.
La tendance pourrait encore se confirmer. Mercredi, le film « Street Fighter » débarquera à son tour dans les salles obscures, tandis que le troisième volet de la licence Angry Birds sortira juste avant Noël. Pour l'an prochain, « The Legend of Zelda » est déjà programmé en mars, puis un nouveau long-métrage de Minecraft débarquera dans les salles à l'été. Vers l'infini et au-delà.
Les promesses d'Ibou, le nouveau moteur de recherche made in France soutenu par Xavier Niel
INTERNET
Ibou va lancer un nouveau moteur de recherche made in France en décembre.
Ses fonctionnalités de découverte et d'agrégation de l'info sont déjà en ligne depuis quelques semaines.
Fabio Benedetti Valentini
La mission est vertigineuse. Contrer la domination de Google et l'essor des chatbots d'IA en créant « le moteur de recherche qui respecte le Web ». C'est ainsi que se présente Ibou, le nouveau-né français de la recherche en ligne qui compte Xavier Niel parmi ses investisseurs.
Après la mise en ligne au printemps 2026 de sa première brique (Explorer) dédiée aux articles de fonds, le moteur de recherche « complet » sera lancé en décembre, promet son cofondateur et PDG, Sylvain Peyronnet.
En attendant, Ibou a introduit en septembre un onglet « Actualités ». Il s'agit d'une revue de presse « neutre » à partir de plus de 300 publications françaises. Les articles y sont regroupés par thèmes. Seuls les titres communs à chaque rubrique sont générés par IA.
Chacune de ces rubriques ouvre sur une série d'articles où les titres originaux sont affichés, avec toujours un lien vers les sources. Une approche qui se veut à l'opposé de celle de la fonctionnalité des résumés d'IA de Google (Overviews), qui ampute le trafic de la presse depuis son lancement en France cet été.
Un modèle basé sur la pub
Parmi les « modules » proposés sur Ibou Actualités, « Les angles » et « Le débat » permettent ainsi au lecteur de découvrir les différences de traitement d'une même actualité. Autre particularité : une frise chronologique situe les articles dans le temps.
Certes, l'idée de revenir « aux sources d'Internet » n'est pas nouvelle. Et les moteurs responsables ou éthiques sont déjà nombreux (Firefox, Ecosia, DuckDuckGo, le français Qwant, etc.). Mais, à en croire Sylvain Peyronnet, passé notamment par Qwant, le moment est propice. « L'IA a rebattu les cartes et fait tomber les barrières à l'entrée dans la recherche en ligne », dit-il. Et le quadragénaire d'insister : « Il y a une demande pour des moteurs plus vertueux et qui ne prennent pas les utilisateurs ni les éditeurs pour des idiots. Il faut respecter tout l'écosystème. »
Concrètement, Ibou se sert de modèles d'IA dits « open weight » (à poids ouverts), en particulier ceux de Mistral et du chinois Qwen (Alibaba). Mais Ibou fabrique aussi des « micromodèles » propriétaires.
En parallèle de son moteur grand public, dont le modèle économique se base sur des publicités contextualisées, ce nouveau moteur de recherche va aussi bientôt proposer des interfaces de programmes (API) payantes pour les entreprises. Et son PDG se dit tout à fait ouvert aux partenariats avec des médias. Ibou est développé au sein de Babbar, une entreprise basée à Evreux (Eure), qui possède aussi des bureaux dans le 13e arrondissement de Paris. Créée en 2019 pour éditer des logiciels d'analyse sémantique en marketing en mode SaaS (« Software as a Service »), Babbar a pivoté mi-2025 sur la recherche en ligne.
Une première levée de fonds avait eu lieu en 2021, menée par Go Capital. Bpifrance, Normandie Participations et certains business angels avaient aussi participé à ce premier tour de table. Début 2026, lors d'une deuxième levée de fonds, c'est le fondateur de Free qui a fait son entrée au capital, via sa holding NJJ. Les montants restent confidentiels, mais Sylvain Peyronnet assure que son entreprise a « de quoi travailler sereinement sur les prochaines étapes de développement » d'Ibou. La start-up emploie actuellement une quinzaine de personnes, et cinq recrutements sont en cours.
« Il y a une demande pour des moteurs plus vertueux et qui ne prennent pas les utilisateurs ni les éditeurs pour des idiots. »
SYLVAIN PEYRONNET
Cofondateur et PDG d'Ibou
Capital-risque : la concentration s'accélère en Europe
Le montant global levé par les start-up européennes en 2026 pourrait atteindre 90 milliards d'euros. Parmi les deals qui ont dépassé le milliard d'euros, Mistral AI. Photo Shutterstock
INVESTISSEMENT
Les opérations liées à l'IA représentent désormais près des deux tiers de la valeur totale levée.
Un autre secteur tire son épingle du jeu.
Charlie Perreau
Le diable est dans les détails. Si les start-up européennes ont amassé autant de financements sur les neuf premiers mois de l'année que sur la totalité de 2025 (68 milliards d'euros), ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour tout le monde. « Le marché devient plus concentré », estime Pitchbook dans sa nouvelle étude consacrée au capital-risque européen. Et la faute revient à l'intelligence artificielle.
Les opérations liées à l'IA représentent désormais près des deux tiers de la valeur totale levée, contre 60 % en début d'année et 41 % en 2025. « D'un trimestre à l'autre, on observe une dynamique toujours plus forte en termes d'ampleur et de rythme des investissements dans ce secteur, avec des levées de fonds telles que celle de Mistral AI (3 milliards d'euros) qui battent des records », soulignent les auteurs de l'étude, qui notent aussi une hausse des opérations de dette (20 milliards depuis le début de l'année). Depuis le début de l'année, les investissements dans l'IA ont atteint 44,1 milliards d'euros, dépassant les niveaux enregistrés sur l'ensemble de l'année 2025. Si ce rythme se maintient, la valeur totale des transactions doublera par rapport à celle de l'année dernière.
Autre nouveau phénomène corrélé à l'IA : la multiplication des méga tours de table (plus de 100 millions d'euros), qui représentent désormais 59,2 % de la valeur totale des opérations réalisées depuis le début de l'année, mais ne constituent que 1,5 % du volume des opérations. Peu d'élus donc et des investisseurs qui se battent pour entrer sur les meilleurs dossiers !
La montée
des « cleantechs »
Quatre « deals » ont dépassé le milliard récolté au troisième trimestre : Mistral, Helsing (défense), Wayve (véhicule autonome) et Quantum Systems (drones). Dans le top 10, on trouve des start-up de tous pays : Domyn (Italie), Neko Health (Suède), Tekever (Portugal), Wonderful (Pays-Bas)...
Les investissements dans les pays nordiques ont enregistré la plus forte croissance en 2026, représentant désormais plus de 10 % des transactions en Europe. En valeur, la progression s'élève à 55 %. Parmi les opérations notoires, la levée de fonds de 400 millions de Lovable (vibe coding) ou celle de Legora (IA
juridique) à 550 millions de dollars. Si l'IA aspire la majorité des financements, les technologies propres (cleantechs) font aussi partie des chouchous des investisseurs. Au troisième trimestre, elles ont levé 10 millions d'euros, ce qui représente une hausse de 41,8 % en glissement annuel, d'après les calculs de Pitchbook. Parmi les tours de table significatifs : Proxima Fusion (411 millions d'euros), Core Power (173,1 millions d'euros) et Reverion (151,7 millions d'euros). En revanche, les sciences de la vie et la fintech sont en fort recul. Depuis le début de l'année, les start-up du monde de la finance sont passées de la quatrième place à la douzième.
Autre nouveauté : la forte progression des hedge funds dans les opérations, avec 11,5 milliards d'euros de valeur de transactions les impliquant depuis le début de l'année, soit plus de trois fois le niveau de l'ensemble de l'année 2025.
Les fonds des grandes entreprises (corporate venture) représentent toujours la majeure partie des financements (en volumes et valeur) réalisés par les investisseurs dits non traditionnels (hors acteurs du capital-risque), suivis de près par les fonds de private equity.
Si ce rythme actuel se poursuit d'ici la fin de l'année, le montant global levé par les start-up européennes pourrait atteindre 90 milliards d'euros, selon Pitchbook.
Ces dirigeants qui s'engagent dans la vie de leur ancienne école
FRENCH TECH
Eloa Guillotin et Hugo Tarlé, les fondateurs de Beyond Aero, créent un prix à destination des étudiants de l'ISAE-SUPAERO pour financer des projets dans la décarbonation.
Adrien Lelièvre
Cela fait six ans qu'Hugo Tarlé et Eloa Guillotin ont quitté les bancs de l'ISAE-SUPAERO, une école spécialisée dans l'ingénierie aérospatiale. Une expérience fondatrice, car c'est là que les dirigeants ont fait connaissance et réfléchi à la création de Beyond Aero, une start-up qui veut révolutionner l'avion d'affaires avec un jet électrique propulsé par l'hydrogène.
Pendant leurs années d'études, les associés ont emmagasiné un solide bagage technique et rencontré des professeurs qui les ont poussés à suivre leurs intuitions, à l'image de Bruno Martinaud. « Lui-même a été ingénieur, puis entrepreneur : il nous a démontré que c'était possible », rembobine Hugo Tarlé.
A la fin de leur parcours, les associés avaient obtenu un prix de la part de la Fondation des anciens élèves de l'ISAE-SUPAERO qui leur a permis de faire mûrir leur projet, alors qu'ils n'avaient pas de salaire. « Sans ce prix-là, il n'y aurait probablement pas de Beyond Aero », juge Hugo Tarlé.
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Une dette envers l'école
Conscients de leur dette, les start-uppers ont décidé de créer un nouveau prix à destination des aspirants ingénieurs de leur école, en partenariat avec la Fondation de l'ISAE-SUPAERO. « L'idée, c'est de soutenir les projets liés à la décarbonation de l'aviation », précise le dirigeant. Il peut s'agir d'une entreprise, d'une association ou d'un projet de recherche.
Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 15 novembre. Les lauréats toucheront 5.000 euros et bénéficieront de séances de coaching. « C'est du temps que nous ont donné nos aînés il y a quelques années, c'est normal de le rendre aujourd'hui », prolonge Hugo Tarlé.
Dans une logique de « give back », il est fréquent que des acteurs de la French Tech donnent des coups de pouce à leur ancienne école ou université. En août 2025, Clément Delangue, le patron de Hugging Face, une start-up vendue à Nvidia pour près de 13 milliards de dollars, a noué un partenariat avec l'ESCP Europe. L'objectif : mettre à disposition des étudiants sa plateforme d'IA open source.
De leur côté, les établissements du supérieur voient dans les entrepreneurs à succès des ambassadeurs de luxe. Lors de la dernière publication du Next 40, l'Ecole polytechnique était fière de rappeler que quatorze entreprises compaient au moins un ancien de l'X parmi ses fondateurs. Ces derniers sont souvent conviés sur le campus pour raconter leur parcours, prodiguer des conseils...
Le degré d'engagement varie selon les personnalités. En 2026,
« Pour régler une grande partie des problèmes du monde, il faut éduquer, aider à se rencontrer, faire rêver, parler d'ambition. »
ADRIEN NUSSENBAUM
Cofondateur de Mirakl
Adrien Nussenbaum, le cofondateur de la licorne Miraki, est devenu le président d'HEC Alumni, le réseau des 80.000 diplômés de l'école de commerce française. Une activité bénévole qu'il juge indispensable. « Aucune réussite n'a de sens si elle ne s'accompagne pas d'un effort de transmission », lance-t-il.
« Pour aider à régler une grande partie des problèmes du monde, il faut éduquer, aider à se rencontrer, faire rêver, parler d'ambition », poursuit-il. Adrien Nussenbaum a aussi participé au projet HEC Imagine, qui offre des bourses aux étudiants méritants issus de pays en guerre.
Quand l'Edhec a lancé un fonds d'investissement avec Ring Capital (GENERATIONS powered by Edhec), Patrick Amiel n'a pas hésité à en devenir l'un des souscripteurs. « Il y a eu 29 investissements à date », souligne celui qui a quitté l'école il y a trente ans. Pendant son temps libre, le créateur de 321Founded et venture partner de Big Pi Ventures fait aussi du mentorat à Station F dans l'incubateur de l'Edhec et participe chaque année au jury d'admission de l'école.
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Une expérience riche
« J'essaie de faire en sorte que les personnes que nous recrutons correspondent à l'image de l'école », souligne-t-il. « Cela permet de prendre la température du marché », ajoutet-il. Il y a quelques années, les jeunes parlaient beaucoup de climat lors des oraux ; aujourd'hui, l'IA est sur toutes les lèvres.
De ces rencontres avec la jeunesse peuvent naître des futures collaborations ou des synergies. « L'ISAE-SUPAERO, c'est aussi un immense laboratoire de recherche », rappelle Hugo Tarlé. Certaines briques technologiques peuvent intéresser sa start-up, qui a réalisé un premier vol de son prototype en 2024. Et s'il doit recruter, Hugo Tarlé n'hésitera pas à piocher dans le vivier de talents de son ancienne école d'ingénieurs.
Le cri d'alerte des start-up de l'impact dans l'ombre de l'IA
GREENTECH
Depuis l'arrivée de ChatGPT, les sujets relatifs à l'IA et à la défense captent la majorité des investissements.
Les start-up à impact se retrouvent ainsi fragilisées.
Sarah Dumeau
Les années fastes de la greentech appartiennent-elles désormais au passé ? En introduction d'une table ronde sur le sujet animée lors du France Digitale Day, qui s'est tenu fin septembre, Laetitia Carle, directrice générale de Greenly, résumait la situation ainsi : « En 2021, la moitié de la journée aurait été consacrée à l'impact. Aujourd'hui, on a vingt minutes. »
Côté financement, c'est le même son de cloche. Les sujets relatifs à l'IA et à la défense captent la majorité des investissements et de l'attention, au détriment des autres secteurs de la French Tech. Selon le baromètre France Digitale, 78 % des fonds interrogés disent ainsi investir en priorité dans l'intelligence artificielle, contre 46 % dans la greentech. « Il y a une cannibalisation des investissements dans l'IA », constate Alexis Lenormand, PDG et cofondateur de Greenly, une start-up spécialisée dans la comptabilité carbone.
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Faibles levées de fonds
Les chiffres dévoilés jeudi par Impact France viennent confirmer cette tendance dans l'impact. Ainsi, sur les 1.382 jeunes pousses du secteur répertoriées, 14 % n'ont pas levé de fonds cette année et plus de la moitié (53 %) ont bénéficié de tours compris entre 100.000 et 5 millions d'euros (le ticket moyen dans la French Tech est de 16,3 millions d'euros). Seules 3 % des entreprises du panel ont réalisé des levées de fonds supérieures à 50 millions d'euros.
« Il n'y a pas d'effondrement des financements mais les start-up à impact sont touchées par ce phénomène de concentration des levées autour de l'IA et de la défense qui, en plus, demandent des levées très conséquentes. C'est aussi des modèles avec une valorisation relativement rapide si on les compare à des green-techs industrielles », pointe Louise Picard, responsable des start-up pour le mouvement Impact France.
« C'est très dur pour une boîte qui n'est pas IA d'arriver à lever aujourd'hui », confirme un investisseur à impact. Le sujet rend les investisseurs frileux, d'autant plus que le modèle de rentabilité des start-up à impact est plus lent - seules 32 % des 1.382 jeunes pousses interrogées ont atteint ce palier, contre près de 40 % dans le reste de l'écosystème, selon les chiffres de la Banque de France. « Ce ne sont pas des licornes, plutôt des chevaux de trait », illustre Louise Picard.
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Ne pas trop insister sur l'impact
Alors que le secteur était encore attractif il y a quelques années, les entrepreneurs ont désormais intérêt à... ne pas trop insister sur la dimension « impact » de leur projet pour espérer lever des fonds. « On est dans des métiers de performance. Les clients comme les investisseurs n'achètent plus l'impact : quand tu dis que tu es une start-up à impact, tu dois d'autant plus prouver que tu as le meilleur produit, au meilleur prix. L'impact est devenu un plus », observe Eric Gossart, associé en charge des fonds à impact de Serena. Il constate que si les fondateurs continuent de travailler sur leur impact, ils ne le mettent plus nécessairement en avant.
Certaines peuvent en profiter pour insister davantage sur la dimension souveraine de leur projet. « Les sujets de décarbonation ou d'énergie répondent à des enjeux stratégiques », notamment en anticipant l'augmentation des besoins en énergie générés par la multiplication des data centers, souligne Louise Picard, d'Impact France. Parfois, tout est une question de vocabulaire.
La filière laine ne veut plus gâcher ses toisons
TEXTILE
Alternative naturelle aux rembourrages synthétiques, aux bâches agricoles en plastique ou aux isolants pétrosourcés, la laine intéresse de multiples industries.
Mais il manque des maillons à la chaîne qui permettrait de valoriser son potentiel foisonnant.
Pascale Braun
—Correspondante à Metz
Boudées, bradées, jetées depuis des lustres, les toisons françaises pourraient-elles connaître un nouvel âge d'or ? Il y a une décennie, l'hypothèse aurait semblé saugrenue tant la filière laine s'était effilochée. Les 15.000 exploitations ovines, majoritairement réparties entre l'arc alpin, le couloir rhodanien et le nord-est de la France, valorisaient la viande ou le lait de leurs moutons mais écoulaient la laine à bas prix vers la Chine.
La filière rêve aujourd'hui d'une nouvelle donne à la faveur du renchérissement des dérivés du pétrole. Selon une enquête publiée début octobre par FranceAgriMer (l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer), la France ne valorise toujours que 4 % des 10.000 tonnes de toisons issues d'une soixantaine de races - un chiffre qui n'a pas bougé depuis trois ans.
Outre l'industrie textile, le bâtiment, l'ameublement, l'horticulture, l'emballage et même l'industrie cosmétique s'intéressent aujourd'hui à cette matière noble. « Chaque laine peut générer un gain pour les éleveurs si elle trouve son bon usage. Mais il faut pouvoir caractériser sa provenance et homogénéiser les lots pour répondre à des demandes précises », affirme Pascal Gautrand, délégué général du collectif Tricolor.
Cette association interprofessionnelle d'une trentaine de membres a créé une application numérique pour certifier l'origine et la qualité de la matière première. L'initiative vise d'abord à mieux rémunérer les éleveurs, qui peuvent vendre une belle laine mérinos à 80 centimes le kilo, mais n'obtiennent rien pour une toison souillée ou non collectée. FranceAgriMer évalue la rémunération moyenne à 30 centimes, un tarif qui couvre à peine les frais de tonte.
Dans une étude publiée fin 2025, le réseau européen sur la politique agricole et rurale EU Cap Network préconise de s'appuyer sur une cartographie et des référentiels communautaires pour retisser une filière durable et innovante. La dimension transfrontalière s'avère incontournable, tant le maillage industriel s'est distendu.
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Horticulture et cercueils
La France ne compte plus qu'un laveur, Lavages de Laines du Gévaudan, qui emploie 9 salariés pour 1 million d'euros de chiffre d'affaires à Saugues, en Haute-Loire. L'entreprise familiale traitait jusqu'à présent 300 tonnes de laine. Elle vient d'acquérir des machines supplémentaires pour assurer un contrat portant sur 600 tonnes. « Nous avons une grande marge de progression en France et comptons même reprendre des parts de marché à des confrères espagnols ou belges », affiche son dirigeant, Patrick Laurent.
Selon une enquête publiée début octobre par FranceAgriMer, la France ne valorise toujours que 4 % des 10.000 tonnes de toisons issues d'une soixantaine de races Photo Xavier Popy/RÉA
Lent, le processus de réindustrialisation reste aussi incertain, tant la filière reste fragile. A Tourcoing (Nord), Peignage Dumortier, qui emploie 117 salariés, a été placé en redressement judiciaire en août et cherche un repreneur. Fabricant de tapis pour chiens partiellement biosourcés implanté dans les Vosges, Peltex Industrie est dans la même situation.
Les initiatives locales essaiment toutefois dans l'Hexagone. Dans
« Chaque laine peut générer un gain pour les éleveurs si elle trouve son bon usage. »
PASCAL GAUTRAND
Délégué général du collectif Tricolor
l'Aveyron, la Filature Colbert, qui emploie 3 salariés à Camarès, réalise à façon des feutres de paillage et des tapis de yoga à partir de 155 tonnes de laine collectées auprès de 1.200 éleveurs locaux. Elle espère lever 200.000 euros d'ici à la fin de l'année pour commercialiser son isolant pour bâtiments Isolaina, désormais validé par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).
La société basque Traille, dirigée par sa fondatrice et unique salariée Muriel Morot, a réalisé en 2025 un chiffre d'affaires de 600.000 euros en orientant 80 tonnes de laine locale vers des marchés à gros volume. Les toisons de brebis de race lacaune servent à confectionner des couvertures pour bébés Caloun. La laine plus grossière de manech alimente le projet Puxka, qui compte produire 100 kilomètres de paillage horticole, et approvisionne le marché des capitons pour cercueils.
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« Plus résilients »
Dans le bassin de Roquefort, Fertilaine, spécialiste du feutre agricole implanté à Rodez (Aveyron), innove avec des pellets de laine qui, enfouis dans la terre, nourrissent la plante tout en retenant l'eau. « Cet été, la sécheresse nous a permis de réaliser d'excellentes ventes », assure Vincent Fabry, qui récolte avec son frère une soixantaine de tonnes de laine. En Moselle, la coopérative Mos-Laine a lancé cette année une unité de feutres en rouleaux, isolants en flocons et fils de laine cardés dans les anciens locaux de l'usine Bata de Réchicourt-le-Château.
Natural Fiber Production (NFP), dans les Pyrénées-Atlantiques, a pour sa part investi 7 millions pour accroître sa production de produits d'isolation, de rembourrage et de calage fabriqués à partir de laine française et espagnole. Dirigeant de cette usine de 10 salariés - dont il tait le chiffre d'affaires - et fondateur du cabinet de conseil Photosynthèse, Gilles Detiège anticipe la future réglementation européenne PPWR qui, en limitant le vide dans les colis vendus en ligne, devrait bénéficier à ses produits de calage Ouatbox et Blocbox. Le rembour-rage des sièges, coussins, peluches et paniers pour animaux lui paraît aussi prometteur. « Les mélanges laine et textile sont non seulement plus gonflants et plus résilients, mais aussi plus économiques que le polyester », plaide l'industriel.
La laine est également riche en kératine, substance que Kerat'Innov, basé à La Ciotat (Alpes-Maritimes), commercialise sous forme de compléments alimentaires favorisant la repousse des cheveux. Dirigeant de cette société de 16 salariés pour 7 millions de chiffre d'affaires en 2025, Laurent Equipart a contractualisé avec des éleveurs de blanches du Massif central, dans le Puy-de-Dôme, pour remplacer en partie 150 tonnes importées chaque année de Nouvelle-Zélande. Il envisage aujourd'hui la création d'une nouvelle ligne de produits de grade pharmaceutique pour valoriser les vertus cicatrisantes de la kératine.
Pour habiller en laine, Atelier Tuffery élève ses brebis
Spécialiste de la fibre naturelle, la marque haut de gamme prolonge sa démarche locale jusqu'à proposer le premier tee-shirt tricoté en mérinos français.
« Il redevient enfin à la mode de parler laine, mais cela fait dix ans que
Jadis, la manufacture Tuffery, implantée à Florac (Lozère) depuis 1892, produisait du denim - littéralement, « de Nimes »- à partir de laine et de lin. Aujourd'hui, le tee-shirt 100 % made in France d'Atelier Tuffery, proposé en précommande, incarne le renouveau d'une matière longtemps abandonnée au profit des fibres synthétique.
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Parraine ta brebis
nous nous efforçons de reconstruire la filière dans le massif des Causses et des Cévennes où cette matière était au cœur de l'économie ovine », rappelle Julien Tuffery, représentant, avec son épouse Myriam, de la quatrième génération de l'entreprise spécialisée dans les jeans et vêtements haut de gamme en matières naturelles.
En 2025, l'annonce « Marque de mode recrute berger/bergère » lancée par l'entreprise a fait sensation dans le bassin des Causses et des Cévennes, dont les paysages agropastoraux figurent au patrimoine de l'Unesco. Deux bergers salariés veillent désormais sur 300 brebis blanches du Massif Central, lacaune et mérinos d'Arles patiemment sélectionnées.
« Ces races, qui n'étaient plus élevées que pour le lait et la viande, avaient évolué et la qualité de leur laine s'était appauvrie. Il a fallu pour réidentifier les cheptels et conserver des brebis poilues », témoigne Julien Tuffery. Une communauté de clients a accompagné la démarche, « adoptant » symboliquement chaque nouvelle brebis pour 450 euros. Le tarif incluait un vêtement et des réductions.
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1.200 commandes
Atelier Tuffery prolonge désormais son engagement en proposant le seul tee-shirt en laine mérinos locale, commercialisé à partir de 95 euros. Les toisons récoltées auprès des mérinos d'Arles, qui pâturent jusqu'aux vignes bio des alentours de Montpellier, sont lavées, peignées et filées en France, pour un coût trois fois supérieur à celui d'une laine importée d'Australie. Ces postes représentent près de 80 % de ce tarif élevé.
Atelier Tuffery, qui emploie 45 salariés pour 6,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, assure avoir déjà enregistré 1.200 commandes. Les tee-shirts seront commercialisés dans les trois boutiques de la marque à Florac, Montpellier et Paris et en ligne, où l'argument du made in France fait mouche à l'export. — P.B.
Lainamac, des moutons de la Creuse aux showrooms parisiens
L'association ancrée dans un territoire d'élevage et d'artisanat d'art régénère une filière laine vivante et créative autour de la tapisserie d'Aubusson. Et déroule le tapis rouge à la décoration contemporaine.
Léa Delpont
—Correspondante à Bordeaux
De la première tapisserie d'Aubusson, Millefleurs à la licorne, réalisée autour de 1480, jusqu'aux showrooms de la Paris Design Week, il y a Lainamac. L'association née en Creuse en 2009 revitalise les savoir-faire des liciers, cartonniers et tuffeteurs qui firent durant cinq siècles les beaux jours de la tapisserie et du tapis d'Aubusson et Felletin. Lainamac a contribué à l'ouverture de la Cité internationale de la tapisserie en 2016 et à l'obtention de l'IGP en 2018.
La structure intervient sur toute la chaîne de préparation de la fibre : lavage, cardage, peignage, filage et teinture... De la tapisserie, elle a progressivement orienté son action vers la décoration contemporaine - à base de laine - en soutenant des marques émergentes, accompagnées en résidence et exposées dans les galeries d'art parisiennes - opération Oh my laine chaque automne.
En attendant que les manufactures creusoises renouent avec le fil de leur histoire. « Il a un certain coût », reconnaît-elle. « C'est du travail pour les éleveurs : la tonte doit être saine, sans débris végétaux, sèche... Mais ils s'y retrouvent avec un prix d'achat de 1 à 1,50 euro le kilo ».
Lainamac a déroulé sa pelote en créant RésoLaine en 2024, le premier cluster régional : la Nouvelle-Aquitaine en produit 2.300 tonnes. Notamment au Pays Basque, dont le célèbre béret est l'emblème d'une longue tradition de feutre. RésoLaine incite les coopératives à investir elles-mêmes dans une transformation accessible à leurs moyens financiers et techniques : composés de sol, rembourrage ou granules fertilisantes. Un programme mis en œuvre à la coopérative basque Caoso pour conserver la valeur ajoutée.
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« Très dynamique »
Lainamac a contribué à l'ouverture de la Cité internationale de la tapisserie en 2016.
Lainamac compte une centaine d'adhérents : une quinzaine d'ateliers de tapisserie - 150 emplois, 11 millions de chiffre d'affaires -, plusieurs dizaines de créateurs designers locaux, la Coopérative de la Marche qui représente les éleveurs d'ovins et les acteurs de la transformation du fil, une branche « très dynamique », se réjouit Géraldine Cauchy, directrice générale de l'association. « Son chiffre d'affaires de 4 millions a quadruplé en quatre ans et pourrait atteindre 10 millions d'ici à 2030 », estime-t-elle à l'aune du développement de la filature Fonty, qui exporte son fil à tricoter jusqu'aux Etats-Unis, et de Ter rade, qui transforme 20 tonnes par an en marque blanche.
La première travaille 50 % de laine française mais « plutôt des races fines pour le textile - or ce n'est pas la spécialité de la Creuse », précise Géraldine Cauchy. La seconde transforme exclusivement de la laine française, mais locale depuis trois ans seulement, pour la Coopérative de la Marche. Dans le potentiel de 100 tonnes, achetées brutes aux éleveurs par le négoce entre 10 et 40 centimes le kilo, elle collecte désormais 25 tonnes de toisons. « Dix sont vendues à un matelassier de Limoges et 15 transformées chez Terrade », explique la directrice, Caroline Surleau. Ce fil approvisionne un fabricant de tapis de l'Oise et, pour la première fois cette année, la cité d'Aubusson.
Financière du Nord: trois sociétés de pressings en difficulté
HAUTS-DE-FRANCE
Ces trois sociétés totalisent 29 pressings sous trois enseignes, victimes d'une part de la hausse des coûts de l'énergie.
Le groupe va réorganiser son réseau.
Nicole Buyse
—Correspondante à Lille
Les établissements Petitprez et Lambaere et les sociétés Dev Press et Rossel, toutes détenues par le groupe Financière du Nord (FDN), ont été mis en redressement judiciaire pendant l'été par le tribunal de commerce de Lille a-t-on appris récemment. Ces trois entreprises totalisent 29 pressings sous les enseignes 5 à Sec, Alizés Pressing et Rossel, répartis dans les Hauts-de-France majoritairement avec deux sites à Dijon (Côte-d'Or).
L'ensemble, qui compte 85 salariés, totalisait en 2025 un chiffre d'affaires de 6,7 millions d'euros, en baisse de plus de 4 à 5 % mais sans accuser de pertes. Le groupe, qui a un nouveau rendez-vous avec le tribunal de commerce le 14 octobre pour un prochain point d'étape, a d'ores et déjà établi un plan de continuation envisageant la fermeture de cinq points de vente. Le personnel touché sera transféré dans les pressings restants pour remplacer des départs en retraite.
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Cannibalisés
Depuis un an et demi, la FDN a déjà fermé trois pressings, trop près géographiquement d'autres sites dans la métropole lilloise : celui du centre commercial de Carrefour Wattignies, au profit de celui, avoisinant, du centre commercial d'Auchan à Faches-Thumesnil ; celui de Wasquehal près de Chronodrive, trop proche de celui de la galerie commerciale de Carrefour dans la même ville ; et celui de Carrefour à Auchy-les-Mines, voisin de celui de Lens.
« Il y a vingt ans, la culture c'était d'être partout. Mais aujourd'hui, des pressings trop près les uns des autres se cannibalisent », explique Olivier Boin, directeur général du groupe installé à la Chapelle d'Armentières (Nord), non loin de Lille. « De plus, les consommateurs vont de moins en moins au pressing pour des raisons de baisse de pouvoir d'achat. Et de l'autre côté, nos coûts ont augmenté, notamment ceux de l'énergie », poursuit-il.
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Réorganiser
« Nous mettre sous la protection du tribunal doit nous permettre de restructurer notre réseau », ajoute Olivier Boin. Le groupe veut continuer à réorganiser celui-ci pour l'optimiser en fermant les sites les moins rentables. Le redressement judiciaire permet ainsi de casser des baux commerciaux qui ne seraient pas encore arrivés à échéance. La blanchisserie Lavoir Mon désir située à la Chapelle d'Armentières (Nord), qui avait été rachetée en 2024 par le groupe Pressing de France (maison mère de la FDN) et destinée aux clients professionnels, n'est, elle, pas concernée par ce plan.
Avec Raphaël Varane, +Fort va assurer un suivi indépendant des stars du foot
INNOVATEURS
Jean-Marie Hervio/KMSP via AFP
+Fort associe Guillaume Lucchini, l'ex-footballeur international Raphaël Varane (en photo) et le chirurgien orthopédiste Hervé Silbert.
Hubert Vialatte
—Correspondant à Montpellier
Les footballeurs de très haut niveau sont déjà très entourés par les médecins de leurs clubs et en équipes nationales, leurs entraîneurs, coaches personnels, agents et différents conseils. Ont-ils besoin de plus de soutien ? C'est la conviction de la nouvelle entité +Fort, présentée vendredi à Paris, qui leur propose un suivi global et indépendant, sur toute la durée de leur carrière.
Dans ce monde régi par l'argent roi, dans lequel les meilleurs joueurs - des PME à eux tout seuls faisant vivre plusieurs cercles - peuvent être exposés à la voracité d'agents et conseils en gestion de patrimoine peu scrupuleux, « le besoin d'accompagnement est de plus en plus présent », affirme Guillaume Lucchini, le président-fondateur du gestionnaire de patrimoine indépendant Scala Patrimoine, qui s'appuie sur 20 experts.
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Aucune pression
Nouvelle entité de Scala Patrimoine, +Fort associe Guillaume Lucchini, l'ex-footballeur international Raphaël Varane et le chirurgien orthopédiste Hervé Silbert, qui a suivi le champion du monde 2018 de 2012 jusqu'à sa retraite sportive en 2024. À la tête de ce nouveau Sport Office indépendant, dédié à l'accompagnement global des athlètes - 80 % de footballeurs - pendant et après leur carrière, les trois associés entendent proposer un suivi, « dans la défense exclusive des intérêts du sportif, en dehors des grosses pressions qui peuvent parfois peser sur les médecins de clubs et d'équipes nationales », explique Guillaume Lucchini. Des pressions dictées par l'intérêt économique de titulariser un joueur qui serait à la limite, le grand nombre de joueurs à suivre en un temps limité, la priorisation du suivi en fonction de leur valeur sportive et financière, etc. Sans compter la fragmentation des données médicales de santé, au rythme effréné des transferts. « Les clubs sont concurrents. La continuité et le partage de données médicales peuvent donc être complexes lorsqu'un joueur passe de l'un à l'autre », observe le docteur Hervé Silbert.
Chacun dans leur spécialité, les trois associés font valoir des expertises complémentaires et impartiales. Les choix de carrière et l'accompagnement sportif reviennent logiquement à Raphaël Varane, qui se positionne « en conseil stratégique, et non pas en agent de joueurs », précise l'ancien défenseur. La gestion patrimoniale, la préparation de l'après-carrière, la prévoyance et l'anticipation des risques sont gérées par Guillaume Lucchini et son équipe, « sans commissions ou rétrocommissions sur des produits vendus, mais avec des honoraires de conseil », précise-t-il.
Préserver le capital santé
Pour sa part, Hervé Silbert garantit au joueur un suivi longitudinal complet de sa santé : bilan initial, suivi régulier, outils technologiques, coordination d'un réseau de spécialistes. L'idée est de prévenir les éventuelles blessures et de préserver le capital santé du sportif. « Un joueur peut tout à fait ne pas être blessé, se sentir bien, mais être à la limite de ses capacités », confie Hervé Silbert. C'est ce protocole de suivi spécifique, indépendant des clubs et doté d'une dimension de R&D pour accompagner à la haute performance sportive, qui a d'ailleurs permis à Raphaël Varane de tenir longtemps au plus haut niveau. Il a remporté la Coupe du monde en 2018 avec l'équipe de France et quatre Ligues des champions avec le Real Madrid.
Il a dit
« Un joueur peut tout à fait se sentir bien, mais être à la limite de ses capacités. »
Matthieu Joffres
HERVÉ SILBERT
Associé +Fort
N4 muscle ses ambitions grâce à la Bourse
AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
L'appui des marchés financiers doit lui permettre d'ouvrir des filiales en Espagne et en Italie.
Florian Espalieu
— Correspondant à Grenoble
Deux types de produits pour une ambition unique : devenir leader européen du fitness et de la nutrition sportive. Pour l'atteindre, le groupe N4 a annoncé vendredi son introduction en Bourse, le prix initial de l'action étant fixé à 23,81 euros. Plusieurs engagements de souscriptions ont déjà été reçus pour plus de 20 millions d'euros, notamment de Bpifrance, de BNP Paribas et de la Caisse des Dépôts, mais l'entreprise espère lever une trentaine de millions supplémentaires.
« Nous souhaitons toutefois demeurer majoritaires au capital pour rester une entreprise familiale », détaille Stéphane Viscuso, cofondateur et PDG du groupe, détenteur des trois quarts des parts - son frère Mathieu disposant du reste. Créée en 1999 à Voiron (Isère), l'enseigne FitnessBoutique vend des équipements sportifs en ligne et au travers d'un réseau physique de 115 points de vente, dont 76 franchises.
Mais cette activité historique, matérialisée par quatre marques, est désormais supplantée par la dizaine consacrée à la nutrition sportive, qui représente les deux tiers du chiffre d'affaires de 91 millions d'euros de N4, en croissance de 31 % sur un an. Une hausse notamment due à la création du canal GMS (grandes et moyennes surfaces), qui a généré 11 millions d'euros de revenus dès sa première année.
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14 lignes de production
« Le momentum est excellent et la Bourse est un moyen d'accélérer, appuie le dirigeant. Avec 12 millions de pratiquants en France, jamais autant de personnes n'ont fait du fitness ou de la course à pied. » Présent quasi uniquement en France,
N4 lorgne les 5,5 milliards d'euros du marché européen de la nutrition sportive et les 3,6 milliards de celui des équipements. « Nous allons continuer en Belgique où nous avons déjà trois FitnessBoutique », détaillet-il. L'ouverture d'une filiale en Espagne est prévue pour mi-2027. « Et si l'Espagne fonctionne, le lancement en Italie douze à dix-huit mois plus tard. »
Au développement territorial s'ajoutera la hausse de capacité industrielle. « Progressivement, d'ici à 2029, nous souhaitons passer de 5 lignes de production dans notre usine d'Apprieu (Isère) à 14 lignes », projette le PDG. Celle-ci tourne en horaires postés de deux fois huit heures et fournit déjà la moitié des marques nutritions du groupe.
L'investissement de près de 5 millions d'euros permettrait de faire monter cette proportion à 70 %.
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100 millions d'euros en 2027
Les recrutements qu'impliquerait cette montée en cadence devraient se cantonner aux équipes de production, qui comptent près de 30 équivalents temps plein (ETP) sur les 160 du groupe. « Notre croissance devrait être absorbée avec le même back-office [services d'appui, NDLR] », ajoute Stéphane Viscuso, qui vise un chiffre d'affaires de 100 millions en 2027 puis de 150 millions en 2029. Selon le succès sur les marchés financiers, l'entreprise ne s'interdit pas des acquisitions.
Sunroad Equipment élargit sa gamme avec Héode
OCCITANIE
Le fournisseur d'accessoires de camping-car, caravanes et camping prend 80 % du capital.
Hubert Vialatte
—Correspondant à Montpellier
Installé à Narbonne, dans l'Aude, le fournisseur d'accessoires de camping-cars, caravanes et camping Sunroad Equipment élargit sa gamme de produits. Il vient de faire l'acquisition de 80 % du capital d'Héode, qui commercialise des équipements, accessoires et gammes de mobilier pour l'aménagement de vans et véhicules utilitaires. Créée en 2019 et installée à Firminy, dans la Loire, près de Saint-Etienne, cette entreprise connaît une percée rapide dans le secteur. La PME de 15 salariés, dirigée par Bruno Duval, prévoit un chiffre d'affaires de 4,6 millions d'euros pour l'exercice en cours, en hausse d'environ 25 %. Sunroad Equipment ambitionne de le doubler à horizon 2030.
Disposant de plusieurs milliers de références, ainsi que des gammes de mobilier conçues en interne, « Héode a un positionnement intéressant, associant e-commerce, innovation produit et simplicité d'utilisation. Cette marque va nous amener des gammes pointues sur le mobilier prêt à poser par le client. Notre réseau en était dépourvu », précise Yannick Masse, codirecteur général de Sun-road Equipment aux côtés de son frère Bruno.
Transformation du modèle
De son côté, Héode va bénéficier de la force de frappe du réseau du groupe audois, notamment par un accès aux 68 magasins Narbonne Accessoires. Des synergies vont être mises en place entre les deux entités : mutualisation des services produits et achats, accélération commerciale et numérique, meilleure valorisation des produits Héode...
Face à une conjoncture économique dégradée, Sunroad Equipment a engagé depuis 2025 une transformation profonde de son modèle, « pour gagner en performance, et être mieux positionné au moment de la reprise. Le marché est atone, il faut donc se faire mal pour chercher à changer ». Ce qui passe par un affinement de la politique tarifaire et commerciale « pour coller au marché et être plus réactif », un nouvel outil de relation client pour augmenter les taux de transformation commerciale, la réduction des stocks par une optimisation des rotations, une réorganisation industrielle et logistique avec notamment le passage de 50 à 8 sociétés...
Un groupe de travail sur l'IA a aussi été créé en interne en février, pour réduire au maximum les tâches à faible valeur ajoutée. Sur cette transformation, Sunroad Equipment prévoit d'investir « entre 300.000 euros et 400.000 euros par an ». De quoi être plus résilient, sur un marché du véhicule de loisir où les décisions d'achat se diffèrent facilement. « Dès le début des frappes au Moyen-Orient, fin février, et l'augmentation des coûts du carburant, le marché global s'est tassé », constate Yannick Masse.
Sunroad Equipment réalise un peu moins de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 440 collaborateurs. Après l'élection présidentielle de 2027, Yannick Masse espère « retrouver une croissance comprise entre 5 et 8 % ».
L'Europe trouve un accord au rabais sur la supervision financière
La Commission européenne a jugé que la gouvernance de l'autorité des marchés financiers sera trop diluée pour lui permettre de devenir un superviseur réellement opérationnel. Photo Shutterstock
RÉGULATION
Après dix mois de tractations homériques, les Vingt-Sept ont scellé vendredi un compromis sur la supervision des marchés financiers.
Un pas historique vers l'union des marchés de capitaux européens, immédiatement entaché par la colère de la Commission et les doutes de la BCE.
Fabienne Schmitt
— Bureau de Bruxelles
Réunis à Luxembourg vendredi, les ministres des Finances de l'UE ont validé ce que personne n'osait promettre dix mois plus tôt: une approche générale commune sur le paquet « intégration et supervision des marchés », pierre angulaire de l'union de l'épargne et des investissements voulue par la Commission européenne.
« Les gens peuvent attendre la perfection, ou ils peuvent se donner la main et sauter ensemble vers le bien », a résumé le ministre irlandais des Finances, Simon Harris, dont le pays préside l'UE. Une formule qui dit tout de l'esprit du compromis : personne n'a obtenu son texte idéal, mais tout le monde ou presque a fini par sauter.
Car l'enjeu dépasse la seule plomberie réglementaire. L'UE compte aujourd'hui plus de 300 plateformes de négociation, 14 chambres de compensation et 32 dépositaires centraux de titres, un morcellement auquel Bruxelles veut enfin s'attaquer pour mobiliser les milliers de milliards d'euros d'épargne dormante des ménages européens et renforcer la compétitivité du
Vieux Continent face aux Etats-Unis et à la Chine.
Sur le fond, l'accord transfère à l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA), basée à Paris, la supervision directe des plus grandes plateformes de négociation transfrontalières, des principales contreparties centrales et dépositaires centraux, ainsi que des prestataires de services sur cryptoactifs jugés les plus significatifs.
C'est précisément cette centralisation qui en fait, aux yeux de ses partisans, le principal moteur d'intégration des marchés de capitaux européens.
Un régime d'adhésion volontaire pour les opérateurs de marché paneuropéens est également créé. Et le texte introduit aussi des mesures pour réduire les barrières transfrontalières et la complexité des gestionnaires d'actifs opérant dans l'UE.
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Un « super-gendarme »
Côté gouvernance, l'ESMA se dote d'un conseil exécutif permanent (un président et cinq membres indépendants) chargé des décisions opérationnelles, mais un conseil de surveillance distinct garde la main sur la stratégie, pour préserver un rôle aux autorités nationales. Son financement est rééquilibré : 40 % pour les régulateurs nationaux, 60 % pour le budget européen.
Un temps opposées sur ce texte, la France et l'Allemagne l'ont salué. « L'UE est un jeu à 27 qui dure souvent plus de 90 minutes, mais à la fin l'Europe gagne, à une condition : il faut un bon capitaine », a déclaré le ministre français de l'Economie, Roland Lescure.
Pour Paris, qui plaidait depuis des mois pour un « super-gendarme » musclé, l'essentiel est acquis : un cadre de supervision plus intégré et des relations clarifiées entre l'ESMA et les régulateurs nationaux, l'AMF en tête, y compris en cas de crise financière.
Longtemps réticente par crainte de perdre la main sur sa place financière, l'Allemagne s'est ralliée au compromis après avoir obtenu l'exclusion de Deutsche Börse de la supervision directe de l'ESMA, jugée moins transnationale qu'Euronext. « C'est une étape majeure et significative, s'est réjoui le ministre de l'Economie, Lars Klingbeil, pour qui « tout le monde a dû bouger ses positions ». Seule la Belgique s'est abstenue, inquiète des exemptions en cascade et du risque de fragmentation persistante.
Mais c'est à Bruxelles que la pilule passe le plus mal. « Nous regrettons profondément que le compromis sur la table soit très en deçà du niveau d'ambition nécessaire pour atteindre les objectifs du paquet d'intégration et de supervision des marchés », a lâché la commissaire aux Services financiers, Maria Luis Albuquerque, lors de la réunion.
Dans sa ligne de mire : le champ de supervision rogné par rapport à sa proposition initiale et une gouvernance jugée trop diluée pour permettre à l'autorité de devenir un superviseur réellement opérationnel. « La Commission ne peut pas soutenir cette approche », a-t-elle carrément conclu.
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L'Allemagne s'est ralliée au compromis après avoir obtenu l'exclusion de Deutsche Börse de la supervision directe de l'ESMA.
Présente aux débats, la présidente de la BCE Christine Lagarde a abondé dans son sens et a aussi alerté sur un point technique : si le seuil autorisant l'usage de la blockchain pour les marchés financiers passe de 100 à 300 milliards, cela risque de favoriser l'apparition de plusieurs systèmes numériques incapables de communiquer entre eux, recréant ainsi l'éparpillement que la réforme est censée justement résoudre.
Du côté des marchés, l'Association pour les marchés financiers en Europe (AFME) a appelé à plus d'ambition. « Renforcer l'efficacité, faciliter l'innovation et favoriser l'investissement transfrontalier, en évitant une complexité réglementaire inutile et protectionnisme national », a résumé son directeur général, Adam Farkas.
L'accord des Vingt-Sept n'est qu'une étape avant les négociations avec le Parlement européen, Bruxelles visant une validation fin 2026 pour une mise en œuvre en 2027. Le temps, peut-être pour la Commission, de tenter de regagner le terrain perdu.
Le difficile retour en arrière dans le financement de la recherche-action
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RÉGLEMENTATION
L'assouplissement des règles de la directive européenne MIFID II, en vigueur depuis juin, avec le Listing Act, n'a pas encore convaincu les acteurs financiers.
Laurence Boisseau
La réglementation MIFID 2 a fonctionné comme un rouleau compresseur en France, depuis son entrée en vigueur en 2018. En voulant imposer la transparence à marche forcée via la dissociation des commissions de courtage et de la recherche-actions (le fameux « unbundling »), cette directive européenne a rendu l'analyse financière jusqu'alors gratuite payante, et détruit son modèle économique.
Les gérants d'actifs ont réduit leurs dépenses liées à l'achat de notes de recherche. Ils ont délaissé les petites et moyennes valeurs, fragilisant leur suivi. Des grandes maisons se sont rapprochées, pour dégager une meilleure rentabilité. Parmi elles, Oddo BHF et Natixis, Société Générale et AllianceBernstein.
Adopté en 2024, le Listing Act est venu détricoter cette obligation de dissociation des coûts et assouplir des règles qui avaient été fortement critiquées. Depuis le 6 juin dernier, les gestionnaires d'actifs ont, de nouveau, la possibilité de renouer avec un tarif qui englobe et la recherche et l'exécution des ordres s'ils le souhaitent. On parle alors du « re-bundling ».
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« Chacun se regarde en chiens de faïence »
Pourtant, alors que la place de Paris rêvait depuis huit ans d'un retour en arrière sur cette réforme vécue comme une catastrophe, rien ne se passe. « Aucun établissement ne s'est engouffré dans la brèche, même si c'est possible désormais », remarque un analyste financier. « Chacun se regarde en chiens de faïence, en attendant de voir qui va être le premier à dégainer », ajoute un autre.
Au Royaume-Uni, qui s'est empressé, à la suite du Brexit, de s'affranchir de MIFID II, dès 2022, les grandes banques anglo-saxonnes n'ont pas, non plus, changé leur système de facturation. L'inertie l'emporte. C'est là toute l'anomalie de la situation. Pourtant, « regrouper les tarifs de courtage et de recherche aurait des effets positifs pour les acteurs de l'intermédiation financière », explique Pierre-Yves Gauthier, président d'AlphaValue, un bureau indépendant d'analyse financière. « Cela ferait circuler plus d'argent. Car si une société de gestion payait la recherche sur la masse des encours gérés et non sur ses propres deniers, comme c'est le cas aujourd'hui, les dépenses dédiées à l'analyse financière seraient bien plus élevées », ajoute-t-il.
Les sociétés de gestion ne sont pas pressées de bouger, pour l'instant. « Changer les process a entraîné une profonde mutation chez les gestionnaires d'actifs. Ils ont mis en place des dispositifs complexes pour répondre aux exigences de la directive européenne. Faire machine arrière aurait un coût significatif et remettrait en cause des organisations désormais bien établies », explique Stéphane Loiseau, directeur général adjoint de Bernstein Société Générale.
Sur les petites et moyennes valeurs, ce retour en arrière pourrait pourtant, peut-être, rebattre les cartes. A Francfort, Bernstein Société Générale vient d'ouvrir un nouveau bureau de recherche consacré aux small et mid caps. Composée de quatre analystes, cette équipe entend capitaliser sur un segment de marché délaissé. Le bureau a déjà publié des études sur cinq valeurs, dont une première note sur Deutz, un industriel spécialisé dans les systèmes de propulsion.
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EDMOND DE ROTHSCHILD
Edmond de Rothschild Asset Management (France) informe les porteurs de parts des Fonds Commun de Placement (FCP) : Corbeille Sélection Equilibre, Corbeille Sélection Performance, Corbeille Sélection Prudence, Corbeille Univers Equilibre, Corbeille Univers Performance Europe et Corbeille Univers Performance International ; des modifications suivantes :
\- Suite au comité d'exclusion d'Edmond de Rothschild Asset Management (France) qui s'est tenu en avril 2026, concernant les mises à jour des listes d'exclusion internes, la stratégie d'investissement de chacun des FCP sera modifiée comme suit :
« Le processus de sélection des titres comprend un filtre négatif afin d'exclure les sociétés qui vendent des armes interdites, conformément aux conventions internationales en la matière, ainsi que les sociétés exposées à des activités liées au charbon thermique, à l'huile de palme, aux combustibles fossiles non conventionnels ou au tabac, ainsi que les sociétés qui contreviennent aux normes internationales (OCDE, Organisation internationale du travail (OIT) et à un ou plusieurs des 10 principes du Pacte mondial des Nations unies (UNGC)), conformément à la politique d'exclusion d'Edmond de Rothschild Asset Management (France), disponible sur son site Internet. »
Plus précisément, les exclusions relatives aux entreprises ne respectant pas les normes internationales de l'OCDE et de l'Organisation internationale du travail (OIT) ont été ajoutées.
\- Mise à jour des frais dans le DIC PRIIPS.
\- Actualisation de la dénomination du commercialisateur « AGEAS France » devenant « SELENCIA » ainsi que corrélativement, de l'adresse de son site internet comme suit : www.selencia.fr (en remplacement de www.ageas.fr).
Ces modifications n'impliquent aucune démarche spécifique de votre part, et n'ont aucun impact ni sur la stratégie de gestion, ni sur la prise en compte des critères extra-financiers, ni sur le profil de rendement et de risque de votre FCP.
Ces modifications ne sont pas soumises à l'agrément de l'Autorité des marchés financiers et entreront en vigueur le 16/10/2026.
Les Documents d'Information Clé (DIC) et le prospectus mis à jour seront disponibles gratuitement à compter de cette date sur simple demande auprès de Edmond de Rothschild Asset Management (France) - 47 rue du Faubourg Saint-Honoré - 75008 PARIS - +33 (0)1 40 17 25 25 ou sur le site Internet http://funds.edram.com.
Edmond de Rothschild Asset Management (France), Société Anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance au capital de 11.033.769 € - Numéro d'agrément AMF GP 04000015 - 332 652 536 R.C.S. Paris.
FINANCE & MARCHÉS
Paiement fractionné : BNP Paribas va fusionner Floa avec Cetelem
PAIEMENT
Le groupe bancaire a annoncé un projet de fusion absorption entre Floa, sa filiale de paiement fractionné, et BNP Paribas Personal Finance dans le crédit à la consommation.
Il s'agit notamment de répondre au durcissement réglementaire.
Krystèle Tachdjian et Marion Heilmann
BNP Paribas reprend les choses en main. Selon nos informations, le groupe bancaire va fusionner Floa, sa filiale de paiement fractionné, avec son entité de crédit à la consommation BNP Paribas Personal Finance, plus connue sous la marque Cetelem.
Les représentants du personnel ont été informés du projet lors d'un comité social et économique (CSE) extraordinaire, mardi 6 octobre.
« Les deux filiales de BNP Paribas, BNP Paribas Personal Finance et Floa, annoncent un projet de fusion absorption pour construire l'acteur de référence du paiement fractionné et du financement de la consommation en France », a officialisé Gilles Zeitoun dans un message intranet adressé aux salariés le jeudi 8 octobre. Il explique que « le marché fortement concurrentiel s'est profondément transformé, sous l'effet de l'accélération de la digitalisation, du renforcement des exigences réglementaires et de l'émergence de nouveaux acteurs ». Il faut dire que Floa a affiché des pertes ces dernières années.
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Directive européenne sur le crédit conso
Le dirigeant évoque aussi la nouvelle directive européenne sur le crédit à la consommation qui entre en vigueur en novembre 2026, et « intègre désormais le paiement fractionné, marquant ainsi une convergence du cadre réglementaire ».
En effet, à partir du 20 novembre prochain, les acteurs du paiement fractionné devront s'assurer de la solvabilité de leurs clients et leur livrer des informations claires sur ce qu'ils souscrivent. Des contraintes se rapprochant de celles qui pesaient déjà sur le crédit à la consommation classique et qui obligent les acteurs à revoir leurs parcours client en conséquence. « Les banques vont vouloir mettre ceinture et bretelles sur les parcours pour ne pas risquer de se faire prendre en défaut », estime un spécialiste du secteur.
« C'est dans ce contexte qu'un projet de fusion absorption de Floa par BNP Paribas Personal Finance a été présenté », appuie Gilles Zeitoun. Il entend ainsi « créer un leader proposant une offre complète, du paiement fractionné au financement de la consommation en France ».
Floa a migré ses systèmes en 2025, « préalable essentiel à la mise en œuvre de sa stratégie de développement, à l'industrialisation de ses activités et à son intégration au sein du groupe BNP Paribas », indique la présentation de ses comptes sociaux publiée cet été.
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Concurrence
La fusion devrait être effective au cours des quatre premiers mois de 2027, sous réserve de la finalisation du parcours social et des procédures réglementaires.
Ensemble, les deux entités desservent actuellement 15.000 points de vente partenaires en France (Leclerc, Conforama, Apple, etc.) et cumulent 22 milliards d'euros d'encours de crédits. Selon nos informations, les tensions étaient récurrentes entre les deux entités après le rachat de la start-up par BNP Paribas finalisé en 2022. Au début, les deux acteurs se retrouvaient en concurrence sur des appels d'offres avant de finalement trouver un modus operandi. La question de l'emploi suscite déjà des inquiétudes. La direction n'a pour l'instant pas communiqué sur l'impact de cette réorganisation, les salariés redoutant des doublons entre les deux entités. La phase d'information-consultation des élus - spécifique au volet social - ne s'ouvrira qu'après l'obtention du feu vert réglementaire, attendu entre mars et avril 2027.
La fusion devrait être effective au cours des quatre premiers mois de 2027, sous réserve de la finalisation des procédures réglementaires. Photo Floa
Au 31 août 2026, Floa comptait 454 salariés dont 447 en France, principalement à Bordeaux, et 7 en Italie. De son côté, BNP Paribas Personal Finance emploie 3.997 collaborateurs dans l'Hexagone et près de 2.500 en Italie à travers sa marque Findomestic. Ce mouvement intervient alors que BNP Paribas
Personal Finance a déjà mené ces dernières années une lourde restructuration. Début 2023, la filiale avait lancé un plan de départs volontaires, portant sur 950 emplois en France, réduisant ses effectifs tricolores de 20 %. Ce, pour les ramener à environ 4.000 salariés (contre 5.000 fin 2021). Un
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MILLIARDS D'EUROS
L'encours de crédits cumulé de BNP Paribas Personal Finance et de Floa.
recentrage géographique a également conduit à la cession de plusieurs entités en Europe centrale et au Mexique, tandis que la vente de Cetelem en Espagne serait en cours, ont rapporté plusieurs médias espagnols.
Cette fusion rappelle le mouvement opéré par BPCE avec sa filiale Oney avant l'été. Déjà réorientée vers le crédit à la consommation plus classique, faute de marges suffisantes dans le paiement fractionné, elle est passée sous la coupe de BPCE solutions et expertises financières (SEF) pour renforcer les synergies avec les activités de crédit à la consommation de la banque.
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annonces judiciaires & légales
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ETABLISSEMENT PUBLIC TERRITORIAL PARIS OUEST LA DEFENSE VILLE DE RUEIL-MALMAISON (Hauts-de-Seine)
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AVIS D'ENQUÊTE PUBLIQUE
En application de l'arrêté territorial n°29/2026 du 29 septembre 2026, il sera procédé, pendant 33 jours consécutifs, du lundi 26 octobre 2026 à 9h00 au vendredi 27 novembre 2026 à 17h00, à une enquête publique relative à la déclaration de projet des Bulvis emportant mise en compatibilité du Plan Local d'Urbanisme (PLU) de la commune de Rueil-Malmaison.
Le projet porte sur le renouvellement urbain de la résidence sociale des Bulvis et le départ de la caserne des sapeurs-pompiers. La mise en compatibilité du PLU prévoit notamment la création d'une Orientation d'Aménagement et de Programmation (OAP) permettant la réalisation du projet d'aménagement global du secteur. Le projet prévoit notamment les grands aménagements suivants :
\- Concevoir un projet d'aménagement global afin de repenser les usages du secteur et son insertion urbaine,
\- Restituer l'ensemble des logements sociaux et prévoir la réalisation de logements libres dans un souci de mixité urbaine (202 logements sociaux et 150 logements libres).
\- Repenser l'insertion paysagère du site dans son environnement, en prenant notamment en compte la proximité d'éléments paysagers structurants (Cimetière des Bulvis, Forêt domaniale de la Malmaison), par le développement d'une trame viaire paysagée et des espaces publics de qualité.
\- Résoudre les problématiques de stationnements existants dans la résidence Batigère entièrement en aérien et insuffisants.
Si le projet immobilier a été exempté d'évaluation environnementale après examen au cas par cas, le projet de mise en compatibilité du PLU a, quant à lui, fait l'objet d'un rapport d'évaluation environnementale ayant donné lieu à un avis sans observation de la MRAE IDF en date du 05 avril 2026. Le dossier d'enquête comprend en outre un rapport d'évaluation environnementale.
L'enquête publique relative à la déclaration de projet des Bulvis, portant à la fois sur l'utilité publique de ce projet et sur la mise en compatibilité du PLU de Rueil-Malmaison qui en résulte, se déroulera sur le territoire de la commune de Rueil Malmaison.
Pour conduire cette enquête publique, Monsieur François DECLERCQ a été désigné en qualité de commissaire enquêteur par décision du président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en date du 31 juillet 2026. Par la même ordonnance, Madame Josiane RIOLACCI est désignée en qualité de commissaire enquêteur suppléant.
Cette enquête publique est préalable à la délibération du conseil de territoire de l'Etablissement public territorial Paris Ouest La Défense, autorité compétente en matière de mise en compatibilité du PLU de la commune de Rueil-Malmaison.
Pendant toute la durée de l'enquête, le dossier papier sera consultable à l'Hôtel de Ville de Rueil-Malmaison, 13 boulevard du Maréchal Foch, 92500 Rueil-Malmaison, de 8h30 à 18h. Le dossier sera également consultable par voie électronique sur un poste informatique en accès libre à la même adresse ou à distance par voie électronique sur le site internet dédié au projet : https://www.registre-dematerialise.fr/7664 et sur le site internet de la ville : https://www.villederueil.fr/. Chacun pourra également demander et obtenir à ses frais, communication du dossier d'enquête publique auprès de la Mairie.
Le public pourra présenter ses observations pendant toute la durée de l'enquête :
sur le registre papier mis à disposition à l'Hôtel de Ville de Rueil-Malmaison (13 boulevard du Maréchal Foch, 92500 Rueil-Malmaison) :
par courriel à l'adresse suivante : enquete-publique-7664@registre-dematerialise.fr
sur le registre dématérialisé : https://www.registre-dematerialise.fr/7664;
\- En les adressant par voie postale à l'adresse suivante : Monsieur le commissaire enquêteur
Enquête publique relative à la déclaration de projet « LES BULVIS » important mise en compatibilité du plan local d'urbanisme de la commune de Rueil-Malmaison
13 boulevard du Maréchal Foch, 92500 RUEIL-MALMAISON
Monsieur François DECLERCQ, commissaire enquêteur, recevra le public à l'Hôtel de Ville de Rueil-Malmaison :
lundi 26 octobre 2026, de 9h à 12h ;
samedi 7 novembre 2026, de 9h à 12h ;
samedi 7 novembre 2026, de 9h à 12h,
jeudi 19 novembre 2026, de 17h à 20h :
vendredi 27 novembre 2026, de 14h à 17h.
Les informations relatives au projet peuvent être demandées auprès de la Direction de l'urbanisme et de l'aménagement – Hôtel de Ville. 13 boulevard du Maréchal Foch. 92500 Rueil-Malmaison – Tél. : 01 47 32 67 57 - estelle.cuille@mairie-rueilmalmaison.fr
À l'issue de l'enquête publique, le rapport et les conclusions motivées du commissaire enquêteur seront tenus à la disposition du public pendant un an, dans les conditions prévues par le Code de l'environnement.
Eric BERDOATI
Président de l'EPT Paris Ouest La Défense
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l'annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75,78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
Roland Lescure en campagne à la City pour rassurer sur la dette française
DETTE
Le ministre de l'Economie et des Finances, est venu assurer aux financiers londoniens que la France aurait un budget.
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Nicolas Madelaine —Correspondant à Londres
« Non, je ne suis pas “the house” [la banque] comme Scott Bessent, je suis ministre des Finances », sourit Roland Lescure, en référence au défi iconoclaste lancé récemment aux marchés financiers par le secrétaire au Trésor américain de parier contre lui à leurs risques et périls. Roland Lescure a traversé la Manche la semaine dernière avec un message plus classique : rassurer les investisseurs de la City sur la dette française. D’un pas allant, entre le siège de « The Economist », où il a été interviewé, et la London School of Economics, deux institutions britanniques, il explique aux « Echos » qu’« il est classique que le ministre des Finances parle à la presse, y compris internationale, après un budget ». Mais il est clair qu’« il y a de la pression », dit un investisseur.
Néanmoins, « on n'a pas de défi de fonctionnement du marché de notre dette aujourd'hui, tous les investisseurs que j'ai vus me l'ont dit. On est dans une période de ce qu'on appelle "repricing" mondial [réévaluation de la dette et de son taux d'intérêt] », s'empresse d'ajouter celui qui fut lui-même investisseur, au Québec, pendant une vingtaine d'années. Le matin même, à l'élégante résidence de l'ambassadrice de France au Royaume-Uni, il a reçu une dizaine d'investisseurs dont des grandes maisons comme Goldman Sachs et Barclays. « Ils m'ont essentiellement interrogé sur le processus politique d'adoption du budget et, évidemment, sur l'élection présidentielle », explique-t-il.
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« On va adopter notre budget »
« D'abord, je leur dis que notre budget, on va l'adopter et, avec 5 % de déficit maximum : l'objectif, évidemment, c'est d'éviter les ordonnances et le 49.3, mais ce sont deux formes de glissière de sécurité sur l'autoroute de l'adoption, raconte-t-il. Sur les élections, je leur dis qu'il y a encore des chances qu'il y ait un gouvernement à la fois orthodoxe et capable de faire. »
La City ne va évidemment pas prendre ses paroles pour argent comptant. La France est clairement dans sa ligne de mire. « Il y a eu vraiment un jour, la semaine dernière, où le marché de la dette française était désordonné, avec un gap de liquidité qui a fait monter l'écart de taux (spread) avec la dette allemande à 150 points de base », explique Henrietta Pacquement, responsable taux au fonds américain Allspring.
« Les mouvements ont été si violents, en raison notamment d'aspects techniques liés au positionnement des hedge funds, qu'on a pu croire qu'il y avait de nouveaux risques à considérer, pouvant entrainer une contagion », analyse Sphia Salim, codirectrice de la recherche taux chez Bank of America. La situation s'est calmée en fin de semaine, en parallèle de la situation internationale dont la dette française est la victime numéro un du moment.
« C'est un très bon signe que finalement, on ait réussi à se stabiliser à ces niveaux-là », estime Sphia Salim. Mais cette financière, comme les autres investisseurs, reste aux aguets. Henrietta Pacquement résume la situation ainsi : « Il y a encore de la marge mais on arrive au stade où le marché se demande si la France va redresser sa situation seule ou va avoir besoin d'un peu d'intervention de la part de la Banque centrale européenne (BCE). »
« Peu de risque de défaut »
Elle situe la zone dangereuse à un écart de taux avec l'Allemagne de 200 points de base. Sphia Salim pense plutôt que la BCE scrutera la vitesse d'accroissement de ce spread et la perception d'une contagion. Andrew Chorlton, directeur de l'investissement taux chez M&G, dresse le même constat mesuré mais prudent. « Je suis d'accord avec legouverneur de la Banque de France, la solution est totalement dans les mains de la France, les réactions du marché sont assez extrêmes, dit-il. Mais la pression va demeurer pendant les prochains mois sur la dette française avec l'échéance des élections. » Comme le Royaume-Uni, la France a la faiblesse de dépendre des investisseurs extérieurs pour se financer.
Mais elle a quelques atouts, notent les investisseurs. « L'épargne en assurance-vie représente un fort courant acheteur de dettes, comme l'épargnant italien investissant dans sa dette domestique », explique Henrietta Pacquement. « Le Livret A est aussi un des amortisseurs naturels », dit un autre spécialiste.
Depuis la crise de l'euro de 2012, poursuit par ailleurs Henrietta Pacquement, « la BCE a toutes sortes de nouveaux instruments de stabilisation, même s'ils seront assortis de conditions ». Mais surtout, les taux offerts sur les emprunts français (environ 5 % sur le 10 ans) deviennent intéressants, notamment pour les investisseurs prêts à détenir la dette jusqu'à échéance. « C'est un rendement élevé pour un pays dont je rappelle quand même qu'il a une balance des paiements courants équilibrée, qui exporte à nouveau, qui a des banques solides et des institutions qui fonctionnent », dit Roland Lescure.
« Le taux est d'autant plus intéressant qu'il n'y a que peu de risque de défaut pour la France, et ce, même si les investisseurs ne voient pas le catalyseur d'une amélioration dans les prochains mois », ajoute Henrietta Pacquement. Critiqué pour avoir laissé entendre que le Trésor avait du mal à émettre de la dette à 30 ans, plus volatile, Roland Lescure assume de s'adapter à la demande et aux conditions de marché. Lors de sa visite à Londres, il n'a pas renvoyé l'image de quelqu'un d'accablé. « Etre ministre des Finances d'un pays qui préside le G7 en 2026, c'est évidemment une mission aux responsabilités éminentes », dit-il avec plutôt l'air de s'en réjouir.
Bpifrance a déjà convaincu les Français d'investir 500 millions dans ses fonds de private equity
CAPITAL
INVESTISSEMENT
Bpifrance poursuit sa mission de démocratisation du private equity, une classe d'actif qu'elle juge nécessaire pour financer les grandes transitions de demain.
Pour l'heure, l'exposition des Français au private equity n'est que de 0,01 %, soit à peine 15 milliards d'euros sur les plus de 6.600 milliards d'euros d'épargne que compte le pays.
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Gabriel Nédélec
Bpifrance vient de passer un cap symbolique dans sa mission de démocratisation du private equity. La banque publique d'investissement a collecté au total plus de 500 millions d'euros d'épargne auprès des Français, depuis qu'elle s'est donné pour objectif de permettre au grand public d'accéder à une classe d'actifs jusqu'ici réservée aux plus fortunés. « Nous sommes très fiers » de cette performance, se félicite Nicolas Dufourcq auprès des « Echos », en marge de la 12 $^{e}$ édition de BIG, la grand-messe des entrepreneurs organisée par Bpifrance, qui a eu lieu jeudi. « C'est un dispositif unique en Europe », ajoute-t-il.
douze mois auprès de 10.000 investisseurs particuliers. L'objectif est de récolter 300 millions d'euros sur trois ans avec cefonds, le seul encore actuellement ouvert à la collecte. La démocratisation du private equity est « un axe stratégique de Bpifrance », assure aux « Echos » Gorka Gonzalez, le directeur du pôle fonds retail de Bpifrance. Pour la première fois, un corner « investir » a été installé dans les travées du Salon pour mettre sous les projecteurs cette problématique. « Les années passées, nous avions organisé des "masterclasses", mais c'était très tourné vers les professionnels, poursuit-il. Cette année, nous avons voulu aller à la rencontre des particuliers. C'est une journée tournée vers la pédagogie. »
Ce demi-milliard d'euros a été collecté au travers de 5 fonds d'investissement dits « retail », lancés à partir de 2020, à savoir Bpifrance Entreprise 1, 2 et 3 ainsi que Bpifrance Entreprise Avenir 1 et Bpifrance Défense. La collecte a connu un coup d'accélérateur grâce au dernier fonds qui a récolté plus de 150 millions d'euros en à peine
La banque compte sur « l'effet boule de neige » de Bpifrance pour entraîner l'ensemble du secteur derrière elle. Pour l'heure, l'exposition des Français au private equity n'est que de 0,01 %, souligne Gorka Gonzalez, soit à peine 15 milliards d'euros sur les plus de 6.600 milliards d'euros d'épargne que compte le pays. « C'est encore epsilonesque, dit-il. Pour aller plus loin, il faut travailler sur trois leviers : le ticket d'entrée, car en moyenne les Français ont 10.000 euros d'épargne financière ; l'aversion au risque, pour cela il faut des produits très diversifiés ; et l'accessibilité, grâce à des parcours de souscription simples et digitalisés notamment. »
Avec son fonds défense, la BPI tente de montrer la voie : il est accessible dès 500 euros, comptera
500
EUROS
Le montant minimal pour investir dans le fonds Défense de BPI, qui est directement accessible aux particuliers via une plateforme en ligne, sans intermédiaire.
500 entreprises sous-jacentes à la fin de sa période de déploiement, et il est directement accessible aux particuliers via une plateforme en ligne, sans intermédiaire. En revanche, le temps d'immobilisation de l'argent reste de dix ans pour l'argent investi dans ce fonds.
La banque veut être « un catalyseur de l'épargne des Français » pour financer « les grandes transitions de demain ». Sur le corner, Bpifrance défend un investissement en soutien du tissu économique français - car le private equity finance les entreprises non cotées, start-up, PME ou ETI - et de la souveraineté française. Au-dessus des intervenants, les mots « Allons enfants de l'investissement ! » sont inscrits en caractères épais.
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Effet d'entraînement
« Nous soutenons fortement l'action de Bpifrance sur le sujet, explique Nathalie Grimbert, sous-directrice de la protection et de la résilience des entreprises à la Direction générale de l'armement, venue participer à une table ronde. Ce n'est pas anecdotique. Nous avons besoin du continuum d'investissement. Cette initiative à destination des particuliers donne beaucoup de visibilité à l'investissement dans la défense. Cela a un effet d'entraînement pour les investisseurs institutionnels aux poches beaucoup plus profondes. »
Emmanuel Macron s'exprime sur scène lors de l'événement BIG à Paris, le 8 octobre 2026. Bpifrance célèbre une collecte record pour démocratiser le private equity. Photo Jeanne Accorsini/Pool-RÉA
Reste qu'il s'agit d'une classe d'actifs particulièrement risquée, et dont les rendements pour les particuliers ne sont pas encore tout à fait clairs. Pour atteindre la performance promise par les professionnels - le chiffre de 12 % est régulièrement cité -, il faut immobiliser l'argent entre sept et dix ans. Pour le moment, le recul n'est pas encore suffisant pour permettre d'afficher des performances claires de ces produits accessibles aux particuliers dont les coûts de fonctionnement sont, par nature, plus importants.
Lors d'une table ronde du BIG, le chiffre de 6 % de rendement a été avancé pour les investissements logés dans les unités de compte des contrats d'assurance-vie - le principal canal de collecte auprès des particuliers. Des études récentes de l'Autorité des marchés financiers font, elles, état d'une forte disparité des rendements d'un fonds à l'autre avec, pour certains, des résultats négatifs sur la période étudiée. « C'est un produit risqué, souligne Gorka Gonzalez. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. » Surtout, le contexte géopolitique, économique et politique affecte les entreprises françaises, ce qui pourrait aussi peser sur les investissements réalisés.
Nestlé Waters : premier test pour un marché de la dette LBO sous surveillance
DETTE
La vente de la dette LBO liée au rachat des eaux minérales de Nestlé à Platinum Equity s'est révélée plus compliquée que prévu.
Les investisseurs se montrent plus sélectifs.
Sharon Wajsbrot
Le scandale des eaux minérales de Nestlé n'en finit pas de faire des vagues. Ces dernières semaines, une dizaine de banques - dont Bank of America et Deutsche Bank, chefs de file sur cette transaction - se sont attelées à la vente du méga prêt de 2,8 milliards d'euros destiné à financer le rachat des eaux minérales de Nestlé (Perrier, San Pellegrino, Vittel...) par l'américain Platinum Equity. Et l'exercice s'est avéré bien plus complexe que prévu.
Si l'abondance de liquidités levées ces derniers mois par les fonds spécialisés dans la dette à effet de levier, « les fonds CLO », laissait espérer des conditions de financements très attractives, les candidats se sont fait largement désirer. A tel point que les banques ont dû nettement revoir leur proposition.
« C'est très rare d'avoir un tel écart entre les discussions de départ et le prix réel », pointe un expert. Selon Bloomberg, les banques ont dû se résoudre à offrir un bonus d'environ 100 points de base aux investisseurs en euros et en dollars pour les convaincre. Le prêt à sept ans négocié affiche en outre une décote à l'émission de 3 %, c'est-à-dire particulièrement élevée par rapport à des transactions sur des entreprises de notation équivalente ou meilleure. Enfin, selon Bloomberg, une disposition spécifique a dû être introduite, interdisant à l'émetteur d'avantager un groupe de créanciers au détriment d'un autre.
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Des risques juridiques
Pour Peranel (le nouveau nom de la coentreprise entre Nestlé et Platinum Equity), les sujets qui avaient déjà refroidi les acheteurs potentiels tels que le français PAI, longtemps pressenti pour investir dans les eaux de Nestlé, ont refait surface. Les risques juridiques d'abord. Car si Nestlé s'est aujourd'hui mis aux normes, les techniques utilisées par le passé pour traiter ses eaux restent l'objet de contestation, y compris sur le terrain judiciaire. Mi-septembre, la cour d'appel de Nancy a aussi ordonné un renvoi de Nestlé devant le tribunal pour des décharges sauvages près des usines de Vittel et de Contrexéville.
L'autre risque scruté de près par les investisseurs en dette, c'est la concrétisation du business plan de Nestlé et Platinum Equity. Ce dernier implique d'engager des économies substantielles pour atteindre ses objectifs. Enfin, la réputation de Platinum Equity a pu peser, perçu comme un fonds de « soft turnaround » c'est-à-dire de restructuration, il a par exemple misé en France sur le groupe Biscuit International, lequel a vu sa note de crédit abaissée à « restricted default » au printemps dernier.
Si le cas de Nestlé est spécifique, les banquiers estiment que les investisseurs sont désormais plus sélectifs pour prêter. « En Europe, les banques devront placer plus de 15 milliards d'euros de prêts LBO dans le marché dans les prochains mois. Si les fondamentaux restent bons et les liquidités à placer des fonds CLO abondantes, on commence à observer une bifurcation du marché sur les rendements : d'un côté, des dossiers dans des secteurs qui se portent bien se financent à des conditions toujours attractives et de l'autre, des conditions qui se resserrent pour des secteurs qui rencontrent plus de difficultés, par exemple dans la vente en BtoC ou le "retail", explique Grégoire Villaume, responsable des marchés de capitaux et du conseil chez ING en France.
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Le test Aroma-Zone
« Le marché a bien réagi face aux volumes très importants de dette LBO vendus en septembre, la liquidité est là. Même les dossiers plus compliqués ont trouvé preneur, en y mettant toutefois le prix car les investisseurs demandent plus de rendement », confirme encore Thibery Gleizes, managing director chez
Barclays. Il pointe un climat d'incertitude lié au renchérissement des taux souverains : « quand les taux bougent si vite, les investisseurs ont du mal à fixer un prix, en particulier pour les obligations à taux fixe ».
Le financement du rachat d'InPost par le consortium mené par Advent a ainsi subi un surcoût de 50 points de base par rapport à ce qui était anticipé. Autre signal : les prix de la dette LBO sur le marché secondaire se sont tassés depuis début septembre. L'index européen des « leveraged loan » (ELLI) a reculé d'un point de pourcentage ces deux dernières semaines, indiquent les équipes d'ING. Autrement dit, les investisseurs sont prêts à payer moins cher pour de la dette déjà émise, car ils anticipent des effets délétères sur les bilans des entreprises de la remontée des taux et du regain d'inflation.
L'arrivée prochaine sur le marché de ladette LBO liée au rachat du français Aroma-Zone sera un nouveau test très scruté par le marché. Si Eurazeo est parvenu cet été à vendre ce champion des cosmétiques « fait maison » à une valorisation d'entreprise proche des 2 milliards d'euros, depuis, les taux d'emprunt de l'Etat français se sont envolés et le contexte économique largement assombri.
Or, Aroma-Zone est très exposé à la conjoncture française, l'essentiel de ses ventes étant réalisé dans son réseau de boutiques. L'exercice de conviction des investisseurs sera déterminant.
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annonces judiciaires & légales
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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Liberté - Égalité - Fraternité
ETABLISSEMENT PUBLIC TERRITORIAL (EPT) PLAINE COMMUNE
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AVIS DE PARTICIPATION DU PUBLIC PAR VOIE ÉLECTRONIQUE
APPROBATION DU DOSSIER DE
RÉALISATION MODIFICATIF N°3 DE
LA ZAC MONTJOIE À SAINT-DENIS
L'Etablissement Public Territorial (EPT) Plaine Commune, 21 avenue Jules Rimet 93218 SAINT-DENIS CEDEX, organise une Participation du Public par Voie Electronique (PPVE), préalable à l'approbation du dossier de réalisation modificatif n°3 de la Zac de la Montjoie à Saint-Denis. Cette procéure de participation est organisée en raison de l'actualisation de l'évaluation environnementale du projet qui figure dans ce dossier, et aura lieu pendant 32 jours consécutifs :
Du 30 octobre 2026 à 9h30 au 30 novembre 2026 à 17h.
La programmation de la dernière phase opérationnelle du projet évolue avec :
La réalisation d'un parc d'1,2ha
Le renforcement de la trame verte et bleue à travers les espaces publics existants et à créer et le développement d'un chemin de traverse
La diminution de la part de l'activité et de bureaux au profit de la production de logements
Le maintien et la reconversion de 3 bâtiments industriels anciens,
L'activation des nouveaux RDC et le développement d'un pôle commercial (dont un supermarché de plus de 1000 m² SDP)
Le traitement d'immeubles d'habitat dégradé
La MRAe d'Ile-de-France a rendu un avis n°006704/AP le 17 décembre 2025 sur le projet de réalisation de la ZAC Montjoie. L'évaluation environnementale actualisée, l'avis de la MRAe et le mémoire en réponse à cet avis font partie du dossier de PPVE.
Le dossier permettant la participation du public sera consultable sur le site internet dédié, à l'adresse suivante :
Pendant toute la durée de la participation du public par voie électronique, des tablettes numériques seront mises à la disposition du public afin de permettre un accès au dossier et au registre dématérialisé, aux accueils du siège de Plaine Commune et au Service Territorial d'Urbanisme réglementaire de Saint-Denis aux adresses, jours et heures d'ouvertures suivants :
Jours et horaires d'ouverture : du lundi au vendredi de 9h à 17h
Service territorial d'Urbanisme réglementaire (STUR) de Saint-Denis :
Adresse : 6 rue de Strasbourg, 93200 Saint-Denis
Jours et horaires d'ouverture : du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h
Pendant toute la durée de la participation du public par voie électronique, les observations et propositions du public pourront être déposées :
Sur le registre dématérialisé, à cette adresse: https://www.registre-numerique.fr/zac-montjoie-st-denis
Ou par mail à l'adresse suivante: zac-
montioie-st-denis@mail.registre-
numerique.fr
Toutes les observations, propositions et informations envoyées sur cette adresse mail seront publiées sur le site internet décié pendant la durée de la participation.
Des renseignements peuvent être demandés à l'adresse mail suivante : ppve.montjoie@sequano.fr
A l'issue de la PPVE, les observations et propositions déposées par voie électronique, la synthèse des observations et propositions du public avec l'indication de celles dont il a été tenu compte, ainsi que, dans un document séparé, les motifs de la décision, seront rendus publics pendant une durée minimale de trois mois, par voie électronique à l'adresse suivante : https://www.registre-numerique.fr/zac-montjole-st-denis.
L'accès à ce site sera également relayé sur le site internet de Plaine Commune : https://plainecommune.fr ainsi que sur le site internet de la ville de Saint-Denis : https://www.saintdenis.fr/
L'autorité compétente pour approuver le dossier de réalisation modificatif n°3 est l'assemblée délibérante de l'Etablissement Public Territorial Plaine Commune. Cette décision prendra la forme d'une délibération votée en Conseil de Territoire. EP 26-0001 / contal@publilegal.fr
La ligne de référence est de 40 signes en corps minimal de 6 points didot.
Le calibrage de l'annonce est établi de filet à filet.
Les départements habilités sont 75,78, 91, 92, 93, 94, 95 et 69.
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FR0004163111 | 50.099.619 | 8,15 | +115,85 | 5,05 | A : Indicateur acompte, solde cu total du dividende. BPA : Bénfice par action. PER : Price Earning Ratio. Les plus hauts et plus bas ajustés sont sur l'année civile. Les valeurs classées par cadre alphabétique sont regroupées en trois classes de capitalisation signalées par les lettres A pour les capitalisations supérieures à 1 milliard d'euros, B pour les capitalisations comprises entre 1 milliard d'euros et 150 millions d'euros et C pour les capitalisations inférieures à 150 millions d'euros. ■ : Valeurs de l'indice CACNext20. ◆ : Valeurs de l'indice CACLarge60. ▲ : Valeurs de l'indice CACMid60. △ : Valeurs de l'indice CACSmall. Les bénéfices par action : source FacSet JCF Estimates. |
Non, le Mondial de l'Auto n'a pas été transformé en un Salon des « mobilités douces », incluant vélos, trottinettes ou monoroues électriques. Bien que certains l'aient suggéré à Serge Gachot, son directeur. Cette grandmesse, qui démarre Porte de Versailles ce lundi, sera un vrai Salon de l'automobile, avec un record de 61 marques représentées. Car pour Serge Gachot, à la tête, depuis sept ans, de cet événement bisannuel qui a accueilli plus de 500.000 personnes en 2024, c'est bien ce que les visiteurs attendent. « Les Français sont 94 % à considérer que la voiture leur apporte liberté et autonomie ; et 81 % ne peuvent pas s'en passer, relève-t-il en s'appuyant sur une récente étude Ipsos. Après les années Covid qui nous ont fait marquer le pas, nous avons souhaité redonner à ce Salon toutes ses lettres de noblesse. »
Voitures électriques, thermiques, hybrides... Le Mondial ne souffrira aucun racisme mécanique. « Et nous accueillons plus d'une vingtaine de marques chinoises, ajoute Serge Gachot. Au tout premier Salon de 1898, il y avait déjà des voitures électriques », rappelle-t-il.
En matière de mobilité douce, il en connaît pourtant un rayon. Car sa première passion était l'équitation. Aussi à l'aise en selle qu'il l'est aujourd'hui au volant de sa vieille Porsche 911 cabriolet, et qu'il l'était hier à celui de sa Renault Twingo de jeune actif, cet homme de 57 ans, au caractère indépendant, rétif aux consensus mous, s'est posé un moment la question de devenir cavalier professionnel. A raison de 14 heures d'équitation par semaine, notamment à l'Ecole militaire de Paris sous la direction d'un prestigieux écuyer professeur du Cadre noir, il atteignait le niveau galop 9 à 14 ans.
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Economie et japonais
A sept ans, il taquinait déjà les concours. « A dos de shetland et à cru, précise tout de même ce père de trois enfants, davantage tournés vers le football américain et le rugby. Ce que je préférais pour progresser, c'était monter des chevaux différents à chaque fois. Découvrir de nouveaux caractères », confie-t-il.
De la même façon, il ne porte aucun jugement sur les automobiles avant de les avoir essayées. Pour lui, « seule la pratique du terrain permet de se forger sa propre opinion ». Il a eu tout le loisir de forger la sienne au rythme de sa carrière passée chez différents constructeurs. A commencer par Renault, qu'il a rejoint dès sa sortie de l'Institut supérieur de gestion (ISG). En même temps que ces études économiques, il apprenait le japonais à l'Institut national des Langues et Civilisations orientales (Inalco). Quelques années plus tard, cet atout lui a été utile lorsqu'il est parti habiter deux ans à Tokyo, embauché par Toyota.
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Seize ans chez Toyota
Resté seize ans au service du constructeur nippon, il a fini au poste de directeur général du marketing international. Il était également responsable des Salons et des compétitions sportives. Toujours séduit par cette marque, il estime : « Toyota n'a pas fait d'erreur stratégique depuis soixante-dix ans ».
Polyglotte et binational, fils d'un père conseiller de direction indépendant, il doit son aisance dans les environnements internationaux à sa mère américaine, fonctionnaire à l'Unesco. Mais prendre la tête du Mondial à la demande de la Plateforme automobile (PFA) et du groupe de communication Hopscotch, organisations détentrices du Salon, répondait néanmoins à son envie de revenir dans une entreprise française. « C'est quelqu'un de très posé, de diplomate, affirme Marc Mortureux, ancien directeur général de la PFA. Ça n'était pas gagné de redonner sa place au Mondial après le Covid. Il est résilient et gère les problèmes en prenant de la hauteur. » Rien d'étonnant venant d'un cavalier... « L'équitation est un des rares sports où les hommes et les femmes concourent dans la même catégorie », note Serge Gachot, soucieux de teinter son discours d'une pointe d'égalité des sexes. Il en va de même pour la course automobile...
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ENTREPRISES
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SANEF
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Jean-Baptiste Djebbari est désigné président
du conseil d'administration
du groupe concessionnaire
d'autoroutes. Il succède
à Anne-Marie Idrac. Il a
également été nommé
administrateur de Sanef.
Jean-Baptiste Djebbari, 44 ans, diplômé de l'Enac, a d'abord été pilote de ligne. Elu député en 2017, il est devenu secrétaire d'Etat en 2019, puis ministre délégué chargé des Transports entre 2020 et 2022. Par la suite, il a notamment été managing partner du groupe Magellim et président du conseil d'administration d'Hopium.
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BANQUE DELUBAC & CIE
Agnès de Ribet
Cyrille Vivier
José-Luis Corato
Nicolas Pelpel
entrent au comité exécutif
de la Banque Delubac & Cie,
fondée en 1924, respectivement
en tant que directrice
du marketing et de la
communication, directeur de
l'innovation et des opérations,
directeur des risques
et de la conformité et
directeur commercial.
Agnès de Ribet, 54 ans, titulaire d'un master marketing et communication Iserp/ECS, fut directrice du marketing et de la communication du cabinet d'avocats Coudert Brothers, puis du cabinet Dechert dans le cadre de leur rapprochement. En 2006, elle a rejoint Grant Thornton où elle est devenue, en 2022, associée chargée du business development, du marketing et de la communication. Elle était membre du comité de direction. Elle est, par ailleurs, membre du comité exécutif de la Comédie-Française.
Cyrille Vivier, 53 ans, diplômé de l'Esigelec, récipiendaire d'une formation de l'Edhec Business School, a intégré Oney Bank (anciennement baptisée Banque Accord) en 2006. Il a été directeur des opérations, des systèmes d'information et de la technologie au Portugal, puis sur le marché russe. Devenu directeur opérationnel et technique de l'activité internationale de paiement fractionné entre 2017 et 2019, il fut ensuite directeur général adjoint d'Oney Allemagne. Dès 2022, il a dirigé les marchés en développement d'Oney.
José-Luis Corato, 54 ans, diplômé de l'Edhec Business School, est titulaire d'un master en business and management de l'Edhec. Il a dirigé les activités françaises du groupe Banco do Brasil AG entre 2021 et 2024. Il a continué d'assister la direction comme consultant jusqu'en 2025.
Nicolas Pelpel, 47 ans, diplômé d'Audencia, est titulaire d'une maîtrise de droit des affaires de l'université de Paris-II. Après cinq années comme directeur des ventes B2B de Nissan Europe, il est devenu business unit director d'Europcar Mobility Group dès 2019. Il assurait la direction commerciale de Younited depuis 2022.
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Ils sont nés
un 12 octobre
\- Clémentine Célarié, actrice, 69 ans.
\- Jimmy Chin, alpiniste, 53 ans.
Philippe Dessertine, économiste, 63 ans.
\- Bertrand Gstalder, ex-CEO de Seloger.com, CEO d'Acolad, 56 ans.
\- Francine Gomez, ancienne PDG de Waterman, 94 ans.
Hugh Jackman, acteur, 58 ans.
Marion Jones-Thompson, athlète, 51 ans.
\- Cristie Kerr, golfeuse, 49 ans.
Alexei Koudrine, économiste, ex-ministre russe des Finances, conseiller chez Yandex, 66 ans.
Eléonore Ladreit de
Lacharrière, présidente de la Fondation Culture & Diversité, 47 ans.
● Alexandre Léauté, cycliste, 26 ans.
\- Serge Lepeltier, ancien ministre de l'Ecologie, 73 ans.
Michèle Pappalardo, magistrate, ex-directrice de l'Ademe, 70 ans.
Paul Peny, ex-président de l'Observatoire national de l'emploi et des métiers de la fonction publique hospitalière, 66 ans.
Anne Richard, actrice, scénariste, 58 ans.
Thomas Riou, CEO monde de Verescence, 55 ans.
Bris Rocher, président du Groupe Rocher, 48 ans.
Stéphane Roussel, président de la Fondation Canal+, 65 ans.
Stéphane Travert, ex-ministre de l'Agriculture, député de la Manche, 57 ans.
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L'exception allemande
On n'est pas sérieux quand on a 20 ans. Comme quand on décide d'accélérer à 19 kilomètres de l'arrivée de la dernière des cinq courses cyclistes classiques les plus prestigieuses de la saison. Et qu'on tente d'éliminer un à un ses adversaires tout aussi favoris. C'est pourtant ce qu'a fait Paul Seixas, le jeune prodige du cyclisme français, en remportant le premier Tour de Lombardie de sa carrière, samedi à Côme. « C'était un rêve et aujourd'hui mes jambes me faisaient rêver, c'est juste fou », a réagi le leader de Decathlon CMA CGM à l'arrivée. Un rêve duquel il a émergé comme le plus jeune vainqueur, à 20 ans et 16 jours, de l'histoire séculaire de ce Monument, appellation regroupant les cinq classiques les plus prestigieuses du calendrier avec également Milan-San Remo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix et Liège-Bastogne-Liège. Cette victoire braque également les projecteurs sur sa toute aussi jeune équipe: Decathlon CMA CGM. Née début 2026, lorsque le géant français du transport maritime a remplacé l'assureur AG2R La Mondiale, elle s'était rapidement fixé l'objectif d'entrer dans le Top 3 mondial. L'équipe entend s'appuyer pour cela sur un budget passé de 28 millions d'euros, en 2025, à un peu plus de 40 millions cette année. Un investissement faisant sens pour ces « deux entreprises familiales, qui se connaissent depuis des années », comme elles aiment à le rappeler. Toutes deux tournées vers l'international, et en conquête permanente de nouveaux marchés, elles savent que le cyclisme est diffusé et apprécié dans le monde entier. Quoi de mieux, pour porter leur image que le palmarès en construction du dernier petit prodige du cyclisme professionnel ?— Enrique Moreira
L'Esma pourrait devenir le superviseur unique des places boursières européennes.
Demain, Euronext ne sera plus supervisé par l'AMF, le gendarme boursier français, mais par l'Esma, l'autorité européenne des marchés. A priori. Même sort pour le Nasdaq Nordic. Mais pas pour Deutsche Börse, concurrent direct des deux autres plateformes européennes. Pourquoi cette exception ? L'allemand est aujourd'hui sous la coupe de deux superviseurs, la BaFin, et le land de Hesse, peu disposé à lâcher son morceau de souveraineté. Cela n'aurait donc rien à voir avec le fait que l'Esma siège à Paris dans les murs de Bercy, et pas à Francfort. Sur ce volet clé de la supervision, l'Union de l'épargne et de l'investissement avancera, donc, sans l'Allemagne. Ou plutôt avec une Allemagne qui approuve la réforme mais refuse de monter dans le train. Le problème, c'est le précédent. Une exception peut vite se transformer en invitation. D'autres pays pourraient invoquer, eux aussi, leurs particularismes administratifs pour échapper à une supervision centralisée. Les plus optimistes des politiques ou régulateurs applaudissent. Ils n'ont pas tort. Cet accord est une avancée majeure. D'autres ont la nostalgie de ce qu'il aurait pu être. En 2024, Mario Draghi plaidait pour une Esma transformée en véritable SEC (Securities and Exchange Commission) européenne, avec un pouvoir exclusif sur les grands groupes, les grands marchés réglementés, et les chambres de compensation. Le champ d'action retenu s'avère, c'est certain, plus étroit. Pour ses 20 ans, l'AMF avait fait ce vœu étrange : l'avènement d'un régulateur unique. Ce dernier a été en partie exaucé. Peut-être faudra-t-il attendre encore vingt ans pour que le vrai miracle se produise avec la création d'un « super superviseur » européen.— Laurence Boisseau
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Défiés et dérangés
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Les « telcos » américains accusent le coup des investissements de SpaceX.
« La vision sans exécution n'est qu'hallucination. » C'est Edison qui le disait, le grand inventeur et entrepreneur américain, et ses lointains héritiers aux manettes des opérateurs télécoms classiques n'en tirent aucun réconfort. Car les visions industrielles d'Elon Musk se sont concrétisées dans les fusées et les satellites. Son accumulation de fréquences est donc prise au sérieux à Wall Street, qui craint une recrudescence de la concurrence terrestre en provenance de Starlink Mobile. C'est un nouveau dérangement sur les lignes boursières, après le coup de blues provoqué le mois dernier par l'agent IA de Meta, capable de mieux décortiquer les tarifications que les cerveaux des clients. Les trois gros « telcos » américains, Verizon, AT&T et T-Mobile, pèsent moins de 490 milliards de dollars de capitalisation cumulée, un cinquième seulement de celle de SpaceX, qui détient Starlink. Ils ont accusé le coup plus durement que les Européens. Et parmi ces derniers, Deutsche Telekom, propriétaire de T-Mobile, était le moins bien loti. La vieille Europe n'a pas la même densité de population que l'Oncle Sam, et son marché reste plus fragmenté. L'indice américain des « telcos » a donc perdu de sa superbe depuis le deuxième trimestre, y compris par rapport à son homologue européen, sur fond d'une hausse des taux d'intérêt qui n'a rien arrangé. Verizon et AT&T sont respectivement le deuxième et le quatrième plus gros émetteur d'emprunts à long terme parmi les sociétés non financières de l'indice S&P 500, derrière Amazon et Oracle, selon les données Bloomberg. Si les cash-flows de long terme sont pompés par la concurrence, les calculs de création de valeur sont à refaire.— Sylvie Ramadier
Le CAC40 signe un léger rebond
La rédaction sélectionne pour vous les informations pour bien commencer votre journée.
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LA PHOTO DU JOUR
LA FRONDE DES CAFARDS Le gouvernement indien a procédé à de très nombreuses arrestations dans les rues de New Delhi pour empêcher la manifestation exigeant la démission du président de la Commission électorale. L'opposition et le mouvement des «cafards» dénoncent la révision dite « spéciale » des listes électorales engagée en 2025 par la commission, et qui a permis de radier quelque 130 millions d'inscrits. Les chefs du mouvement indien des «cafards» ont été remis en liberté dimanche après vingt-quatre heures de détention et ont aussitôt promis de continuer leur mobilisation. Photo Adnan Abidi/Reuters
L'indice phare de la Place parisienne a pris 0,95 % vendredi pour terminer à 7.803,33 points, après une baisse de 1,22 % la veille. Sur la semaine, le CAC40 a terminé en repli de 1,19 %, la situation budgétaire restant sous surveillance. Ailleurs en Europe, le DAX a avancé de 1,19 % à Francfort et à Londres, le FTSE 100 a pris 1,06 %. L'indice EuroStoxx 50 a progressé de 0,83 %.
La CAC 40 a profité vendredi d'un recul des prix du pétrole pendant la majorité de la séance et d'un regain d'intérêt pour les valeurs technologiques. Du côté des valeurs, ArcelorMittal a enregistré la plus forte hausse (+5,64 %), grâce au changement de recommandation d'un analyste, devant CapGemini (+3,79 %) et Bureau Veritas (+3,56 %). Les opérateurs téléphoniques européens ont en revanche souffert après que SpaceX a conclu un accord en vue d'acquérir un portefeuille de licences de bande de basse fréquence aux Etats-Unis. Orange a ainsi perdu 2,50 %. STMicroelectronics a par ailleurs perdu 3 % et Carrefour 1,08 %.
🔥 一、正在进行的文化现象与时代切片 (Story & Mindset Deep-Dive)
🔥 要闻
独特的声音
📰 报刊故事还原:我们陪伴着霍尔顿·考菲尔德,看他询问出租车司机,在冬天湖面结冰时,中央公园的鸭子会去哪里;看他在电话亭里打电话,在中央车站睡觉,或者考虑搭便车去西部,而他始终不改那副“胡闹”的倾向。在处理这段灵动的独白时,Jean Esch 和 Alice